EuropCom 2018 : la communication européenne citoyenne en débat

En amont des conclusions des consultations citoyennes européennes menées pendant toute l’année partout en Europe, la 9ème édition d’EuroPCom en novembre prochain discutera de la communication européenne destinée à dialoguer avec les citoyens européens…

Évaluer les consultations citoyennes : campagne d’image ou outil de démocratie efficace ?

Les consultations des citoyens semblent être la nouvelle tendance dans la communication européenne pour assurer une élaboration ascendante des politiques publiques. Avec leur format ouvert et la variété des questions possibles soulevées par le public, assurer la modération de ce type de débat est un enjeu crucial. Mais, surtout, donner un rôle réellement aux résultats de ces débats pour les traduire efficacement en politiques est la clé. S’agit-il d’un outil utile pour accroître la nature démocratique du système politique européen ou juste une tentative d’améliorer l’image des organisateurs ?

Rapprocher l’UE de ses citoyens avec les agences décentralisées de l’UE

Plus de 40 agences décentralisées de l’UE réparties dans les États membres travaillent sur des sujets importants pour l’Europe et le reste du monde. Leur expertise couvre de nombreux domaines de la vie, y compris sécurité, santé, éducation, environnement et innovation. Certaines agences de l’UE estiment qu’elles pourraient jouer un rôle plus important qu’elles ne le font actuellement pour promouvoir le projet européen dans son ensemble et rapprocher l’UE de ses citoyens en tirant parti de leurs réseaux locaux en tant que multiplicateurs. Comment explorer cette idée et construire des partenariats concrets et des projets conjoints ?

Célébrer le « local » dans les campagnes paneuropéennes

La proximité suscite de l’intérêt. Les publics sont traditionnellement plus intéressés par ce qui se passe près de chez eux que dans des endroits éloignés. Ils trouvent également des visages familiers plus crédibles que ceux qu’ils n’ont jamais rencontrés. Quels sont les défis de la célébration du “local” dans une campagne paneuropéenne ? Comment les histoires locales peuvent-elles résonner dans toute l’Europe ? Comment mener une campagne cohérente basée sur des histoires locales ?

Vendre des sujets « lourds » dans les médias d’affinité

L’Union européenne est souvent accusée d’être trop technique et trop éloignée des citoyens. Pourquoi est-ce si difficile d’aborder des sujets techniques, comme le budget européen, au niveau des citoyens ? Comment atteindre de nouveaux publics, avec des médias locaux qui rendent compte des sujets européens en s’appuyant sur les journalistes de télévision régionales et les parties prenantes engagées sur le terrain.

Utiliser des héros comme ambassadeurs de l’UE

S’appuyer sur des figures héroïques du quotidien, comme les pompiers et les secouristes, hautement respectés et dignes de confiance dans leurs communautés, pourraient améliorer l’image de l’UE en améliorant la visibilité du numéro d’urgence unique 112 qui sauve des vies. Comment leur réputation peut-elle être mise à profit pour améliorer la visibilité des projets européens qui fonctionnent et qui bénéficient au public dans leur vie quotidienne? Quels autres projets pourraient être utilisés pour démontrer la valeur ajoutée de l’UE pour les citoyens ? Comment ces héros locaux pourraient-ils être incités à devenir des ambassadeurs du projet européen ?

Les femmes peuvent-elle sauver l’Europe ?

Pour la 1e fois, la thématique sociétale d’actualité fait son entrée autour du pouvoir des femmes, un thème, selon le programme « qui s’est avéré être puissant pour susciter le débat et la conversation sur les médias sociaux à travers le monde » (…) qui poursuit ainsi « Étant donné que les femmes répondent généralement mieux aux campagnes positives, comment les stratégies de communication peuvent-elles être développées pour mieux atteindre et toucher ce public cible crucial ? ».

Au total, la communication européenne citoyenne sera au cœur des débats, et tant mieux, car la prochaine Commission aura fort à faire sur le sujet.

