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Billets sur l’opinion publique européenne

L’Europe, sanctuaire ou crépuscule de la démocratie ?

Déjà en perspective des élections européennes du printemps 2024, la Maison de l’Europe de Paris a organisé une conférence, avec l’intervention d’Emmanuel Rivière, le patron de l’institut de sondage Kantar Public, responsable de toutes les enquêtes Eurobaromètre…

Quelle est la perception de la démocratie dans l’Union européenne ?

Petit tour d’horizon à l’appui de diverses enquêtes d’opinion en 10 points clés :

  1. Premier résultat significatif, la nature démocratique de l’Union européenne est reconnue très majoritaire, par plus de 72% des Européens, quoique cette proportion soit légèrement inférieure en France.
  2. Parmi les valeurs, la démocratie arrive en 4e position après les libertés, la paix et l’euro, ce qui montre à la fois les acquis communautaires et les principes ; en France, l’item démocratie est plus bas dans les valeurs.
  3. Globalement, la satisfaction sur le fonctionnement démocratique à l’échelle européenne est majoritaire, à 54%, il est d’ailleurs davantage interrogé à l’échelle nationale, y compris en France.
  4. Cette satisfaction sur le fonctionnement de l’UE est un sentiment inégalement réparti géographiquement avec une césure visible en Europe de l’Est, plus critique à l’égard de l’Union européenne.
  5. Le traditionnel clivage sociologique qui veut que plus on étudie longtemps, plus on a le sentiment d’être entendu dans la démocratie européenne se confirme dans les enquêtes les plus récentes.
  6. Les menaces contre la démocratie, comme les extrêmes ou la désinformation sont présentes, mais les citoyens européens se déclarent plutôt prudents et vigilants pour faire face à ces défis.
  7. Pour les valeurs que le Parlement européen doit défendre, depuis longtemps, c’est la démocratie qui apparaît en première position dans l’Union européenne, mais en France, c’est l’égalité femme-homme.
  8. L’intérêt pour les élections européennes est dans la moyenne à cette période, c’est-à-dire à 18 mois du scrutin, une partie seulement des Européens a connaissance de ce rendez-vous pour le moment.
  9. Malgré l’horizon menaçant sur l’état de droit dans quelques pays européens, même si la plupart peuvent se considérer concernés, les Européens défendent fermement les principes démocratiques.
  10. Les élections européennes permettent d’avoir le sentiment d’être entendu dans l’Union européenne, à quasiment chaque scrutin, ma voix compte davantage, c’est un vrai moment démocratique.

Que faut-il retenir ?

Les crises d’aujourd’hui, contrairement aux crises précédentes, produisent plutôt des sentiments positifs pour l’Union européenne, à elle de s’en saisir pour transformer l’essai.

Conférence sur l’avenir de l’Europe : quels enseignements en tirer ?

Ne boudons pas notre plaisir à revenir sur les principaux enseignements de la Conférence sur l’avenir de l’Europe tirés par le think tank « Pour La Solidarité » au sujet de ce qu’il convient d’appeler dorénavant, la démocratie européenne « hors les murs »…

Un véritable tour de force : la première expérience de démocratie participative paneuropéenne de l’Histoire

Pour rappel, la Conférence sur l’avenir de l’Europe a consisté en une série de débats menés dans toute l’Union européenne, ouverts à quiconque pas moins de 17.000 contributions, traduites en 24 langues et soumises à discussion via une plateforme rassemblant 50.000 internautes actifs ou dans le cadre de 6000 événements spécifiquement organisés au cours desquels on a dénombré plus de 700.000 participants et débouchant sur 49 propositions, déclinées en 320 mesures.

Aussi légitimes et fondées que puissent être ces critiques, attention cependant à ne pas perdre de vue l’essentiel : la Conférence a constitué la première expérience de démocratie participative paneuropéenne de l’Histoire – imparfaite, c’est vrai, mais elle n’avait pas cette prétention – et pourrait marquer le début d’un renouveau démocratique, ayant démontré qu’une association plus étroite des citoyens à la fabrique des politiques publiques leur conférerait un supplément d’âme et de légitimité.

