Perception des Européens de leur habitudes médiatiques des médias traditionnels et en ligne

La perception que les citoyens ont de l’Union européenne est influencée par ce qu’ils voient, entendent et lisent dans divers médias, un Eurobaromètre Flash fournit des insights sur les usages médiatiques des Européens…

Sensibilisation à l’information européenne : des biais sociologiques persistants

72% des personnes interrogées répondent qu’elles ont récemment lu, vu ou entendu quelque chose sur l’Union européenne, que ce soit dans la presse, sur Internet, à la télévision ou à la radio.

Les résultats socio-démographiques indiquent que :

  • Les proportions ayant lu, vu ou entendu quelque chose augmentent avec l’âge, passant de 67 % des 15-24 ans à 75 % des 55 ans et plus pour l’actualité de l’Union européenne
  • Les hommes sont plus susceptibles que les femmes de dire qu’ils ont récemment lu, vu ou entendu quelque chose à propos de l’Union européenne (78 % contre 66 %, respectivement)
  • Les répondants les plus instruits sont plus susceptibles de dire qu’ils ont lu, vu ou entendu quelque chose récemment sur l’Union européenne (77 % des personnes les plus instruites contre 64 % des moins instruites)

Habitudes médiatiques entre médias traditionnels, médias en ligne et médias sociaux

La télévision domine comme première source d’information (75%), en particulier pour les plus de 54 ans (85% accèdent à l’information via la télévision). Viennent ensuite les plateformes d’information en ligne (43%), puis la radio (39%), puis les plateformes de médias sociaux et les blogs (26%). La presse écrite arrive en cinquième position (21%). Les répondants plus jeunes sont beaucoup plus susceptibles que les répondants plus âgés d’utiliser les plateformes de médias sociaux et les blogs pour accéder aux actualités (46 % des 15-24 ans contre 15 % des 55 ans et plus).

Bien que les sources d’information traditionnelles – en particulier la télévision – soient importantes, 88 % des répondants obtiennent au moins quelques nouvelles en ligne via leur smartphone, ordinateur ou ordinateur portable (vs 10 % qui n’accèdent jamais aux actualités en ligne). 43 % des répondants utilisent le site web de la source d’information pour accéder aux actualités en ligne, et 31 % lisent des articles ou des publications qui apparaissent sur leurs réseaux sociaux en ligne. Cette dernière réponse est retenue par 43 % des 15-24 ans (vs 24% des 55+ répondants).

Parmi ceux qui accèdent aux actualités en ligne, 70 % n’utilisent que des contenus d’actualités gratuits ou des services d’actualités en ligne. Parmi ceux qui accèdent aux actualités en ligne, ce qui les rend susceptibles d’ouvrir un article, c’est un titre correspondant à leurs centres d’intérêt pour 54 % et 37 % qu’il est important qu’ils fassent confiance à la publication du média.

Il existe des différences d’utilisation des médias entre les groupes sociodémographiques :

  • Les répondants plus jeunes sont beaucoup plus susceptibles d’utiliser les plateformes de médias sociaux et les blogs (46 % des 15-24 ans contre 15 % des 55 ans et plus) ;
  • Mais ils sont également plus susceptibles d’utiliser YouTube et d’autres plateformes vidéo (34 % contre 8 %, respectivement) ;
  • Les personnes âgées utilisent beaucoup plus les médias d’information traditionnels (télévision, radio et presse écrite) ;
  • La plus grande différence en termes d’éducation est observée pour l’utilisation des plateformes d’information en ligne (sélectionnées par 49 % des diplômés de l’enseignement supérieur contre 30 % des répondants peu scolarisés). Seules des différences mineures sont observées pour l’utilisation des médias d’information traditionnels (télévision, radio et presse écrite).

Contenu d’actualités en ligne payant

Parmi les répondants qui accèdent aux actualités en ligne, 70 % n’utilisent que des contenus d’actualités gratuits et des services d’actualités en ligne.

