Palmarès de la communication européenne en 2011

Pour sa 5e édition, lacomeuropéenne revient sur les principaux événements à retenir de l’année écoulée, après les bilans en 2007, 2008, 2009 et 2010

Événement n°1 de l’année 2011 en communication européenne : le départ du Directeur général de la DG Communication au sein de la Commission européenne, Claus Sørensen

Claus Sørensen est venu à Paris le 4 avril 2011 pour une discussion sur l’UE et sa communication : « L’Europe, bof ? » à laquelle j’ai participé à la Représentation en France de la Commission européenne. Ses principales interrogations :

  • Faut-il répondre aux attentes des Européen(ne)s et donc faire une communication en fonction de la demande ou plutôt diffuser des informations en fonction de l’actualité des institutions européennes et faire alors une communication de l’offre ?
  • Faut-il communiquer sur les bénéfices concrets de l’Europe au quotidien ou plutôt sur les valeurs et symboles liés à la construction européenne ?
  • Faut-il toucher les citoyens à travers une collaboration avec les journalistes pour assurer une présence de l’UE dans les médias ou plutôt s’appuyer sur les multiplicateurs – relais d’opinion pour traduire à une échelle locale ou sectorielle les enjeux européens ?

Lors de son départ, le 30 juin 2011, Claus Sørensen a répondu à mes questions sur son bilan, ses réussites, ses déceptions et ses enseignements à la tête de la DG COMM de la Commission européenne.

Quelles sont les priorités du futur DG COMM à la tête de la communication de l’UE ?

  • Priorité n°1 : renforcer la professionnalisation pour une meilleure maîtrise de la complexité et de la transversalité
  • Priorité n°2 : couvrir les nouveaux territoires émergés : réseaux et partenariats, communication interne et locale
  • Priorité n°3 : assurer une pleine appropriation des progrès et outils du web social avec davantage de mutualisation et de cohérence

Événement n°2 de l’année 2011 en communication européenne : le web social avec la charte de communication dans les médias sociaux de la Commission européenne et l’accréditation d’euro-bloggeurs au Conseil de l’UE

Même si la place des médias sociaux dans la communication européenne selon Viviane Reding est particulièrement réduite : : il ne s’agit que de faire la promotion des informations préalablement diffusées sur le portail officiel ; 2011 a bien été « l’année où la Commission à adopter les médias sociaux », comme le publie aujourd’hui le blog de l’équipe médias sociaux de la Commission européenne.

Quels sont les coûts pour la communication européenne de ne pas investir les médias sociaux ?

  • détériorer la relation entre l’UE et les citoyens européens
  • renforcer la vulnérabilité de l’UE face aux risques d’opinion
  • rater l’occasion pour l’UE de saisir des feedbacks
  • scléroser les processus décisionnels de l’UE

Quelles sont les spécificités du guide d’utilisation des médias sociaux destiné aux fonctionnaires de l’UE ?

  • Un rappel au code de bonne conduite administrative plutôt qu’une invitation au rôle d’ambassadeur en ligne
  • Un guide de recommandations pratiques pour accompagner plutôt qu’une charte d’encadrement pour contrôler

Le web social, terrain d’une nouvelle communication européenne ?
Représente à la fois une aubaine pour impulser un changement culturel et structurel au sein des services communication de l’UE et une opportunité pour repenser le modèle de communication et y inclure réellement les citoyens européens. Le web social constitue en ce sens une étape essentielle dans la redéfinition et la mutation de la communication européenne.

Le Club de Venise qui fête en 2011 ses 25 ans est un symbole du choc des cultures entre la pratique de la confidentialité et l’ouverture à la transparence.

Événement n°3 de l’année 2011 en communication européenne : le journalisme européen en questions

2011 est également une année mouvementée pour les journalistes européens, tant en raison de l’impact du web social sur leur profession en général que de l’attitude particulière des services de presse des institutions européennes :

Voyage au cœur de la fabrique de l’info européenne : le métier de journaliste européen à l’heure du web social

  • Constat n°1 : influence grandissante du citoyen « lecteur-auditeur-téléspectateur-internaute » sur les journalistes dans la production et la diffusion de l’information européenne
  • Constat n°2 : le web social, une nouvelle source d’info pour les journalistes, dont la fiabilité est à géométrie variable
  • Constat n°3 : le web social, un nouveau lieu pour publier et diffuser l’information des médias traditionnels, produite par les journalistes

Quelle distinction entre information européenne et communication européenne ?