Raison et progrès : embrasser la complexité du monde

L’ensemble des propositions a d’abord le mérite de dessiner les contours de l’intérêt général, résolument consensuel, en regardant la situation telle qu’elle est sans désigner de bouc émissaire. Les citoyens européens paraissent au contraire désireux d’embrasser la complexité, en vue de mieux le dompter, en se rangeant résolument dans le camp de la raison et du progrès sans céder aux sirènes du défaitisme et du populisme pseudo-triomphant.

A noter, par ailleurs, que nombres des propositions formulées correspondent en réalité déjà aux politiques conduites par l’Union européenne ou actuellement négociées par les institutions – preuve, s’il en fallait, que ces dernières ne sont pas totalement « déconnectées de la réalité ». De sorte qu’on imagine volontiers qu’un effort de communication supplémentaire, ou mieux calibré, permettrait de réduire la distance qui sépare Bruxelles des citoyens.

En outre, la qualité et l’intérêt des différentes propositions révèlent la difficulté à formuler des recommandations concrètes, qui privilégient naturellement le consensus, les déclarations d’intention et la pensée en silo.

Transparait en effet dans la plupart des propositions un appel à mobilisation des instruments traditionnels de l’action publique, à savoir : éducation et sensibilisation ; investissement et financement ; mécanismes d’incitation monétaires ; contraintes légales pures et dures.

La vision de l’État interventionniste ou stratège induite par le format de la Conférence reproduit les logiques propres à la démocratie représentative, en particulier celle d’une action publique descendante.

A cet égard, le « partage de bonnes pratiques » parfois recommandé par les panélistes ne suffit pas, car le problème sous-jacent est d’abord culturel et cognitif : il faut apprendre à penser le politique hors les murs des institutions pour le ramener au cœur de nos vies.

A noter, également, que les panélistes parviennent sans difficulté à dépasser le cadre de l’État-nation, ayant admis que l’échelle pertinente pour gouverner était à de nombreux égards celle du continent sur les questions diplomatiques, de défense et de sécurité, et sur l’ensemble de celles touchant au fonctionnement du marché intérieur.

Indéniablement, la Conférence constitue donc un jalon important dans la prise de conscience par les citoyens européens qu’ils partagent un même positionnement dans l’espace international, nombre de traits culturels et des intérêts convergents, tels qu’ils ne forment pas ensemble un vulgaire agrégat de peuples éparses mais une véritable communauté de destin pour produire davantage de commun à l’échelle de l’Union.

Une révision de l’architecture institutionnelle

Les propositions relatives au fonctionnement de l’Union visent à faire participer les citoyens aux travaux de façon plus régulière, « hors des périodes électorales » via de « nouveaux mécanismes » : plateforme de dialogue en ligne, « assemblée citoyenne » permanente et organisation de « référendums européens »

Quant à l’équilibre du triangle institutionnel, les citoyens se positionnent pour instaurer des listes transnationales, conférer au système du candidat chef de file, les Spitzenkandidaten un caractère contraignant et d’un part reconnaître au Parlement européen un véritable droit d’initiative et d’autre part davantage d’efficacité et de transparence au Conseil avec davantage de majorité qualifiée sur l’ensemble des décisions, à l’exception de celles relatives à l’élargissement de l’Union et visant à modifier ses principes fondamentaux.

L’arbre de l’institution semble néanmoins dissimuler une forêt de divergences. D’un côté, un groupe d’États réformateurs (France, Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas, Espagne et Luxembourg) « ouverts en principe » à une réforme des traités ; devant cependant composer avec un autre groupe d’États membres plus réticents (Bulgarie, Croatie, Tchéquie, Danemark, Estonie, Finlande, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie, Slovénie, Suède et Malte).

