Comment assurer la participation des citoyens et de la société civile à la Conférence sur l’avenir de l’Europe ?

Toutes les institutions de l’UE – qui ne parviennent pas à s’accorder sur la gouvernance – conviennent de la nécessité d’un processus ascendant, inclusif et ouvert dans lequel les citoyens peuvent exprimer leurs idées et également façonner l’ordre du jour. Mais quelles formes de participation des citoyens pourraient être organisées avec quels mécanismes de feedback entre les différents acteurs et comment la société civile peut-elle être impliquée et apporter des conseils d’experts ?

Les citoyens devraient avoir leur mot à dire dans l’élaboration de l’agenda, mais…

La Commission a clairement exprimé son souhait que les sujets de discussion reposent sur les ambitions phares de l’UE et donc son agenda politique et institutionnel. Le concept de citizen-centric est très auto-centré au Berlaymont…

Le Conseil a souligné que l’ordre du jour devrait être axé sur la mise en œuvre de l’agenda stratégique de l’UE, avec des questions transversales liées à la capacité de l’UE à mettre en œuvre ses priorités. Le débat, mais sans oublier les moyens, c’est le point de vue pragmatique du Conseil de l’UE.

Le Parlement européen plaide que pour que la conférence soit un processus véritablement ascendant, il ne devrait y avoir aucune limitation quant à la portée, aux domaines politiques ou aux méthodes d’intégration. Le point de vue des professionnels du débat public démocratique, c’est que la première règle, c’est qu’il n’y a pas de règles.

Les « guidelines de principe » du Conseil de l’UE

A la suite de la réunion du 3 février du Comité des représentants permanents, les positions du Conseil de l’UE sont plus précises :

La conférence devrait se concentrer sur des sujets qui comptent vraiment pour nos citoyens, avec des impacts durables et une large portée, ce qui se traduit trois lignes plus loin par « le contenu de la conférence devrait être centré sur plusieurs thèmes clés, y compris ceux de l’agenda stratégique de l’UE, qui sont suffisamment larges pour permettre à tous les participants d’exprimer leurs points de vue ». Les sujets suggérés sont une vraie liste à la Prévert.

Notre message sur le rôle vital de nos citoyens et leur participation active et leur contribution à l’élaboration de notre vision commune de l’avenir de l’Europe doit être clair et fort, et revêt une importance capitale.

L’organisation de la Conférence devrait être basée sur plusieurs principes clés: 1) l’égalité entre les institutions à tous les niveaux, 2) le respect des prérogatives de chaque institution, 3) l’efficacité et éviter une bureaucratie inutile; 4) l’implication effective des citoyens et de la société civile garantissant une large représentation des différents groupes de notre société, et en particulier des jeunes.

La conférence devrait garantir la participation effective des citoyens et des parties prenantes par le biais de débats, y compris aux niveaux national et régional, et par le biais de plateformes numériques multilingues et de panels de citoyens dans les États membres et au niveau européen.

Le « concept » du Parlement européen pour la conférence sur l’avenir de l’Europe

Sur la base de la réunion du 12 février de la commission des affaires constitutionnelles, nous avons plus de détails sur le point de vue du Parlement sur la participation des citoyens et de la société civile.

La participation des citoyens et des organisations de la société civile devrait être un élément clé tout au long du processus, y compris la définition de l’ordre du jour. Différents outils et méthodes en ligne et hors ligne devraient garantir qu’un large éventail de personnes soit atteint et encouragé à participer.

Dans la première phase, s’étalant sur plusieurs semaines, les partenaires sociaux, les autorités locales et la société civile devraient s’efforcer d’impliquer le plus grand nombre de citoyens possible dans des débats et des événements traitant de certains des thèmes possibles à discuter.

Les Agoras thématiques des citoyens et les Agoras de la jeunesse devraient être représentatives et composées de citoyens choisis au hasard qui se réuniront régulièrement tout au long du processus en vue de formuler des recommandations. Leurs recommandations devraient être discutées par les différents piliers institutionnels de la Conférence. Cette possibilité et une boucle de rétroaction pour s’assurer qu’ils peuvent réagir aux résultats de la conférence, garantira un lien étroit entre les résultats de la conférence et les travaux des Agoras des citoyens.

Lorsque le processus de collecte de propositions provenant de différentes sources sera finalisé, les organes directeurs rédigeront les questions à débattre dans les Agoras des citoyens et des jeunes. Ces propositions seront soumises à la plénière de la conférence pour débat et adoption.