  • des enjeux d’image : cohérence, consistance et continuité principalement pour la communication européenne ;
  • des enjeux de réalité : complexité, contradiction et critique essentiellement pour l’information européenne.

Comment la Commission européenne et le Conseil de l’UE communiquent auprès des journalistes ?

  • Le service du Porte-Parole de la Commission européenne : une approche proactive et promotionnelle auprès de la sphère médiatique bruxelloise
  • Le service presse du Conseil de l’UE : une approche réactive et informationnelle auprès des journalistes politiques des médias nationaux

Le service de presse de la Commission européenne sous le feu des critiques en fin d’année

En France, le journalisme européen se renouvelle avec Vigie 2012 : le premier site de fact checking sur l’Europe pour la campagne présidentielle

Événement n°4 de l’année 2011 en communication européenne : des innovations dans la communication du Parlement européen

En 2011, plusieurs nouveautés ont émaillées la communication du Parlement européen :

Événement n°5 de l’année 2011 en communication européenne : communication de l’UE, année zéro ?

Avec la crise de l’UE, la communication européenne peut-elle faire face au débat ou est-elle en danger ?

  • 1e hypothèse : relégitimer la communication européenne non plus sur l’efficacité supposée de l’UE mais sur la légitimité de l’expertise
  • 2e hypothèse : relégitimer la communication européenne non plus sur le consentement tacite mais sur l’ignorance assumée des citoyens
  • 3e hypothèse : relégitimer la communication européenne sur une nouvelle forme de démocratie qui sans se revendiquer vraiment censitaire ou élitaire serait une coalition de bonnes volontés

Policy & Politics : la politisation de la communication européenne en question

Comment rendre audibles les voix politiques, institutionnelles et médiatiques sur l’UE ?

C’est l’interrogation centrale du séminaire : « La communication européenne: quelle(s) voix pour l’Europe ? » organisé au Bureau d’information pour la France du Parlement européen le 9 décembre 2011 à Paris et au cours duquel je suis intervenu :

  • La communication conjointe aux institutions européennes et françaises : branding promotionnel de l’UE ou pédagogie informationnelle sur l’UE et la France ?
  • La communication politique européenne : « l’inévitable bulle parle à la bulle » ou l’hypothétique dialogue euro-députés – citoyens européens ?
  • L’information européenne : information de qualité hyper-spécialisée ou information généraliste approximative ?

Quels scénarios pour la stratégie de communication européenne ?

  • Scénario n°1 : Le marketing d’une « Europe de la raison » à partir des bénéfices pour le consommateur citoyen : une stratégie de communication « light » et « lisse » autour de la valorisation de projets concrets ;
  • Scénario n°2 : Le dialogue d’une « Europe des citoyens » pour construire un projet européen participatif : une stratégie de communication « pédagogique » et « multiculturelle » autour de l’organisation de débats paneuropéens ;
  • Scénario n°3 : La propagande pour une Europe ancrée dans la tradition : une stratégie de communication « démagogique » et « autoritaire » autour de la valorisation du patrimoine séculaire.

Meilleurs vœux pour vos fêtes de fin d’année et à l’année prochaine !

EuropCom 2011 : quelles étaient les présentations qu’il ne fallait pas manquer ?

Après 2 jours de débats à Bruxelles à l’occasion de la 2e conférence européenne de la communication publique et européenne, parmi l’ensemble des présentations des intervenants, que fallait-il ne pas manquer ?

« Keynote speech » de Simon Anholt, conseiller politique indépendant : « l’imagination dans l’élaboration des politiques est essentielle, l’UE doit devenir imaginative »

Qu’est-ce que la communication et qu’est-ce que l’UE fait ?

D’abord, la communication peut être entendue comme la fourniture légitime d’informations, lorsque le public le réclame.

=> L’UE fournit de l’information lorsque personne l’a demandée et sur des sujets qui n’intéressent personne.

Ensuite, la communication peut être comprise comme la publicité, c’est-à-dire la vente d’un produit ou d’un service à des consommateurs qui tolèrent que les médias soient utilisés pour véhiculer ces messages publicitaires.

=> L’UE réalise des campagnes alors qu’elle n’a rien à vendre et qu’elle n’a pas identifié d’audience.