Au total, les propositions de la Conférence sur l’avenir de l’Europe sont dorénavant un document de référence auquel les institutions devront se rapporter et dont elles pourront même se prévaloir chaque fois que la définition de l’intérêt général européen sera sujette à débat, à la façon d’une boussole démocratique.

Parler d’Europe, ce n’est pas excuser l’Union européenne

Intervention un peu poil à gratter au colloque « Comment parler d’Europe ? », de la Fondation Jean Monnet pour l’Europe de Richard Werly, correspondant de la presse suisse en France, qui vient de passer du côté obscur de la force en passant du journal, l’institution Le Temps très respectable à la presse populaire alémanique avec le média en ligne Blick, là où le débat sur l’Europe avec le public est le plus vif…

Le débat sur l’Europe, c’est aussi dans les médias populaires, y compris les réseaux sociaux

C’est dans les médias populaires, y compris les réseaux sociaux, que sont les audiences massives, loin des élites, qui doivent reconquérir le peuple et réinvesti ces médias populaires. C’est la seule bataille qui compte, tenir bon sur cette crête populaire pour refonder la légitimité des politiques publiques européennes. Il faut parler de l’Europe au présent, pas au conditionnel.

Parler d’Europe, c’est parler de nous

D’abord, comment parler d’Europe, c’est se poser la question de pourquoi on devrait en parler. Parler d’Europe, c’est simplement parler de nous, parce que de toute façon l’Europe, c’est nous. Il faut que le public se réapproprie la notion d’Europe, parce que le succès des anti-Européens ont dissocié l’Europe de nous. Il faut reprendre les choses à la base, l’Europe, c’est nous.

Répondre aux critiques, sans esquiver

Ensuite, c’est à qui parler d’Europe, on ne pas parler à tout le monde en même temps, il faut cibler les messages et sur quoi s’appuyer. Avec la vague de la pandémie et l’Ukraine, c’est une opportunité, une chance historique de reparler d’Europe, c’est le moment d’en parler.

Ce n’est plus le sujet de parler aux élites, il y a assez de think tanks ; les journalistes, c’est au grand public qu’il faut parler. Les pro-Européens ont eu tendance à avoir peur du débat, parce qu’ils s’en sortent mal, leurs arguments sont moins simples, moins convaincants. Il faut réinvestir la scène, il faut tenir pour répondre aux critiques, sans esquiver, prendre les questions telles qu’elles sont.

Ne pas chercher à excuser l’Union européenne

Enfin, parler d’Europe, ce n’est pas excuser l’Union européenne. Le pire des travers, c’est de penser qu’il faudrait excuser l’Union européenne, si l’UE c’est le camp du bien, le débat est perdu d’avance. Il ne faut pas tomber dans ce travers.

Jean Quatremer avait publier un livre « Les salauds de l’Europe », il avait raison, la cause européenne a été captée par une minorité qui a pris à son profit la cause européenne, défendent leur intérêt plutôt que l’intérêt général européen. Le pire, c’est de toujours chercher à excuser l’Europe.

L’Europe n’est pas bêtement un projet qui doit protéger

Un autre concept, mis en avant par les politiciens, que l’Europe doit protéger. Ce n’est pas son rôle. Le projet européen vous fait passer du lac à l’océan. C’est une idée extrêmement perverse. Les gens vont chercher les indices de protection maximale. Mais, le projet européen est insécurisant, au quotidien, parce qu’il complique les choses. C’est une idée dangereuse, l’Europe nous protègera à terme, mais elle ne tranquillise pas.

D’autant que, l’Europe a davantage protégé les libertés, même si toutes les normes, pour réguler sur les médias sociaux, qui procèdent d’une bonne volonté peuvent à terme réduire la liberté d’expression. Le processus européen protège les démocraties, mais pas partout tout le temps, songeons à la Hongrie. De même pour les agriculteurs et les industriels.

