Discussion à la Fondapol sur « Le passage à l’Europe » de Luuk van Middelaar

Hier soir, la Fondapol organise à l’occasion de la sortie en librairie du livre traduit de Luuk van Middelaar : « Le passage à l’Europe : histoire d’un commencement » une discussion avec Luuk van Middelaar, l’auteur, Marcel Gauchet, rédacteur en chef de la revue Le Débat et éditeur du livre chez Gallimard, Jean-Louis Bourlanges, ancien député européen et Dominique Reynié, directeur général de la Fondapol.

Dominique Reynié : quelle est la place des peuples dans la construction européenne ?

Afin d’illustrer l’approche de l’Europe de Luuk van Middelaar et de l’interroger sur la place des peuples dans la construction européenne, Dominique Reynié formule 2 interrogations.

Comment devenir Européen ?

Tandis que Luuk van Middelaar propose 2 orientations l’une autour d’un projet de paix qui inviterait les ressortissants nationaux à devenir des citoyens du monde et l’autre autour d’un projet de puissance qui viserait à affirmer une identité européenne, Dominique Reynié propose une 3e voie avec un projet de souveraineté qui consisterait à maîtriser le destin européen face à la mondialisation.

Quelle stratégie pour devenir Européen ?

Luuk van Middelaar envisage 3 stratégies possibles : l’approche identitaire à l’allemande capitalisant sur la culture et les valeurs européennes, l’approche clientéliste à la romaine s’appuyant sur des rétributions et des services et enfin, l’approche civique à la grecque de gestion commune des affaires publiques. Dominique Reynié convoque 2 possibilités concrètes  de mise en œuvre : d’une part, l’évolution des Eurobaromètres pour en faire un véritable outil de participation des Européens à la décision publique européenne et d’autre part, la création d’un référendum européen pour solliciter les Européens non comme public mais comme citoyens.

Marcel Gauchet : quelle est l’originalité du phénomène politique européen ?

Ancien maître de Luuk van Middelaar, Marcel Gauchet qui salue « le 1er livre qui arrive à rendre intéressant l’histoire de l’Europe » formule une question quant à cette construction européenne irréductible aux catégories juridiques : le fonctionnement actuel de l’UE reposant sur l’intergouvernemental est-il un système durablement viable ? une anomalie temporaire ? ou une dynamique inédite ?

Pour Luuk van Middelaar, toute la construction européenne repose sur un phénomène inédit : la dialectique de la règle et de l’événement. Depuis plus de 50 ans, l’Europe s’est construite par une tension permanente entre la sphère externe des États et la sphère interne des institutions européennes, ce qui donne naissance à une sphère intermédiaire au sein de laquelle les Européens partagent des responsabilités. Par la force des événements, les espaces publics nationaux sont saisis, malgré eux, par les règles européennes et avec la crise économique actuelle, l’Europe – via l’euro en particulier – s’impose dans les faits pour les gens.

Jean-Louis Bourlanges : quel est le succès de l’Europe aujourd’hui, le retour du besoin d’Europe ou le détricotage de la méthode communautaire ?

Jean-Louis Bourlanges formule un compliment – très centriste – en reconnaissant à Luuk van Middelaar d’inventer « l’eau tiède » entre « le modèle metternichien » des relations entre États et la vision « youkadi-youkada » des fédéralistes.

Sur le détricotage de la méthode communautaire, Jean-Louis Bourlanges avance que la méthode communautaire qui fonctionnait en reposant sur un équilibre entre les États et les institutions européennes est en train de voler en éclat avec la crise des États. Depuis 2 ans, la succession des Conseils européens et le couple Merkozy ont transformé l’écorchure (la crise grecque) en septicémie (la crise de l’euro). Et si, en politique, le succès est un signe de vérité, alors le dérèglement du fonctionnement européen est un vrai fourvoiement.