Enfin, la communication peut s’envisager comme la propagande, autrement dit la diffusion non légitime et non tolérée de messages.

=> L’UE fait de la propagande quasiment tout le temps alors même qu’elle ne contrôle évidemment pas tous les médias, ce qui en fait un gaspillage de temps et d’argent public.

Que devrait faire l’UE pour mieux communiquer ?

Pour une communication de l’UE plus efficace, il faut donc identifier 1. les demandes d’informations auprès des citoyens, 2. les produits ou services de l’UE ainsi que les audiences susceptibles d’être intéressées et 3. l’arrêt de toute propagande.

Mais surtout, puisque l’UE ne sera jamais jugée sur ce qu’elle dit, mais bien plutôt sur ce qu’elle fait, il faut :

  • une stratégie : définir à quoi sert l’UE aujourd’hui alors que l’essence d’origine (la paix) n’est plus suffisante pour justifier l’existence actuelle.
  • une substance : si l’UE veut être un acteur sur la scène mondiale – l’UE étant légitimement la seule expérience actuellement réussie au moins en partie de gouvernance multilatérale entre États – alors l’UE doit vraiment le devenir. Il ne lui reste qu’à choisir ses priorités.
  • des actions symboliques : l’UE doit poser des actes qui apportent la preuve sans l’ombre d’un doute de son rôle mondial. Pour y parvenir, « l’UE doit cesser l’erreur fatale de croire que parce que son travail est si grave pour des millions de gens, il faut aussi qu’il soit ennuyeux. C’est la chose la plus irresponsable pour les décideurs et les fonctionnaires européens que d’être ennuyeux parce que c’est la politique ennuyeuse qui ne parvient pas à saisir l’imagination, ne parvient pas à se communiquer, et par conséquent ne fait rien de bien », traduction de la transcription réalisée par Ronny Patz dans « The EU’s image is the boringness of its officials? ». Cela nécessite des changements structurels, un message entendu par Jon Worth dans « The EU has a structural problem, not a communications problem ».

Chiffres clés sur l’information, la communication et le lobbyisme européens

Intervention de Lisbeth Kirk, éditrice en chef d’EUobserver :

550 médias accrédités auprès des institutions européennes en 2010 contre près de 700 en 2005, soit une baisse de plus de 20%

950 journalistes accrédités auprès des institutions européennes en 2010 contre plus de 1 000 en 2005

530 professionnels de la communication de l’UE en 2011: 104 fonctionnaires au service du porte-parole de la Commission, 62 au Parlement européen et 63 au Conseil

2 566 lobbyists européens à Bruxelles en 2010, ils étaient seulement 202 en 2008

Les enjeux de la communication européenne dans le web social

Le risque d’un « digital divide » dans la communication de l’UE dans le web social

Intervention de Gea Ducci, chercheur au département des sciences de la communication à l’Université d’Urbino Carlo Bo en Italie :

Comment les institutions publiques européennes peuvent « habiter » le web social ?

  • Encourager la participation des citoyens dans les politiques publiques
  • Stimuler l’expression de l’opinion des citoyens européens
  • Améliorer la qualité des services avec l’écoute des citoyens
  • Cultiver des relations de proximité avec les citoyens
  • Partager avec les citoyens les choix de campagnes de communication

Le problème de la désintermédiation de la communication dans le web social réside dans la difficulté à distinguer entre la communication politique et la communication institutionnelle :

  • dans le web social, la communication politique parce qu’elle est très personnalisée et spontanée se trouve bien adaptée ;
  • en revanche, la communication institutionnelle parce qu’elle de nature plus distancée peine à trouver sa place dans le web social.

Une « politique médias sociaux » pour les institutions publiques doit reposer sur :

  1. la crédibilité ;
  2. la relation équilibrée entre communication politique et la communication institutionnelle ;
  3. la vision et la planification stratégique dans l’utilisation des différents médias sociaux ;
  4. la communication intégrée, c’est-à-dire multicanale ;
  5. la définition des compétences et des métiers.

L’enjeu est d’éviter le risque de créer de nouvelles inégalités – le « digital divide » – tant au sein des administrations publiques européennes qu’au sein des populations européennes.