Le jeu de ping pong entre les institutions européennes pour le « design » de la participation des citoyens et de la société civile devrait se poursuivre vers une vraie avancée démocratique.

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Quel est l’état du social media dans la démocratie européenne ?

Alors que la vie démocratique de l’Union européenne est souvent perçue comme plus complexe en raison du jeu entre les institutions européennes, les classes politiques nationales et les opinions publiques, qu’en est-il sur les réseaux sociaux ? Plongée à partir de l’interview d’un eurobloggeur historique par le Journal of Contemporary European Research : « Social Media and European Democracy: A Conversation with Jon Worth »…

L’univers impitoyablement paradoxal des réseaux sociaux pour l’Europe

Le cadrage dominant utilisé par les médias pour simplifier construit un échiquier politique dominé par une opposition entre Eurosceptiques et pro-Européens ne fonctionne pas dans le monde des médias sociaux où chaque courant s’exprime dans sa propre bulle. Du coup, les repères même imparfaits disparaissent.

Le potentiel de « force for change » attribué initialement aux médias sociaux permettant de faire connecter et débattre des personnes d’horizons différents se révèlent en fait être une vaste cohabitation virtuelle de petites communautés faiblement en interaction, en particulier à cause du développement excessif des algorithmes pour optimiser le temps passé et l’attention.

L’intérêt pédagogique des médias sociaux pour exposer et simplifier des décisions européennes et réduire la barrière de l’accès à des personnes éloignées et des expertises complexes est une évidence très séduisante, sur le plan théorique. La réalité quand même positive est plutôt que les média sociaux ont réduit les barrières à l’entrée pour ceux qui veulent bien faire l’effort de s’informer par eux-mêmes.

La problématique de la confiance accordée à des leaders d’opinion résidant dans leur capacité reconnue de décryptage et de différenciation entre les faits et les opinions s’est aggravée avec les médias sociaux qui nécessitent un fort investissement en temps et en attention pour trouver des sources d’information crédibles et pertinentes parmi la masse du bruit.

L’usage globalement inégal des réseaux sociaux par l’Union européenne

Le regard du vétéran des médias sociaux dans la sphère européenne Jon Worth est sévère mais révélateur :

  • Du côté de la communication des institutions européennes, la plupart des prises de parole dégagent un sentiment de mise en scène inadéquate ;
  • Du côté des responsables politiques, le manque d’authenticité dans les propos, la faiblesse de l’utilité pour le public et l’absence d’une communication plus visuelle des messages expliquent à leur manque de succès.

La principale inquiétude porte sur l’usage que les populistes – grands professionnels dans l’expertise technique investie dans la maîtrise des médias sociaux – font en bâtissant de faux narratifs pour eux-mêmes qui ne savent même plus faire la différence entre le vrai et le faux mais qui génère une zone grise de commentaria où ils recrutent leurs légions de mécontents futurs votants.

Le sentiment général d’un nouveau fossé européen

Du côté pile, nous assisterons à des réalisations brillantes dont nous n’avons même pas idée pour le moment avec des leaders politiques qui sauront inspirer et réussir à mobiliser des masses d’Européens autour de leurs projets.

Du côté face, nous devrons affronter les efforts combinés des médias sociaux pour nous submerger avec des flux de contenus, avec des bots intelligents parfois malveillants, avec des deep fake qui permettent de créer de fausses images ou vidéos ; sans compter les puissances qui manipulent la désinformation.

En somme, les médias sociaux, c’est un peu l’éternel retour vers le futur où le come back n’est jamais vraiment possible.

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Quelles leçons de la pandémie pour la communication européenne ?

Alors que nous sommes en train d’apprendre à vivre avec le virus, nous avons également beaucoup appris par ailleurs au cours de cette année de pandémie. Qu’est-ce que nous pouvons retenir jusqu’à présent, d’après Stavros Papagianneas, expert en communication et auteur de Rebranding Europe dans la revue Convergences n°15 ?

Le rôle primordial de la communication dans la soutenabilité

Nous sommes beaucoup plus résilients que nous ne le pensions, c’est sans doute dans notre ADN. Nous faisons avancer, à distance, nos vies personnelles et nos activités en restant socialement connectés. Mais, la situation actuelle comporte également un risque d’aggravation des différences sociales et économiques.

Ce que font les organisations en temps de crise, et cela vaut pour les institutions européennes, définit leurs marques et leur image pour de nombreuses années à venir. Tout ce qui était considéré comme normal avant a disparu. Sans doute pour toujours.