Sur le retour du besoin d’Europe, le timing européen est particulièrement à contre-temps. Les années 1990 furent l’époque de l’Europe triomphale avec l’élargissement, la démocratisation et la création de l’euro alors que le sentiment général était à l’inutilité de l’Europe puisque l’histoire était finie (Francis Fukuyama), les États-Unis étaient une hyper-puissance (Hubert Védrine) et la mondialisation heureuse (Alain Minc). Avec les années 2000, tout ça s’est révélé faux, mais entre temps le détricotage de l’Europe était à l’œuvre.

Sur ces 2 points, Luuk van Middelaar répond que la crise oblige les États à redécouvrir qu’ils ont besoin les uns des autres et que dans cette mise à l’épreuve de l’être ensemble européen, les raisons politiques en faveur de la construction européenne l’emporteront. Selon lui, la construction européenne manifeste la naissance d’un purgatoire, la création d’un monde viable entre des États devenus impuissants et un monde ingouvernable.

Présidence du Conseil de l’UE : le choc des communications nationales

Tous les 6 mois, un nouvel État-membre se saisit de la présidence tournante du Conseil de l’UE, une occasion pour illustrer des différences dans la manière de communiquer. Entre la Présidence française de l’UE en 2008 qui reste à ce jour la plus chère de l’histoire avec un budget de 171 millions d’euros et la nouvelle présidence danoise qui se présente comme « the Discount Presidency of the EU », la présidence low-cost avec un budget de 35 millions d’euros, les différences sont importantes.

Alors que la présidence tournante « de l’UE » est une opportunité tous les 13,5 ans pour mettre un État sur le devant de la scène européenne ainsi que l’Europe à l’agenda médiatique national, quel est l’impact des cultures nationales et des ambitions sur les pratiques de communication ?

Présidence danoise du Conseil de l’UE : une présidence sobre résolument d’austérité

Avec un budget « low-cost » de 35 millions d’euros, la Présidence danoise s’annonce résolument commune une présidence d’austérité, qui ne prévoit aucune action de communication :

  • ni action de promotion visant à mieux faire connaître l’UE auprès du peuple danois – opposé à l’adoption de l’euro et résolu à conserver une indépendance nationale en matière de défense ;
  • ni action de valorisation de la culture danoise auprès de ses 26 partenaires européens.

Présidence française du Conseil de l’UE : une présidence « flamboyante » et culturelle

A contrario, en 2008, la France souhaite faire de sa présidence semestrielle un véritable exercice de promotion de la grandeur nationale tant auprès des citoyens français et européens en France (illumination de la Tour Eiffel, campagne TV sur l’Europe…) que des Européens avec une saison culturelle européenne visant notamment à promouvoir la culture française en Europe.

Présidences polonaise, tchèque et hongroise du Conseil de l’UE : des présidences relativement nationales

Parmi les présidences de ces dernières années, les exercices des pays d’Europe centrale et orientale – pour des raisons diverses – se trouvent davantage marqués de leur empreinte nationale :

  • la Pologne assure une présidence forte, avec une communication pro-européenne décomplexée (inauguration d’une nouvelle Représentation à Bruxelles, nombreuses actions avec des ONG auprès des Polonais, contrat avec une agence internationale de RP pour promouvoir les engagements européens du pays sur la scène internationale…) ;
  • la République tchèque assure une présidence ambiguë avec notamment campagne TV et exposition « Entropa » au Justus Lipius provocantes, frappées par l’esprit et l’humour tchèque : assurance en soi, sens de l’humour et auto-dérision ;
  • la Hongrie exerce une présidence également « nationale » au sens où les ambivalences font ressortir des traits de la culture politique nationale entre d’une part, le programme de travail et les intentions, notamment portées par des portes-paroles actifs « Kovács and Kováts » et d’autre part, l’actualité politique nationale et en particulier le vote d’une loi sur les médias liberticide.

Présidences belge, suédoise et espagnole : des présidences fortement européennes

Autres cultures, autres pratiques, les présidences belge, suédoise et espagnole sont beaucoup plus « européennes » dans la mesure où l’intérêt européen et le jeu collectif et consensuel semblent davantage assumés :

  • la Belgique tient la présidence semestrielle sans avoir du début à la fin un gouvernement, ce qui limite de facto les controverses politiques sur le programme et les priorités ;
  • la Suède met en œuvre une présidence pragmatique et transparente, à l’image des actions de communication menées sur le terrain et dans les lycées ;
  • l’Espagne joue la partition du trio de présidence et s’inscrit dans une culture consensuelle et démocratique, s’appuyant sur des opérations de communication auprès de la société civile.

