Bilan de « aktion europa », le partenariat de communication entre l’Allemagne et l’UE

Le premier partenariat de communication sur l’Europe  jamais réalisé s’appelle “aktion europa”. Il est mené depuis 2005 par le gouvernement fédéral allemand et les institutions européennes. Quel est le bilan de l’évaluation du partenariat de communication « aktion europa » ?

“aktion europa” : le premier partenariat de communication européenne

La communication de la Commission européenne de 2 juillet 2002 : « An information and communication strategy for the EU » repose sur une stratégie qui vise à favoriser la coopération inter-institutionnelle et le développement de partenariats structurés avec les États-membres.

L’objectif est « d’améliorer les perceptions de l’UE, de ses institutions et de leur légitimité par l’amélioration de la compréhension de ses missions et de ses réalisations et d’établir un dialogue avec le public ».

En décembre 2005, la République fédérale d’Allemagne signe la convention de délégation, devenant ainsi le premier État-membre à entrer dans un partenariat de gestion avec l’UE.

Après trois plans de communication en 2005, 2006 et 2007, les travaux du partenariat sont évalués en 2008…

Quelle est l’efficacité du partenariat de communication « aktion europa » ?

Les actions se concentrent principalement sur la communication des valeurs européennes fondamentales et les questions fondamentales de l’UE.

Si des questions de nature plus locale avaient été choisies, la formulation même des messages à communiquer aurait été beaucoup plus difficile en raison des différences politiques entre les institutions de l’UE et les partenaires gouvernementaux allemands.

Les formats sont conçus pour être proche des citoyens, se concentrant davantage sur la qualité que sur la quantité des contacts.

Le partenariat conduit à une intensification de la communication basée sur le dialogue de l’Europe pour le public en général et les jeunes en particulier.

Le partenariat  a également un effet positif sur l’échange d’idées et de coopération entre les entités nationales et européennes.

L’apparition conjointe sous le logo « Aktion Europa » a un effet de signal positif.

Une nette augmentation dans la communication de l’Europe est clairement reconnaissable par rapport à l’état ex-ante .

Des synergies au-delà du partenariat peuvent être discernées, mais sont difficiles à quantifier : dans l’ensemble un niveau fondamentalement meilleur d’information est obtenu dans les campagnes.

Un autre effet de synergie est le fait que les partenaires nationaux considèrent dorénavant la communication sur l’Europe comme une partie naturelle de leur travail.

Quelle est la pertinence du partenariat de communication « aktion europa » ?

Les partenaires discutent des priorités de communication annuelle de la Commission et, si possible, intègrent ces thèmes dans la communication.

La présidence du Conseil de l’UE par l’Allemagne en 2007 agit comme une force motrice dans le partenariat. Un même constat peut être porté sur le partenariat de communication conclut en France lors de la Présidence française du Conseil de l’UE au second semestre 2008.

Les différences fondamentales entre le gouvernement fédéral et les institutions européennes se sont posés lors des élections européennes de 2009.

Les projets mis en œuvre reposent, en général, sur une approche interactive et éducative.

Comme dans la majorité des programmes similaires, les actions du partenariat ont surtout atteint les personnes qui s’intéressent à l’Europe, ainsi que les personnes les plus instruites.

Pour toucher des personnes difficiles à atteindre, cela exigerait de s’éloigner d’une approche cognitive pour une approche plus émotionnelle avec un budget beaucoup plus élevé.

La difficulté d’atteindre un groupe cible approprié émerge dans la préparation des plans de communication : les citoyens doivent-ils être traités individuellement d’abord ou est-ce le groupe cible des journalistes, des élus et des multiplicateurs d’opinion à cibler en priorité ?
Il n’y a aucun doute sur l’importance centrale des jeunes comme groupe-cible.

Quel est l’impact du partenariat « aktion europa » ?

Dans les trois premières années de la gestion du partenariat, 14 projets ont été mis en œuvre pour un budget de 1 621 000 €.

Plus de 300 000 contacts personnels et plus de 150 millions de contacts média, soit un prix moyen de 4,75 € pour un contact personnel et un coût de 7,10 € pour 1 000 contacts via les médias.

