Archives de catégorie : Médias et Europe

Billets sur les enjeux d’information européenne

European Video Alliance : l’actualité européenne, par des agences de presse, en vidéos

Avec comme « objectif principal de fournir un contenu objectif et informatif de haute qualité (en vidéo) provenant du monde entier », EVAnews pour « European Video Alliance » promet un « regard neuf sur l’actualité européenne »…

EVAnews, une alliance d’agences de presse européennes pour produire des contenus d’actualité vidéo originaux en huit langues

Cet été, la plateforme EVAnews a été mise en ligne avec une volonté « ouvrir les questions qui comptent pour les Européens et les histoires qui les rassemblent » et « diffuser des reportages en 8 langues sur des sujets qui interpellent, inquiètent ou ravissent les Européens » autour de catégories comme : International, Politique, Culture, Union européenne, Économie, Sport, Société et Événements.

Avec « la naissance d’une étoile », leur vidéo de lancement, pour laquelle Lacomeuropéenne a été interviewée, l’« un des sujets concerne la communication même des institutions. Aujourd’hui, certains dénoncent une Europe déconnectée des réalités du terrain, du quotidien des populations de ses États membres. Et pourtant, l’UE communique de plus en plus, partage de plus en plus et prend de plus en plus en considération les besoins et les aspirations de ces citoyens ».

EVAnews est le fruit d’une collaboration active entre 6 agences de presse européennes :

  • Adnkronos, Italie
  • ColoSoftwares, Inthe News Services et Belga, Belgique
  • CTK, République tchèque
  • Deutsche Presse Agentur, Allemagne
  • Europa Press, Espagne

EVAnews, un soutien de la Commission européenne pour des plateformes médiatiques européennes

Le soutien aux plateformes médiatiques s’inscrit dans le cadre de l’initiative NEWS du plan d’action de la Commission pour les médias et l’audiovisuel en faveur de la collaboration et de l’innovation dans les médias d’information via un soutien de l’UE pour améliorer l’accès des citoyens à des informations de confiance dans l’ensemble de l’UE en mettant en place et en développant des projets de plateformes médiatiques européennes.

EVANews, l’alliance européenne de l’information européenne vidéo, dont le montant du financement de l’UE s’élève à 1.2 millions d’€, réunit des agences de presse et des organes de production d’informations afin de mettre en ligne sur un portail des vidéos originales traduites dans huit langues couvertes sont l’anglais, l’allemand, le français, le néerlandais, l’espagnol, le catalan, l’italien et le tchèque.

Quoique la visibilité d’EVANews soit encore très réduite en ligne, puisqu’aucun contenu n’apparaît encore dans la rubrique « Actualités » de Google et qu’EVANews ne semble présent pour le moment sur aucun réseau social, il n’en demeure pas moins un vrai potentiel d’attractivité pour le grand public.

Communiqués de presse de la Commission européenne : un style de communication technocratique

Avec une analyse textuelle de près de 45 000 communiqués de presse publiés par la Commission européenne au cours des 35 dernières années d’intégration européenne, Christian Rauh dans « Clear messages to the European public? The language of European Commission press releases 1985–2020 » confirme un style de communication extrêmement technocratique…

Enseignements relatifs aux communiqués de presse de la Commission européenne

Premièrement, cette communication publique est notablement plus difficile à comprendre que la communication politique des exécutifs nationaux et ressemble plutôt à un discours scientifique ; alors qu’un communiqué de presse reflète l’équilibre choisi par la Commission entre les considérations politiques et de communication et est destiné à influencer et à façonner le débat public.

Deuxièmement, ce mode de communication technocratique est indépendant des sujets politiques sur lesquels la Commission communique ; la communication publique de la Commission est presque toujours moins accessible, que l’on s’intéresse à la complexité du langage, à la familiarité des mots et, en particulier, à l’expression de l’action.

Troisièmement, ces constats n’ont guère changé au cours des 35 ans, une période au cours de laquelle les compétences politiques de la Commission et la politisation publique de l’UE ont considérablement augmenté.