Appareil pour accéder aux actualités en ligne

Parmi les répondants qui accèdent aux actualités en ligne, 77 % répondent qu’ils utilisent un smartphone pour accéder aux actualités en ligne et 59 % un ordinateur de bureau ou x un ordinateur portable. D’autres appareils sont moins fréquemment utilisés. 88 % des répondants les plus jeunes (15-24 ans) utilisent un smartphone pour accéder aux actualités en ligne, contre 66 % des répondants les plus âgés (55 ans et plus).

Médias sociaux

Une majorité de répondants utilisent Facebook (67%), WhatsApp (61%) et YouTube (56%). Chez les 15-24 ans, Instagram est la plateforme de médias sociaux la plus utilisée (79 %). TikTok (49 %) et Snapchat (43 %) sont également courants chez les plus jeunes répondants.

Dans tous les groupes d’âge, environ la moitié des répondants utilisent les médias sociaux pour envoyer des messages directs à leurs amis et à leur famille et au moins quatre sur dix utilisent les médias sociaux pour suivre les nouvelles et les événements actuels (44 % à 46 %), mais il y a une différence dans les habitudes de publication : 28 % des 15-24 ans publient leur propre contenu sur les réseaux sociaux, contre 15 % des 55 ans et plus.

Plateformes de médias sociaux en ligne

Facebook est la plate-forme de médias sociaux la plus fréquemment sélectionnée dans 20 États membres ; de plus, dans tous les États membres, cette plateforme est citée par plus de la moitié des répondants (de 52% en Allemagne à 91% à Malte).

WhatsApp est la plateforme la mieux classée (ou co-la mieux classée) dans huit États membres, comme l’Espagne (avec 86 % des utilisateurs de WhatsApp) et l’Italie (82 %). Dans six États membres, cependant, WhatsApp est sélectionné par moins d’un répondant sur cinq (Bulgarie, Danemark, Grèce, Hongrie, Lituanie et Slovénie).

Instagram, TikTok et Snapchat sont particulièrement répandus chez les 15-24 ans. Par exemple, alors que 6 % des 55 ans et plus choisissent TikTok comme plateforme de médias sociaux en ligne qu’ils utilisent, cette proportion passe à 49 % pour les 15-24 ans.

Activités sur les réseaux sociaux

49 % des répondants utilisent les médias sociaux à des fins de communication – pour envoyer des messages directs à leurs amis et à leur famille – et 45 % répondent qu’ils utilisent ces médias à des fins d’information – pour se tenir au courant de l’actualité et de l’actualité. D’autres activités fréquemment sélectionnées sont suivre ce que font les amis, la famille et les collègues (41 %) et regarder du contenu photo et vidéo (40 %).

Dans tous les groupes d’âge, environ la moitié des répondants utilisent les médias sociaux pour envoyer des messages directs à leurs amis et à leur famille et au moins quatre sur dix les utilisent pour suivre les actualités et les événements actuels, mais il existe une différence dans les habitudes de publication selon les groupes d’âge : 28 % des 15-24 ans publient leur propre contenu sur les réseaux sociaux, contre 15 % des 55 ans et plus. De même, 59 % des 15-24 ans utilisent les médias sociaux pour regarder du contenu photo et vidéo, contre 28 % chez les 55 ans et plus.

Sources médiatiques les plus fiables

Les médias audiovisuels et imprimés traditionnels, ainsi que leur présence en ligne, sont mieux classés comme sources d’information fiables que les plateformes d’information en ligne et canaux de médias sociaux (par exemple, Instagram et YouTube).

49% attendent des télévisions et radios publiques qu’elles leur donnent des informations véridiques, suivies de la presse écrite (et de leur présence en ligne), sélectionnée par 39%. D’autre part, les chaînes de télévision et de radio privées (et leur présence en ligne) sont citées par 27 % comme une source médiatique de confiance.

