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Pourquoi il faut sauver le soldat Presseurop ?

Le couperet de la disparition de Presseurop est annoncé et le compte-à-rebours prendra fin dans 3 semaines, avec 70 emplois détruits, sauf si la pétition en ligne convainc la Commission européenne de poursuivre son financement. Comment comprendre une telle erreur de jugement ?

Le faux débat sur les financements de l’UE à des médias européens

Une enquête de Médiapart, commentée par Arrêt sur Images « révèle » qu’une multitude de médias européens et nationaux sont financés par l’UE.

Quoique la confusion soit permise au vu du maquis plus ou moins confus de financements, il faut tenter de faire la part des choses entre :

  • des financements pluriannuels et transparents de médias européens qui n’existeraient pas dans leur conception paneuropéenne et leur multilinguisme sans le soutien de l’UE ; et dont l’indépendance éditoriale et la déontologie journalistique sont garanties : Presseurop, Euradionantes, Café Babel appartiennent à cette catégorie ;
  • des financements ponctuels et opaques de médias européens ou nationaux qui correspondent davantage à des opérations de partenariats / publi-rédactionnels / publicités dont l’opportunité est contestable faute d’une information explicite du public tant pour l’UE que pour les médias en cause : le tour d’Europe de la matinale de France Inter tombe sous cette catégorie ;
  • des financements mixtes à la fois « structurels » et liés à des co-productions particulières correspondent à l’impossible équation d’Euronews, à la fois subventionné par la Direction Générale Communication de la Commission européenne et coproducteur de programmes avec des Directions Générales de la Commission.

Que faut-il retenir sinon que la « mauvaise monnaie chasse la bonne monnaie », c’est-à-dire que les financements susceptibles de corrompre l’indépendance éditoriale et de distordre la concurrence – si concurrence il y a, ce qui n’est que très rarement le cas avec des médias paneuropéens – sont néfastes encore une fois pour les médias qui y succombent et pour l’UE avec des effets « boomerang » contre-productifs évidents.

C’est pour cette raison qu’il s’agit d’un faux débat dans la mesure où les financements transparents et structurels (indépendants de la ligne éditoriale) de médias paneuropéens sont justifiés par la quasi absence de viabilité économique de telles entreprises multilingues et transnationales tandis que les autres financements lorsqu’ils ne sont pas transparents devraient être condamnés avec fermeté sans – là encore – la moindre place au débat.

Presseurop : comment des erreurs de la Commission européenne se concluent par une faute ?

Ce qui s’annonçait comme une formalité – le renouvellement du financement par la Commission européenne de Presseurop – a été en fait très mal géré et des erreurs se terminent par une véritable faute.

L’appel d’offre de la Commission européenne publié au début de l’été dans l’indifférence générale est une erreur : plutôt que de poursuivre une revue de presse paneuropéenne traduite pour les Européens – la mission de Presseurop – l’appel d’offre vise à développer un média en ligne dédié aux affaires européennes sans véritable indépendance.

Face à quelques réactions légitimement courroucées, en particulier (pour les réactions publiques) l’Association des journalistes européens (qui regrette aujourd’hui la fin de Presseurop) et deux médias anglo-saxons, la Commission européenne ne corrige pas le tir en suspendant l’appel d’offre.

Pourtant, la Commission européenne a déjà su suspendre un appel d’offre comme ce fut le cas pour ses prestations web qui visaient très maladroitement à ce que son futur espace presse copie les médias d’information en ligne.

La Commission européenne joue la carte des restrictions budgétaires pour annuler l’appel d’offre. Une raison qui n’en est pas vraiment une puisque le Parlement européen négocie, selon l’éditorial de Presseurop « une augmentation du budget de l’UE pour 2014 afin d’attribuer à la Commission des ressources financières supplémentaires pour les projets médias ».

Faute de corriger une erreur dans la conception du cahier des charges visant à renouveler le contrat de Presseurop, la Commission européenne invoque une fausse raison financière et prise à son piège refuse d’amender son cahier des charges, empêchant ainsi de prolonger le contrat de Presseurop – qui n’avait jusqu’à présent soulevé aucune critique alors qu’il remonte quand même à 2009.

Le vrai débat sur l’isolement des affaires européennes dans les médias

Ce que révèle ce gâchis de la disparition de Presseurop, c’est l’isolement dont souffrent les affaires européennes dans les médias.