Le message est clair. La communication publique de la Commission se caractérise par un langage grammaticalement complexe, par un jargon spécialisé et par un style inhabituellement nominal plutôt que verbal qui privilégie les processus abstraits aux plans d’action temporellement identifiables.

Pathologies du discours technocratique dans la communication de la Commission européenne

Essentiellement, la non-clarté du langage des communiqués de presse de la Commission européenne réside dans un triple déficit :

– Déficit d’accessibilité linguistique : une langue qui n’est pas assez accessible ;

– Déficit de vocabulaire familier : une utilisation de jargon trop spécialisé ;

– Déficit d’orientation vers l’action : une faible clarification et forte nominalisation à la place des verbes.

Le style de communication technocratique que cultive la Commission est probablement bien adapté pour s’adresser à ses acteurs traditionnels et hautement spécialisés que sont le Conseil, le Parlement européen ou les groupes d’intérêts sectoriels.

Mais, dans un contexte où l’opinion publique sur l’UE se polarise, c’est au moins une occasion manquée : ce style réduit la probabilité qu’un journaliste transmette le message, laisse une marge d’interprétation et de cadrage à d’autres acteurs, et diminue les chances que les citoyens comprennent comment la Commission utilise ses pouvoirs politiques.

Pourquoi la Commission européenne souffre d’un remarquable “déficit de communication” comportemental ?

Plusieurs hypothèses restent à creuser :

Premièrement, la communication de la Commission peut être liée à des identités organisationnelles profondément enracinées et à un problème de confiance en soi dans un contexte politisé.

Deuxièmement, la communication complexe de la Commission peut également être fonction de luttes intestines bureaucratiques et de recherche de consensus entre différents intérêts et positions politiques au sein de l’organisation elle-même.

Troisièmement, une communication complexe peut indiquer une prudence stratégique et une gestion des risques institutionnels, en particulier dans des contextes de conflits prononcés au sein du Conseil des ministres ou du grand public.

Obscurcir délibérément les positions politiques serait alors une tentative de désamorcer les débats controversés.

Reste que la communication de la Commission ne s’est pas adaptée aux débats publics de plus en plus politisés sur la gouvernance à plusieurs niveaux dans l’Union européenne et sur la prise de décision européenne à la lumière de débats publics de plus en plus controversés

Le style de communication technocratique fait trop facilement le jeu de ceux qui veulent construire l’image d’une élite bruxelloise détachée du citoyen européen.

European Newsroom : la nouvelle salle de presse sur l’Europe d’agences de presse européennes

Alors qu’un déficit important se creuse à Bruxelles avec de moins en moins de correspondants de presse auprès de l’UE issus des États-membres et pays candidats de l’Europe centrale et Orientale, le projet European Newsroom vise à faire travailler ensemble des agences de presse européennes, au-delà des frontières et sur un pied d’égalité…

De l’intérêt théorique d’une salle de presse commune gérée par les agences de presse européennes réunies à Bruxelles

Une vaste étude « A home for Europe’s Press Agencies » mène l’enquête sur l’idée d’une salle de presse commune aux agences de presses européennes à Bruxelles et présente les avantages pour le journalisme d’agence sur l’Europe et l’information européenne.

L’idée de réseau semble prometteuse, avec ses aspects de travail d’équipe, d’échange mutuel de sources et d’interlocuteurs ; le sens de la communauté peut l’emporter sur l’esprit de compétition, parce que les agences s’adressent à des publics différents sur le continent européen. Enfin et surtout, l’UE elle-même est basée sur un sens de la communauté et donc l’idée européenne d’une action commune pour le bien commun serait vécue en miniature dans la salle de presse pour l’information sur l’UE.

La création d’une salle de rédaction commune faciliterait non seulement le travail des journalistes pour chacune des agences individuelles, mais la mise en commun des agences a également des effets positifs sur la qualité journalistique de l’information européenne : plus fréquente et aussi de manière plus diversifiée sur l’UE et les affaires européennes en raison de l’augmentation des ressources en personnel sur place à Bruxelles.