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EuroPCom 2018 : la communication européenne en vue des élections européennes

Avec les élections européennes de 2019, la 9ème édition d’EuroPCom en novembre prochain portera le titre «Faire campagne pour l’Europe » afin de mobiliser tous les communicants européens pour l’année électorale à venir…

La participation électorale est l’un des grands défis des élections européennes. Actuellement, la moitié des citoyens de l’Union européenne n’est pas représentée au Parlement européen, en raison de l’abstention.

Les élections européennes de l’année prochaine représentent un moment de vérité pour l’Europe. Le Brexit, le populisme et plusieurs élections nationales ont remis en question l’idée européenne, mais la confiance dans l’Union a prudemment atteint son plus haut niveau ces derniers mois.

Enjeux de la communication européenne électorale

Comprendre comment des opinions deviennent des votes est primordial, et donc connaître les tendances les plus récentes de l’opinion publique et comment elles se matérialisent est clé.

Tenter de trouver des réponses à la question : « Pourquoi devrais-je m’intéresser à l’UE ? », à l’ère des communautés, du big data et de la segmentation extrême signifie étudier des « personae numériques » pour apporter une approche pertinente aux stratégies de communication de l’UE.

Chercher les moyens d’engager les jeunes – dont la responsabilité future dans la sauvegarde d’une Europe forte repose sur leurs épaules – dans le processus électoral : comment les encourager à défendre un projet que beaucoup d’entre eux considèrent comme allant de soi? Quelles synergies entre ressources institutionnelles et de la société civile en vue d’une sensibilisation plus large afin de guérir l’apathie et créer un sentiment d’appartenance et de soutien pour l’UE.

Assurer une meilleure créativité dans la communication visuelle des institutions publiques permet d’inspirer et d’engager les gens alors que le discours politique traditionnel et les arguments institutionnels n’incitent pas les citoyens à voter. Explorer les motivations et les déclencheurs vise à encourager plus de gens à voter.

Modalités de la communication européenne électorale

Les médias traditionnels étant toujours un canal clé pour atteindre un large public, une partie de la stratégie de la campagne consiste à impliquer les journalistes et à déterminer comment rendre ces élections attractives et, finalement, perçues comme européennes au lieu de 27 scrutins nationaux. Les candidats principaux sont-ils les visages et les voix dont nous avons besoin ? Ou devrait-on se concentrer sur la vie quotidienne des gens ?

La désinformation est l’un des principaux défis auxquels les militants et les électeurs sont actuellement confrontés pendant les campagnes électorales, avec l’influence des réseaux internationaux diffusant de fausses informations pour guider les électeurs. Dans le même temps, de plus en plus d’organisations se forment pour démystifier les fausses nouvelles et assurer la transparence de l’information utilisée dans la communication politique.

L’intelligence artificielle est au cœur de la communication numérique aujourd’hui, non seulement dans le secteur de la publicité privée, mais aussi dans les campagnes politiques et les élections. Des experts en IA et en données, en collaboration avec des spécialistes du GRDP, discuteront de ces enjeux et de la protection des données et de la vie privée dans ce contexte.

La mobilisation de volontaires supporters et ambassadeurs en ligne fait de plus en plus partie intégrante des mobilisations politiques et électorales pour créer des communautés aidant à stimuler la participation des électeurs.

Les partis politiques européens avec leurs stratégies de campagne politique et surtout leurs Spitzenkandidaten ont enfin un rôle clé lors du prochain scrutin.

Au total, un beau programme pour envisager toutes les facettes de la communication européenne pour faire campagne pour l’Europe.

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Quels rôles et effets de Twitter sur la campagne des élections européennes ?

Malgré un potentiel encore très peu connu, quoique beaucoup débattu, dans les campagnes électorales européennes, Paul Nulty, Yannis Théocharis, Sebastian Adrian Popa, Olivier Parnet et Kenneth Benoit, dans « Les médias sociaux et la communication politique lors des élections européennes de 2014 » ont étudié le contenu électoral sur Twitter : un total de 3 180 candidats sur 15 353 (21%) et une base de données de 3,8 millions de tweets…

Qui sont les candidats sur Twitter ? Plutôt déjà en fonction et pro-européens

Une question de statut : les députés européens en fonction étaient environ quatre fois plus susceptibles d’avoir un compte Twitter, et six fois plus s’ils étaient déjà titulaires en 2009. D’ailleurs, les titulaires ont également envoyé plus de tweets par jour en moyenne que les non-titulaires.