3 conseils de l’eurobloggeur Jon Worth :

  • produire du contenu crédible ;
  • dire la vérité ;
  • assurer une présence de long terme, cf. le « Gartner Hype Cycle » présenté par Richard Stacy, consultant en médias sociaux :

2 présentations de professionnels de la communication de l’UE dans le web social :

  • Attention au fossé – les pièges de la mise en réseau avec les citoyens de l’UE dans les médias sociaux par Aurélie Valtat, responsable de la communication web au Conseil de l’UE ;
  • La réputation en ligne (dans le web social, le web documentaire et le web informatif) autour du rond-point Schuman par Dana Manescu, attachée de presse au Conseil de l’UE.

Le journalisme citoyen: opportunité ou menace ?

Intervention de Nuria Simelio Sola, professeur à l’Université autonome de Barcelone en Espagne :

Définition du concept de journalisme citoyen, : journalisme participatif, journalisme interactif, journalisme généré par les utilisateurs des médias :

  • Journalisme généré par les utilisateurs des sites de médias : utilisation quotidienne des citoyens en tant que reporters, généralement non rémunérés, à la place des journalistes professionnels profitant pleinement des technologies interactives du web 2.0. (Joyce, 2007) ;
  • Journalisme participatif : tout type de newswork aux mains de professionnels et d’amateurs entendu comme utilisateurs, producteurs et évaluateurs entre pairs d’une production commune (Bentley, 2005) ;
  • Journalisme interactif : pratiques en matière de journalisme en ligne, qui utilisent le web comme une plateforme d’interactivité et de discussion toujours produites uniquement par des professionnels, mais les commentaires des utilisateurs sont facilités (Paulussen, 2007) ;
  • Journalisme citoyen : « Lorsque le peuple anciennement connu comme le public emploie les outils de presse en leur possession pour informer les uns les autres, c’est le journalisme citoyen. » (Rosen, 2008).

Opportunités du journalisme citoyen :

  • Pourvoit de nouvelles voix et des sources alternatives améliorant le système démocratique, car garantissant la diversité de l’opinion publique ;
  • Permet des contributions de première main lors d’événements et de crises (sites de partage de photos, blogs…) ;
  • Supprime « l’élite gatekeeper » ;
  • Donne un espace pour les groupes sociaux marginalisés, alternatifs et militants ;
  • Assure un contrepoids aux grands médias ;
  • Crée une information indépendante des sociétés commanditaires et du gouvernement ;
  • Assure une fonction politique d’influence en soulignant les problèmes sociaux ignorés par les médias grand public ;
  • Transcendent les frontières géographiques ;
  • Par ses faibles coûts de production, met l’accent sur les nouvelles que les médias traditionnels ne trouvent pas profitables ;
  • Exerce une responsabilité sociale et politique avec la participation des citoyens dans l’évaluation des politiques publiques ;
  • Renforce la culture démocratique ;
  • Favorise l’intelligence collective et l’apprentissage collaboratif ;
  • Par sa dimension collective, permet un journalisme égalitaire et non hiérarchique.

Menaces du journalisme citoyen :

  • Peut donner une voix aux groupes extrémistes (racisme, haine, violence…) ne seraient pas admis sur les médias traditionnels ;
  • Ne donne lieu à aucune amélioration par rapport aux  façons de faire, ou à aucune conséquence efficace ou utile ;
  • Ne peut pas être fiable / digne de confiance sans le code d’éthique journalistique, sans le contraste entre faits et sources, sans formation journalistique professionnelle ;
  • Est subjectif avec risques conflits d’intérêts, chambres d’écho et au détriment des points de vue plus larges ;
  • Tend à renforcer les arrangements institutionnels existants et les inégalités sociales ;
  • Remet en cause le journalisme en tant que profession ;
  • Se concentre principalement dans les « informations légères ».

Avenir du journalisme citoyen :

Institution, communicateurs publics et journalistes devraient agir pour promouvoir la citoyenneté active et non pour générer des leaders d’opinion en captivité. En d’autres termes, ils devraient d’abord être ouvert afin de redonner une partie de leur pouvoir à la source de leur pouvoir : le peuple.

Quelles sont les futures campagnes de communication de l’UE ?

Alors qu’un important appel d’offres est actuellement mené par la Direction Générale à la communication de la Commission européenne portant sur un accord-cadre de prestataires en matière de campagnes d’information et de communication, d’une durée de quatre ans et estimé à 80 M€, d’autres campagnes seront prochainement annoncées..