L’accès à des compétences journalistiques telles que la vérification des faits (factcking) et les possibilités de formation continue ainsi que l’accès à des ressources médiatiques supplémentaires telles que la photo ou la vidéo et un réseau commun d’éditeurs. En d’autres termes, un journalisme de qualité renforce la résilience face à la désinformation et promeut le respect de la diversité d’opinion tout en améliorant régulièrement la qualité d’un journalisme d’agence reposant sur la diffusion de récit factuel à partir de sources originales et du cœur de l’Europe.

La corrélation entre la pertinence de la couverture journalistique de l’UE et des affaires européennes d’une part, et les efforts institutionnels et politiques pour les négociations d’adhésion des pays candidats à l’UE d’autre part, avec une couverture accrue non seulement de ces développements, mais également des affaires générales de l’UE.

La perspective européenne renforcée, tant les évolutions politiques, sociétales et culturelles en Europe, reposant largement sur un ensemble de valeurs communes, créerait un contrepoids médiatique à la propagande des systèmes autocratiques.

Les compétences du métier de journaliste telles que la recherche ou la vérification des faits peuvent ouvrir la voie à des normes journalistiques communes, sans compter l’accès aux sources primaires sur place, l’utilisation d’un système éditorial commun, de nouvelles opportunités commerciales entre les agences. La couverture de sujets en Europe et sur l’Europe, l’UE et ses parties prenantes pourrait s’améliorer, en particulier en ce qui concerne la diversité des contenus et des formats – et la qualité du journalisme d’agence. Ceux qui ne sont pas présents sur place dans les institutions bruxelloises doivent le plus souvent s’appuyer sur des informations filtrées à travers le prisme des groupes d’intérêts et de lobbying de leur pays d’origine. Et ce genre d’information est susceptible de renforcer le point de vue de ces groupes de pression, montrant ainsi une partie de la réalité, mais pas la « big picture ».

Une couverture plus factuelle permettrait au public de se forger sa propre opinion sur les développements politiques et les décisions prises à Bruxelles, un élément crucial pour les agences elles-mêmes ainsi que pour leurs pays d’origine, car cela renforce le niveau de démocratie des pays.

Du lancement concret du projet « European Newsroom » : un lieu de qualité et d’intégrité journalistiques

Porté par l’ambition d’une nouvelle égalité des chances d’accès à l’information, en particulier pour les États-membres et les pays candidats à l’UE ouvrant la voie à une couverture journalistique exhaustive, diversifiée et dépassant les frontières, « European Newsroom » se présente comme « un projet coopératif regroupant des agences de presse de toute l’Europe : dpa, AFP, AGERPRES, ANSA, APA, ATA, Belga, BTA, EFE, Europa Press, FENA, HINA, MIA, STA, Tanjug et TASR » qui bénéficieront de formations initiales et continues, de standards journalistiques communs, d’instruments tels que la vérification des faits contribuent à combattre désinformation et propagande, de manière impartiale et indépendante, sur la base de faits vérifiés et grâce à un accès professionnel aux informations et aux sources, à l’abri de la propagande et des fake news, le tout au cœur de l’Union européenne.

Les avantages les plus importants de la salle de presse commune aux agences de presse européennes :

  1. Une multitude d’agences de presse aux pouvoirs de diffusion uniques, qui fourniront à toute l’Europe des informations vérifiées du cœur de l’UE.
  2. Une salle de presse moderne, équipée de toutes les installations nécessaires pour un journalisme d’information de qualité, en soutien particulièrement aux agences de presse des petits États.
  3. Un centre de formation au journalisme d’information européenne.
  4. Une qualité et une intégrité encouragées par la mise en commun des agences de presse, par leur mise en réseau informelle ainsi que par l’infrastructure et les formations communes.
  5. Un lieu pour une information fiable sur les institutions de l’UE, ainsi qu’une autorité forte pour toute l’Europe dans la lutte contre les fake news.
  6. Pour la première fois dans l’histoire de l’UE, une collaboration de journalistes d’agences d’Europe occidentale et orientale à hauteur d’homme.
  7. Une équipe éditoriale internationale pouvant devenir une voix forte de l’Europe, convaincant par la qualité journalistique et renforçant la perspective européenne.