Règles du journaliste européen : loin de Bruxelles, opportuniste et tenace

Trois modes d’emploi pour mieux parler d’Europe :

  1. Un correspondant à Bruxelles, c’est indispensable, à condition qu’il ne reste pas sur place, il ne faut surtout pas rester, il faut faire le tour des capitales, à l’époque des sommets européens dans les États-membres, la caravane journalistiques européenne avait du bon. C’est une déperdition d’être correspondant auprès des institutions européennes, plus vous vous en approchez, plus vous êtes irradié et risquez de devenir anti-européen, il faut sortir de la machine bruxelloise.
  2. Il faut être opportuniste, il faut savoir saisir les bons moments, il faut trouver les bonnes circonstances et les bons mots. L’Europe, il ne faut le répéter à tout moment, il faut le dire au bon moment.
  3. Comme les diplomates, il faut de la ténacité. Il faut être capable de traverser des déserts, comme le disait Jean Monnet, « ce qui est important, ce n’est pas d’être optimiste ou pessimiste, c’est d’être déterminé, il n’est de défaite que celles que l’on accepte ».

Comment aller au-delà des audiences captives sur l’Europe ?

Et si nous pouvions améliorer la façon dont nous communiquons sur l’Europe afin d’engager différemment une variété de publics différents, sur la base d’une meilleure connaissance des attitudes des Européens et de leurs réflexions sur les enjeux contemporains…

Une méthodologie éprouvée mise en œuvre pour l’Europe : de l’écoute, à l’apprentissage et à l’engagement actif

Parce que dans le monde interconnecté d’aujourd’hui, les gens se socialisent dans les espaces numériques, le projet « Listen to Europe » lancé en 2019 avant les élections européennes vise à apprendre comment améliorer l’efficacité des campagnes de communication au-delà des bases existantes en reposant sur une démarche rigoureuse :

  • Évaluer ce que nos concitoyens pensent de la démocratie en général mais aussi leur position sur certaines questions plus spécifiques ;
  • Tester des récits et développer des messages pour atteindre et convaincre au-delà du public habituel européen ;
  • Lancer des campagnes ciblées, informées et interactives qui permettent l’engagement actif des citoyens, en particulier ceux qui ne le sont pas.

Face aux défis de l’agenda de l’UE (relance européenne, démocratie européenne, avenir de l’Europe), mais aussi de la lutte contre la désinformation et du nécessaire réengagement civique, en particulier en ligne, tout en favorisant un débat européen démocratique et informé, la clé réside dans la façon dont on communique avec une variété de publics différents en dehors des supporters, à savoir viser à atteindre les citoyens généralement ignorés mais intéressés par l’UE.

Une compréhension des comportements et des attitudes des citoyens ignorés mais intéressés par l’UE à l’égard des problèmes importants de notre époque

Le point de départ de toute démarche de communication consiste à savoir qui est notre public, ce qui l’intéresse, où aller pour se connecter avec lui et quel type de message résonnera auprès de lui. Plus facile à dire qu’à faire, surtout à grande échelle.

Le projet « Listen To Europe » combine données de sondage d’opinion classiques, recherche via des groupes de discussion, écoute des médias et tests de campagne afin de structurer ces données autour de segments basés sur les attitudes envers la démocratie, l’UE et plusieurs autres valeurs et attitudes fondamentales.

Avec cette méthode, l’audience peut être structurée, sous l’angle de la communication européenne, selon :

1. Public enthousiaste de partisans et supporters : aime la démocratie et l’UE, ainsi que la diversité, l’égalité, la protection de l’environnement, la solidarité et la coopération internationales, autant de sujets perçus comme des problèmes prioritaires ;

2. Public modéré de personnes susceptibles de bouger : peut être persuadé d’aimer la démocratie et l’UE, même si ce n’est pas une priorité, car ils sont occupés par leur vie quotidienne, travail et famille. Cependant, certains problèmes peuvent les déclencher dans les deux sens.