Ainsi, la présidence semestrielle du Conseil de l’UE est certes une opération participant de la gouvernance européenne. Mais, comme l’indique les différences de pratiques et de communication, c’est également l’expression d’une culture politique nationale.

Les Français et l’Europe : état des lieux de l’opinion publique française en 2011

Dans un sondage Ifop réalisé en septembre 2011, l’opinion publique française est auscultée en matière européenne. Quels sont les principaux résultats de l’analyse ?

RAPPORT DES FRANÇAIS A L’EUROPE : ATTACHEMENT ET BÉNÉFICE MAJORITAIRES

Attachement européen des Français timidement majoritaire

Avec à peine plus d’une personne interrogée sur deux attachée à la « construction européenne » – dont 19% très attachée vs 19% pas du tout attachée – le sentiment d’attachement des Français à la construction européenne apparaît relativement limité.

Par ailleurs, le cœur des Français les plus attachés à la construction européenne demeure clivé à une population plutôt, âgée, aisée et diplômée « principalement dans les rangs des couches les plus âgées (61% chez les personnes âgées de 65 ans et plus), les plus aisées (67% des CSP+) et les plus diplômées de la population (73% des titulaires d’un diplôme supérieur à BAC + 2) ».

Bénéfice de l’appartenance de la France à l’UE majoritairement positif (66%) pour les Français

Pour autant, selon l’analyse du sondage, « en dépit de la prégnance dans le champ politico-médiatique de discours stigmatisant l’Europe, les deux tiers des Français (66%) considèrent que la France a bénéficié de son appartenance à l’Union européenne, soit une proportion inégalée depuis le référendum constitutionnel de 2005 ».

Par ailleurs, « sur ce point un consensus des sympathisants des partis de gouvernement plus enclins que la moyenne à percevoir des bénéfices pour la France de son appartenance à l’Union (UMP 72% et PS 69%) ».

L’EUROPE DANS LE MONDE : SOUTIEN CONSENSUEL

Sur l’impact de l’appartenance à l’UE sur la puissance de la France dans les relations internationales, 59% estiment que l’UE rend la France plus puissante dans les relations internationales.

Les Français disposés à confier « les politiques du global » à l’échelle européenne mais désireux de conserver « les politiques du quotidien » à l’échelle nationale

Près des deux tiers des personnes interrogées (64%) considèrent que les décisions doivent être prises à la majorité des États membres, soit une hausse de 10 points en huit ans – une position qui fait consensus dans l’ensemble des catégories de la population.

Sur de grandes problématiques globales d’avenir, les Français se montrent favorables à l’idée que l’UE prenne les décisions :

  • questions de défense (66%),
  • politique étrangère (61%),
  • règles en matière d’immigration (58%),
  • politique économique et industrielle (54%).

En revanche, pour des domaines qui concernent directement leur quotidien, qui conditionnent leur niveau de vie ou nourrissent leurs craintes, les Français restent attachés au principe de souveraineté nationale :

  • fiscalité (52%),
  • problèmes de sécurité (56%).

L’EUROPE FACE A LA CRISE : SOUTIEN DES INSTITUTIONS, REJET DES ACTIONS

Quoique les Français semblent majoritairement favorables au renforcement des pouvoirs des institutions européennes, l’action de l’Europe est jugé globalement très négatifs.

Jugement sur les institutions européennes majoritairement favorables à un renforcement de leurs pouvoirs

La majorité des Français appellent de leurs vœux un renforcement des pouvoirs des différentes institutions européennes : Banque centrale européenne (61%), Commission européenne (65%), Parlement européen (69%), et Cour de justice de l’UE (76%).