Au total, le projet d’une salle de presse commune aux agences de presse européennes à Bruxelles renforce la perspective européenne sur des sujets en Europe et sur l’Europe dans le paysage médiatique mondial à travers un collectif et une polyphonie qui rendent compte d’une Europe diversifiée de nombreuses voix, apportant ainsi une contribution précieuse au journalisme de qualité réalisé en Europe.

Panorama des journalistes accrédités auprès des institutions de l’Union européenne

Les journalistes accrédités auprès de la Commission européenne, et les types de médias représentés, fournissent des informations très utiles sur la façon dont les médias couvrent l’Union européenne à partir de Bruxelles. Au fur et à mesure que le nombre de membres et le pouvoir de l’Union européenne ont augmenté, la taille du « corps de presse bruxellois » a également augmenté, mais que disent les derniers chiffres

Évolutions historiques des journalistes accrédités auprès de la Commission européenne

En 1976, alors que la Communauté économique européenne de l’époque comptait neuf membres, seuls 259 journalistes étaient accrédités auprès des institutions européennes. Le nombre de journalistes accrédités auprès de la Commission européenne a connu son pic en 2018 avec 1 031 journalistes. En septembre 2020, 899 journalistes étaient accrédités auprès de la Commission européenne. Tous ces chiffres représentent les accréditations annuelles, mais n’incluent pas les accréditations temporaires ou événementielles.

Pourquoi cette stabilisation du nombre de correspondants de presse à Bruxelles ?

  1. Les salles de rédaction à travers l’Europe – d’où viennent la plupart des correspondants basés à Bruxelles – ont licencié du personnel depuis le milieu des années 1990 en raison de la crise économique, de la baisse des sources de revenus et des coûts de maintenance des bureaux coûteux à l’étranger.
  2. Le nombre de correspondants étrangers diminue parce que le temps consacré par les médias traditionnels à l’information internationale a diminué.
  3. De nombreux journalistes d’Europe centrale et orientale venus à Bruxelles pour couvrir l’adhésion de leur pays à l’UE sont rentrés chez eux après l’adhésion de leur pays.

Tendances récentes des journalistes accrédités auprès de la Commission européenne

Chiffres clés : En septembre 2020, 189 de ces 899 journalistes, soit 21 % de tous les représentants des médias, travaillent pour des agences de presse. Les journalistes des agences de presse font majoritairement partie du personnel (160 journalistes), tandis que seulement 29 (15 %) sont des pigistes.

Déclin presse écrite : Depuis 2004, il y a eu un léger déplacement des journalistes de la presse écrite vers les médias en ligne, les agences de presse et les médias audiovisuels (radio et télévision). En 2005, près de la moitié des journalistes accrédités à Bruxelles travaillaient dans la presse écrite. En mai 2012, un peu plus de 40 %, et ce chiffre est tombé à 26 % en octobre 2015.

Stabilisation des agences de presse : La part des journalistes d’agences de presse a légèrement diminué au cours de la dernière décennie. En 2012, 26 % des journalistes accrédités travaillaient pour des agences de presse. Ce chiffre est tombé à 21 % à la fin de 2015 et reste à ce niveau en 2020. Les agences de presse de six pays européens (le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, la Belgique, l’Italie et l’Espagne) dominent ouvertement le secteur, puisque chacun d’eux compte plus de dix journalistes et qu’ensemble, ils représentent 76 % des effectifs des agences de presse à Bruxelles, avec 116 journalistes accrédités en permanence.

Médias accrédités principalement de pays européens et membres de l’UE : Sur l’ensemble des journalistes accrédités, 609, soit 68 %, travaillent pour des médias de 34 pays membres, candidats ou candidats potentiels à l’Union européenne.