Entre des médias européens, concentrés sur la machine bruxelloise et réduits à une audience experte/spécialisée et des médias nationaux éloignés du cœur du pouvoir européen condamnant leur correspondant sur place à la portion congrue, Presseurop est inclassable, explore un terrain inconnu et pour cette raison dérange.

Média européen par excellence, Presseurop officie comme trait d’union entre l’UE et les Européens sans prendre Bruxelles comme centre mais en parvenant à tirer le meilleur de la presse européenne.

Presseurop, une synthèse dont la disparition signe comme la mort d’une certaine idée d’un média d’information sur l’Europe pour les Européens.

Engagement des fans : benchmark des meilleures pages Facebook sur l’Europe

Au-delà du stock de fans – un repère souvent pris en compte pour comparer des pages Facebook – le flux des conversations – un critère plus fluctuant – permet à un moment donné de calculer le taux d’engagement, en rapportant les conversations au nombre de fans. Alors qu’en est-il du taux d’engagement des pages Facebook sur l’Europe ?

Match entre les institutions européennes remporté par la Commission européenne

Tandis que la page Facebook du Parlement européen s’apprête à franchir le million de fans avant les élections européennes (938K aujourd’hui), c’est la page de la Commission européenne qui recueille en ce moment le taux d’engagement le plus élevé à plus de 7% – un score plus élevé que l’engagement de la page des Nations Unies (4%) par exemple.

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Actuellement, le niveau d’engagement de la page du Parlement européen (1,5%) est comparable à l’engagement de la page Facebook du Conseil de l’UE – l’institution la moins visible auprès du grand public.

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Jeu inégal des campagnes de communication de l’UE sur Facebook

Entre les différentes campagnes de communication de l’UE, l’engagement sur Facebook est très inégal entre l’engagement le plus considérable de la page « Unstoppable » (30%) incitant les Européens à arrêter de fumer et l’engagement le plus réduit de la page « Generation Awake » (0,2%) au sujet de la « consommation intelligente ».

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generation_awakeLes Représentations de la Commission plus engageantes que les Directions Générales

Disposant de communautés plus réduites, car pour la plupart les pages sont plus récentes ; les Représentations de la Commission européenne dans les Etats-membres semblent pourtant générer un taux d’engagement plus important que les pages plus anciennes et disposant d’une communauté plus vaste des principales directions générales de l’institution.

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A titre d’exemple, sur la base d’une mesure forcément très circonstancielle, l’engagement des pages de la Commission en France et en Espagne est proportionnellement plus élevé que sur les pages « historiques » (Social Europe, DG ECHO, European External Action Service).

Au total, la règle paradoxale qui frappe l’engagement sur Facebook des pages sur l’Europe tend à une baisse des conversations à mesure que la communauté des fans s’élargit.

Quels sont les publics du discours sur l’état de l’Union européenne de Barroso ?

Dans l’indifférence quasi générale, le président de la Commission européenne a prononcé, hier, le désormais traditionnel discours sur « l’Etat de l’Union européenne ». Après l’année de la nouveauté en 2010 et des problématiques de communication spécifiques liée à la visibilité pour le 2e et l’interactivité pour l’année dernière, 2013 pose la question des publics du discours sur l’Etat de l’Union européenne.

Discours sur l’état de l’Union européenne destiné aux eurodéputés ? Pas vraiment

Première hypothèse, le discours étant prononcé dans l’hémicycle du Parlement européen, les députés européens en seraient donc le public destinataire principal. Pourtant, ce n’est pas vraiment le cas puisque selon le journaliste à LCI Hughes Beaudouin, sur un total de 766 eurodéputés, seule une centaine était présente dans l’hémicycle strasbourgeois hier matin.

Au terme du 2e mandat de José Manuel Barroso à la tête de la Commission, les eurodéputés semblent accorder peu d’intérêt au discours annuel de rentrée.

Discours sur l’état de l’Union européenne destiné au grand public ? Pas davantage

S’agit-il alors d’un discours retransmis en direct par les télévisions européennes et suivi en ligne par les Européens ? Pas davantage, même s’il faut bien reconnaître que le rendez-vous s’est installé dans l’eurosphère, avec cette année des résultats sensiblement équivalents à l’année dernière (environ 10K de tweets utilisant #SOTEU, dont de nombreux comptes de l’UE et une place en trending topic mondial en début de matinée).

L’enthousiasme du public est effectivement mesuré lorsque l’on regarde les tweets – relativement interchangeables d’une année à l’autre – publiés par le compte de Barroso et leurs retweets plutôt limités :

 

Discours sur l’état de l’Union européenne destiné aux journalistes ? Oui, un peu

Cette hypothèse pourrait être plus sérieuse dans la mesure ou la plupart des journalistes spécialisés dans les affaires européennes suivent, par devoir professionnel, ce rendez-vous annuel.