Jugements de l’action de l’Europe face à la crise plutôt négatifs

Quand il s’agit de l’action de l’Europe face à la crise, les jugements sont plutôt fortement négatifs :

  • 79% estime que l’action de l’Union européenne face à la crise n’est pas efficace ;
  • 68% juge que les intérêts nationaux l’ont emporté sur la cohésion européenne tandis que 31% considère que l’Europe a été suffisamment soudée et a su réagir collectivement.

AVENIR DE L’EUROPE : FRACTURES SOCIODEMOGRAPHIQUES

Qu’il s’agisse du modèle pour l’Europe (fédérale / supranationale / confédérale) ou de la question de l’entrée de la Turquie dans l’Europe, les lignes de fracture se situent sur un plan sociodémographiques.

Perceptions « bloc contre bloc » quant au modèle de l’Europe

Une majorité de Français préfère encore le modèle d’une Europe des nations préservant la souveraineté des États (59%) à celui d’une Europe fédérale (40%) ou l’idée de jeter les bases d’un État supranational à l’instar des États-Unis (40%).

Cet attachement à l’idée d’une Europe des nations est particulièrement fort dans les catégories les moins aisées et les moins diplômées de la population et inversement.

Jugements « jeunes vs seniors » quant à l’entrée de la Turquie en Europe

Sur la question de l’adhésion à l’entrée de la Turquie dans l’UE, 68% sont opposés dont 74% chez les plus de 65 ans tandis que 31% y sont favorables, dont 46% chez les moins de 25 ans.

Ainsi, les Français face à l’Europe ont une vision contrastée tant en raison d’un soutien plutôt acquis lorsqu’il s’agit de la place de l’Europe dans le monde et plutôt sceptique quant à l’action de l’Europe face à la crise. Mais surtout, en raison d’une fracture sociodémographique forte, visible au niveau de l’attachement à la construction européenne et particulièrement lorsqu’il s’agit du modèle pour l’avenir de l’Europe.

Rétrospectives sur la communication européenne en 2010

Après les exercices des années précédentes : les grandes dates de la communication européenne en 2008 et les tops, les flops, les propositions et les controverses de la communication européenne en 2009 ; retour les principaux feuilletons de la communication européenne en 2010…

Janvier 2010 : le feuilleton de la nomination de la nouvelle Commission européenne et les enjeux en termes de communication

Faut-il un Commissaire européen à la communication ?

  • Pour les antis : la communication de l’UE n’étant pas une politique, un Commissaire n’est pas nécessaire ;
  • Pour les pros : l’UE a besoin d’une politique de communication stratégique, un Commissaire est indispensable.

Audition des futurs Commissaires au Parlement européen : que disent-ils de la communication ?

  • Une majorité des futurs Commissaires indifférents à la communication auprès des citoyens (18 sur 26) ;
  • Quelques exceptions de futurs Commissaires évoquant une communication plus ou moins active auprès des citoyens (4 sur 26) ;
  • Des mentions spéciales pour des futurs Commissaires se déclarant engagés pour une stratégie de communication auprès des citoyens (4 sur 26).

Premières pistes sur les priorités de la future Commissaire européenne chargée de la communication Viviane Reding :

  • une orientation stratégique relativement instrumentale (discours sur « les impacts concrets de l’UE » et le « professionnalisme ») et prioritairement orientée vers les citoyens afin de renforcer leur compréhension de l’UE.

Inquiétude sur la communication de l’UE après les premiers propos de Viviane Reding :

  • 1e inquiétude : pour Viviane Reding la communication de l’UE n’est pas une politique mais un outil
  • 2e inquiétude : pour Viviane Reding la communication sera un outil pour raconter de bonnes histoires (story-telling)

La nouvelle position rétrogradée de la communication au sein du Collège des Commissaires – Margot Wallström était « Première Vice-présidente de la Commission européenne » tandis que Viviane Reding n’est pas explicitement titulaire de ce dossier – ainsi que ces premières prises de parole font peser des doutes sur les orientations de la communication de l’UE.

Mars 2010 : le feuilleton de la chute des correspondants de presse à Bruxelles

Alerte : « pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle d’ ”Europe” le nombre de correspondants à Bruxelles est en régression »: une chute de 73% en 5 ans des accréditations de journalistes auprès de la Commission européenne:

  • Ce déclin des journalistes accrédités est préoccupant pour la couverture médiatique de l’UE.
  • Sont en cause les pratiques des institutions européennes, aujourd’hui peu disposées à accorder de l’importance à la presse.