Déficit des pays candidats et candidats potentiels : Dix pays figurant sur la liste des pays membres, candidats ou candidats potentiels n’ont pas de journalistes d’agence de presse couvrant l’Union européenne à Bruxelles, et 13 n’ont qu’un seul journaliste d’agence de presse accrédité auprès de la Commission européenne.

Focus sur les agences de presse d’Europe Ouest et Est dans les institutions de l’UE

Un premier groupe « UE-Ouest » constitué des États qui ont rejoint l’UE avant ou au cours de l’élargissement de 1995 comprend 14 agences de presse tandis qu’un deuxième groupe « UE Est » composé d’agences de pays qui ont rejoint l’UE entre 2004 et 2013 ainsi que de pays candidats et de pays candidats potentiels contient des agences de 20 pays. Les États qui ne sont pas membres de l’UE – comme la Norvège, la Suisse ou encore le Royaume-Uni – sont exclus des comparaisons exhaustives entre les « anciens » et les « nouveaux » États membres ou pays candidats.

La sortie du Royaume-Uni de l’adhésion à l’UE est un événement important pour la couverture des affaires européennes puisqu’il y reste actuellement 138 journalistes de médias britanniques accrédités auprès de la Commission européenne. C’est plus que tout autre pays, même l’Allemagne (96) et la France (99), bien que ces deux pays aient une population plus importante que le Royaume-Uni. Il existe plusieurs médias importants sur les affaires européennes qui sont enregistrés au Royaume-Uni, comme le Financial Times, Euractiv et MLex. D’un autre côté, Euronews est enregistré à Lyon, en France, dynamisant les chiffres français, tandis que Politico Europe dynamise ceux de la Belgique.

Les agences de presse des pays membres de l’UE-Ouest dominent les ressources pour couvrir l’Union européenne lorsque le nombre de journalistes accrédités auprès de la Commission européenne est pris en considération. 531 journalistes couvrant l’UE sont originaires de ces 14 pays. En revanche, seuls 75 journalistes travaillent pour les 20 autres pays européens, composés de 13 membres qui ont rejoint l’UE avec l’élargissement, et de 7 pays candidats.

En plus de tous les journalistes, les membres des médias travaillant pour les agences de presse dans les pays de l’UE-Ouest (100) sont quatre fois plus nombreux que ceux des pays de l’UE-Est (21). Deux pays du groupe UE-Ouest n’ont pas de journaliste accrédité travaillant pour une agence de presse à Bruxelles, tandis que 8 des 20 pays du groupe UE-Est n’ont pas d’agence de presse à Bruxelles. Huit autres pays sur 20 n’ont qu’un seul journaliste accrédité contribuant pour une agence de presse.

Pourquoi ce déficit du nombre de correspondants de presse à Bruxelles par leurs agences de presse du groupe UE-Est ?

Petite taille du paysage médiatique dans les pays concernés, dépendance vis-à-vis des agences de presse internationales, réduisant le rôle des services d’information générale des agences nationales, et perte de revenus de leurs médias d’information en raison de bouleversement numérique.

Quelles conséquences sur l’information européenne ?

Outre le fait que les agences de presse nationales du groupe UE-Est ont des capacités et des ressources limitées pour couvrir Bruxelles, le nombre de journalistes accrédités auprès de l’UE travaillant pour tous les types de médias (74 journalistes y compris ceux des agences de presse) est très faible dans ces pays par rapport au groupe UE-Ouest (531). Cela signifie que les habitants de ces pays ont peu de sources d’informations et de points de vue sur les affaires européennes, car leurs médias nationaux n’emploient pratiquement aucun journaliste pour couvrir Bruxelles. L’un des 20 pays n’a même pas un seul reporter à Bruxelles. 2 autres de ces pays n’ont qu’un seul journaliste accrédité couvrant l’UE. 14 de ces 20 pays n’ont pas plus de trois journalistes accrédités auprès de la Commission européenne.

Alors, quelles peuvent être les solutions pour compenser le déficit de correspondants à Bruxelles travaillant dans des agences de presse issus d’États-membres et candidats de l’Europe Centrale et Orientale ?

