Comment améliorer les pétitions européennes ?

Les pétitions adressées au Parlement européen reflètent non seulement leur stature limitée aux yeux du public, mais aussi leur efficacité limitée dans la résolution des problèmes des citoyens, selon une vaste enquête « Renforcer le rôle et l’impact des pétitions en tant qu’instrument de démocratie participative » . Quelles sont les raisons structurelles et les solutions pour faire du. droit de pétition un mécanisme participatif plus accessible, permanent et polyvalent ?

Plus de publicité et de visibilité des pétitions nouvellement enregistrées

Le niveau unique d’ouverture garanti à l’exercice du droit de pétition ne se traduit pas par un niveau équivalent de publicité. Cela devient particulièrement évident lorsque l’on examine le cycle de vie de la pétition et la faible publicité. À ce jour, le public n’a pas accès à la liste de toutes les pétitions déposées, ni aux documents. Alors que toutes les pétitions enregistrées sont disponibles sur le portail dédié, son accès nécessite un enregistrement…

Une politique de publicité plus proactive pourrait aider à attirer l’attention des médias – et du public – sur les pétitions :

• insérer un lien sur la page d’accueil du site du Parlement européen menant au portail dédié aux pétitions ;

• créer un bulletin d’information communautaire à envoyer à toutes les personnes ayant soumis une pétition précédente, ou l’ayant simplement approuvée, ou qui ont choisi de rester informés des pétitions entrantes afin de créer un sentiment de communauté similaire à celui existant au sein des plateformes en ligne non institutionnelles, telles que Avaaz, Change ou WeMove ;

• créer un forum en ligne autour d’une pétition donnée pour permettre une discussion en ligne entre les pétitionnaires, les sympathisants, les observateurs et le grand public ;

• envoyer des e-mails ciblés à la communauté médiatique en fonction du pays ;

• pour les pétitions ayant recueilli un nombre important de signatures (par exemple supérieur à 10 000), la tenue d’un dépôt solennel et une pré-audition pourraient être envisagées ;

• adopter un engagement plus proactif avec les médias sociaux, les médias ainsi que les organisations de la société civile, et le développement d’un format qui transcende les communiqués de presse institutionnalisés et conventionnels actuels.

Au-delà de l’égalité formelle d’accès, une communication proactive et un soutien matériel aux pétitionnaires

Si la démocratie représentative est fondée sur l’égalité formelle, la démocratie participative souligne la nécessité de créer les conditions d’une égalité réelle et substantielle. D’où la nécessité de transfert de pouvoir capables de remodeler ou de recentrer l’environnement participatif global de l’UE à travers le Parlement et en particulier le processus de pétition :

• Une collecte systématique et plus large de données sur les pétitions, et en particulier sur le profil des citoyens qui font usage de leurs droits, pourrait être réalisée. C’est une condition préalable à toute évaluation sérieuse du système de pétition de l’UE ;

• Une publication proactive de toutes les pétitions et de leurs documents connexes en accès libre et accessible au public via le portail dédié afin de permettre à d’autres personnes de soutenir une pétition donnée et de maintenir les partisans réels informés ;

• Un helpdesk dédié offrant la possibilité de déposer une plainte par téléphone ou par e-mail (pas seulement par formulaire en ligne) et de recevoir un soutien et des conseils dans l’exercice du droit de pétition, afin d’éviter la fracture numérique et plus largement une communication bidirectionnelle dans la préparation et l’instruction d’une pétition. Cela pourrait et devrait être un contact avec les personnes sous-représentées, qu’il s’agisse de migrants, de réfugiés et d’autres minorités.

• Une évaluation permanente du système de pétition par les utilisateurs, en étudiant en permanence la satisfaction du pétitionnaire pendant et après le processus de pétition. Ceci est essentiel dans la mesure où l’opinion du citoyen sur l’institution politique est largement influencée par le traitement accordé à sa demande.