Les partenaires considèrent un budget minimum de 40 000 € par projet, car le volume d’administration augmente énormément avec un grand nombre de petits projets.

Malgré le caractère pilote, sans expérience antérieure, il a été possible de réaliser un certain nombre d’actions, mais avec quelques critiques :

  • La convention de délégation est perçue comme difficile à comprendre.
  • La dépense « bureaucratique » est estimée trop élevée : des problèmes ont surgi en raison de différences dans les législations sur la sous-traitance entre l’Allemagne et l’UE.
  • Un travail de coordination supplémentaire découle du fait que deux partenaires nationaux coopèrent : le Ministère des Affaires étrangères et le Bureau fédéral de l’information et de la Presse (équivalent du Service d’Information du Gouvernement en France).
  • Le rôle des acteurs de la société civile demeure incertain dans le partenariat.

Principales conclusions de l’évaluation du partenariat « aktion europa » :

Avec un budget global de 1,7 M € pour les trois premières années, 14 actions ont été mises en œuvre entre 2005 et 2007.

Les groupes cibles abordés par le partenariat sont surtout les jeunes et les journalistes / multiplicateurs d’opinion.

Les mesures mises en œuvre sont généralement fondées sur le contact direct et le dialogue, par ailleurs moins coûteux.

Des potentiels d’optimisation existent pour réaliser encore plus de portée et d’efficacité.

Les actions représentent une valeur quantitative et qualitative ajoutée par rapport aux efforts antérieurs pour communiquer sur l’Europe en Allemagne.

Quel budget pour la communication de l’Union européenne en 2012 ?

Nouvelle année, nouveau budget… La Direction générale à la Communication de la Commission européenne publie son programme de travail annuel pour 2012.

Baisse inédite et symbolique du budget de la DG COMM

Depuis sa création en 2006, le budget de la DG COMM est pour la première fois et de manière symbolique en baisse de 0.6%, passant à 104 625 000 € (-675 000€).

Stabilité globale pour les principales actions de la communication de l’UE

Les principaux postes budgétaires, correspondant aux actions de communication les plus importantes sont stables :

  • Action médias (subventions à Euronews, Euranet, PressEurop) : 30,4 millions d’€
  • Actions multimédia (gestion du portail Europa…) : 14,3 millions d’€
  • Relais d’information – Europe Direct : 13,7 millions d’€
  • Communication en partenariat : 12,7 millions d’€
  • Actions des Représentations : 8,3 millions d’€
  • Exploitation de studios et produits audiovisuels : 6,7 millions d’€
  • Analyse de l’opinion publique – Eurobaromètre : 6,1 millions d’€

Plus fortes variations : hausse pour les visites sur place, baisse pour les formations aux journalistes et les brochures

Parmi les plus fortes variations budgétaires de l’année :

  • La plus forte baisse (en relatif) concerne les séminaires de formation pour les journalistes : – 44% en un an et – 177% en deux ans – un programme littéralement sacrifié ;
  • La plus forte baisse (en absolu) avec – 300 000€ porte sur les publications écrites d’utilité générale – le print hors médias si peu consulté et si onéreux est enfin en régression ;
  • La plus forte hausse porte sur les visites à la Commission européenne avec + 12 ,5% soit un budget de près de 3 millions d’€.

En résumé, il s’agit d’un budget de continuité, sans nouveauté mais également sans restriction budgétaire.

Opinion publique européenne : crise sur l’image et la confiance de l’UE

Les premiers résultats de l’Eurobaromètre 76 mené entre le 5 et le 20 novembre 2011 viennent d’être publié. Ils ne font que confirmer la crise de l’UE…

Dégradation historique de l’image de l’UE

La perception de l’image de l’UE est fortement dégradée :

  • image positive à 31% – la plus faible depuis 5 ans : baisse de 9 points par rapport à l’été dernier et de 21 points depuis l’été 2007 ;
  • image négative à 26% – la plus forte depuis 5 ans : hausse de 6 points par rapport à l’été dernier et de 11 points depuis l’été 2007.