Face à la chute des correspondants de presse à Bruxelles, quelles sont les réactions des journalistes ?

  • La réaction d’un jeune journaliste (Jean-Sébastien Lefebvre) : il faut contextualiser la nouvelle et continuer de traiter les affaires européennes en dépit de la machine bruxelloise ;
  • La réaction anglo-saxonne du correspondant de The Economist : il faut de la distance avec l’UE et de la proximité avec les lecteurs pour traiter les questions européennes ;
  • La réaction de Jean Quatremer : il faut résister à la communication de l’UE et mieux vaut de l’expérience pour vraiment couvrir l’actualité européenne.

Chute des correspondants de presse à Bruxelles : quelques propositions pour améliorer le traitement de l’information sur l’Europe :

  • renforcer la transparence sur les données avec la publication intégrale des accréditations de presse auprès des institutions européennes
  • renouveler les relations presse des institutions européennes en s’appuyant davantage sur les contacts personnels
  • dégager une solution pratique, simple et utile – la carte de presse unique – à même d’améliorer le traitement de l’UE dans les médias.

Correspondants de presse : Bruxelles souffre de la comparaison avec Washington :

  • Bruxelles : 969 correspondants de presse selon les derniers comptages du New York Times ;
  • Washington : 1 550 journalistes étrangers accrédités (en plus des « localiers ») selon le New York Times ;
  • Double enseignement : les médias européens davantage frappés par la crise économique et les chaînes TV câblées davantage attirées par le pouvoir américain.

Printemps 2010 : les premières initiatives de l’UE dans le web social

Lettre ouverte de la communauté des éditeurs et des webmasters de la Commission européenne au président Barroso et aux Commissaires entrants afin d’« exploiter la puissance d’Internet pour une meilleure communication », une grande première pleine de préconisations.

Réponse de Viviane Reding à la lettre ouverte des communicants web de la Commission européenne :

  • « Internet doit être un élément essentiel de nos efforts pour communiquer » dans un contexte de « croissance zéro des ressources humaines en communication »
  • Quels efforts en priorité : refonte du portail Europa ou engagement dans les médias sociaux ?

Lancement de « Waltzing Matilda », le blog des communicants web de la Commission européenne

Campagne de sensibilisation de l’UE sur la biodiversité reposant largement sur une application Facebook

Les recommandations du manuel de l’UE pour communiquer dans les médias sociaux au banc d’essai

  • Après notre analyse des recommandations de l’IPG pour « inclure les médias sociaux dans la boîte à outils » que nous qualifions de 10 règles pour une approche « outil » centrée sur le plan de communication, la page a été suspendue en attendant sa réécriture.

Été 2010 : les réflexions introspectives de l’euro-blogo-sphère

Débat autour de la création d’un blog collectif européen ?

Proposition pour un BloggingPortal 2.0, réseau social interne aux euro-blogeurs

Classements des euro-blogs : l’euro-blogo-sphère comme écosystème :

  • Approche empirique pour rendre service aux praticiens reposant sur un classement logique par types d’auteurs des blogs et débouchant sur une sélection des « emblématiques » pour l’agence Fleichman-Hillard Bruxelles ;
  • Approche théorique pour conseiller des clients reposant sur un classement en fonction de critères issus d’une méthodologie américaine et débouchant sur une notation contestable des « influents » par l’agence Waggener Edstrom.

Euro-bloggeurs et relations publiques de l’UE : comment organiser la coproduction de la communication européenne ?

  • La contestation de l’exclusivité de l’accréditation de presse auprès d’institutions publiques aux seuls journalistes professionnels n’est plus un tabou aux États-Unis
  • L’affirmation de la légitimité de l’accréditation de presse auprès de l’UE aux euro-blogeurs sérieux est la prochaine étape
  • La balle est dans le camp de l’UE et avec la mésaventure du Tweet-Wall fermé précipitamment lors du dernier Conseil européen, la réflexion risque de se prolonger.