Guichet unique pour l’infrastructure participative de l’UE

Aucune solution toute faite ne peut remédier à la fragmentation historiquement ancrée de l’infrastructure participative de l’UE. Cependant, le moment est venu de concevoir un guichet unique en ligne centralisant toutes les contributions du public :

• rationaliser l’utilisation des différents canaux participatifs, en offrant une plutôt que plusieurs passerelles vers l’Union ;

• conseiller en temps réel les citoyens désireux de s’engager, que ce soit pour se plaindre, proposer des solutions ou responsabiliser l’Union, en les orientant vers le canal participatif le plus approprié.

Accroître le profil politique par le biais d’enquêtes, d’auditions et de rapports

Lorsqu’elle enquête sur des pétitions, établit des faits ou recherche des solutions, la commission parlementaire peut organiser des visites d’information, suscitant une couverture médiatique, rehaussant ainsi le profil politique du problème sous-jacent et offrant une crédibilité aux pétitionnaires, renforçant ainsi leur voix et leurs revendications.

De plus, la visite suivie de la rédaction d’un rapport de mission contenant les observations et recommandations des députés européens participant à la délégation, peut déboucher sur une résolution votée par le Parlement en séance plénière, afin de formuler clairement des recommandations visant à traiter et à résoudre la demande des pétitionnaires.

La commission parlementaire peut également décider de soumettre des questions orales à la Commission et/ou au Conseil.

Accroître la visibilité politique par le biais des commissions temporaires d’enquête

Le Parlement européen a le droit, à la demande d’au moins un quart des membres qui le composent, de constituer une commission temporaire d’enquête sur les allégations d’infractions ou de mauvaise administration dans l’application du droit de l’Union. Une commission dispose de 12 mois pour conclure ses travaux par la remise d’un rapport.

En substance, une commission temporaire d’enquête est l’outil de surveillance le plus puissant pour exercer le contrôle politique du Parlement européen sur les États membres. Son simple lancement suscite une large couverture médiatique et peut contribuer à un élan politique majeur pour aborder les problèmes sous-jacents du pétitionnaire.

Publier systématiquement : « Name and shame » ou « Name and fame »

Rien n’empêche la commission parlementaire d’enregistrer l’absence des représentants des États membres à leur audition, et de publier ce constat dans le rapport annuel de la commission, voire de publier le nombre de demandes envoyées par la commission à chaque membre et le nombre de réponses obtenues ainsi que la contribution que chaque réponse apporte à la solution recherchée par les pétitionnaires.

Améliorer la coopération des commissions parlementaires par le biais d’intergroupes, de joint commitee et de co-rapporteurs

La solution la plus prometteuse pour améliorer la coopération de la commission parlementaire est la possibilité d’une procédure conjointe entre plusieurs commissions pour la préparation d’un rapport conjoint, une pratique relativement courante pour la plupart des commissions parlementaires.

Améliorer la capacité et les ressources de la commission dédiée pour la rendre plus efficace et attrayante

Pour assurer la dynamique proactive nécessaire pour orienter et résoudre les problèmes des citoyens à travers les pétitions, il faut un plus grand nombre de personnel et de ressources dédiés, une infrastructure plus importante et plus proactive capable de traiter les pétitionnaires rapidement et de manière satisfaisante.

Il est grand temps de repenser l’infrastructure participative de l’UE avec un ensemble de réformes capables de renouveler l’engagement de l’Union en faveur de la démocratie participative.

Impressions de campagne : de la place de l’Europe dans le monde et de la France dans l’Europe

Face aux événements internationaux (Brexit, pandémie, guerre en Ukraine, climat…), la campagne présidentielle s’est déroulée sous un prisme nouveau qui aura fait bouger les clivages sur l’Europe au point peut-être de considérer les enjeux européens comme centraux dans les votes des électeurs face aux positions des candidats lors du scrutin présidentiel…

L’Europe dans le monde : le poids des idéologies et le choc des réalités

Somme toute, impossible d’ignorer, même avec des lunettes très idéologiques, l’ampleur des défis à l’échelle globale qui repositionne l’Europe dans le monde comme une entité avec laquelle il faut compter : défense et sécurité, climat et transition énergétique, migrations, État de droit, etc.