Confiance en berne pour toutes les institutions européennes

La confiance dans les institutions politiques européennes est également en chute avec aucune institution recueillant une confiance majoritaire et une baisse identique de 4 points par rapport à l’été dernier et de 15/16 points depuis l’été 2007 :

  • 1e institution, le Parlement européen (41%) ;
  • 2e ex-aequo : la Commission et la Banque Centrale Européenne (36%) ;
  • 3e : le Conseil de l’UE (32%).

Ainsi, les résultats de l’Eurobaromètre 76 mesure l’impact dans l’opinion publique européenne de la crise de l’UE.

Palmarès de la communication européenne en 2011

Pour sa 5e édition, lacomeuropéenne revient sur les principaux événements à retenir de l’année écoulée, après les bilans en 2007, 2008, 2009 et 2010

Événement n°1 de l’année 2011 en communication européenne : le départ du Directeur général de la DG Communication au sein de la Commission européenne, Claus Sørensen

Claus Sørensen est venu à Paris le 4 avril 2011 pour une discussion sur l’UE et sa communication : « L’Europe, bof ? » à laquelle j’ai participé à la Représentation en France de la Commission européenne. Ses principales interrogations :

  • Faut-il répondre aux attentes des Européen(ne)s et donc faire une communication en fonction de la demande ou plutôt diffuser des informations en fonction de l’actualité des institutions européennes et faire alors une communication de l’offre ?
  • Faut-il communiquer sur les bénéfices concrets de l’Europe au quotidien ou plutôt sur les valeurs et symboles liés à la construction européenne ?
  • Faut-il toucher les citoyens à travers une collaboration avec les journalistes pour assurer une présence de l’UE dans les médias ou plutôt s’appuyer sur les multiplicateurs – relais d’opinion pour traduire à une échelle locale ou sectorielle les enjeux européens ?

Lors de son départ, le 30 juin 2011, Claus Sørensen a répondu à mes questions sur son bilan, ses réussites, ses déceptions et ses enseignements à la tête de la DG COMM de la Commission européenne.

Quelles sont les priorités du futur DG COMM à la tête de la communication de l’UE ?

  • Priorité n°1 : renforcer la professionnalisation pour une meilleure maîtrise de la complexité et de la transversalité
  • Priorité n°2 : couvrir les nouveaux territoires émergés : réseaux et partenariats, communication interne et locale
  • Priorité n°3 : assurer une pleine appropriation des progrès et outils du web social avec davantage de mutualisation et de cohérence

Événement n°2 de l’année 2011 en communication européenne : le web social avec la charte de communication dans les médias sociaux de la Commission européenne et l’accréditation d’euro-bloggeurs au Conseil de l’UE

Même si la place des médias sociaux dans la communication européenne selon Viviane Reding est particulièrement réduite : : il ne s’agit que de faire la promotion des informations préalablement diffusées sur le portail officiel ; 2011 a bien été « l’année où la Commission à adopter les médias sociaux », comme le publie aujourd’hui le blog de l’équipe médias sociaux de la Commission européenne.

Quels sont les coûts pour la communication européenne de ne pas investir les médias sociaux ?

  • détériorer la relation entre l’UE et les citoyens européens
  • renforcer la vulnérabilité de l’UE face aux risques d’opinion
  • rater l’occasion pour l’UE de saisir des feedbacks
  • scléroser les processus décisionnels de l’UE

Quelles sont les spécificités du guide d’utilisation des médias sociaux destiné aux fonctionnaires de l’UE ?

  • Un rappel au code de bonne conduite administrative plutôt qu’une invitation au rôle d’ambassadeur en ligne
  • Un guide de recommandations pratiques pour accompagner plutôt qu’une charte d’encadrement pour contrôler

Le web social, terrain d’une nouvelle communication européenne ?
Représente à la fois une aubaine pour impulser un changement culturel et structurel au sein des services communication de l’UE et une opportunité pour repenser le modèle de communication et y inclure réellement les citoyens européens. Le web social constitue en ce sens une étape essentielle dans la redéfinition et la mutation de la communication européenne.

