Archives par étiquette : citoyens

2023, année européenne des compétences : stimuler compétitivité, participation et talents

Lors de son 3e discours sur l’état de l’Union le 14 septembre dernier, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen s’est exprimée pour que 2023 soit l’Année européenne des talents afin d’investir beaucoup plus massivement dans la formation continue et l’apprentissage tout au long de la vie…

La position de la Commission européenne : mains-d’œuvre compétentes = croissance + innovation + compétitivité

Un citoyen qui dispose des compétences nécessaires est un citoyen armé pour s’adapter à l’évolution du marché du travail et participer pleinement à la société et à la démocratie.

L’enjeu est d’assurer une transition verte et numérique socialement équitables et justes qui ne laisse personne de côté et de favoriser une main-d’œuvre dotée des compétences recherchées contribuant à une croissance durable, favorisant l’innovation et améliorant la compétitivité des entreprises.

L’état de l’opinion des Européens : prise de conscience inégale des défis

Selon l’Eurobaromètre Spécial 503 : « Attitudes à l’égard de l’impact de la numérisation sur la vie quotidienne », sept Européens sur dix se considèrent suffisamment formés à l’usage des technologies numériques dans leur vie quotidienne, même si les détails socio-démographiques précisent des différences importantes dans la population européenne :

  • 74% hommes vs 65% femmes
  • 86% white-collar vs 57% blue-collar
  • 77% urbains vs 65% ruraux

Du côté des institutions européennes et d’Eurostat, la situation semble plus préoccupante pour répondre aux défis de la digitalisation des économies européennes :

  • Plus des trois quarts des entreprises de l’UE signalent des difficultés à trouver des travailleurs qualifiés
  • 4 travailleurs sur 10 manquent de compétences
  • 1 spécialiste en informatique sur 6 et 1 diplômé en STIM sur 3 sont des femmes

Le besoin d’une démarche proactive de communication autour des compétences, en particulier numériques, apparaît clairement comme indispensable pour accompagner les évolutions individuelles.

La communication à l’occasion de l’Année européenne des compétences

Vers un nouvel élan à l’apprentissage tout au long de la vie, la communication européenne encourage les possibilités de perfectionnement et de reconversion professionnels avec des évènements et des campagnes de sensibilisation organisés dans toute l’UE afin de soutenir l’échange de bonnes pratiques :

  • Promouvoir des investissements accrus, plus efficaces et plus inclusifs, dans la formation et le renforcement des compétences afin d’exploiter pleinement le potentiel de la main-d’œuvre en Europe et d’aider les personnes à passer d’un emploi à l’autre ;
  • Veiller à ce que les compétences soient adaptées aux besoins du marché du travail, en coopération également avec les partenaires sociaux et les entreprises ;
  • Mettre en adéquation les aspirations et les compétences des citoyens avec les possibilités offertes sur le marché du travail, en particulier en ce qui concerne la transition écologique et numérique et la reprise économique ;
  • Attirer des personnes de pays tiers possédant les compétences dont l’UE a besoin.

L’opportunité de l’Année européenne 2023 des compétences doit être vraiment exploitée pour faire évoluer les talents des Européens indispensables au succès des transitions numérique et climatique.

European Video Alliance : l’actualité européenne, par des agences de presse, en vidéos

Avec comme « objectif principal de fournir un contenu objectif et informatif de haute qualité (en vidéo) provenant du monde entier », EVAnews pour « European Video Alliance » promet un « regard neuf sur l’actualité européenne »…

EVAnews, une alliance d’agences de presse européennes pour produire des contenus d’actualité vidéo originaux en huit langues

Cet été, la plateforme EVAnews a été mise en ligne avec une volonté « ouvrir les questions qui comptent pour les Européens et les histoires qui les rassemblent » et « diffuser des reportages en 8 langues sur des sujets qui interpellent, inquiètent ou ravissent les Européens » autour de catégories comme : International, Politique, Culture, Union européenne, Économie, Sport, Société et Événements.

Avec « la naissance d’une étoile », leur vidéo de lancement, pour laquelle Lacomeuropéenne a été interviewée, l’« un des sujets concerne la communication même des institutions. Aujourd’hui, certains dénoncent une Europe déconnectée des réalités du terrain, du quotidien des populations de ses États membres. Et pourtant, l’UE communique de plus en plus, partage de plus en plus et prend de plus en plus en considération les besoins et les aspirations de ces citoyens ».