Pour Christian Lequesne, dans « L’Europe puissance, enjeu de la campagne présidentielle », « les Français se demandent si la puissance européenne est ou n’est pas la condition d(u) sauvetage » de la France. C’est effectivement, la question qui est posée à tous les électeurs à laquelle les candidats apportent des réponses différentes, mais qui ne peuvent faire fi de la place réelle ou fantasmée de l’Europe face aux problématiques contemporaines.

Avec enthousiasme, résignation ou cynisme, les positions des candidats à l’élection présidentielle sur les questions européennes auront été impactées et auront influencés les votes d’une manière sans doute inédite pour la reine des élections, en raison de l’importance croissante des attentes et des réponses de l’Europe dans le concert des puissances.

La France dans l’Europe : la souveraineté de la France renforcée par l’UE ou malgré l’UE à contester de l’intérieur

Après les visions schématiques et bien trop simplistes entre européistes « pour l’Europe » ou europhobes « contre l’Europe » lors de la précédente élection présidentielle, le fait majeur de la campagne en 2022, c’est que nous n’avons plus de candidats europhobes qui plaident la sortie pure et simple de l’UE, ce n’est simplement plus à l’ordre du jour puisque même les plus critiques feignent de vouloir rester dans la famille européenne.

Pour Sylvain Kahn, dans « Élection présidentielle : deux conceptions de la souveraineté s’affrontent », « entre 2017 et 2022, une bifurcation a donc eu lieu. Alors que plus personne ne conteste l’existence de l’Union européenne et de l’existence de l’Europe comme société et comme société politique, en 2022 la campagne du premier tour oppose deux conceptions de la souveraineté ».

Le choix pour notre avenir repose soit sur la mutualisation de la souveraineté entre États-nations au sein de l’UE pour que l’union fasse la force, soit que la souveraineté se réduise « à proportion du rapetissement de la supranationalité et de la marginalisation des institutions qui l’agissent ». La fin de l’illusion d’une souveraineté renforcée par sa division entre Européens est sans doute un acquis, reportant les controverses autour des contestations de l’intérieur de l’UE sur l’élaboration d’une souveraineté européenne protégeant et renforçant les souverainetés nationales indispensables.

Vers une politique française plus européenne : convergences consensuelles et artificielles

Outre le consensus électoral au moins de façade d’une appartenance de principe de la France à l’UE pour les candidats, d’autres sujets européens autour de ses politiques sont apparus plus rassembleurs, ce qui est là encore assez nouveau :

Pour Yves Bertoncini, dans « Les candidats-présidents et « l’Europe » : une convergence en trompe l’œil ? », quatre champs d’interventions de l’UE sont plus ou moins largement approuvés par les candidats :

  1. Soutien massif à l’interventionnisme de l’Europe économique, financière et environnementale autour notamment de la vaccination et du plan de relance #NextGenerationEU ;
  2. Soutien majeur à un logiciel européen en matière de politiques économiques plus industriel ;
  3. Soutien majoritaire à une ouverture commerciale désormais tempérée, notamment autour du consensus pour une taxe carbone aux frontières ;
  4. Soutien moins ardent pour le « pacte vert européen » au moins dans ses principes, sinon dans ses modalités.

En somme, puisque l’UE est devenue plus française et les Français plus européens, « l’Europe de Bruxelles » divise moins les candidats en ce printemps 2022, même si les chantiers européens ne manquent pas pour le prochain élu.