49 % des répondants choisissent les stations de télévision et de radio publiques (y compris leur présence en ligne) comme source d’information en laquelle ils ont confiance, tandis que les chaînes de télévision et de radio privées.

La confiance du public de l’UE dans les chaînes de télévision et de radio publiques et la presse écrite varie considérablement d’un pays à l’autre. Alors qu’en Finlande, 73% des répondants font confiance aux chaînes de télévision et de radio publiques, cela n’est vrai que pour 22% des répondants en Hongrie et 23% en Pologne. De même, alors que 63% des Luxembourgeois répondent faire confiance à la presse écrite, seuls 18% des Bulgares et des Polonais répondent de la même manière.

Les médias audiovisuels et imprimés traditionnels, ainsi que leur présence en ligne, sont mieux classés comme sources d’information fiables que les plateformes d’information en ligne et les canaux de médias sociaux (par exemple, Instagram et YouTube). Un répondant sur sept (14 %) fait confiance aux personnes, groupes ou amis qu’il suit sur les réseaux sociaux pour lui donner des informations véridiques, 11 % répondent de la même manière à propos des plateformes d’actualités en ligne (y compris les blogs, les podcasts), 10 % à propos de YouTube ou d’autres plateformes vidéo et 5% sur les influenceurs sur les réseaux sociaux.

Les plateformes d’information en ligne, les canaux de médias sociaux et les influenceurs sont plus fréquemment approuvés par les jeunes répondants. Par exemple, 7 % des 55 ans et plus choisissent les plateformes d’information en ligne (y compris les blogs et les podcasts) comme source médiatique en laquelle ils ont confiance ; ce chiffre passe à 16 % pour les 15-24 ans. De même, 2% des 55 ans et plus font confiance aux influenceurs sur les réseaux sociaux, contre 13% des 15-24 ans.

Exposition à la désinformation et aux fake news

10% des répondants pensent qu’au cours de ces sept derniers jours, ils ont été “très souvent” exposés à de la désinformation et à de fausses nouvelles ; 18% répondent que cela s’est produit « souvent » au cours des sept derniers jours et 33 % ont répondu que cela s’est produit « parfois ». A l’autre extrême, 8% répondent qu’ils n’ont pas été exposés à la désinformation au cours des sept derniers jours. 13 % “ne savent pas” à quelle fréquence ils ont été exposés à la désinformation ou aux fausses nouvelles.

Les répondants en Bulgarie sont globalement les plus susceptibles de répondre qu’ils ont souvent été exposés à la désinformation et aux fausses nouvelles au cours des sept derniers jours (29 % de réponses « très souvent » et 26 % « souvent »), tandis que les répondants aux Pays-Bas sont les moins susceptibles de le dire (3 % de réponses « très souvent » et 9 % « souvent »).

Reconnaître la désinformation et les fausses nouvelles

Une majorité de répondants se sentent confiants de pouvoir reconnaître la désinformation : 12 % se sentent « très confiants » et 52 % « plutôt confiants ».

Dans tous les États membres, au moins une faible majorité de personnes interrogées sont convaincues de pouvoir reconnaître la désinformation et les fausses nouvelles. En Finlande, à Malte et en Irlande, environ huit répondants sur dix se disent confiants dans leur capacité à faire la distinction entre les vraies nouvelles et les fausses nouvelles.

Il existe également des différences entre les groupes socio-démographiques :

  • Sept hommes interrogés sur dix sont convaincus qu’ils peuvent reconnaître la désinformation et les fausses nouvelles ; parmi les femmes interrogées, moins de six sur dix se sentent confiantes (9 % de réponses « très confiant » et 49 % de « plutôt confiant »).
  • La confiance dans la distinction entre les vraies nouvelles et les fausses nouvelles diminue avec l’âge et augmente avec le niveau d’éducation.
  • Parmi les répondants encore scolarisés, 16 % répondent se sentir « très confiants » et 55 % « plutôt confiants » dans la reconnaissance de la désinformation et des fausses nouvelles. De même, parmi les 15-24 ans, 68 % sont convaincus de pouvoir reconnaître la désinformation, contre 59 % pour les 55 ans et plus.