EVAnews est le fruit d’une collaboration active entre 6 agences de presse européennes :

  • Adnkronos, Italie
  • ColoSoftwares, Inthe News Services et Belga, Belgique
  • CTK, République tchèque
  • Deutsche Presse Agentur, Allemagne
  • Europa Press, Espagne

EVAnews, un soutien de la Commission européenne pour des plateformes médiatiques européennes

Le soutien aux plateformes médiatiques s’inscrit dans le cadre de l’initiative NEWS du plan d’action de la Commission pour les médias et l’audiovisuel en faveur de la collaboration et de l’innovation dans les médias d’information via un soutien de l’UE pour améliorer l’accès des citoyens à des informations de confiance dans l’ensemble de l’UE en mettant en place et en développant des projets de plateformes médiatiques européennes.

EVANews, l’alliance européenne de l’information européenne vidéo, dont le montant du financement de l’UE s’élève à 1.2 millions d’€, réunit des agences de presse et des organes de production d’informations afin de mettre en ligne sur un portail des vidéos originales traduites dans huit langues couvertes sont l’anglais, l’allemand, le français, le néerlandais, l’espagnol, le catalan, l’italien et le tchèque.

Quoique la visibilité d’EVANews soit encore très réduite en ligne, puisqu’aucun contenu n’apparaît encore dans la rubrique « Actualités » de Google et qu’EVANews ne semble présent pour le moment sur aucun réseau social, il n’en demeure pas moins un vrai potentiel d’attractivité pour le grand public.

Premier métavers “Global Gateway” développé par l’Europe

Avec « Global Gateway », la Commission européenne réalise un véritable métavers, ces univers virtuels persistants qui utilisent la réalité augmentée et virtuelle pour créer un une expérience immersive et un univers collectif, dont le coût serait de 400k€.

Global Gateway, une campagne très riche reposant sur un investissement tech très innovant

Sur le site dédié à Global Gateway, l’ambition affirmée est doublement forte : d’une part, par les sujets abordés, « climat, connectivité, santé, éducation : autant de défis mondiaux qui nécessitent une action mondiale » que d’autre part, par le dispositif mis en place avec un tout nouvel environnement virtuel, un métavers, une sorte d’espace numérique partagé pour rencontrer des personnes, partager des idées et s’attaquer ensemble aux défis du monde réel.

Au travers de 5 vidéos très esthétiques, les grands enjeux sont posés pour donner envie de rejoindre le métavers Global Gateway pour trouver des solutions durables aux grands problèmes mondiaux :

  1. Penser mondialement, agir localement
  2. Connecter les choses pour connecter les gens
  3. La prévention est le remède de demain
  4. Soyez le changement climatique
  5. Les esprits ouverts ouvrent des portes

En outre, d’autres modalités de mobiliser les publics sont également présentés avec l’organisation dans 7 pays européens réunis par l’art des « installations artistiques » pour porter un regard neuf sur le climat, la connectivité, la santé et l’éducation, tant dans le monde réel que dans le métavers Global Gateway.

Enfin, des événements sont proposés pour fédérer les publics comme des (Eco-friendly) Coffee Talk, des Digi-talks mais aussi un Global Gateway Gala et des Club Nights sur le métavers.

Global Gateway, une débauche de moyens déconnecter des publics ?

Selon la Commission européenne, sur son site officiel, « la stratégie “Global Gateway” une nouvelle stratégie européenne visant à développer des liens intelligents, propres et sûrs dans les domaines du numérique, de l’énergie et des transports et à renforcer les systèmes de santé, d’éducation et de recherche dans le monde entier », jusqu’à 300 milliards d’euros d’investissements jusqu’en 2027.

Autrement dit, la stratégie Global Gateway est l’approche concurrente aux Routes de la soie de la Chine pour renforcer les opportunités de co-développement avec les pays tiers à l’Union européenne, en particulier un paquet d’investissements dans le cadre du partenariat UE-Afrique.

Auprès de quels publics s’adresse cette campagne de communication « Global Gateway » : s’il s’agit des destinataires des financements européens, aucune information n’est manifestement mise en avant sur le métavers ; s’agit-il plutôt de s’adresser aux citoyens européens pour leur faire connaître la stratégie européenne de partenariats, mais dans ce cas, aucune information accessible présente et précise les contours des projets financés dans ce cadre.

Concrètement, la campagne de communication « Global Gateway » apparaît comme une débauche de moyens très tech mais peu informatifs alors qu’une démarche pédagogique plus classique aurait permis de présenter une vision plus proche de la réalité et un dispositif plus susceptible d’intéresser des citoyens européens encore très largement peu sensibilisés aux dernières technologies comme le métavers.

Que faut-il conclure ? Que la prouesse technologique ne peut réussir qu’à condition d’être au service d’une communication qui soit en relation avec les publics, souhaitons au métavers Global Gateway son plein succès.