Figures de journalismes des médias européens

Comprendre le rôle politique des médias lorsque les éditeurs de presse décident de ce que « les Européens » doivent et peuvent voir et entendre de l’Europe, c’est la mission de Juliette Charbonneaux dans « Figures de la polyphonie européenne en régime médiatique »…

Un journalisme européen en invention

Au travers de l’analyse sur la longue durée de médias européens, en particulier les numéros de lancement autour de deux générations :

  • Une première génération autour de revue et/ou hebdomadaire dans les années 1918-1940, période de lutte pour la paix, avec la revue hebdomadaire L’Europe Nouvelle, fondée par Louise Weiss en 1918, la revue mensuelle Europe, créée en 1923 par Romain Rolland et le journal hebdomadaire L’Européen, dirigé par Flory-Henri Turot à partir de 1929.
  • Une seconde génération autour de magazine mensuel ou supplément dans les années 1998-2018, période d’élargissement de l’UE et de lutte contre la crise, avec le mensuel L’Européen, lancé en 1998 par Christine Ockrent et Jean-Marie Colombani et adossé au Monde ; L’Européen, mensuel également, fondé en 2009 par Michel Spengler et Renaud de Chazournes ; Europa, supplément à la périodicité fluctuante,  porté depuis janvier 2012 par les quotidiens Le Monde, die Süddeutsche Zeitung, El Pais, Gazeta Wyborcza, The Guardian et La Stampa.

Première figure transversale : un journalisme de connaissances, régulateur d’Europe

Une pérennité s’impose dans la plupart des projets autour d’un scénario : l’Europe constitue l’issue politique incontournable mais elle reste à construire, ce qui implique le développement parallèle de médias ad hoc.

Pour les médias européens de la première génération, c’est le leitmotiv du média pacificateur qui domine après la Première guerre mondiale afin de reconstruire une Europe de la paix dans un travail de médiation.

Pour les médias européens de la seconde génération, ce sont des représentations renouvelées de l’Europe où il ne s’agit donc plus tant de forger « l’idée d’Europe » que d’en (r)établir la représentation.

Un projet commun se dégage pour lutter contre la méconnaissance du projet européen, qu’il s’agisse de l’ignorance et de ses dangers à combattre ou de l’absence de communication des institutions européennes ou de ses échecs à combler.

Figure dominante de la première génération : le journalisme pédagogue avec des écrivains

Dans les déclarations d’intention, les mentions des « voix » de grands écrivains à faire entendre font ainsi émerger, de manière transversale, la figure d’un média « instructeur », à qui revient la charge d’éduquer (à) l’Europe.

Donner de la voie aux idées et aux grands esprits, prendre de la hauteur, donner la plume aux écrivains… la première génération des médias européens donne plutôt dans une vision d’en haut élitiste qui donne toute sa place à l’exemplarité par la plume et à la persistance du fait littéraire.

Un mantra qui vient représenter l’unité européenne par la continuité de l’héritage littéraire perdure à travers le temps.

Une cristallisation particulière de l’imaginaire médiatique, en régime européen, autour de la figure littéraire et du rôle décisif des médias dans la formation culturelle européenne.

Figure dominante de la deuxième génération : le journalisme, reporter de terrain européen avec des correspondants

Le paradigme du vivant, de raconter la vie des Européens vient mettre en visibilité « l’Europe des gens » qui incarnent l’Europe du quotidien. Les médias de la deuxième génération jouent au contraire la proximité avec leurs lectorats au moyen d’un ton vivant, sur le « terrain de la vie » dont ils promettent la représentation.

La professionnalisation du journalisme et le rôle des correspondants étrangers poussent à la couverture du « terrain ». Les médias travaillent tous leur légitimité européenne en affichant précisément un encouragement à la correspondance.

En conclusion, l’objectivité neutralise le rôle politique du journalisme ; les médias de « première génération » connaissent une belle longévité tandis que ceux de « seconde génération » peinent à imposer leur positionnement et même à survivre, malgré (ou à cause de leur) engagement.

Une Realpolitik de l’Europe, un rêve pour l’Union européenne ?