Une adoption de Twitter corréler avec le degré de pro-européanité d’un candidat : les candidats des partis les plus pro-UE sont presque deux fois plus susceptibles d’avoir un compte Twitter par rapport aux candidats des partis anti-UE. Surtout, lorsqu’il s’agit de structurer l’adoption des candidats européens sur Twitter, les attitudes à l’égard de l’UE sont plus prédictives que les questions de gauche-droite au niveau national.

Que sont les conversations sur Twitter ? Plutôt des discussions nationales parallèles et quelques transnationales

La plupart des pays ont une conversation clairement identifiable qui est unique au pays et qui se concentre principalement sur les questions nationales, reflétant les sujets de conversation les plus populaires dans chacun d’entre eux.

Une conversation autour des élections européennes existent autour de hashtags spécifiques liés à l’UE. Il n’y a pas un seul pays qui n’inclue pas de hashtag lié à l’UE parmi les 10 hashtags les plus populaires, même s’ils sont généralement moins présents que les hashtags spécifiques à l’élection nationale.

Plutôt qu’à une discussion transeuropéenne très faible, c’est à une forme de « parallélisation » des discussions nationales avec des problèmes similaires sont discutés en même temps dans différents pays auquel on assiste.

Que font les Spitzenkandidaten ? La première campagne « présidentielle » de l’UE

Deux des trois principaux Spitzenkandidaten avaient une présence active sur Twitter : Martin Schulz (110 000 abonnés et 250 000 mentions), suivis par Guy Verhofstadt (26 000 abonnés et 105 000 mentions). Jean-Claude Juncker, n’avait pas ouvert de compte Twitter officiel pendant la campagne.

Lors du débat télévisé du 15 mai diffusé en direct sur l’ensemble de l’UE, le hashtag ” était diffusé en Autriche, en Belgique, en France, en Allemagne, en Grèce, en Irlande, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. . De plus, le débat des dirigeants du 15 mai a activement encouragé les téléspectateurs à poser des questions aux dirigeants via Twitter.

Au cours de la campagne, le candidat S&D était le plus important dans les premières étapes. Lors du débat “#TELLEUROPE le 15 mai, Verhofstadt a reçu un soutien notable, qui a également coïncidé avec la couverture médiatique du lancement de sa campagne avec l’ALDE. Schulz a de nouveau dominé la discussion dans la période menant aux élections, mais comme le parti qui a obtenu le plus de voix était celui du leader du PPE, Juncker a pris de l’importance dans la discussion et était apparu comme le plus susceptible de devenir président de la Commission européenne.

Quel positionnement sur la dimension européenne ?

Sur Twitter, le débat sur la légitimité de l’UE est particulièrement important dans les pays où les partis anti-UE obtiennent des scores électoraux élevés, comme au Royaume-Uni et en France. Globalement, même si on ne peut pas prétendre que la communication sur les médias sociaux au moment des élections européenne reflète exclusivement une opposition à la légitimité du projet européen, une bonne partie de la conversation est orientée vers la contestation de l’UE.

Bien que chaque pays ait son propre débat national sur les questions européennes (par exemple, #ukip #bbcbias, #whyivotedukip au Royaume-Uni), il existe également un débat transnational sur les élections européennes auxquelles tous les pays participent.

Dans les hashtags transnationaux, la mention de #serbia est prédictive du soutien à l’intégration européenne, reflétant peut-être un débat en cours sur l’adhésion de la Serbie à l’UE en 2014, ainsi que la couverture médiatique de l’aide fournie à la Serbie suite à de graves inondations. Le hashtag #Geithner est fortement associé à une position négative sur l’intégration européenne en raison d’un livre publié le 12 mai 2014 par l’ancien secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, qui critiquait fortement le traitement de la crise financière par les dirigeants européens. Dans certains cas, la même question est discutée par les deux côtés du débat politique, en utilisant différents hashtags. Par exemple, #migration est associée à une position pro-UE, et #immigration avec une position Eurosceptique.