Au total, cette vaste enquête sur les habitudes médiatiques des Européens est très utile pour mieux comprendre la manière dont les citoyens de l’UE s’informent.

Moment historique de l’Union européenne : le tournant civilisationnel, géopolitique et démocratique européen

Aux Rencontres économiques d’Aix, lors de la table ronde « L’Europe face au monde », Guillaume Klossa, Civico Europa dessine les contours du moment européen…

Une remarquable résilience du projet européen

Depuis 2002, l’Union européenne a traversé une dizaine de crises, qui a permis de progresser, surement pas de manière linéaire, tandis que l’Union soviétique a connu une grande crise à la fin des années 1980 et s’est effondrée et que les États-Unis traversent une grande crise sociétale qui fragilisent les fondations de leur système et montrent ses limites. Malgré tous ses défauts, le système européen est extrêmement flexible et intelligent.

Sur la vision progressive du projet européen :

  • La naissance du projet européen, c’est pendant la guerre, c’est l’embryon ;
  • L’enfance pendant les années 1950 avec les traités fondateurs, comme le traité de Rome de 1951 sur les droits fondamentaux, puis la CECA et la CEE et le traité de l’OTAN en 1949 parce quand on est dans l’enfance, on a besoin de protection, en l’occurrence américaine ;
  • L’adolescence arrive avec la chute du Mur de Berlin et la chute de l’Union soviétique et le traité de Maastricht, à l’adolescence, c’est la période des crises où on se constitue et on fait société avec soi-même.
  • On rentre dans l’âge adulte, quand on a appris des règles, mais on sait aussi aller au-delà des règles et on est responsable de sa propre action. On est dans ce moment où les Européens savent qu’ils ont besoin d’un cadre de règles, mais qu’il est insuffisant, ils doivent apprendre à réagir et à agir, à anticiper et à forger, c’est à ce moment particulier de la construction européenne où on se trouve.

Le tournant civilisationnel, géopolitique et démocratique européen

Il y a un tournant civilisationnel, les Européens, ensemble, avec la crise ukrainienne, perçoivent que c’est leur identité qui est en cause. C’est le propos de Zelinsky devant le Parlement européen : « vous, Européens, êtes porteur d’une civilisation d’avenir fondée sur des principes forts et singuliers : la dignité de la personne humaine ; on remplace la force par le droit, la guerre intermittente par la paix perpétuelle ; on a des principes de vie, d’action, de respect de l’égalité homme-femme, d’égalité entre États, de coopération avec un droit commun, une vision des rapport au monde structurante des politiques en faisant l’apprentissage des limites : de la souveraineté, de l’environnement, de la science, tout çà devant être au service de l’homme.

C’est ce modèle-là qui est en cause aujourd’hui et qui est au cœur d’une grande guerre de récits chinois, américain, indien, russe. Le sujet pour nous, Européens, est de savoir si nous sommes capables d’avoir notre propre récit. Un récit accompagne une grande politique. Aujourd’hui, on a besoin d’une grande politique européenne.

Sur les marqueurs des politiques européennes, quand on fait le « Green Deal », on est à l’avent garde d’une vision écologique du monde, c’est un marqueur. Quand on fait la régulation des GAFAM avec les directives DMA et DSA, on met les technologies au service de l’homme et ça, c’est un marqueur civilisationnel. Quand on a l’accord sur l’obligation d’un service minimum dans chaque État-membre, on met le social au cœur du système, c’est un autre marqueur.