Mais pour autant, le discours est tellement calibré, avec des petites phrases prévues pour frapper les esprits qu’il ne répond pas aux attentes des journalistes : du fond, des annonces, des initiatives et un agenda législatifs.

En outre, l’absence de traduction dans toutes les langues officielles de l’UE indisponible immédiatement après le prononcé est problématique pour le travail des journalistes qui ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

Discours sur l’état de l’Union européenne destiné aux insiders ? Oui, beaucoup

En fait, les publics captifs qui s’intéressent vraiment au discours sur l’état de l’Union européenne semblent correspondre à la foule des fonctionnaires européens et des groupes d’intérêts. Logiquement, ce sont ceux qui ont des choses à dire à Barroso qui le lui disent à l’occasion de ce discours annuel, dont ils savent qu’ils auront son attention à cette occasion.

Euractiv estime que « le hashtag #AskBarroso (…) a surtout été utilisé par des lobbys ou des fonctionnaires européens… et snobé par les électeurs ». « Une grande partie de l’activité sur Twitter provient de fonctionnaires des institutions européennes ou d’entités proches du milieu européen. » Seuls « « plusieurs centaines de vrais citoyens » ont posé des questions.

Transparency International illustre également l’intérêt des ONG en retournant la petite phrase de Barroso sur l’UE qui a besoin d’être « big on big things » pour regretter l’absence d’engagement dans la lutte contre la corruption.

Au total, le discours sur l’état de l’Union européenne s’est en quelque sorte routinisé, en s’installant dans le paysage comme un nouveau dispositif d’interactivité en ligne entre le président de la Commission et le milieu européen.

Blogs des Commissaires européens : comment communiquent-ils ?

Avec 7 Commissaires sur 27 animant un blog, ce canal de communication numérique est peu exploité contrairement à Twitter (20 Commissaires, dont le Président) ou Facebook (11 Commissaires, dont le Président). Pourtant, il s’agit d’un espace de communication privilégié pour faire connaître et partager son activité. Comment communiquent les Commissaires-bloggeurs ?

Kristalina Georgieva, Coopération internationale, aide humanitaire et réaction aux crises : personnalité et régularité

Lancé le 1er mars 2010, le blog de la Commissaire bulgare Georgieva – le premier blog de l’actuel Collège – est marqué par la personnalité de son auteure et par la régularité des publications. C’est le blog d’une Commissaire « embbeded » au coeur de l’action, sur le terrain.

blog_georgieva Dans le prolongement naturel d’un portefeuille adapté pour toucher le grand public, le blog est tenu avec une pleine expression de la personnalité de son auteur – qui publie également des réflexions plus personnelles comme « Celebrating Europe’s day or not » mais également de l’humanité des victimes, dont la Commissaire incarne la responsabilité confiée à l’UE de les secourir et les aider.

blog_georgieva_statsAutre qualité du blog, la régularité des publications depuis plus de 3 ans, quelque soit le théâtre des interventions humanitaires ou de crise partout dans le monde. Le récit de ces missions à la fois édifiant et empathique renforce l’idée d’une Commissaire investie à sa tâche.

Neelie Kroes, Stratégie numérique : diversité et ouverture

La diversité et l’ouverture sont les deux caractéristiques du blog de la Commissaire néerlandaise Neelie Kroes, lancé le 3 mars 2010. C’est le blog d’une Commissaire influente, reconnue et respectée par ses parties-prenantes.

blog_kroesAvec une écriture directe et ramassée, à la première personne, la diversité s’illustre d’une part, au niveau de la variété des sujets abordés au fil des billets qui correspondent aux problématiques de son portefeuille et de ses interventions et d’autre part, en termes de richesse des formats : photos, vidéos, Google Hangouts…

blog_kroes_statsL’ouverture – inédite sur le blog d’un Commissaire – se traduit par la publication de « bloggeur invité » pour parler dans différentes langues de projets et d’initiatives en matière de numérique en Europe.