Perception des Européens de leur habitudes médiatiques des médias traditionnels et en ligne

La perception que les citoyens ont de l’Union européenne est influencée par ce qu’ils voient, entendent et lisent dans divers médias, un Eurobaromètre Flash fournit des insights sur les usages médiatiques des Européens…

Sensibilisation à l’information européenne : des biais sociologiques persistants

72% des personnes interrogées répondent qu’elles ont récemment lu, vu ou entendu quelque chose sur l’Union européenne, que ce soit dans la presse, sur Internet, à la télévision ou à la radio.

Les résultats socio-démographiques indiquent que :

  • Les proportions ayant lu, vu ou entendu quelque chose augmentent avec l’âge, passant de 67 % des 15-24 ans à 75 % des 55 ans et plus pour l’actualité de l’Union européenne
  • Les hommes sont plus susceptibles que les femmes de dire qu’ils ont récemment lu, vu ou entendu quelque chose à propos de l’Union européenne (78 % contre 66 %, respectivement)
  • Les répondants les plus instruits sont plus susceptibles de dire qu’ils ont lu, vu ou entendu quelque chose récemment sur l’Union européenne (77 % des personnes les plus instruites contre 64 % des moins instruites)

Habitudes médiatiques entre médias traditionnels, médias en ligne et médias sociaux

La télévision domine comme première source d’information (75%), en particulier pour les plus de 54 ans (85% accèdent à l’information via la télévision). Viennent ensuite les plateformes d’information en ligne (43%), puis la radio (39%), puis les plateformes de médias sociaux et les blogs (26%). La presse écrite arrive en cinquième position (21%). Les répondants plus jeunes sont beaucoup plus susceptibles que les répondants plus âgés d’utiliser les plateformes de médias sociaux et les blogs pour accéder aux actualités (46 % des 15-24 ans contre 15 % des 55 ans et plus).

Bien que les sources d’information traditionnelles – en particulier la télévision – soient importantes, 88 % des répondants obtiennent au moins quelques nouvelles en ligne via leur smartphone, ordinateur ou ordinateur portable (vs 10 % qui n’accèdent jamais aux actualités en ligne). 43 % des répondants utilisent le site web de la source d’information pour accéder aux actualités en ligne, et 31 % lisent des articles ou des publications qui apparaissent sur leurs réseaux sociaux en ligne. Cette dernière réponse est retenue par 43 % des 15-24 ans (vs 24% des 55+ répondants).

Parmi ceux qui accèdent aux actualités en ligne, 70 % n’utilisent que des contenus d’actualités gratuits ou des services d’actualités en ligne. Parmi ceux qui accèdent aux actualités en ligne, ce qui les rend susceptibles d’ouvrir un article, c’est un titre correspondant à leurs centres d’intérêt pour 54 % et 37 % qu’il est important qu’ils fassent confiance à la publication du média.

Il existe des différences d’utilisation des médias entre les groupes sociodémographiques :

  • Les répondants plus jeunes sont beaucoup plus susceptibles d’utiliser les plateformes de médias sociaux et les blogs (46 % des 15-24 ans contre 15 % des 55 ans et plus) ;
  • Mais ils sont également plus susceptibles d’utiliser YouTube et d’autres plateformes vidéo (34 % contre 8 %, respectivement) ;
  • Les personnes âgées utilisent beaucoup plus les médias d’information traditionnels (télévision, radio et presse écrite) ;
  • La plus grande différence en termes d’éducation est observée pour l’utilisation des plateformes d’information en ligne (sélectionnées par 49 % des diplômés de l’enseignement supérieur contre 30 % des répondants peu scolarisés). Seules des différences mineures sont observées pour l’utilisation des médias d’information traditionnels (télévision, radio et presse écrite).

Contenu d’actualités en ligne payant

Parmi les répondants qui accèdent aux actualités en ligne, 70 % n’utilisent que des contenus d’actualités gratuits et des services d’actualités en ligne.