Sur le tournant géopolitique, c’est non seulement la défense, mais c’est l’énergie, c’est aussi la capacité de mettre fin au Brexit en annonçant que l’Ukraine est candidate, on dit au monde que nous ne sommes plus dans une dynamique de déclin géographique mais on se projette à nouveau dans le monde, c’est un message très important du point de vue symbolique. Quand on discute d’une communauté politique européenne, pour pouvoir faire communauté avec ceux qui nous entourent, pour pouvoir produire ensemble de la sécurité, de l’énergie, de l’intelligence collective, de la mobilité et gérer collectivement nos grands problèmes, on fait preuve d’une vision du monde qui est positive et qui se déploie.

Le dernier tournant est démocratique. La conférence sur l’avenir de l’Europe a montré en fait que 1 000 citoyens tirés au sort et travaillant pendant 1 an font l’expérience d’une vraie citoyenneté européenne mais surtout voient que l’Union doit se transformer dans une véritable démocratie européenne ce qui suppose une révision des traités pour s’adapter à une nouvelle donne économique, sociale, technologique, mondiale. Ces évolutions doivent se faire avec urgence.

C’est le moment pour l’Europe d’accélérer pour prendre les devants et ne pas subir le monde !

Quels regards des Européens sur les défis de l’Union européenne ?

L’enquête Eurobaromètre spécial 526 « Principaux défis de notre époque : l’UE en 2022 » livre des clés de lecture sur de nouveaux consensus paneuropéens des opinions publiques européennes sur les priorités de l’UE…  

Un nouveau Zeitgeist « ukrainisé » pour la construction européenne  

Pour les Européens, il ne fait aucun doute qu’en s’opposant à l’invasion russe en Ukraine, l’Union européenne défend les valeurs européennes :  

Face à la guerre en Ukraine, une majorité de citoyens de l’UE est satisfaite de la réponse de l’Union européenne et de leur gouvernement national (respectivement 59 % et 57 %). Fournir un soutien humanitaire aux personnes touchées par la guerre et accueillir dans l’UE ceux qui fuient la guerre recueillent un fort soutien (respectivement 93 % et 91 %), huit sur dix soutiennent des sanctions économiques contre la Russie et sept sur dix soutiennent le financement de l’approvisionnement et de la livraison d’équipements militaires à l’Ukraine.

Le soutien massif des Européens aux réponses à l’agression russe en Ukraine bénéficie d’une conjonction spécifique liée d’une part à l’effet de souffle de la déflagration au printemps et à l’unité unanime des nations européennes et d’autre part, à l’absence, au moment de l’enquête, des conséquences pratiques de ce qui devient de plus en plus une économie de guerre avec des risques de rationnements, de pénuries sans parler de l’inflation.

Les opinions publiques européennes seront-elles versatiles face aux difficultés à venir ou leur position de principe sur le conflit se confirmera-t-il dans l’adversité ? Une chose est certaine, le sujet va continuer à occuper les esprits.

Une trajectoire de transition « géopolitisée » pour la construction européenne  

La guerre en Ukraine bouleverse le sens des priorités. Les Européens considèrent la défense et la sécurité (34 %) et « rendre l’UE et ses États membres plus autonomes en approvisionnement énergétique » (26 %) comme les priorités du moment :  

En matière de défense et sécurité, 81% des Européens sont favorables à une politique de défense et de sécurité parmi les États membres de l’UE, plus des deux tiers la soutenant dans tous les pays. 73% conviennent que davantage devrait être dépensé pour la défense de l’UE.  

Pour la transition climatique, 87% pensent que l’UE devrait réduire sa dépendance vis-à-vis des sources d’énergie russes dès que possible. Plus de huit sur dix conviennent que l’augmentation de l’efficacité énergétique des bâtiments, des transports et des biens rendra l’UE moins dépendante des producteurs d’énergie externes. 85% pensent que l’UE devrait investir massivement dans les énergies renouvelables. Plus de huit citoyens sur dix considèrent qu’il est important de faire de l’Europe le premier continent climatiquement neutre au monde d’ici 2050.  