Maria Damanaki, Affaires maritimes et pêche : professionnalisme et ininteractivité

Ouvert un an plus tard début mars 2011, le blog de la Commissaire grecque Damanaki se caractérise à la fois par un grand professionnalisme et par une faible interactivité. C’est le blog d’une Commissaire experte, à l’oeuvre et au point dans ses dossiers.

blog_damanakiTout au long des articles sur la pêche, l’aquaculture et les affaires maritimes, se dégage une grande maîtrise des dossiers et une volonté de partager leurs enjeux de santé publique, d’environnement et économiques.

blog_damanaki_statsBlog le moins partagé sur les réseaux sociaux, l’interactivité est parmi les plus limités – les commentaires sont régulièrement fermés et seule une notation de l’article permet aux internautes de manifester leur intérêt.

Cecilia Malmström, Affaires intérieures : information et intégration

Globalement le plus “like” sur Facebook, le blog de la Commissaire suédoise Malmström – ouvert en février 2011 –  est à la fois informatif et intégré. C’est le blog d’une Commissaire moderne, « accountable » de l’exercice de son poste.

blog_malmstromAvec une ligne éditoriale très descriptive des actions et des déplacements de la Commissaire, le blog plus souvent tenu à la troisième personne, est une plateforme d’information accessible et concrète sur les missions d’un portefeuille pourtant technique.

blog_malmstrom_stats Par ailleurs, l’intégration est une notion centrale que ce soit dans les contenus – il s’agit de l’intégration des systèmes de sécurité entre Etats-membres : contrôle des trafics, de l’immigration de l’asile… mais aussi dans l’intégration sur le blog des principaux réseaux sociaux (Twitter, Facebook) via des boutons de partage et des liens vers les comptes de la Commissaire.

Maroš Šefčovič, Relations interinstitutionnelles et administration : transparence et intertextualité

Lancé en septembre 2011, quoique les billets soient irréguliers, le blog du Commissaire slovaque Šefčovič se résume par l’importance de la transparence et de l’intertextualité. C’est le blog d’un pédagogue passionné, désireux de transmettre et de dialoguer.

blog_sefcovicLe concept de transparence ne tient pas seulement au fait qu’il s’agit de l’une des responsabilités (et l’un des premiers centres d’intérêts) du Commissaire au fil des billets mais également au fait que l’écriture franche, directe, argumentée traduit l’engagement personnel et l’exercice transparent de « blogging » du Commissaire – quoique cela se paye par une irrégularité des publications.

blog_sefcovic_stats Autre caractéristique, il s’agit d’un blog d’opinion – dès le premier billet «  Let’s be fair (and more optimistic) on Europe ! » – sans doute le plus en adéquation avec la forme la plus répandue de « blogging » qui pour cette raison fait plus que  les autres blogs de Commissaires l’usage de liens pour sourcer les arguments développés.

Andris Piebalgs, Développement : progressivité et plurilinguisme

Plus tardif avec un lancement en juin 2012, le blog du Commissaire letton Piebalgs manifeste des progrès constants et un timide plurilinguisme. C’est le blog d’un Commissaire qui fait le « job » et veut le montrer.

blog_piebalgsTandis que les premiers articles sont des « statements » uniquement texte du Commissaire, le blog s’améliore progressivement pour proposer une écriture plus personnelle et engagée ou des contenus traditionnellement appréciés du web comme ce classement : « 7 facts you should know about EU development aid » et allant même jusqu’à publier un invité.

blog_piebalgs_statsAutre distinction de ce blog, les rares publications en français qui viennent compléter des publications en anglais, comme le sont quasi systématiquement tous les autres blogs de Commissaires.

Olli Rehn, Affaires économiques et monétaires et euro : réflexion et opinion

Dernier blog apparu récemment en avril 2013, le blog du Commissaire finlandais Rehn (seulement 3 billets) est un lieu de réflexion et d’opinion. C’est le blog d’un Commissaire qui veut densifier le personnage public réduit, dans les médias, à ses décisions douloureuses.

blog_rehnTitulaire d’un portefeuille avec une importante visibilité avec la crise de l’euro et les évolutions financières de l’UE, le Commissaire Rehn apparaît comme un lieu destiné à faire connaître l’état d’esprit et les réflexions sur ces enjeux lourds pour l’avenir de l’UE.

blog_rehn_statsAvec des billets longs et argumentés à la première personne, l’engagement du Commissaire est évident et vise à renforcer l’intérêt – au moins pour un public de journalistes et de professionnels.

Au total, le panorama des blogs des Commissaires révèle des prises de parole tendanciellement plus engagées, plus dans l’opinion – sinon pour dialoguer – du moins pour mieux partager leurs activités, chacun à leur manière.

Quel est l’état de la transparence dans la communication de l’Union européenne ?