Le ton émotionnel n’est pas lié au positionnement gauche-droite, il est fortement et positivement lié à la force de la préférence pour les positions politiques pro-européennes.

Au total, les conversations sur les questions européennes sur Twitter politisent le débat sur l’avenir et la forme des institutions et des politiques de l’UE et malgré des signes d’une transnationalisation du débat sur l’UE, les discussions parallèles sur les thèmes de l’UE (en utilisant des hashtags locaux) dominent tandis que les débats entre les Spitzenkandidaten ont été le seul événement en dehors du vote lui-même qui visait un public véritablement européen.

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La citoyenneté participative européenne, au secours de la démocratie européenne ?

Pour l’avenir de l’Union européenne, la citoyenneté participative est la clé de la durabilité à long terme de la démocratie européenne, reposant sur l’engagement des citoyens. Face au le déclin constant de l’engagement des citoyens dans la politique formelle, qui se traduit par la hausse continue de l’abstention aux élections européennes, que peut la citoyenneté participative en Europe ?

Une citoyenneté participative libérale : un engagement de la société civile et pour le bénévolat

Le modèle libéral de la citoyenneté participative, considéré comme le moins exigeant, signifie que la participation des citoyens à la vie publique est minimale, principalement via le vote.

Parmi les activations possibles dans ce cadre libéral minimaliste, toutes les formes d’engagement dans les associations, les organisations de la société civile et le bénévolat, notamment via des programmes européens contribuent à développer une citoyenneté européenne participative.

En matière d’engagement politique, le modèle libéral incite les citoyens à contacter directement leurs élus, en particulier via les réseaux sociaux avec notamment la plateforme EP Newshub, pour faire pression sur leurs positions. Une forme d’engagement « libéral » que l’Union européenne pourrait inciter serait également de faciliter les adhésions directes de citoyens européens dans les partis politiques européens lors de la prochaine campagne électorale des élections européennes.

Une citoyenneté participative républicaine et civique : un engagement politique dans la société et pour les valeurs communes

Le modèle républicain/civique de citoyenneté participative impose des exigences plus élevées au citoyen en matière de participation auprès des institutions démocratiques. Dans cette perspective, les citoyens deviennent des acteurs positif pour le changement social, la transition énergétique et environnementale ou la prévention de la corruption. Sur la base de la pensée philosophique grecque et romaine, le républicanisme civique a souligné la nécessité pour les citoyens d’agir politiquement dans la sphère publique et d’être activement engagés dans une communauté politique en tant que citoyens égaux et libres.

Afin de favoriser la citoyenneté participative républicaine et civique, l’Union européenne devrait mettre l’accent sur l’apprentissage des citoyens en vue d’apprendre les compétences civiques, y compris les valeurs de « l’esprit public, la solidarité et la responsabilité d’agir pour le bien commun». Quoique plus exigeante en termes de participation et plus protestataire dans ses modalités (pétitions, manifestations), le développement des civic tech européenne pourrait contribuer à favoriser l’émergence d’une citoyenneté européenne civique.

Une citoyenneté participative communautaire : l’engagement dans les communautés locales ou transeuropéennes

Le modèle communautaire prend les communautés comme point de départ. La citoyenneté participative se concentre sur les sentiments d’appartenance à un groupe et la nécessité de travailler au profit collectif de ce groupe. Les idées communautaires mettent l’accent sur la responsabilité et les devoirs des individus envers les autres dans leur communauté ainsi que sur la nécessité de soutenir les structures qui sous-tendent et maintiennent les communautés et les valeurs partagées.

Pour l’Union européenne, cet engagement moins axé sur le plan politique ou le bénévolat orienté vers la prestation de services pourrait prendre de très nombreuses formes dont il s’agirait de favoriser l’émergence et la croissance pour des services d’aide sociale ou sanitaire pour personnes âgées ou handicapées, des activités culturelles dans les arts, des mobilisations d’Européens dans les sports et les loisirs pour favoriser l’inclusion et la pratique par le mentoring, voire le reverse-mentoring.