Appareil pour accéder aux actualités en ligne

Parmi les répondants qui accèdent aux actualités en ligne, 77 % répondent qu’ils utilisent un smartphone pour accéder aux actualités en ligne et 59 % un ordinateur de bureau ou x un ordinateur portable. D’autres appareils sont moins fréquemment utilisés. 88 % des répondants les plus jeunes (15-24 ans) utilisent un smartphone pour accéder aux actualités en ligne, contre 66 % des répondants les plus âgés (55 ans et plus).

Médias sociaux

Une majorité de répondants utilisent Facebook (67%), WhatsApp (61%) et YouTube (56%). Chez les 15-24 ans, Instagram est la plateforme de médias sociaux la plus utilisée (79 %). TikTok (49 %) et Snapchat (43 %) sont également courants chez les plus jeunes répondants.

Dans tous les groupes d’âge, environ la moitié des répondants utilisent les médias sociaux pour envoyer des messages directs à leurs amis et à leur famille et au moins quatre sur dix utilisent les médias sociaux pour suivre les nouvelles et les événements actuels (44 % à 46 %), mais il y a une différence dans les habitudes de publication : 28 % des 15-24 ans publient leur propre contenu sur les réseaux sociaux, contre 15 % des 55 ans et plus.

Plateformes de médias sociaux en ligne

Facebook est la plate-forme de médias sociaux la plus fréquemment sélectionnée dans 20 États membres ; de plus, dans tous les États membres, cette plateforme est citée par plus de la moitié des répondants (de 52% en Allemagne à 91% à Malte).

WhatsApp est la plateforme la mieux classée (ou co-la mieux classée) dans huit États membres, comme l’Espagne (avec 86 % des utilisateurs de WhatsApp) et l’Italie (82 %). Dans six États membres, cependant, WhatsApp est sélectionné par moins d’un répondant sur cinq (Bulgarie, Danemark, Grèce, Hongrie, Lituanie et Slovénie).

Instagram, TikTok et Snapchat sont particulièrement répandus chez les 15-24 ans. Par exemple, alors que 6 % des 55 ans et plus choisissent TikTok comme plateforme de médias sociaux en ligne qu’ils utilisent, cette proportion passe à 49 % pour les 15-24 ans.

Activités sur les réseaux sociaux

49 % des répondants utilisent les médias sociaux à des fins de communication – pour envoyer des messages directs à leurs amis et à leur famille – et 45 % répondent qu’ils utilisent ces médias à des fins d’information – pour se tenir au courant de l’actualité et de l’actualité. D’autres activités fréquemment sélectionnées sont suivre ce que font les amis, la famille et les collègues (41 %) et regarder du contenu photo et vidéo (40 %).

Dans tous les groupes d’âge, environ la moitié des répondants utilisent les médias sociaux pour envoyer des messages directs à leurs amis et à leur famille et au moins quatre sur dix les utilisent pour suivre les actualités et les événements actuels, mais il existe une différence dans les habitudes de publication selon les groupes d’âge : 28 % des 15-24 ans publient leur propre contenu sur les réseaux sociaux, contre 15 % des 55 ans et plus. De même, 59 % des 15-24 ans utilisent les médias sociaux pour regarder du contenu photo et vidéo, contre 28 % chez les 55 ans et plus.

Sources médiatiques les plus fiables

Les médias audiovisuels et imprimés traditionnels, ainsi que leur présence en ligne, sont mieux classés comme sources d’information fiables que les plateformes d’information en ligne et canaux de médias sociaux (par exemple, Instagram et YouTube).

49% attendent des télévisions et radios publiques qu’elles leur donnent des informations véridiques, suivies de la presse écrite (et de leur présence en ligne), sélectionnée par 39%. D’autre part, les chaînes de télévision et de radio privées (et leur présence en ligne) sont citées par 27 % comme une source médiatique de confiance.

49 % des répondants choisissent les stations de télévision et de radio publiques (y compris leur présence en ligne) comme source d’information en laquelle ils ont confiance, tandis que les chaînes de télévision et de radio privées.