Intervention lors des lundis de l’IHEDN de Jérémie Gallon diplomate, avocat et auteur de « Henry Kissinger, l’Européen » autour d’une réflexion sur une Realpolitik pour l’Europe…

Qui rêve encore d’un grand destin pour l’Europe ?

L’Après de la deuxième guerre mondiale, c’est la fin d’une Europe qui peut, seule, écrire l’histoire face à la force de l’armée rouge et du capitalisme américain. La gloire des Européens appartient au passé et l’Europe sort de l’histoire à grands pas et ne parvient plus à façonner les équilibres du monde.

Pourtant, la construction européenne, c’est la paix au sein de ses membres, les meilleures protections sociales, la civilisation des loisirs et le bien-être matériel ; bref une sacrée réussite inédite.

Mais, c’est se bercer d’illusions face aux menaces des puissances tierces entre guerres hybrides et désinformation où tout est bon pour déstabiliser les démocraties européennes. C’est sans compter sur nos vulnérabilités démographique et climatique, sachant qu’en un siècle, c’est un complet renversement du poids des populations entre l’Afrique et l’Europe. Les flux vont s’accroitre et continuer d’exercer une pression migratoire sur nos frontières poreuses, la libre circulation aurait dû avoir pour contrepartie le contrôle des frontières, sans parler de l’immigration illégale, nouvelle arme de régimes autoritaires.

Si nous voulons garder la capacité de transmettre notre héritage culturel, intellectuel et philosophique et offrir un futur aux futures générations qui ne soit pas dessiner par les autres puissances, nous ne devons pas nous résigner au déclin, à l’affrontement Chine-États-Unis, à l’abdication et à se résigner à la frilosité géopolitique avec une diplomatie des bons sentiments qui obtient peu de résultats et est en train de perdre jusqu’au respect des citoyens.

Quelle voie pour une Realpolitik pour l’Union européenne ?

Sans alternative possible pour répondre aux défis globaux actuels, la seule méthode d’action repose sur une analyse rationnelle des intérêts en présence, des circonstances historiques et politiques et des forces des idées afin d’atteindre des objectifs concrets.

Dans les Balkans, avec l’élargissement comme horizon unique et indépassable, l’Union européenne est parvenue à perdre sur tous les fronts : les citoyens européens sont exaspérés contre la machine bureaucratique, les résidents locaux sont humiliés, exaspérés, amers. Alors qu’une Realpolitik consisterait à bâtir des partenariats stratégiques pour barrer la route aux autres puissances.

La diversité est la première force de l’Union européenne, dans un monde en mutation, c’est notre meilleur atout pour comprendre les plis de l’histoire et le sens du temps long qui donne la densité nécessaire. Le statut de première puissance commerciale et de premier contributeur d’aide au développement est objectif.

La puissance normative pour la protection des consommateurs et la régulation des marchés est un modèle, correspondant à « l’effet Bruxelles » qui reflète nos valeurs, notre vision de l’individu et des libertés fondamentales ; sans oublier le potentiel de talents et d’expertises industrielles comme atouts européens à condition de lever les carcans sur la recherche, l’innovation et l’entreprenariat et de créer des écosystèmes vertueux.

Des obstacles sont à surmonter :

  1. Se doter d’une diplomatie européenne digne de ce nom, le SEAE n’est pas à la hauteur des espoirs, faute d’une culture stratégique et diplomatique commune vraiment partagée ;
  2. Passer à la majorité qualifiée plutôt que la règle de l’unanimité qui paralyse la diplomatie et favorise le véto des petits États-membres qui font du chantage sur d’autres sujets : le plus petit dénominateur commun n’est pas le reflet de l’intérêt général européen ;
  3. Mettre fin à la diplomatie en silo, surtout la politique commerciale et d’aide au développement, parce ce manque de synergies empêche une action cohérente dans le monde ;
  4. Mettre fin au mythe que prendre le chemin de la Realpolitik ne serait que la négation de notre identité européenne alors que la curiosité, comprendre l’altérité, le monde tel qu’il est, pas tel qu’on voudrait qu’il soit est au cœur de l’Europe.