3. Public ambivalent : plus sceptique à l’égard de la démocratie et de l’UE, mais comme les modérés, ils sont occupés par leur vie quotidienne, ce n’est donc pas leur priorité. Cependant, certains problèmes peuvent les déclencher dans les deux sens.

4. Public d’opposition : n’aime pas la démocratie ou l’UE, et travaille activement contre la plupart des choses pour lesquelles un enthousiaste travaille. Ils ont tendance à être autoritaires, favorisent les dirigeants « forts » et détestent généralement les immigrés et les droits des femmes, en particulier. C’est généralement de là que provient la désinformation, et ils sont souvent très organisés dans leurs actions de désinformation, car ils tentent d’influencer négativement les récits publics.

Une interprétation des potentiels points de résonnance qui mobilisent autour de la cause européenne

À partir de cette large catégorisation, des publics cibles plus décomposés par thématique peuvent servir de point d’ancrage dans la façon d’aborder et de concevoir des groupes de publics particuliers cohérents. Reste à savoir comment les approcher.

La clé pour interpréter les positionnements d’opinion sur l’Europe consiste, de manière schématique à comparer Enthusiasts Vs Sceptics afin de définir la taille de notre base de supporters par rapport à celle de nos adversaires, puis Moderates Vs Ambivalents, afin d’indiquer avec quelle “facilité” on peut persuader un public moyen plus large de soutenir notre cause.

Ces premiers segments peuvent et doivent être décomposés encore plus selon différents thèmes pour être appliqués dans une campagne de communication au jour le jour.

Une communication européenne au-delà de sa base saisissant des opportunités dans l’opinion afin de proposer des modalités d’implication

A partir des actions de communication d’ores et déjà réalisées, plusieurs conseils se dessinent pour les professionnels :

N’utilisez pas de visuels de démonstrations si vous souhaitez attirer un public moyen, en particulier s’ils peuvent être interprétés comme potentiellement agressifs ou perturbateurs de la vie quotidienne. C’est une réaction qui revient maintes et maintes fois dans notre groupe de discussion – même parmi les enthousiastes.

L’authenticité est la clé. Le contenu trop “élégant” est sous-performant au-delà de la base. Il peut apparaître comme un contenu manipulateur et plus politique. Le but est de le raffiner au maximum avec de vraies personnes et des expériences réelles, bien mieux testées.

Ne vous engagez pas directement dans la désinformation. S’engager avec ce contenu ne fait que renforcer sa portée. Plutôt que de vous engager directement dans la désinformation, concentrez-vous sur la publication de vos récits les plus convaincants pour votre sous-audience.

La formulation est importante. Des termes tels que « justice climatique » ou « transition juste » ont l’effet inverse de persuader le public moyen. En fait, les gens les trouvent déroutantes. Parlez-en plutôt en termes plus spécifiques, comme “Comment l’innovation allemande peut aider à résoudre la crise climatique” ou “Quand les forêts vont bien, nous nous faisons bien”.

Il y a une ligne fine entre motivation et apathie. Par exemple, si vous souhaitez mobiliser des actions contre la corruption, ne parlez pas de la corruption comme d’un problème systémique, même si c’est le cas. Il est préférable de l’attacher à des personnes ou à des événements spécifiques. Cela est moins susceptible de submerger les publics intermédiaires et en fin de compte, d’inspirer l’inaction, au lieu de les motiver et de les mobiliser.

Que faut-il surtout retenir pour mobiliser sur l’Europe ? En tant que communicant, vous devez coder ce que vous voulez dire, dans le contexte de ce que votre public peut entendre ou auquel il peut s’identifier.

Perception des Européens de leur habitudes médiatiques des médias traditionnels et en ligne

La perception que les citoyens ont de l’Union européenne est influencée par ce qu’ils voient, entendent et lisent dans divers médias, un Eurobaromètre Flash fournit des insights sur les usages médiatiques des Européens…

Sensibilisation à l’information européenne : des biais sociologiques persistants

72% des personnes interrogées répondent qu’elles ont récemment lu, vu ou entendu quelque chose sur l’Union européenne, que ce soit dans la presse, sur Internet, à la télévision ou à la radio.