Le Club de Venise qui fête en 2011 ses 25 ans est un symbole du choc des cultures entre la pratique de la confidentialité et l’ouverture à la transparence.

Événement n°3 de l’année 2011 en communication européenne : le journalisme européen en questions

2011 est également une année mouvementée pour les journalistes européens, tant en raison de l’impact du web social sur leur profession en général que de l’attitude particulière des services de presse des institutions européennes :

Voyage au cœur de la fabrique de l’info européenne : le métier de journaliste européen à l’heure du web social

  • Constat n°1 : influence grandissante du citoyen « lecteur-auditeur-téléspectateur-internaute » sur les journalistes dans la production et la diffusion de l’information européenne
  • Constat n°2 : le web social, une nouvelle source d’info pour les journalistes, dont la fiabilité est à géométrie variable
  • Constat n°3 : le web social, un nouveau lieu pour publier et diffuser l’information des médias traditionnels, produite par les journalistes

Quelle distinction entre information européenne et communication européenne ?

  • des enjeux d’image : cohérence, consistance et continuité principalement pour la communication européenne ;
  • des enjeux de réalité : complexité, contradiction et critique essentiellement pour l’information européenne.

Comment la Commission européenne et le Conseil de l’UE communiquent auprès des journalistes ?

  • Le service du Porte-Parole de la Commission européenne : une approche proactive et promotionnelle auprès de la sphère médiatique bruxelloise
  • Le service presse du Conseil de l’UE : une approche réactive et informationnelle auprès des journalistes politiques des médias nationaux

Le service de presse de la Commission européenne sous le feu des critiques en fin d’année

En France, le journalisme européen se renouvelle avec Vigie 2012 : le premier site de fact checking sur l’Europe pour la campagne présidentielle

Événement n°4 de l’année 2011 en communication européenne : des innovations dans la communication du Parlement européen

En 2011, plusieurs nouveautés ont émaillées la communication du Parlement européen :

Événement n°5 de l’année 2011 en communication européenne : communication de l’UE, année zéro ?

Avec la crise de l’UE, la communication européenne peut-elle faire face au débat ou est-elle en danger ?

  • 1e hypothèse : relégitimer la communication européenne non plus sur l’efficacité supposée de l’UE mais sur la légitimité de l’expertise
  • 2e hypothèse : relégitimer la communication européenne non plus sur le consentement tacite mais sur l’ignorance assumée des citoyens
  • 3e hypothèse : relégitimer la communication européenne sur une nouvelle forme de démocratie qui sans se revendiquer vraiment censitaire ou élitaire serait une coalition de bonnes volontés

Policy & Politics : la politisation de la communication européenne en question

Comment rendre audibles les voix politiques, institutionnelles et médiatiques sur l’UE ?

C’est l’interrogation centrale du séminaire : « La communication européenne: quelle(s) voix pour l’Europe ? » organisé au Bureau d’information pour la France du Parlement européen le 9 décembre 2011 à Paris et au cours duquel je suis intervenu :

  • La communication conjointe aux institutions européennes et françaises : branding promotionnel de l’UE ou pédagogie informationnelle sur l’UE et la France ?
  • La communication politique européenne : « l’inévitable bulle parle à la bulle » ou l’hypothétique dialogue euro-députés – citoyens européens ?
  • L’information européenne : information de qualité hyper-spécialisée ou information généraliste approximative ?

Quels scénarios pour la stratégie de communication européenne ?

  • Scénario n°1 : Le marketing d’une « Europe de la raison » à partir des bénéfices pour le consommateur citoyen : une stratégie de communication « light » et « lisse » autour de la valorisation de projets concrets ;
  • Scénario n°2 : Le dialogue d’une « Europe des citoyens » pour construire un projet européen participatif : une stratégie de communication « pédagogique » et « multiculturelle » autour de l’organisation de débats paneuropéens ;
  • Scénario n°3 : La propagande pour une Europe ancrée dans la tradition : une stratégie de communication « démagogique » et « autoritaire » autour de la valorisation du patrimoine séculaire.

Meilleurs vœux pour vos fêtes de fin d’année et à l’année prochaine !