Investir maintenant dans la construction d’une stratégie innovante et durable de communication est d’une importance capitale. Les communicants agissant encore plus en tant qu’agents de confiance auprès des différents publics sont absolument indispensables.

Le numérique va-t-il nous libérer ?

Jamais dans le passé la connectivité numérique n’a été aussi critique, nous dépendons fortement dans notre quotidien de la connectivité numérique. Du coup, les publics sont beaucoup plus engagés et ont des attentes plus élevées.

C’est l’occasion pour les institutions européennes de renforcer la confiance et d’améliorer la réputation, à condition de bien se préparer, de répondre beaucoup plus rapidement et d’ajuster leur action et leur message afin qu’ils correspondent au bien public.

Le coronavirus tuera ou guérira-t-il l’UE ?

Il est trop tôt pour évaluer toutes les répercussions politiques de la pandémie en Europe, mais les décisions prises auront inévitablement un impact profond. Les dirigeants de l’UE n’ont pas réussi à communiquer une vision commune, prenant un réel engagement politique pour rassurer les citoyens européens que l’UE est là pour eux. Différents pays européens ont adopté une approche nationale, moins centrée sur la solidarité et la coordination.

Le plan de vaccination à court terme et le plan de reconstruction de l’Europe à plus long terme sont les modalités qui permettront – ou pas – de regagner la confiance des citoyens dans l’Union européenne et sa gouvernance. Les institutions européennes semblent conscientes du « top spot » dans lequel les placent à la fois les médias et le grand public. L’heure du jugement va bien sonner.

Combattre les mythes et la désinformation

Tant la circulation de fausses nouvelles innocentes ou portées par des théories du complot que les stratégies de désinformation et de propagande venues de l’étranger pèsent considérablement sur le public, érodant la confiance et sapant les responsabilités.

Le chantier majeur de la lutte contre les mythes et la désinformation tient disons en même temps de remplir le tonneau des Danaïdes qui fuit de partout et de nettoyer les écuries d’Augias, tant il s’agit d’employer des méthodes radicales.

Des valeurs fortes : faire preuve d’empathie et être authentique

Le coronavirus est une bonne occasion pour les marques et les institutions comme l’UE de montrer leur vraies attitudes afin de toucher émotionnellement les citoyens. Il est temps d’apprendre à créer des valeurs communautaires et des centres d’intérêt partagés.

Les prises de parole en ligne et dans les médias sont encore plus que jamais décryptées, analysées, interprétées en fonction de critères émotionnels, idéologiques, médiologiques. Toute distance avec la vérité et absence de transparence sera irrémédiablement condamnée.

La communication de l’UE peut mieux faire

Concernant la communication des pouvoirs publics et de l’UE, il faut traquer le trop plein d’informations techniques et le trop vide d’empathie et parfois de motivation. Par sa communication, l’UE ne doit pas oublier de motiver les citoyens, un point vital. Une langue claire est essentielle pour y parvenir. C’est exactement là que les choses continuent de ne pas s’améliorer avec des messages encore trop distants.

Toute conclusion est encore prématurée, mais des axes de progression se dessinent qui tendent à renforcer des tendances fondamentales.

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Comment impliquer les citoyens à la démocratie européenne ?

Compte tenu de son pouvoir et des effets distributifs de ses politiques, l’UE a besoin de mécanismes démocratiques plus solides pour transformer l’apport des citoyens en politiques publiques. Les résultats sont une source de légitimité nécessaire, mais pas suffisante, pour l’UE, selon Julian Plottka et Manuel Müller qui publient des « Pistes pour renforcer la démocratie parlementaire et participative au niveau de l’UE »…

La démocratie participative de l’UE, un potentiel à mieux exploiter

Afin de renforcer la légitimité des contributions de l’UE, de forcer les décideurs de l’UE à mieux justifier leurs décisions et de développer les sphères publiques européennes à une époque de politisation croissante, plusieurs orientations :

Premièrement, la démocratie participative de l’UE doit devenir plus inclusive pour reconquérir les citoyens avec des demandes participatives changeantes à la politique de l’UE et améliorer son potentiel à générer une légitimité de contribution.

Deuxièmement, la gouvernance participative doit surmonter son approche descendante en donnant aux citoyens un pouvoir de définition des priorités.