Sans puissance militaire, la diplomatie ne peut être crédible. Mais, il ne faut pas se perdre dans des concepts comme l’armée européenne ou l’autonomie stratégique mais privilégier des projets industriels concrets et des interventions conjointes ponctuelles.

Le courage politique serait de regagner la confiance et l’estime de nos partenaires en respectant le seuil de 2% du PIB consacré à la dépense pour la défense, comme marqueur de notre effort. L’approche réaliste viserait à donner toute sa place à l’OTAN dans l’architecture de défense en Europe main dans la main avec l’allié américain face à des menaces auxquelles nous ne saurons pas répondre seul, ni maintenant, ni dans le futur ; sans oublier de renouer nos liens stratégiques avec le Royaume-Uni.

Qui peut incarner la Realpolitik européenne ?

L’exigence d’un monde de nuances qui ne se contente pas d’une grille de lecture manichéenne et offrant des options imparfaites, donc impopulaires est un héritage qui dépasse les personnalités. En tant que civilisation, la culture et l’histoire doivent nous offrir un regard unique sur le monde, qui nous rende digne de cet héritage. L’Union européenne s’est construite sur le déni de nos héritages façonnés par les siècles. Renouer avec la tradition de la Realpolitik européenne vise à puiser dans une culture européenne qui se différencie de l’Occident pour assumer ce que nous sommes, s’accepter pour accueillir et se projeter.

Les hommes deviennent des mythes par les buts qu’il se fixent, le temps est venu, à nouveau, d’avoir des grands rêves pour l’Europe, incarnés par une diplomatie de long terme.

Communication de la Commission européenne : le programme de travail en 2022

Avec pour mission de renforcer les liens entre les citoyens et les institutions qui les servent, de réduire l’écart entre les attentes et la réalité et de communiquer sur ce que fait l’Europe, la DG Communication se voit confier un vaste programme de travail pour l’année

Services de communication exécutive et corporate : 47 506 000 €

Deux lignes directrices animent la première mission de la DG COMM :

  • Une meilleure conceptualisation des politiques de l’UE : la communication fournit intelligences politique et économique et analyses spécifiques à chaque pays ;
  • Une meilleure image pour la Commission et l’UE : la communication assure la cohérence des messages autour des priorités politiques associée à une image de marque visuelle distinctive.

1. Le portail web Europa : le contenu politique des sites web de la Commission (par exemple, le Collège, les priorités, les actualités) et du site web interinstitutionnel de l’UE.

2. Les Eurobaromètres : les enquêtes génériques ou ad hoc portant sur des thèmes spécifiques et/ou des groupes cibles spécifiques, ainsi que des études qualitatives. Des synergies sont systématiquement recherchées par le biais d’une programmation annuelle avec d’autres directions générales et une coordination avec le Parlement européen.

3. Les studios de télévision et Europe by Satellite : des services audiovisuels, y compris la production d’actualités et de programmes audiovisuels et de clips vidéo pour les médias sociaux (YouTube, Facebook, Twitter, LinkedIn, Instagram).

4. La médiathèque et la production audiovisuelles : actualités vidéo (reportage en direct et en différé, actualité montée), principalement destinée à l’usage des médias ; production multimédia grand public ; événements d’information et soutien technique aux journalistes ; couverture vidéo et photo de l’actualité de l’UE.

5. Veille médiatique et analyse des médias : feedback continu sur la couverture médiatique de la Commission et de l’UE dans tous les États membres ; analyse quantitative et qualitative des médias sur l’impact médiatique des politiques prioritaires de la Commission dans les États membres, couvrant tous les types de médias (presse écrite, médias en ligne, médias audiovisuels et médias sociaux).