Ce nouveau sens des priorités plus géopolitiques, ce lien entre transition énergétique et sécurité des approvisionnements – au-delà des arguments climatiques et environnementaux – devrait contribuer à renforcer le soutien au programme politique de l’UE.  

Au total, les nouvelles convergences consensuelles se retrouvent non seulement avec de très larges majorités de citoyens mais tous ces points sont également approuvés dans tous les États-membres de l’Union européenne.

Recommandations pour la communication de la conférence sur l’avenir de l’Europe ?

Avec près de 5 millions de visiteurs uniques sur la plateforme numérique multilingue, plus de 50 000 participants actifs et 17 000 idées débattues, quelles sont en particulier les recommandations en termes de communication des citoyens européens ayant participé à la conférence sur l’avenir de l’Europe ?

Une nouvelle stratégie de communication pour l’Union européenne

Parmi la centaine de recommandations tous azimuts, deux propositions portent spécifiquement sur la stratégie d’information et de communication de l’Union européenne.

Afin de susciter plus d’intérêt et d’implication parmi des citoyens européens davantage impliqués dans le processus décisionnel et de s’assurer que leur voix est entendue, la première recommandation consiste :

  • D’une part, l’UE devrait renforcer sa visibilité sur les médias sociaux et promouvoir activement son contenu ;
  • D’autre part, l’UE devrait continuer la conférence sur l’avenir de l’Europe sur une base annuelle en personne ;
  • Par ailleurs, l’UE devrait encourager davantage l’innovation en promouvant une plateforme européenne de médias sociaux accessible.

Afin de rendre l’Union européenne plus compréhensible et accessible et renforcer une identité européenne commune, la seconde recommandation vise à

  1. Rendre des informations fiables sur l’UE facilement accessibles de manière inclusive à tous les citoyens. Les institutions de l’UE devraient utiliser un langage plus accessible et éviter d’utiliser des termes bureaucratiques dans leur communication, tout en maintenant la qualité et l’expertise des informations fournies et en adaptant les informations aux différents canaux de communication et profils d’audience.
  2. Créer une application mobile où les informations concernant les politiques de l’UE présentées dans un langage clair. Un effort particulier doit être fait pour atteindre les jeunes par le biais des médias numériques, des mouvements de jeunesse et de divers « ambassadeurs » (organisations et individus) expliquant le projet de l’UE.

De nouvelles actions de communication européenne

Dès la 1ère recommandation au chapitre du changement climatique et de l’environnement, la communication est considérée comme nécessaire sous la forme d’un système de conseil et de formation pour et par les agriculteurs, ce qui semble un levier clé, pour promouvoir une production alimentaire sûre, durable, juste, climatiquement responsable et abordable, respectant les principes de durabilité, l’environnement, la sauvegarde de la biodiversité et des écosystèmes, tout en garantissant la sécurité alimentaire.

Au sujet de la transparence de l’UE et de ses relations avec les citoyens, la communication est perçue comme indispensable afin d’améliorer l’accessibilité pour les citoyens aux actions au niveau international, y compris les négociations commerciales sur lesquelles les critiques et les fantasmes aussi sont nombreux, par une meilleure information, éducation et participation citoyenne.

Parmi les nombreuses recommandations autour de la révolution numérique pour une société numérique sûre et digne de confiance, les citoyens identifient principalement deux justifications pour la communication :

  • D’une part, dans les luttes cybersécurité et désinformation, l’UE devrait assurer l’existence d’infrastructures résilientes et de canaux de communication alternatifs ;
  • D’autre part, pour la protection des données, l’UE devrait accroître la transparence et améliorer la communication pour un consentement éclairé qui utilisent un langage simple et clair compréhensible par tous.