Une citoyenneté européenne critique : des citoyens critiques et engagés en fonction des valeurs de la justice sociale

Le modèle de la citoyenneté critique vise à encadrer la citoyenneté participative par des modalités différentes, par exemple en se concentrant sur une vision plus dynamique de la démocratie qui repose sur des citoyens critiques et engagés. Des actions de protestation favorisent la justice sociale et la responsabilité des institutions gouvernementales, européennes et internationales.

Dans le contexte européen, un vaste champ de mobilisation des citoyens pourraient être envisageable en matière de commerce international équitable dans le prolongement des activations anti-CETA/TAFTA, d’agriculture écologique et durable lors des prochaines discussions de réforme de la PAC, mais aussi en matière d’égalité des genres, de tolérance pour les différences…

Au total, les multiples formes de citoyenneté européenne participative invite à faire preuve de créativité pour débloquer des mobilisations d’Européens au bénéfice d’une démocratie européenne effervescente.

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Quels sont les problèmes de la communication européenne ?

La période estivale étant normalement propice à la prise de recul, il peut être intéressant de prendre le temps de mieux comprendre pourquoi la communication européenne semble souvent faire du surplace, en raison de plusieurs problèmes intrinsèques encore irrésolus…

Un problème d’audibilité du discours européen

Le premier problème réside dans le fait que le discours européen, quel qu’en soit l’émetteur, est encore trop souvent littéralement inaudible. Pourquoi ?

Selon Thierry Chopin, dans Telos : « depuis trop longtemps, le discours sur le projet européen s’est enlisé dans une triple impasse » :

  • Le biais technique qui rend tout sujet européen jargonneux, pas seulement à cause des trop nombreux acronymes ; et fini en bouilli juridique ou budgétaire ;
  • Le biais incantatoire qui réduit tout projet au modèle des pères fondateurs sur la paix ; qu’il faut impérativement actualisé ;
  • Le biais militant qui cantonne tout message européen à un public sinon confidentiel, du moins principalement convaincu.

Tant que la communication européenne demeurera inaudible auprès d’un très large public en raison de ces biais technique, incantatoire et militant, ni les médias ne pourront davantage s’intéresser à l’Europe, ni a fortiori les citoyens.

Un problème d’acceptabilité de l’information européenne

Le deuxième problème, d’égale importance, porte plus spécifiquement sur le fait que les conditions de production de l’information européenne ne la rendent pas acceptable pour les journalistes. Pourquoi ?

Si l’on suit les réflexions d’Arnauld Leclerc, chercheur et fondateur d’Euradio, lors d’une conférence, parce que l’information européenne d’une certaine manière ne rentre pas encore assez dans les canons de la fabrique des médias :

L’effet d’agenda de l’Europe se limite à sa capacité à inscrire sporadiquement quelques temps forts autour des sommets européens ou de sujets polémiques de grande ampleur, comme la question de l’euro ou des migrants, sans être encore parvenu à vraiment routiniser l’impératif d’un traitement de l’actualité institutionnelle européenne auprès des rédactions nationales des grands médias, notamment audiovisuels.

L’effet de cadrage de l’Europe est encore plus réduit, puisque la capacité de la communication européenne à influer sur le choix des mots et des angles pour couvrir les dossiers européens dans les médias est quasi absente, si l’on excepte quelques contre-exemples où de rares programmes emblématiques comme Erasmus, Schengen, la PAC, le FSE sont parvenus à raconter une histoire et à s’inscrire dans l’environnement familier des journalistes.

L’effet de personnalisation de l’Europe est encore plus mineur, puisque les quelques personnalités européennes sont absentes des médias, non pas qu’elles ne soient pas des « bons clients » capable de porter haut les couleurs de l’Europe, mais parce qu’elles ne considèrent pas une telle présence comme prioritaire alors que l’invitation à un journal télévisé est l’accès immédiat à une audience qui ne serait jamais atteinte sans des investissements que les institutions européennes ne sont pas prêtes à consentir.

Finalement, le problème de la communication européenne, c’est qu’elle n’est pas encore parvenue à se banaliser suffisamment, tant dans les discours politiques que dans l’actualité.

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