Les résultats socio-démographiques indiquent que :

  • Les proportions ayant lu, vu ou entendu quelque chose augmentent avec l’âge, passant de 67 % des 15-24 ans à 75 % des 55 ans et plus pour l’actualité de l’Union européenne
  • Les hommes sont plus susceptibles que les femmes de dire qu’ils ont récemment lu, vu ou entendu quelque chose à propos de l’Union européenne (78 % contre 66 %, respectivement)
  • Les répondants les plus instruits sont plus susceptibles de dire qu’ils ont lu, vu ou entendu quelque chose récemment sur l’Union européenne (77 % des personnes les plus instruites contre 64 % des moins instruites)

Habitudes médiatiques entre médias traditionnels, médias en ligne et médias sociaux

La télévision domine comme première source d’information (75%), en particulier pour les plus de 54 ans (85% accèdent à l’information via la télévision). Viennent ensuite les plateformes d’information en ligne (43%), puis la radio (39%), puis les plateformes de médias sociaux et les blogs (26%). La presse écrite arrive en cinquième position (21%). Les répondants plus jeunes sont beaucoup plus susceptibles que les répondants plus âgés d’utiliser les plateformes de médias sociaux et les blogs pour accéder aux actualités (46 % des 15-24 ans contre 15 % des 55 ans et plus).

Bien que les sources d’information traditionnelles – en particulier la télévision – soient importantes, 88 % des répondants obtiennent au moins quelques nouvelles en ligne via leur smartphone, ordinateur ou ordinateur portable (vs 10 % qui n’accèdent jamais aux actualités en ligne). 43 % des répondants utilisent le site web de la source d’information pour accéder aux actualités en ligne, et 31 % lisent des articles ou des publications qui apparaissent sur leurs réseaux sociaux en ligne. Cette dernière réponse est retenue par 43 % des 15-24 ans (vs 24% des 55+ répondants).

Parmi ceux qui accèdent aux actualités en ligne, 70 % n’utilisent que des contenus d’actualités gratuits ou des services d’actualités en ligne. Parmi ceux qui accèdent aux actualités en ligne, ce qui les rend susceptibles d’ouvrir un article, c’est un titre correspondant à leurs centres d’intérêt pour 54 % et 37 % qu’il est important qu’ils fassent confiance à la publication du média.

Il existe des différences d’utilisation des médias entre les groupes sociodémographiques :

  • Les répondants plus jeunes sont beaucoup plus susceptibles d’utiliser les plateformes de médias sociaux et les blogs (46 % des 15-24 ans contre 15 % des 55 ans et plus) ;
  • Mais ils sont également plus susceptibles d’utiliser YouTube et d’autres plateformes vidéo (34 % contre 8 %, respectivement) ;
  • Les personnes âgées utilisent beaucoup plus les médias d’information traditionnels (télévision, radio et presse écrite) ;
  • La plus grande différence en termes d’éducation est observée pour l’utilisation des plateformes d’information en ligne (sélectionnées par 49 % des diplômés de l’enseignement supérieur contre 30 % des répondants peu scolarisés). Seules des différences mineures sont observées pour l’utilisation des médias d’information traditionnels (télévision, radio et presse écrite).

Contenu d’actualités en ligne payant

Parmi les répondants qui accèdent aux actualités en ligne, 70 % n’utilisent que des contenus d’actualités gratuits et des services d’actualités en ligne.

Appareil pour accéder aux actualités en ligne

Parmi les répondants qui accèdent aux actualités en ligne, 77 % répondent qu’ils utilisent un smartphone pour accéder aux actualités en ligne et 59 % un ordinateur de bureau ou x un ordinateur portable. D’autres appareils sont moins fréquemment utilisés. 88 % des répondants les plus jeunes (15-24 ans) utilisent un smartphone pour accéder aux actualités en ligne, contre 66 % des répondants les plus âgés (55 ans et plus).