Sur l’épineuse question d’accroître la participation des citoyens et l’implication des jeunes dans la démocratie au niveau de l’Union européenne afin de développer une « expérience civique complète » pour les Européens, garantir que leur voix soit entendue également entre les élections et que la participation soit effective, la recommandation porte sur des mécanismes participatifs inclusifs et leur communication pour pouvoir atteindre un public diversifié et une attention particulière doit être portée aux contenus, aux sujets et aux compétences des modérateurs.

Au sujet du rôle de l’UE en matière de migration légale, l’idée serait de lancer une campagne de communication à l’échelle européenne afin qu’EURES (services européens de l’emploi), le portail européen sur l’immigration et l’outil de profil de compétences de l’UE pour les ressortissants de pays tiers soient mieux connus des citoyens européens et plus fréquemment consultés et utilisés par les entreprises de l’UE lorsqu’elles recrutent.

Enfin, autour du sport, crucial pour nos sociétés afin de défendre nos valeurs, assurer un mode de vie et un vieillissement sains, promouvoir une culture des échanges et aussi célébrer la diversité du patrimoine européen, il s’agirait d’investir davantage dans les efforts de communication tels que la Semaine européenne du sport pour garantir que les citoyens de toute l’UE puissent bénéficier ensemble d’opportunités.

Ainsi, dans les recommandations de la conférence sur l’avenir de l’Europe, la communication occupe une place importante tant autour d’une nouvelle stratégique que de nouvelles actions.

Quelles politiques et stratégies de communication européenne en Italie ?

Dans « Educating citizens to the EU: How policies and communication strategies are implemented in Italy », Lucia D’Ambrosi analyse la stratégie de communication réussie afin d’impliquer les institutions européennes avec les institutions nationales et locales en vue de faire connaître aux citoyens les politiques de l’Union européenne, promettre l’inclusion à l’information, respecter la diversité culturelle et d’opinion dans les débats publics et promouvoir la participation des citoyens dans la vie démocratique.

Information trop sectorielle, peu orientée vers l’information sur les questions européennes et faible participation des citoyens aux processus décisionnels avec une indifférence conséquente envers la politique européenne

Dans le contexte italien, règne souvent un sentiment de désinformation et de confusion sur les institutions européennes, leurs activités et leur fonctionnement. Les informations en provenance d’Europe sont souvent perçues comme quelque chose de lointain, difficile à comprendre, peu utile pour les besoins d’information et de transparence exigés par les citoyens.

De plus, la quantité et la qualité croissantes des sources d’information rendent plus difficile l’accès et l’utilisation de ces informations par les citoyens et les désorientent au sein de ce même univers informatif.

Deux raisons principales semblent être responsables du manque d’information :

  • Le langage « eurocratique » parlé par les institutions européennes, souvent trop autoréférentiel et incompréhensible pour la plupart des citoyens ;
  • L’aspect sectoriel de l’actualité, concernant principalement des sujets de politique nationale et donc peu propice à l’analyse et à la réflexion critique.

En Italie, les médias nationaux et locaux accordent peu d’espace aux actions de l’UE et à l’impact positif que de telles opérations peuvent avoir sur le territoire. Les informations concernant une dimension identitaire européenne et ses racines sont totalement marginalisées, avec une désaffection conséquente que les citoyens ressentent envers les symboles et les politiques de l’UE.

Priorités de communication : être « européen » donne une valeur supplémentaire et sensibiliser les jeunes à leurs droits et devoirs découlant de la citoyenneté européenne

En Italie, le partenariat de gestion né dès 2008, vise à investir dans des projets de communication civique relatives à l’Union européenne qui mettent en évidence des actions de formation promues localement et favorisent un partenariat mieux intégré (institutions européennes et nationales, agences éducatives et citoyens).