Troisièmement, les réformes des instruments participatifs doivent rendre les institutions de l’UE plus réactives à l’apport des citoyens pour soit justifier pourquoi ils abandonnent l’apport, soit mieux montrer qu’ils répondent aux demandes des citoyens, des parties prenantes et de la société civile.

Quatrièmement, l’UE doit devenir plus transparente en mettant tous les acteurs de la procédure législative ordinaire sur un pied d’égalité. Le Conseil ne devrait plus être autorisé à se dérober.

Cinquièmement, la prochaine conférence sur l’avenir de l’Europe est la meilleure occasion de tester des instruments de participation innovants.

Par conséquent, les citoyens et la société civile organisée doivent participer à la réforme des traités européens.

Rendre la démocratie de l’UE inclusive

Les instruments de la démocratie participative de l’UE ne définissent pas clairement leurs groupes cibles et se chevauchent partiellement.

Le régime de consultation est à peine compréhensible pour les non-experts. Pour résoudre le problème, deux ensembles transparents d’instruments de consultation devraient être développés, l’un s’adressant aux citoyens et l’autre s’adressant aux parties prenantes et à la société civile organisée.

Pour rendre les instruments de consultation plus transparents, des objectifs clairs (soit recueillir des opinions, soit collecter des preuves fondées sur des connaissances d’experts), devraient permettre de mieux concevoir des questionnaires ciblés et d’améliorer la modération des réunions de consultation. L’utilisation d’une méthodologie améliorée entraînera très probablement des résultats plus bénéfiques et réduira la frustration du côté des participants.

Des questionnaires destinés aux citoyens peuvent être conçus de manière à ne pas nécessiter de connaissances préalables. Des questionnaires simples augmentent considérablement les taux de participation. L’amélioration de la méthodologie des questionnaires et des réunions nécessite un renforcement des capacités internes du personnel de la Commission et, en particulier pour la modération des réunions, l’externalisation de la tâche à des experts indépendants.

Un site relancé « Have your say +» devrait permettre d’accéder aux initiatives citoyennes européennes, aux pétitions électroniques, au Médiateur, à toutes les consultations en ligne, aux mécanismes de retour d’information avec des explications simples de chaque instrument, permettant aux citoyens de choisir l’instrument approprié à leur fin. Un helpdesk devrait être disponible pour les questions. Le site Web devrait contenir un moteur de recherche et un mécanisme d’alerte permettant aux citoyens de rechercher.

Donner le pouvoir aux citoyens de régler l’agenda

Pour améliorer le pouvoir des citoyens en matière de définition des priorités, les exigences et les effets d’une initiative citoyenne européenne devraient être mieux équilibrés. Les réponses des institutions de l’UE devraient être échelonnées en fonction du nombre de déclarations de soutien collectées :

  • 10 000 signatures d’au moins trois États-membres = une réponse écrite de la Commission ;
  • 100 000 signatures d’au moins sept États membres= une invitation par la Commission à discuter de leur proposition et au moins une commission du Parlement et du Conseil délibère ;
  • 1 million de signatures d’au moins sept États membres = un effet direct, la procédure législative démarre automatiquement.

La procédure des initiatives citoyennes européennes réformée donne aux citoyens un instrument d’élaboration de l’agenda plus puissant et oblige les institutions de l’UE à mieux répondre aux contributions des citoyens.

Les citoyens ont également besoin d’un instrument pour s’adresser au Conseil européen, étant donné que sa tâche consiste à définir les orientations politiques générales et à convenir des priorités de l’UE via un processus de consultation des citoyens précédant l’adoption de l’agenda stratégique du Conseil européen.

Les dialogues citoyens de la Commission devraient être transformés en organes délibérants, comme cela a déjà été tenté via des mini-publics délibératifs décentralisés, des groupes de citoyens choisis au hasard de toute l’Europe débattant des priorités futures de l’UE et de la voie à suivre avec :

  • Des résultats documentés dans un rapport et complétés par une enquête Eurobaromètre sur les priorités et les orientations de la politique européenne ;
  • Une annexe à l’agenda stratégique du Conseil européen, obligé de discuter des résultats de la consultation et de justifier ses choix.

Le nouveau processus de consultation doit donner aux citoyens un pouvoir d’établissement de l’ordre du jour en dehors de la procédure législative ordinaire et mettre un terme à l’évitement de la démocratie participative par le Conseil européen.

Rendre les institutions de l’UE plus responsables et transparents

Jusqu’à présent, seuls les rapports de synthèse des consultations sont publiés en tant que documents de travail des services, qui accompagnent les propositions de la Commission.