Faut-il parler d’un « journalisme citoyen européen » ?

  • Sous l’angle du public, le journalisme citoyen européen existerait : les euro-blogeurs sont des médiateurs de l’information européenne
  • Sous l’angle du métier, le journalisme citoyen n’existe pas : les internautes sont des interlocuteurs-contributeurs face aux journalistes
  • Sous l’angle de la finalité, euro-blogeurs et journalistes sur l’Europe réalisent une « information européenne 2.0 »
  • Si les euro-blogueurs et les journalistes sur l’Europe partagent le même but de rendre plus transparent l’UE alors de ces interactions interpersonnelles naîtra une « information européenne 2.0 ».

Septembre 2010 : le feuilleton de la « révolution » de la communication européenne

Faut-il parler de « révolution » de la communication de l’UE comme Viviane Reding ?

Le regard de Viviane Reding sur la communication de l’Europe semble davantage préoccupé par les médias traditionnels et les pratiques politiques plutôt que porté par les opportunités des médias sociaux et les pratiques citoyennes :

  • Professionnalisation du personnel et des outils : c’est le moins que l’on puisse attendre
  • Centralisation des prises de parole généralistes : c’est le plus sensible des virages stratégiques
  • Personnalisation autour de Barroso : oui à l’orientation politique, mais pas seulement

La « révolution » de Viviane Reding apparaît comme une tentative de la part d’une ancienne journaliste de contenter son patron (personnalisation) tout en intéressant ses anciens collègues avec de veilles recettes (politisation) : une stratégie ante-web, oublieuse de l’intérêt d’un dialogue nourri avec les multiplicateurs d’opinion et de partenariats avec des relais institutionnels ou associatifs.

Et si on faisait vraiment la révolution de la communication de l’UE ?

  • Donner une base légale à la stratégie de communication de l’UE
  • Créer une agence européenne de la communication de l’UE
  • Adopter un mix média adapté au web

La véritable révolution aujourd’hui serait que le système de communication de l’UE ne craigne pas d’inclure son audience – les citoyens – comme partie centrale, non plus à l’extérieur de sa sphère mais à l’intérieur, à la place que chaque citoyen veut bien donner à l’UE, si elle se montre capable de dialoguer, de répondre aux critiques, d’informer, de répondre aux attentes/besoins…

Et si la révolution dans le discours sur l’Etat de l’Union de Barroso était l’annonce de la création d’une agence européenne de la communication de l’UE ?

La révolution fut finalement la déclaration de Viviane Reding sur la situation des Roms en France : les raisons du succès et les effets d’opinion.

Automne 2010 : Le feuilleton de la communication européenne et du web social

Citzalia, Tweet your MEP … la communication numérique peut-elle sauver seule la démocratie européenne ? Le mythe de la cyber-démocratie avec Citzalia, une sorte de « Second Life » pour « comprendre comment le Parlement démocratiquement élu de l’UE travaille » Le mythe de la twitter-démocratie avec Tweet your MEP, une plateforme de micro-blogging pour « rapprocher les citoyens et leurs eurodéputés » la communication numérique n’est pas l’unique solution à la crise du politique dans l’Union européenne, mais demeure un outil qui, s’il correspond aux pratiques démythifiées en matière de démocratie numérique et s’il est bien approprié par les citoyens, peut participer à la résorption du fonctionnement défaillant du système politique européen.

Twitter peut-il contribuer à la révolution de l’espace public européen ?

Que fait l’UE pour adapter sa communication à l’Internet mobile ?

Quels sont les défis de communication des webTV des institutions européennes ?

  • EU-tube, la chaîne de partage sur Youtube de la Commission européenne : l’impossible défi de la créativité audiovisuelle ;
  • Europarl-tv, la plateforme de la chaîne webTV du Parlement européen : l’impossible défi de l’indépendance éditoriale.