Campagne de communication pour les 50 ans de la PAC

La Politique agricole commune fêtera ses 50 ans en 2012. Aussi, la Commission européenne « souhaite accorder la priorité aux actions à grand impact, à caractère créatif, et destinées non seulement au monde rural, mais à la société dans son ensemble », selon l’appel d’offre.

Afin de sensibiliser davantage le grand public au cinquantième anniversaire de la PAC, un budget total de 3,2 M€ est prévu pour mener des actions d’information telles que : production et distribution de matériel multimédia ou audiovisuel à caractère innovant, campagnes publiques d’affichage, événements médiatiques, conférences ou séminaires…

Depuis l’an 2000, presque 25 M€ ont été octroyés à plus de 480 projets.

Campagne de promotion de l’Europe, comme première destination touristique au monde

Afin de rehausser le profil de l’Europe comme une destination touristique mondiale, l’objectif principal de cet appel d’offres est de développer et mettre en œuvre une stratégie de communication pour promouvoir l’image de l’Europe comme une collection de destinations touristiques durables, diverses et de haute qualité.

Les cibles définies sont « les nouvelles sources potentielles du marché des destinations européennes », à savoir les classes moyennes des “BRIC”: Brésil, Russie, Inde et Chine, ainsi que l’Argentine et le Chili.

Campagne d’information sur la sécurité des jouets dans l’UE

Spécifiquement destinée aux PME directement impliqués sur le marché de la fabrication et la distribution des jouets, une campagne d’information est programmée pour « mieux faire comprendre et appliquer les nouvelles exigences en matière de sécurité des jouets ».

Campagne d’information sur l’Union européenne en Islande

Dans le cadre de la procédure de pré adhésion de l’Islande à l’UE, une campagne de communication est envisagée en vue d’améliorer la connaissance et la compréhension de l’Union européenne, en Islande.

L’objectif de la campagne, selon l’appel d’offre, consiste à faciliter le débat et informer la société islandaise sur l’UE, afin de contribuer ainsi à donner aux citoyens informés les moyens de se forger leurs propres conclusions.

Le plan de communication pluriannuel comprend des actions sur le web et les médias sociaux, la gestion d’événements, des relations avec les médias, ainsi que la mise en place et la gestion d’un centre d’information de l’UE.

Quelles sont les clés du succès de ces futures campagnes de communication ?

Les clés du succès résident d’une part, dans la définition d’une « bonne stratégie » et d’autre part, dans la réalisation d’une « bonne création » :

D’une part, une « bonne stratégie », qu’est-ce que cela signifie ?

  • Fonder la pertinence et la performance à partir de la stratégie de marque ;
  • Déployer le capital émotionnel de la marque ;
  • Poser la problématique de communication, fonder un parti stratégique qui réponde aux objectifs et aux cibles.
  • Formuler le concept créatif et l’exprimer à travers tous les supports de la communication.

D’autre part, une « bonne création », comment attirer l’attention et créer l’empathie et la mémorisation ?

  • Certains vont privilégier l’émotion au risque souvent d’être retranscrit sur un ton nostalgique.
  • D’autres vont chercher à choquer au risque de brutaliser avec excès le public.
  • Selon Gabriel Szapiro, les clefs de la réussite d’une campagne de communication reposent sur les « 4 valeurs du paradoxe » : l’humour, l’intrigue, l’inattendu et la séduction.

Patience, dans les prochains mois, nous découvrirons ces futures campagnes de communication européenne…

Le plagiat atteint-il aussi l’espace public européen en ligne ?

Naturellement, l’exercice du blog est une activité qui n’est pas sans risque. Risques liés aux trolls dans les commentaires. Risques correspondant aux citations plus ou moins à propos. Ces risques sont normaux et font partie des règles du jeu. En revanche, le plagiat pur et simple – le copier-coller sans citation de l’auteur – doit être dénoncé, surtout lorsqu’il est réalisé par une personne qui se réclame de son professionnalisme et publie pour le compte d’un acteur influent.

Pauline Desmarest, responsable de la communication Internet à la Fondation Robert Schuman vient de se livrer au plagiat dans « Facebook, Twitter : des outils incontournables pour l’avenir de la démocratie européenne ? ». Une pratique également condamnée par Mathew Lowry, lui aussi victime.