Stratégie d’open-data de la Commission européenne : que faut-il en attendre ?

Lundi 12 décembre, Neelie Kroes, vice-présidente de la Commission européenne, responsable de l’agenda numérique présente « une stratégie européenne en matière d’ouverture des données publiques ». Alors que de nouvelles perspectives sont ouvertes par les progrès des technologies d’analyse, d’exploitation et de traitement des données ; la stratégie de valorisation des données publiques européennes est présentée comme « un moteur pour l’innovation, la croissance et une gouvernance transparente ». Qu’en est-il vraiment ?

Impact réduit sur l’ouverture des données publiques dans l’UE

L’agenda de la Commission européenne se donne pour mission de :

  • lancer au printemps 2012 un portail donnant accès aux données ouvertes de la Commission ;
  • lancer en 2013 un portail pilote multilingue et doté de fonctions de recherche pour donner accès à des données provenant de toute l’UE.

Néanmoins, l’objectif de créer un unique point d’accès aux données réutilisables de tous les organes, institutions et agences de l’UE voire d’un unique portail d’open-data de toutes les données publiques européennes (UE+Etats-membres) est illusoire.

Le pouvoir de la Commission européenne se trouve très limité, selon Euractiv.com :

  • les autres institutions européennes n’ont aucune obligation de suivre la stratégie d’open-data : « La Commission invite le Parlement européen et le Conseil à créer les conditions-cadres appropriées pour la réutilisation des informations du secteur public dans l’UE » : ;
  • les États-membres sont également libres d’appliquer leur propre législation en matière d’open-data : « La Commission propose d’harmoniser la manière dont les États-membres permettent la réutilisation de leurs données ».

Quel sera l’impact réel d’une stratégie d’ouverture des données publiques européennes si le pouvoir de la Commission européenne ne se limite qu’à « inviter » les autres institutions européennes et à « proposer d’harmoniser » les législations nationales ?

Intérêt réduit sur la transparence de l’UE

Même si le champ des données européennes couvert par la stratégie d’open data est limité, cette avancée constitue peut-être un progrès vers plus de transparence de la Commission européenne ?

Là encore, les propositions de la Commission européenne sont décevantes :

  • certes, le texte « étend le champ d’application aux (données des) bibliothèques, musées, archives et bibliothèques universitaires » ;
  • mais, « le document publié par Mme Kroes n’aborde pas la question des documents confidentiels », selon Euractiv.com.

Par ailleurs, l’accès plein et entier des citoyens non-experts aux données publiques doit se faire impérativement en proposant des moyens de visualisation des gros flux de données.

De nouveau, le texte de la Commission est extrêmement vague : « il convient de soutenir davantage les travaux de R&D et d’innovation relatifs aux outils d’analyse et de visualisation des données » avec aucun engagement précis.

Sans ouverture aux documents confidentiels (éventuellement déclassifié à la suite d’une révision des critères et des procédures) et sans moyens vraiment performant et efficace de visualisation des « big-data », quel sera l’intérêt concret d’une stratégie d’ouverture des données publiques européennes ?

En conclusion, la stratégie d’open data de la Commission européenne renouvelle-t-elle les pratiques démocratiques de l’UE ?

Le Personal Democracy Forum (PDF) à Paris, le 6 décembre, s’interroge sur la question de l’empowerment – littéralement « capacitation » des citoyens – grâce à l’ouverture des données publiques, qui ne serait « que le prélude à plus de participation de la part des citoyens, pour enfin aboutir à une co-production citoyenne synonyme de démocratie renouvelée et plus efficace », selon le compte-rendu de La Netscouade.

Le texte de Neelie Kroes – quant à lui – interroge sur l’éventuelle utilisation à des fins stratégiques, politiciennes des données publiques qui ne seraient plus des outils de réflexion, mais bien de communication. Quand toute la valorisation des données publiques repose sur le travail militant d’un petit nombre d’experts de la donnée, il n’est que trop à craindre le risque évident de l’utilisation des chiffres à des fins de marketing politique.

Ainsi, la révolution de l’open data à l’échelle de l’UE ne passera pas par la stratégie actuelle de la Commission européenne.