Chaque projet pour laquelle une ou plusieurs activités de consultation sont menées ainsi que les initiatives citoyennes européennes et les pétitions doivent se voir attribuer une micro-page unique sur le site Internet « Have your say + ».

Tous les représentants nationaux et le personnel participant au Conseil, au COREPER ou à toute réunion de ses instances préparatoires doivent être soumis à des règles de transparence au niveau de l’UE.

Un registre de transparence intégré deviendrait un modèle et augmenterait la pression politique pour les faire adhérer.

Permettre la participation des citoyens et de la société civile aux réformes du traité

Compte tenu du succès de la Convention sur l’avenir de l’Europe, les représentants de la société civile organisée et les citoyens devraient devenir membres de la convention prévue dans la procédure ordinaire de révision des traités via un forum de la société civile et un dialogue citoyen.

La prochaine conférence sur l’avenir de l’Europe devrait être mise à profit pour tester la nouvelle procédure de révision ordinaire avec un forum de la société civile et un dialogue citoyen, membres à part entière de la conférence.

Au total, la meilleure opportunité sera la conférence sur l’avenir de l’Europe, qui devrait elle-même être un exemple de participation des citoyens et des organisations de la société civile au processus décisionnel de l’UE.

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Quelle est la réputation des leaders européens sur Twitter ?

Loin des seuls propos officiels souvent auscultés de près par les commentateurs, qu’observe-t-on lorsque l’on regarde ce qui se dit sur Twitter en 2020 des dirigeants européens Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne et Charles Michel, président du Conseil européen, une démarche parallèle à l’étude des chefs d’État et de gouvernement sur Twitter…

Ursula von der Leyen : les événements #Covid et #Brexit dominent l’agenda politique

Les principaux hashtags associés aux mentions d’Ursula von der Leyen portent d’abord sur le coronavirus, la pandémie que le monde entier affronte depuis un an. Le Brexit apparaît comme le second thème de discussion. Le #SOTEU, le hashtag du discours sur l’état de l’Union se place à la 12e place, ce qui relative la prise de parole officielle dans l’ensemble des mentions sur l’année.

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Les termes dans le nuage des mots clés confirment l’orientation majoritaire des conversations avec la présence bien visible du Brexit et de Boris Johnson. Les autres personnalités associées à Ursula von der Leyen sont Charles Michel, le président du Conseil européen et Angela Merkel qui a exercé la présidence semestrielle du Conseil de l’UE. Une seule politique européenne, le commerce apparaît. Dignité et humilité sont des termes manifestement associés à la présidente de la Commission européenne.

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Les pays mentionnant le plus Ursula von der Leyen sont en premier le Royaume-Uni de très loin, puis au coude à coude l’Allemagne et la France. La Belgique se classe à la 7e place, avec quelques milliers de tweets, ce qui relativise l’importance de la bulle bruxelloise hyper-active sur Twitter.

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Dans l’ensemble des plus de 405k mentions de von der Leyen sur l’année, l’agenda politique de la Commission européenne, en particulier le plan de relance, le Green Deal ou les initiatives dans le numérique ne sont pas du tout visible dans les hashtags et les mots clés les plus récurrents.

Charles Michel : les sommets #EUCO priment les sujets plus diplomatiques

Les principaux hashtags utilisés dans les mentions de Charles Michel en 2020 sur Twitter – qui sont au nombre de près de 148k, soit trois fois moins – sont plus spécifiques. Ainsi, le premier #EUCO est le hashtag officiel des sommets des chefs d’État et de gouvernement tandis que #MFF correspond au budget de l’UE.

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Les mots clés rassemblés dans le nuage font référence à la fonction institutionnelle et au compte Twitter @EUCOpresident, un tel compte qui se transmet entre présidents qui n’existent pas à la Commission européenne. Aucun chef d’État et de gouvernement ne sont visiblement mentionnés avec Charles Michel.

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Les pays mentionnant le plus Charles Michel sont plus internationaux avec les États-Unis en 2e place et la Turquie en 6e position. Pour le coup, la Belgique avec un peu plus de 25k mentions dans l’année apprécie son ancien Premier ministre dans ses nouvelles fonctions européennes.

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Au total, ce qui est frappant lorsque l’on prend en compte toutes les mentions associées aux leaders des institutions européennes, c’est la dilution des initiatives même d’envergure, comme le plan de relance historique de l’UE, dans l’ensemble des sujets liés à l’actualité.

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