Deuxième saison de la campagne conjointe UEFA et Commission européenne en faveur de l’action pour le climat

Au cours de la saison de football 2021-22, la première saison de l’engagement de l’UEFA à aider l’UE à réaliser le Green Deal avec le spot “The World’s Best Trick” a été diffusé près de 3 000 fois à la télévision et a été diffusé dans plus de 300 matchs de clubs et d’équipes nationales de football féminin et masculin…

UEFA Respect + EU Green Deal : des économies en énergie

L’UEFA et la Commission européenne se lancent pour la deuxième saison d’une campagne de trois ans dans laquelle l’UEFA soutient la Commission pour aider à sensibiliser le public aux priorités européennes en matière de climat et d’énergie.

Un tout nouveau spot, sans star du foot, ni masculine, ni féminine, sera diffusé cette saison dans les compétitions paneuropéennes de clubs et d’équipes nationales masculines et féminines de l’UEFA, y compris l’emblématique Ligue des champions.

La nouvelle publicité promeut les messages de l’UE sur les économies d’énergie et encourage les citoyens à prendre des mesures quotidiennes pour aider à faire face à la crise énergétique actuelle en Europe.

Selon Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, « si nous baissons tous notre chauffage de 1 degré, nous pouvons économiser 10 milliards de mètres cubes de gaz (…) il faut un travail d’équipe : si tout le monde contribue, nous passerons les prochains hivers et serons prêts pour un avenir plus vert ».

La campagne télévisée conjointe répond à un objectif clé de l’engagement de l’UEFA envers le Pacte européen pour le climat, qui invite les citoyens, les communautés et les organisations à aider l’Union européenne à réaliser le Green Deal et la transition de l’Europe vers une économie à zéro émission nette de gaz à effet de serre d’ici 2050.

Première saison réussie

La publicité de la première saison – #EveryTrickCounts s’est avérée un succès retentissant sur plusieurs fronts :

  • En 2021/22, le spot a été diffusé lors de plus de 300 matches dans les compétitions de clubs et d’équipes nationales de l’UEFA dans le football féminin et masculin, y compris le futsal.
  • Pour la finale de la Ligue des champions masculine de l’UEFA, le spot a atteint une audience unique estimée à environ 35 millions de personnes. L’audience unique moyenne d’une journée de l’UEFA Champions League masculine était de 24 millions.

Cette campagne UEFA-Commission européenne sur le climat, d’ores et déjà, atteint un record sans précédent en termes de visibilité de l’Europe.

Vers un mécanisme permanent de participation citoyenne dans l’UE

Comment les citoyens interagissent-ils avec l’UE ? Alberto Alemanno, professeur de droit européen à HEC Paris mène la première analyse empirique de l’utilisation des outils participatifs existants de l’UE par rapport aux attentes croissantes d’une plus grande participation des citoyens à la prise de décision de l’UE à la suite de la Conférence sur l’avenir de l’Europe…

Panorama des mécanismes participatifs au sein de l’UE

Chaque mécanisme participatif existant est analysé, depuis le droit de pétition, la demande d’accès aux documents et la plainte auprès de la Commission européenne et du Médiateur européen, les consultations publiques et jusqu’à l’initiative citoyenne européenne.

Les critères d’analyse recouvrent sa raison d’être (à quoi ça sert ?), son accessibilité (qui peut l’utiliser ?), sa réactivité (qu’est-ce qu’il peut obtenir en théorie ?) et son efficacité (qu’est-ce qu’il peut être obtenu en pratique ?).

Après 70 ans d’intégration, les citoyens de l’UE sont largement marginalisés dans les développements de l’UE. Pourtant, ils ont le droit de « participer à la vie démocratique de l’Union » depuis 2009, et de le faire au-delà des élections.

Contrairement aux idées reçues, l’UE offre aujourd’hui un large éventail d’opportunités participatives à ses citoyens pour s’engager dans – et potentiellement influencer – le processus décisionnel de l’UE. Pourtant, ils restent peu connus et peu utilisés.

Droit d’accès aux documents de l’UE

Bien qu’il soit une condition préalable à la participation des citoyens à la vie démocratique de l’UE, le droit d’accès aux documents reste sous-développé. Les retards systématiques des institutions de l’UE à fournir une réponse et les complexités administratives du processus et de la jurisprudence affaiblissent le potentiel participatif du droit d’accès aux documents dans l’UE.

Consultations publiques

La Commission, européenne, contrairement à tout État membre de l’UE, est mandatée pour organiser une consultation pour chaque nouvelle initiative. Pourtant, elle reste libre de définir qui, comment et quand consulter ainsi que comment répondre.

Les consultations présentent généralement un déséquilibre géographique, avec un gradient de participation entre les États membres du nord et de l’ouest de l’Europe et ceux du sud et de l’est.