6. Abonnements à des sources d’information telles que agences de presse et fournisseurs d’informations.

7. Soutien à la communication, y compris conception graphique, concepts visuels, infographies, visualisations de données, contenus animés et interactifs.

8. Médias sociaux pour la gestion des comptes centraux et locaux : planification éditoriale ; animation communautaire ; surveillance et analyse des données ; alertes en direct lors de moments politiques clés ; soutien au réseau de community managers ; campagnes de communication, y compris l’achat médias.

Représentations de la Commission : 26 026 000 €

Produits et services de communication conçus pour informer et dialoguer avec les citoyens, par le biais de messages simples, clairs et compréhensibles, soit via une combinaison de canaux et de médias, soit directement avec les citoyens et en stimulant les échanges et l’engagement en face à face :

1. Communication :

  • Liens avec les autorités nationales, régionales et locales, les médias et les parties prenantes, et les citoyens en général ;
  • Appui à la préparation, à la conduite et au suivi des visites formelles ou informelles dans les États membres ;
  • Analyses et rapports approfondis, sur les principaux problèmes politiques, économiques et liés à la communication selon les sensibilités de communication nationales et locales.

2. Rayonnement local et coopération entre les représentations et les bureaux de liaison du Parlement européen, sous la marque “Maisons de l’Europe”.

3. Les activités de soutien local couvrant la formation et le soutien des centres Europe Direct, des centres européens de documentation (CED) et du réseau Team EUROPE DIRECT.

4. Information des journalistes : organisation d’événements d’information, visites des institutions et organes de l’UE, studios de la Commission et soutien technique des journalistes, information, points presse et bulletins d’informations.

Services de communication aux citoyens : 17 504 000

Informer et dialoguer avec les citoyens par le biais de messages simples, clairs et compréhensibles pour aider les citoyens à accéder à des informations actualisées et conviviales sur les politiques et les valeurs de l’UE, en les incitant à s’engager directement :

1. Réseaux – gestion et soutien : centres EUROPE DIRECT, centres européens de documentation et réseau EUROPE DIRECT.

2. Services d’information : exploitation et développement du centre de contact Europe Direct, qui fournit des services gratuits d’information générale multilingue sur les questions européennes.

3. Dialogues citoyens, axés sur les panels de citoyens de l’UE, la plate-forme et les événements autour de la conférence sur l’avenir de l’Europe.

4. Centre des visiteurs : activités liées au centre d’information Experience Europe au Rond-Point Schuman à Bruxelles et Europa Experiences dans 5 États membres où ces espaces d’exposition interactifs existent actuellement, ainsi qu’à Paris et Rome, où Europa Experiences devrait ouvrir en 2022.

5. Rapport général et publications : production, diffusion et promotion de publications et de supports de communication en ligne et hors ligne pour les citoyens qui expliquent ce qu’est l’Union européenne, ce qu’elle fait, quelles sont ses priorités actuelles et comment elles affectent positivement la vie des citoyens.

Politique d’information et communication stratégique pour l’action extérieure : 2 795 000 €

Contributions de la politique étrangère et de sécurité commune, des relations extérieures, de la coopération et des partenariats internationaux, de la politique européenne de voisinage, de l’élargissement, de la prévention des conflits et des politiques/programmes humanitaires ; l’objectif général est de montrer la valeur ajoutée du soutien de l’UE dans différents domaines de la vie des personnes.

En 2022, la campagne NextGenEU continuera d’informer sur les efforts de l’UE dans la reprise de la crise mondiale du coronavirus, tant du point de vue de la santé publique que du point de vue économique. La campagne expliquera également le rôle moteur de l’Europe dans la lutte contre l’urgence climatique planétaire autour de l’objectif zéro carbone 2050, le Green Deal et les politiques environnementales connexes qui sont d’intérêt européen et mondial, par exemple dans le domaine de la biodiversité. La campagne NextGenEU s’adressera en particulier aux jeunes, d’autant plus que 2022 sera l’Année européenne de la jeunesse.