Résoudre le déficit démocratique de l’UE passe par un double mouvement d’ouverture des institutions européennes et d’intérêt des citoyens européens pour la construction européenne. Ces deux tendances – que Michaël Bruggemann qualifie de « promesses du dialogue et de la transparence » sont au cœur de la communication de l’UE. Qu’en est-il de la transparence aujourd’hui ?

Ouverture accrue mais encore limitée des réunions au sein des institutions européennes

Face à ce premier critère de transparence – l’ouverture des réunions – les institutions européennes y parviennent irrégulièrement.

Traditionnellement, seul le Parlement européen, représentant les citoyens, tient des réunions publiques tandis que la Commission et le Conseil se réunissent à huis clos.

Plus particulièrement, le Conseil est critiqué, car les réunions secrètes permettent aux gouvernements nationaux de mentir sur les politiques qu’ils poursuivent à Bruxelles et de dénoncer l’UE comme bouc émissaire.

Depuis septembre 2006, le nombre de sessions du Conseil et les votes des représentants des gouvernements ont été rendus publics :

  • Aujourd’hui, les rencontres du Conseil avec des décisions législatives sont publiques ainsi que toutes les sessions liées aux politiques qui relèvent du régime de co-décision avec le Parlement européen ;
  • En revanche, il y a toujours un certain nombre de réunions (celles qui n’ont pas de décisions législatives) qui ne sont pas publiques.

Du côté de la Commission, les réunions du Collège des Commissaires ne sont pas publiques, mais les comptes rendus sont intégralement mis en ligne.

Par ailleurs, l’utilisation massive de Twitter parmi les Commissaires tend à réduire l’opacité. Lors de l’annonce des recommandations économiques de la Commission européenne récemment, deux Commissaires ont rompu l’embargo et annoncé ce qui allait être annoncé concernant leur propre pays.

Un droit général récent mais partiel d’accès aux documents

Jusqu’en 2001, il n’existe aucun droit pour les citoyens d’accéder aux documents officiels de l’UE. Désormais, la législation de l’UE octroie un droit général d’accès aux documents à tous les résidents de l’UE.

Un refus d’accès aux documents ne peut être justifié qu’en référence aux exceptions prévues dans le règlement. Les exceptions concernent des raisons de sécurité publique, de garder le secret professionnel et la vie privée, mais aussi des pans entiers de politique (finances et économie) sont exemptés.

Au-delà de ces exceptions, la principale critique porte sur le fait que les institutions européennes sont autorisées à rejeter l’accès à des documents dont la publication serait « une grave atteinte » au processus de prise de décision interne des institutions de l’UE. Une porte ouverte à de nombreuses exceptions discrétionnaires.

Un Registre public mais non-exhaustif des documents officiels de l’UE

Avant dernier critère d’évaluation de la transparence de l’UE, l’accès pratique aux documents. En effet, pour demander un document, il faut encore pouvoir être en mesure de savoir quel(s) document(s). Par conséquent, la transparence des règlements oblige les institutions de l’UE à créer des registres publics de l’ensemble de leurs documents.

Chaque institution dispose de sa propre base de données :

Au total, selon Michaël Bruggemann, « la Commission, à la différence du Parlement européen et du Conseil, n’a pas toujours de bons résultats dans l’application des règles ».

Et, il ne faut pas négliger de nombreux autres registres :

Mise en œuvre pratique plutôt limitée de la transparence

Certes, tous ces registres sont publics et accessibles en ligne. Certes, les institutions européennes publient régulièrement des rapports sur l’état de la mise en œuvre de la réglementation en matière de transparence.

Mais, la mise en œuvre pratique de la procédure de transparence est plutôt limitée. Il n’est pas surprenant que les citoyens ordinaires ne sont pas les principaux utilisateurs de ce type de procédure. Lobbyistes, représentants d’ONG, juristes, scientifiques et représentants d’autres institutions publiques sont les principaux utilisateurs des règles de transparence.

Un groupe important est représenté avec moins de trois pour cent des demandes : les journalistes, qui ne peuvent pas attendre pour accéder aux documents.

L’état de la transparence dans l’UE est donc ambivalent. Certes, l’UE est l’une des institutions publiques les plus transparentes au monde. Mais au vue de la mise en œuvre des règles de transparence, il semble encore trop tôt pour parler d’un changement fondamental de paradigme politique.

Une coexistence de règles strictes d’ouverture de l’accès à l’information et de traditions liées à la culture des arcanes bureaucratiques limitant leur mise en œuvre demeure.