Hiver 2010

Révélations sur la fréquentation et la traduction des pages des Commissaires européens :

  • Le Président de la Commission européenne José Manuel Barroso : une fréquentation logiquement en première position, avec moins de 30 000 visites par mois en moyenne ;
  • Les Commissaires européens : une fréquentation logiquement davantage conditionnée par l’actualité des sujets que par l’importance protocolaire des portefeuilles ;
  • Une fréquentation globalement réduite par le manque de multilinguisme : version anglaise uniquement pour un tiers des membres de la Commission européenne.

Pourquoi ne pas créer un « Prix de la communication publique européenne » ?

Mieux communiquer sur la notion de citoyenneté de l’Union : la Commission européenne souhaite déclarer 2013, « Année européenne des citoyens ». Ça promet. Joyeuses fêtes de fin d’année et à l’année prochaine !

Comment faciliter une bonne couverture médiatique aux Conseils européens ?

Sommets des chefs d’État ou chefs de gouvernement des vingt-sept Etats-membres, les Conseils européens qui se réunissent au moins 4 fois par an ont pour but de « définir les grands axes de la politique de l’Union ». Ces Conseils européens font normalement l’objet d’une prise en charge ponctuelle de la part des médias nationaux qui « couvrent l’événement ». Encore faut-il se conformer aux attentes et pratiques des journalistes…

Faciliter « l’effet d’agenda » des médias ou comment éviter la dispersion des actions

Afin de faciliter la mise sur l’agenda médiatique d’un Conseil européen, il faut d’abord que les acteurs concernés – tant les institutions européennes que les chefs d’Etat ou chefs de gouvernement – ne multiplient pas les initiatives européennes hors champ à la veille du Conseil européen afin d’imposer cet événement à l’agenda des médias.

À cet égard, pour ne prendre que la situation française, la mise sur l’agenda médiatique du dernier Conseil européen des 28 et 29 octobre a été perturbée pour les médias français par deux initiatives quasi-concomitantes du chef de l’Etat. D’une part, le sommet sur la sécurité Sarkozy, Merkel et Medvedev à Deauville les 18 et 19 octobre et, d’autre part, le partenariat « historique » entre la France et le Royaume-Uni en matière de défense signé le 2 novembre.

Pour que les médias puissent porter l’attention de leurs publics sur le Conseil européen, sans risque de dispersion, les acteurs européens doivent concentrer leurs prises de parole sur cet événement.

Accompagner « l’effet de cadrage » des médias ou comment éviter la confusion des conclusions

Afin de faciliter la lisibilité des enjeux du Conseil européen, il faut ensuite que les acteurs européens ne multiplient pas les interprétations pendant le Conseil européen afin de proposer une clé de lecture globale de cet événement aux médias, un Conseil européen devant répondre à un enjeu : clés de lecture sous l’angle du contexte (exemples : résoudre la crise en Géorgie en 2008, répondre à la crise financière en 2008…) ; clés de lecture sous l’angle de la responsabilité (exemples : adopter le paquet climat-énergie avant le Sommet de Copenhague en 2008, adopter le plan d’aide à la Grèce en 2010…).

À cet égard, le dernier Conseil européen ne brille pas par la clarté des conclusions : une avancée ? Cf. Jean Quatremer : « L’Union européenne pérennise le Fonds européen de stabilisation financière » mis en place pour le plan de sauvetage de la Grèce ;

  • un recul ? Cf. France24 : « Les Vingt-Sept se résignent à une réforme « limitée » du traité de Lisbonne », nécessaire justement pour établir ce « mécanisme permanent de gestion de crise pour préserver la stabilité financière de la zone euro ».
  • un danger ? Cf. Gilles Savary : « Le Conseil européen de tous les dangers » ;
  • une victoire ou une défaite pour Angela Merkel, qui n’a pas pu imposer toutes ses propositions ?

Pour que les médias puissent proposer un cadre d’analyse lisible sur le Conseil européen, les acteurs européens doivent suggérer la nature des enjeux et le cadre interprétatif global.

Ainsi, du point de vue des acteurs européens, la couverture médiatique d’un Conseil européen repose sur leur capacité à concentrer leurs propositions en amont et leurs interprétations en aval sur un enjeu susceptible de créer une unanimité éditoriale sur la manière dont il doit être perçu et rendu auprès du public.