Plagiat n°1 : l’exigence de transparence

Le 9 mars 2011, je publiai « La transparence peut-elle renforcer la légitimité démocratique de l’UE ? » dans lequel j’abordai l’enjeu de la « nouvelle » transparence : la responsabilisation d’un public inclus dans la décision :

« Bien plus que de simplement connaître les résultats du processus décisionnel européen, l’exigence de transparence porte davantage, aujourd’hui, sur l’ouverture pondérée des données publiques qui devraient êtres portés à l’attention du public pour l’inclure dans la prise de décision publique. »

Plagiat de Pauline Desmarest de la Fondation Robert Schuman :
« Bien plus que de simplement connaître les résultats du processus décisionnel européen (comme c’est le cas aujourd’hui), l’exigence de transparence porte désormais davantage sur l’ouverture pondérée des données publiques qui devraient être portées à l’attention du public pour peser dans la prise de décision publique. Autrement dit, l’enjeu de la  » nouvelle  » transparence réside dans la responsabilisation d’un public acteur de la décision. »

Plagiat n°2 : les avantages des réseaux sociaux pour la communication européenne

Le 1 février 2011, je publiai « Quels sont les coûts pour la communication européenne de ne pas investir les médias sociaux ? » dans lequel j’abordai 4 coûts de ne pas investir les médias sociaux, dont celui de détériorer la relation entre l’UE et les citoyens européens :

« Ne serait-il pas en effet plus conforme aux usages quotidiens d’assurer une présence en ligne sur le carrefour d’audiences que constitue Facebook pour répondre aux interrogations des Européens plutôt qu’au travers d’une plateforme téléphonique inconnue par une très large majorité ? »

Plagiat de Pauline Desmarest de la Fondation Robert Schuman :
« Ne serait-il pas plus conforme aux usages actuels de renforcer sa présence sur le carrefour d’audiences que constitue Facebook pour répondre aux interrogations des Européens plutôt qu’au travers du centre d’appel  » Europe Direct « , cette plateforme téléphonique inconnue par une très large majorité d’Européens ? »

Plagiat n°3 : mieux s’adapter à la révolution du Web social : recommandations pour une meilleure utilisation des réseaux sociaux

Le 5 janvier 2011, je publiai « Comment la communication de l’UE s’adapte-t-elle au web social ? » dans lequel je développai les adaptations de la communication européenne avec les médias sociaux :

« La communication actuelle de l’UE dans le web social s’inscrit dans une logique d’échange

Aujourd’hui, la communication de l’UE dans le web social consiste à sensibiliser un public relativement passif au travers d’échanges limités avec des cibles potentiellement nombreuses mais faiblement engagées.

La communication future de l’UE dans le web social s’inscrira dans une logique d’engagement

Demain, la communication de l’UE dans le web social consistera de plus en plus à activer l’engagement des internautes en leur proposant de jouer des « rôles » plus élaborés. »

Plagiat de Pauline Desmarest de la Fondation Robert Schuman : « La communication actuelle de l’UE sur le Web social s’inscrit dans une logique d’échange. Elle consiste à sensibiliser un public relativement passif au travers d’échanges limités avec des cibles potentiellement nombreuses mais faiblement engagées. (…)Il est essentiel d’impliquer les citoyens sur la Toile en leur proposant de jouer des  » rôles  » plus élaborés que les échanges de contenus ou une simple notification  » I like « . »

Plagiat n°4 : un code de conduite sur les réseaux sociaux

Le 31 janvier 2011, je publiai « Comment la Commission européenne s’est-elle dotée d’une charte de communication dans les médias sociaux ? » :

« En avril 2010, sous la responsabilité de Bert Van Maele, le responsable médias sociaux au sein de la DG Communication à la Commission européenne, un blog « Waltzing Matilda » dédié à la communication sur les médias sociaux est ouvert afin d’« apprendre comment la Commission peut utiliser les médias sociaux pour communiquer avec les citoyens ».

En juin 2010, un plan d’actions présenté par Viviane Reding préconise la mise en place d’un réseau de « 10 à 15 experts en médias sociaux au sein de la Commission » pour assurer « une surveillance des blogs et les réseaux sociaux et une réfutation instantanée » (mesure 10).

Juste avant la fin de l’année, une stratégie et des lignes directrices ont été approuvées en interne entre la DG COMM et le cabinet de Reding.