La confiance du public de l’UE dans les chaînes de télévision et de radio publiques et la presse écrite varie considérablement d’un pays à l’autre. Alors qu’en Finlande, 73% des répondants font confiance aux chaînes de télévision et de radio publiques, cela n’est vrai que pour 22% des répondants en Hongrie et 23% en Pologne. De même, alors que 63% des Luxembourgeois répondent faire confiance à la presse écrite, seuls 18% des Bulgares et des Polonais répondent de la même manière.

Les médias audiovisuels et imprimés traditionnels, ainsi que leur présence en ligne, sont mieux classés comme sources d’information fiables que les plateformes d’information en ligne et les canaux de médias sociaux (par exemple, Instagram et YouTube). Un répondant sur sept (14 %) fait confiance aux personnes, groupes ou amis qu’il suit sur les réseaux sociaux pour lui donner des informations véridiques, 11 % répondent de la même manière à propos des plateformes d’actualités en ligne (y compris les blogs, les podcasts), 10 % à propos de YouTube ou d’autres plateformes vidéo et 5% sur les influenceurs sur les réseaux sociaux.

Les plateformes d’information en ligne, les canaux de médias sociaux et les influenceurs sont plus fréquemment approuvés par les jeunes répondants. Par exemple, 7 % des 55 ans et plus choisissent les plateformes d’information en ligne (y compris les blogs et les podcasts) comme source médiatique en laquelle ils ont confiance ; ce chiffre passe à 16 % pour les 15-24 ans. De même, 2% des 55 ans et plus font confiance aux influenceurs sur les réseaux sociaux, contre 13% des 15-24 ans.

Exposition à la désinformation et aux fake news

10% des répondants pensent qu’au cours de ces sept derniers jours, ils ont été “très souvent” exposés à de la désinformation et à de fausses nouvelles ; 18% répondent que cela s’est produit « souvent » au cours des sept derniers jours et 33 % ont répondu que cela s’est produit « parfois ». A l’autre extrême, 8% répondent qu’ils n’ont pas été exposés à la désinformation au cours des sept derniers jours. 13 % “ne savent pas” à quelle fréquence ils ont été exposés à la désinformation ou aux fausses nouvelles.

Les répondants en Bulgarie sont globalement les plus susceptibles de répondre qu’ils ont souvent été exposés à la désinformation et aux fausses nouvelles au cours des sept derniers jours (29 % de réponses « très souvent » et 26 % « souvent »), tandis que les répondants aux Pays-Bas sont les moins susceptibles de le dire (3 % de réponses « très souvent » et 9 % « souvent »).

Reconnaître la désinformation et les fausses nouvelles

Une majorité de répondants se sentent confiants de pouvoir reconnaître la désinformation : 12 % se sentent « très confiants » et 52 % « plutôt confiants ».

Dans tous les États membres, au moins une faible majorité de personnes interrogées sont convaincues de pouvoir reconnaître la désinformation et les fausses nouvelles. En Finlande, à Malte et en Irlande, environ huit répondants sur dix se disent confiants dans leur capacité à faire la distinction entre les vraies nouvelles et les fausses nouvelles.

Il existe également des différences entre les groupes socio-démographiques :

  • Sept hommes interrogés sur dix sont convaincus qu’ils peuvent reconnaître la désinformation et les fausses nouvelles ; parmi les femmes interrogées, moins de six sur dix se sentent confiantes (9 % de réponses « très confiant » et 49 % de « plutôt confiant »).
  • La confiance dans la distinction entre les vraies nouvelles et les fausses nouvelles diminue avec l’âge et augmente avec le niveau d’éducation.
  • Parmi les répondants encore scolarisés, 16 % répondent se sentir « très confiants » et 55 % « plutôt confiants » dans la reconnaissance de la désinformation et des fausses nouvelles. De même, parmi les 15-24 ans, 68 % sont convaincus de pouvoir reconnaître la désinformation, contre 59 % pour les 55 ans et plus.

Au total, cette vaste enquête sur les habitudes médiatiques des Européens est très utile pour mieux comprendre la manière dont les citoyens de l’UE s’informent.