Médias sociaux

Une majorité de répondants utilisent Facebook (67%), WhatsApp (61%) et YouTube (56%). Chez les 15-24 ans, Instagram est la plateforme de médias sociaux la plus utilisée (79 %). TikTok (49 %) et Snapchat (43 %) sont également courants chez les plus jeunes répondants.

Dans tous les groupes d’âge, environ la moitié des répondants utilisent les médias sociaux pour envoyer des messages directs à leurs amis et à leur famille et au moins quatre sur dix utilisent les médias sociaux pour suivre les nouvelles et les événements actuels (44 % à 46 %), mais il y a une différence dans les habitudes de publication : 28 % des 15-24 ans publient leur propre contenu sur les réseaux sociaux, contre 15 % des 55 ans et plus.

Plateformes de médias sociaux en ligne

Facebook est la plate-forme de médias sociaux la plus fréquemment sélectionnée dans 20 États membres ; de plus, dans tous les États membres, cette plateforme est citée par plus de la moitié des répondants (de 52% en Allemagne à 91% à Malte).

WhatsApp est la plateforme la mieux classée (ou co-la mieux classée) dans huit États membres, comme l’Espagne (avec 86 % des utilisateurs de WhatsApp) et l’Italie (82 %). Dans six États membres, cependant, WhatsApp est sélectionné par moins d’un répondant sur cinq (Bulgarie, Danemark, Grèce, Hongrie, Lituanie et Slovénie).

Instagram, TikTok et Snapchat sont particulièrement répandus chez les 15-24 ans. Par exemple, alors que 6 % des 55 ans et plus choisissent TikTok comme plateforme de médias sociaux en ligne qu’ils utilisent, cette proportion passe à 49 % pour les 15-24 ans.

Activités sur les réseaux sociaux

49 % des répondants utilisent les médias sociaux à des fins de communication – pour envoyer des messages directs à leurs amis et à leur famille – et 45 % répondent qu’ils utilisent ces médias à des fins d’information – pour se tenir au courant de l’actualité et de l’actualité. D’autres activités fréquemment sélectionnées sont suivre ce que font les amis, la famille et les collègues (41 %) et regarder du contenu photo et vidéo (40 %).

Dans tous les groupes d’âge, environ la moitié des répondants utilisent les médias sociaux pour envoyer des messages directs à leurs amis et à leur famille et au moins quatre sur dix les utilisent pour suivre les actualités et les événements actuels, mais il existe une différence dans les habitudes de publication selon les groupes d’âge : 28 % des 15-24 ans publient leur propre contenu sur les réseaux sociaux, contre 15 % des 55 ans et plus. De même, 59 % des 15-24 ans utilisent les médias sociaux pour regarder du contenu photo et vidéo, contre 28 % chez les 55 ans et plus.

Sources médiatiques les plus fiables

Les médias audiovisuels et imprimés traditionnels, ainsi que leur présence en ligne, sont mieux classés comme sources d’information fiables que les plateformes d’information en ligne et canaux de médias sociaux (par exemple, Instagram et YouTube).

49% attendent des télévisions et radios publiques qu’elles leur donnent des informations véridiques, suivies de la presse écrite (et de leur présence en ligne), sélectionnée par 39%. D’autre part, les chaînes de télévision et de radio privées (et leur présence en ligne) sont citées par 27 % comme une source médiatique de confiance.

49 % des répondants choisissent les stations de télévision et de radio publiques (y compris leur présence en ligne) comme source d’information en laquelle ils ont confiance, tandis que les chaînes de télévision et de radio privées.