Quoique l’approche envisagée des médias sociaux révèle une profonde méfiance, la formalisation d’une organisation marque une prise en compte indéniable du web social par la Commission européenne. »

Plagiat de Pauline Desmarest de la Fondation Robert Schuman :
« La Commission européenne a mis en œuvre une stratégie pour communiquer sur les médias sociaux approuvée fin 2010 par la DG COMM et le cabinet Reding.
Si la formalisation de cette stratégie marque une prise en compte indéniable du Web social par la Commission européenne, cette charte n’a cependant pas encore été publiée en externe.
En avril 2010, sous la responsabilité de Bert Van Maele, le responsable de l’information et de la communication – Internet au sein de la DG COMM, un blog  » Waltzing Matilda  » dédié à la communication sur les médias sociaux a été ouvert afin d’apprendre comment la Commission peut utiliser les médias sociaux pour communiquer avec les citoyens « .
(…)
La Commission européenne, dans un plan d’action présenté en juin 2010 par Viviane Reding, préconise la mise en place d’un réseau de  » 10 à 15 experts en médias sociaux au sein de la Commission  » pour assurer  » une surveillance des blogs et des réseaux sociaux et une réfutation instantanée  » (mesure 10). »

Plagiat n°5 : pour la création d’un ‘EU Community manager’

Le 27 avril 2009, je publiai « Union européenne et Internet : pour la création de « EU community managers » pour une communication européenne « de la demande » ? » dans lequel je présentai les contours de ce futur métier :

Métier aujourd’hui inexistant, les « EU community managers » serait des médiateurs, des créateurs de liens entre l’UE et les internautes, plus particulièrement responsable :

  • du monitoring et du feed-back : veille sur le web, état des lieux de l’e-réputation de l’UE + rétroaction ;
  • de la mise en place de contenus : gestion des User Generated Content (UGC) et Social Media Optimisation (SMO) ;
  • de la création et l’animation de communautés : fédérer et fidéliser les internautes autour de la marque UE en créant une communauté conviviale ;
  • de la visibilité de l’UE auprès des réseaux sociaux ;
  • du webmarketing : référencement du site, netlinking, partenariats entre sites web, affiliation…

Plagiat de Pauline Desmarest de la Fondation Robert Schuman :
Ces EU community managers seraient des médiateurs, des créateurs de liens entre l’UE et les internautes, plus particulièrement responsables de veille sur le Web, de la mise en place de contenus, de la création et de l’animation de communautés.

Edit : plagiat n°6 : la communication européenne face à l’ambivalence des réseaux sociau

Le 11 février 2011, je publiai « La révolution démocratique de l’UE se fera-t-elle par les médias sociaux ? » dans lequel j’étudiai les médias sociaux face à la crise de la démocratie représentative :

  • « Ni vision angélique de médias sociaux qui sauveraient la représentation politique par la participation citoyenne, même si ceux-ci incontestablement bousculent les attentes et les pratiques des élus et des citoyens ;
  • Ni vision diabolique de médias sociaux qui détruiraient le pouvoir des élus par la mobilisation civique, même si ceux-ci indubitablement renversent les habitudes des élus et des citoyens (quoique cette vision soit effectivement angélique lorsqu’il s’agit de renverser le pouvoir de régimes anti-démocratiques…) ;

Mais un constat : la révolution numérique transforme le système démocratique.

En quoi, le fait que « la société civile a pris le pouvoir sur Internet » constitue-t-elle éventuellement une opportunité pour réaliser la « révolution démocratique » de l’UE ?

D’abord, les médias sociaux modifient l’espace du débat public. L’ère du débat public vécu par procuration avec la TV n’existe plus à l’heure de Facebook, Twitter et Youtube.

Cette nouvelle configuration du débat public peut représenter une opportunité pour l’UE à condition de savoir organiser les espaces européens de dialogue/échange/partage. »

Plagiat de Pauline Desmarest de la Fondation Robert Schuman :
Certains politiques se désintéressent des réseaux sociaux leur attribuant une vision négative pouvant amoindrir leur pouvoir. Il est vrai qu’ils renversent indubitablement les habitudes des élus et des citoyens et qu’ils modifient l’espace du débat public. L’Union européenne doit saisir cette nouvelle configuration pour organiser son espace de dialogue et de partage.

Edit : plagiat n°7 : engager les internautes

Le 8 octobre 2009, je publiai « Comment la communication européenne peut-elle répondre à la révolution du web social ? » :

« Sur le web, plus qu’ailleurs, un rééquilibrage des pouvoirs s’établit, avec une relation plus égale entre l’émetteur et le récepteur.