Le rôle joué dans la communication européenne concerne soit l’information soit l’éducation à travers des programmes de formation, ainsi que l’éducation civique à l’école, le maillage entre l’université, l’école et les institutions, et le soutien au débat européen :

1. Un processus d’acculturation est promu par le recours aux systèmes éducatifs formels et informels, supports cruciaux pour la prise de conscience des droits et des devoirs de l’UE. Les principaux centres de formation et d’éducation, tels que les écoles et les universités, et les composantes sociales travaillent ensemble pour trouver didactiques et méthodes d’apprentissage efficaces pour éduquer les gens à la citoyenneté. L’acquisition de certaines capacités et techniques ainsi que d’attitudes et de valeurs liées à des contextes adéquats où exercer la citoyenneté européenne, renforcent une telle identification européenne et facilitent l’intégration culturelle.

L’expérience pionnière réussie du projet « HOPEurope — Building Citizenship, Democracy, Peace and Sustainability in a Multilevel United Europe », financé par l’Union européenne, comme contribution au développement de l’éducation civique européenne dans les lycées de Ligurie, au profit des élèves et des enseignants.

Le projet « Apiceuropa.eu » (Association pour les rencontres des cultures en Europe), qui signifie informer et sensibiliser sur la politique et les cultures européennes et stimuler les enquêtes et les confrontations sur les perspectives futures de l’Union européenne, en accordant une attention particulière à la jeunesse.

2. La responsabilisation des réseaux entre le système éducatif, les institutions et le journalisme afin d’expérimenter des langues adéquates pour chaque type de citoyen et pour trouver des stratégies de communication capables de rendre les informations plus attrayantes et émotionnellement engageantes. L’approfondissement des connaissances et l’analyse critique des questions européennes sont en effet des priorités à mener à travers une plus grande intégration entre les canaux d’information, qu’ils soient formels ou informels. Ainsi, le rôle joué par les centres et réseaux d’information de l’Union européenne apparaît utile et nécessaire pour rapprocher les citoyens des institutions et articuler les activités directes ou de contre avec les projets de transparence informante.

L’observatoire « Puglia-Europa » sur la communication de l’UE, destiné à surveiller l’information européenne sur la presse locale et à améliorer les connaissances des journalistes même dans un contexte régional. « Europe Direct Puglia » est son partenaire dans ce projet et ils travaillent activement ensemble pour promouvoir l’information. Un tel exemple est le fruit d’une synergie entre différents acteurs qui partagent leur expertise pour assurer la veille de l’information européenne et mettre en œuvre des actions de communication.

3. Le soutien et l’extension des débats européens est de favoriser la confrontation, de permettre aux citoyens d’exprimer leurs opinions sur les politiques communautaires et d’utiliser des lieux physiques pour expérimenter la participation. L’aspect opérationnel implique que la participation du public européen s’élargisse et devrait prendre en compte les différents multiples niveaux d’interaction nationaux et supranationaux avec les outils pour accéder au débat. Plus précisément, les nouvelles technologies et particulièrement les médias sociaux offrent des perspectives intéressantes pour stimuler l’intérêt et la curiosité des citoyens.

Parmi les expériences italiennes les plus significatives, le projet réalisé par “Casa per l’Europa (Home for Europe)” (Gemona — Friuli-Venezia Giulia), une organisation à but non lucratif, qui encourage des valeurs telles que le pluralisme, la paix et la coopération afin d’éveiller une conscience européenne civique également par une utilisation innovante des technologies existantes. Casa per l’Europa a sa place sur notre territoire et travaille comme médiateur entre les institutions européennes et les jeunes pour leur offrir des programmes et des opportunités.

En conclusion, il ne s’agit pas d’aller au-delà dans la promotion d’outils et de stratégies pour une citoyenneté active, mais plutôt d’œuvrer à rendre réelles les opportunités d’inclusion actuellement offertes par les politiques européennes. Un tel résultat peut être soutenu par la création de réseaux plus ou moins formels d’acteurs et d’experts qui peuvent rechercher des solutions pragmatiques, politiquement faisables, et qui peuvent aussi élaborer des points de vue partagés et des positions communes.