La confiance du public de l’UE dans les chaînes de télévision et de radio publiques et la presse écrite varie considérablement d’un pays à l’autre. Alors qu’en Finlande, 73% des répondants font confiance aux chaînes de télévision et de radio publiques, cela n’est vrai que pour 22% des répondants en Hongrie et 23% en Pologne. De même, alors que 63% des Luxembourgeois répondent faire confiance à la presse écrite, seuls 18% des Bulgares et des Polonais répondent de la même manière.

Les médias audiovisuels et imprimés traditionnels, ainsi que leur présence en ligne, sont mieux classés comme sources d’information fiables que les plateformes d’information en ligne et les canaux de médias sociaux (par exemple, Instagram et YouTube). Un répondant sur sept (14 %) fait confiance aux personnes, groupes ou amis qu’il suit sur les réseaux sociaux pour lui donner des informations véridiques, 11 % répondent de la même manière à propos des plateformes d’actualités en ligne (y compris les blogs, les podcasts), 10 % à propos de YouTube ou d’autres plateformes vidéo et 5% sur les influenceurs sur les réseaux sociaux.

Les plateformes d’information en ligne, les canaux de médias sociaux et les influenceurs sont plus fréquemment approuvés par les jeunes répondants. Par exemple, 7 % des 55 ans et plus choisissent les plateformes d’information en ligne (y compris les blogs et les podcasts) comme source médiatique en laquelle ils ont confiance ; ce chiffre passe à 16 % pour les 15-24 ans. De même, 2% des 55 ans et plus font confiance aux influenceurs sur les réseaux sociaux, contre 13% des 15-24 ans.

Exposition à la désinformation et aux fake news

10% des répondants pensent qu’au cours de ces sept derniers jours, ils ont été “très souvent” exposés à de la désinformation et à de fausses nouvelles ; 18% répondent que cela s’est produit « souvent » au cours des sept derniers jours et 33 % ont répondu que cela s’est produit « parfois ». A l’autre extrême, 8% répondent qu’ils n’ont pas été exposés à la désinformation au cours des sept derniers jours. 13 % “ne savent pas” à quelle fréquence ils ont été exposés à la désinformation ou aux fausses nouvelles.

Les répondants en Bulgarie sont globalement les plus susceptibles de répondre qu’ils ont souvent été exposés à la désinformation et aux fausses nouvelles au cours des sept derniers jours (29 % de réponses « très souvent » et 26 % « souvent »), tandis que les répondants aux Pays-Bas sont les moins susceptibles de le dire (3 % de réponses « très souvent » et 9 % « souvent »).

Reconnaître la désinformation et les fausses nouvelles

Une majorité de répondants se sentent confiants de pouvoir reconnaître la désinformation : 12 % se sentent « très confiants » et 52 % « plutôt confiants ».

Dans tous les États membres, au moins une faible majorité de personnes interrogées sont convaincues de pouvoir reconnaître la désinformation et les fausses nouvelles. En Finlande, à Malte et en Irlande, environ huit répondants sur dix se disent confiants dans leur capacité à faire la distinction entre les vraies nouvelles et les fausses nouvelles.

Il existe également des différences entre les groupes socio-démographiques :

  • Sept hommes interrogés sur dix sont convaincus qu’ils peuvent reconnaître la désinformation et les fausses nouvelles ; parmi les femmes interrogées, moins de six sur dix se sentent confiantes (9 % de réponses « très confiant » et 49 % de « plutôt confiant »).
  • La confiance dans la distinction entre les vraies nouvelles et les fausses nouvelles diminue avec l’âge et augmente avec le niveau d’éducation.
  • Parmi les répondants encore scolarisés, 16 % répondent se sentir « très confiants » et 55 % « plutôt confiants » dans la reconnaissance de la désinformation et des fausses nouvelles. De même, parmi les 15-24 ans, 68 % sont convaincus de pouvoir reconnaître la désinformation, contre 59 % pour les 55 ans et plus.

Au total, cette vaste enquête sur les habitudes médiatiques des Européens est très utile pour mieux comprendre la manière dont les citoyens de l’UE s’informent.