Le plein usage du web social rend obsolète le modèle de communication asymétrique reposant sur la distinction ordinaire entre émetteur et récepteur.

La nouvelle culture née du web social implique une révolution copernicienne du métier de communicant avec un renversement des pouvoirs, une rupture radicale marquée par le transfert d’autorité à l’internaute « de base », puisque les internautes – qu’ils soient experts ou simples utilisateurs – peuvent eux-mêmes, sur un pied d’égalité, devenir la source et reprendre le contrôle du flux des communications. »

Plagiat de Pauline Desmarest de la Fondation Robert Schuman : Une relation plus égale entre l’émetteur (les politiques) et le récepteur (les citoyens) s’établit grâce au Web social. Ainsi, la véritable révolution à réaliser grâce aux réseaux sociaux serait que l’Union européenne donne une place centrale aux citoyens et les mette sur un pied d’égalité avec les politiques.

Finalement, le plus regrettable – au-delà du plagiat, qu’il n’est jamais trop tard d’amender en citant les sources réelles – c’est l’attitude de l’auteur de cette note, symptomatique d’une difficulté à citer la moindre source d’informations non officielle, ce qui ne pouvait pas ne pas poser problème en traitant de la communication européenne dans les médias sociaux.

Nota bene 1 : La Fondation Robert Schuman a dans un premier temps modifié l’article mis en ligne en y ajoutant les liens vers les sources mobilisées.

Nota bene 2 : Par un e-mail, que le blog 27etc reproduit, la Fondation Robert Schuman a signifié que l’article était définitivement retiré de leur site. Dont acte.

Quels sont les derniers Prix reçus en communication européenne ?

Peu pourvues en prix – sauf « 2 Grand Prix Empreintes en 2 ans pour la communication européenne anti-tabac » et « Euronews, lauréate du Prix Européen de la Communication 2009 » délivré par l’Association Européenne des Directeurs de Communication (AEDC) – quelles sont les dernières distinctions pour la communication européenne ?

“European Information Association’s 2011 Awards” pour le Portail e-Justice européen

Premier prix à signaler, celui de l’“European Information Association” disparu le 31 décembre 2012 et remplacé par l’Eurojargon, un glossaire sur les mots de l’UE.

Certes, il s’agit d’une distinction délivrée par un « noyau d’expertise sur l’information de l’UE », qui estime que « l’ignorance de l’Union est préjudiciable à la discussion sur les questions sensibles » à la vie de ses citoyens en les rendant vulnérables à la désinformation. Peu de surprise donc à voir une action de communication de l’UE primée.

Mais, la reconnaissance de cette association scrupuleuse en matière d’accès à l’information sur l’UE pour les citoyens européens reconnaît la qualité pédagogique et informative du portail e-Justice européen, utile en matière de démarches juridiques.

“SABRE Finalists” pour la campagne “Biodiversity: We Are All in This Together”

Seconde distinction, la nomination de la campagne de communication de la DG Environnement en finale de la compétition internationale des “SABRE Awards” organisée par “The Holmes Report”.

Quoique le prix n’ait pas été finalement décerné à cette action, la nomination est intéressante car elle reconnaît l’intention de cette campagne – que nous avions présentée en avril 2010 – de réaliser une démarche de sensibilisation d’un public jeune aux enjeux de la biodiversité en se reposant largement sur les médias sociaux et en particulier une application Facebook.

biodiversify_friends“Gold award in the Governmental Agency category at the Horizon Interactive awards” pour le site “The EU, what’s in it for me? ”

Dernière distinction, le Prix Horizon Interactive : horizoninteractiveawards.com (en or !) pour le site Internet réalisé par la Représentation de la Commission au Royaume-Uni. Une distinction qui existe depuis 2001 pour « reconnaître l’excellence dans la production de médias interactifs dans le monde ».

the-eu-and-me.org.uk

Une belle reconnaissance de la profession pour un portail d’information interactif – que nous jugions lors de sa sortie en janvier 2010 – agréable à consulter et particulièrement instructif en évacuant toute approche institutionnelle sur ce que l’UE fait concrètement pour les citoyens du Royaume-Uni.

Ainsi, quoique les distinctions soient rares pour la communication européenne, les quelques prix récoltés illustrent que la créativité, l’ingéniosité et l’utilité paient pour communiquer efficacement sur les actions de l’UE.