Plaintes auprès du Médiateur européen

L’accessibilité du droit de plainte de l’UE auprès du Médiateur européen, combinée au taux élevé de respect de ses décisions, rend ce mécanisme participatif particulièrement pertinent pour les particuliers.

Cependant, à l’instar de la commission PETI du Parlement européen, le Bureau du Médiateur européen dépend fortement de la réactivité des institutions compétentes pour satisfaire la demande du plaignant, par l’intermédiaire du Médiateur européen.

Plaintes auprès de la Commission européenne

Les plaintes auprès de la Commission européenne offrent une voie accessible à tout membre du public, des entreprises et de la société civile, qui peut contribuer de manière significative au contrôle de la Commission en signalant des lacunes dans l’application du droit de l’UE par les États membres.

La large marge d’appréciation dont jouit la Commission pour déterminer s’il y a lieu d’ouvrir une procédure d’infraction – à la suite d’une plainte – combinée à sa pratique administrative, rendent ce mécanisme peu attrayant pour la plupart des citoyens.

Initiative citoyenne européenne

Malgré l’engouement initial pour ce nouvel instrument participatif transnational, les réalités de son fonctionnement quotidien jettent des doutes sur sa capacité à concrétiser son potentiel participatif démocratique.

La visibilité limitée de l’instrument, le manque de convivialité dans l’enregistrement et la collecte des signatures, combinés à une faible efficacité, ont affaibli cet instrument, au point de décourager son utilisation parmi les citoyens et les organisations de la société civile.

Contribution des citoyens à la vie démocratique de l’Union limitée et potentiel démocratique inexploité

La capacité individuelle et collective de ces mécanismes à aider les citoyens à contribuer à la vie démocratique de l’Union reste réduite en raison d’une variété de facteurs structurels limitant la participation des citoyens de l’UE :

• Faible alphabétisation de l’UE (participative) ;

• Fragmentation du système participatif de l’UE et manque de conscience de soi parmi ses utilisateurs ;

• Accès inégal à la participation à l’UE ;

• Intégration limitée dans le processus décisionnel de l’UE.

En fin de compte, les instruments participatifs de l’UE qui ont été créés sont détachés de la formation de l’opinion politique et de la volonté des citoyens – qui se produisent uniquement au niveau national – et contribuent finalement très peu à la légitimité de la gouvernance de l’UE.

Ces limitations qui ont historiquement limité le potentiel démocratique de la participation des citoyens de l’UE pourraient être surmontées par l’introduction d’un processus participatif représentatif innovant, généralement incarné par des assemblées de citoyens.

La principale caractéristique de cette approche est l’implication directe des citoyens, choisis au hasard pour représenter les identités culturelles et la diversité de la société – au-delà des clivages partisans, des intérêts particuliers et des nationalités – dans le processus décisionnel. En tant que tel, le modèle délibératif représentatif semble particulièrement adapté au processus politique de l’UE, généralement peu peuplé, inégalement peuplé et peu délibératif.

Intégration d’une assemblée de citoyens choisis au hasard dans l’ordre juridique de l’UE

Alors que le débat se poursuit sur l’institutionnalisation des modèles délibératifs représentatifs, un modèle de processus délibératif représentatif de l’UE pourrait être mis en place sans modification du traité. L’idée serait de fonctionner en synchronisation – et non en concurrence – avec les processus participatifs européens existants.

Une Chambre des citoyens permanente, peuplée de citoyens sélectionnés au hasard ayant une expérience antérieure en matière de délibération, discuterait régulièrement de nouvelles initiatives générées soit de bas en haut, par des citoyens via les canaux participatifs existants de l’UE, soit de haut en bas, par les institutions de l’UE dans le cadre de leurs prérogatives, dans le but de proposer sur une base annuelle la convocation d’un ou plusieurs panels ad hoc de citoyens de l’UE pour donner des avis sur ces mêmes thèmes.

Le modèle proposé vise non seulement à fournir aux citoyens une voix permanente dans le processus décisionnel, mais également un système de contrôle systématique pour s’assurer qu’ils sont entendus. L’objectif est d’accroître la responsabilité et de redynamiser le pouvoir d’élaboration de l’agenda des citoyens ordinaires grâce à la création d’un écosystème délibératif et participatif intégré d’engagement démocratique et d’innovation à intégrer, sans modification du traité, dans l’architecture décisionnelle et institutionnelle existante de l’UE.

Au total, la possibilité d’intégrer des citoyens sélectionnés au hasard dans le processus décisionnel de l’UE pourrait offrir – comme en témoigne la conférence sur l’avenir de l’Europe – une opportunité de compenser les lacunes actuelles de la démocratie participative de l’UE, notamment son accessibilité, sa réactivité et son efficacité limitées.