« Branchons nous : pour un chargeur universel » : une campagne de communication de l’UE en amont de toute législation européenne contraignante

Avec la campagne « Branchons nous : pour un chargeur universel » destinée à favoriser l’utilisation de chargeur universel compatible avec tous les téléphones portables, smartphones inclus ; la Commission européenne réalise l’une de ses premières campagnes de communication en amont de toute législation contraignante.

Une campagne de communication symbolisant la priorité à la vie quotidienne des citoyens européens

Annoncée dès son audition publique devant le Parlement européen la « priorité de communiquer efficacement les politiques communautaires qui touchent directement le citoyen » faisait partie de la feuille de route de Viviane Reding, qui n’était alors pas encore officiellement au poste de Commissaire responsable de la communication de l’UE.

Confirmée par sa première action à la Commission européenne, l’envoi d’une « lettre aux directeurs généraux pour réfléchir à 10 nouvelles mesures législatives ou politiques concrètes », selon Euractiv.com, la volonté de trouver des idées permettant aux citoyens de se sentir plus européens semble porter ses fruits.

« Branchons nous : pour un chargeur universel » est une campagne qui touche potentiellement tous les Européens, puisque près de 500 millions de téléphones portables sont utilisés dans les 27 États membres de l’UE soit autant que le nombre de citoyens européens.

Une campagne de communication illustrant la pertinence d’une approche en amont de toute législation contraignante

La mise en place d’un chargeur universel aurait pu faire l’objet d’une législation européenne classique, ce qui semblait annoncé en mars 2009, lorsque la Commission européenne lance un ultimatum à l’industrie du téléphone portable pour adopter des normes communes pour les chargeurs, avant de les soumettre à une disposition législative européenne contraignante.

La signature d’un protocole d’accord ratifié maintenant par 14 entreprises, soit 90% du marché des téléphones portables en Europe a ouvert la possibilité de lancer une campagne de communication pour saluer leur implication et faciliter l’utilisation des chargeurs universellement compatibles par les consommateurs européens.

Ainsi, avec cette campagne – originale dans la mesure où son commanditaire ne valorise pas l’une de ses actions – la communication pensée en amont de la décision montre tout son intérêt.

Quelles sont les tendances de la communication des eurodéputés dans les médias sociaux ?

Fleishman-Hillard Bruxelles publie, mardi 25 janvier 2011, « the European Parliament Digital Trends survey », sa deuxième étude sur les tendances numériques du Parlement européen (réalisé auprès d’un échantillon de 120 euro-députés).

Il s’agit de la seconde enquête portant sur la communication des eurodéputés après « the Capital Staffer Index 2010 », sorti le 17 novembre dernier, portant notamment sur les pratiques de communication numérique des collaborateurs parlementaires européens.

Principaux résultats des pratiques actuelles, passées et futures en matière de communication des euro-députés dans les médias sociaux

Au-delà des chiffres absolus, la comparaison des résultats entre les 2 enquêtes confirme que :

  • l’animation d’une présence, notamment par un site web, demeure incontournable ;
  • Facebook prend le pas sur les blogs des euro-députés : le 1er réseau social au monde donne davantage de visibilité pour toucher plus largement les citoyens européens et permet d’engager plus facilement les échanges sur cette plateforme dont l’utilisation est moins impliquante que la lecture et le commentaire sur un blog ;
  • Twitter est utilisé par un tiers des euro-députés.

Certes, les tendances sont mesurées différemment dans les 2 enquêtes :

  • une approche prospective (question sur les pratiques d’ici 3 ans) pour l’enquête d’Edelman ;
  • une approche rétrospective (question sur les pratiques l’année précédente) pour l’enquête Fleishman-Hillard.

Mais, la lecture des tendances indique clairement que :

  • Twitter plafonne. Une majorité des euro-députés peine à trouver une utilité dans la plateforme de micro-messages instantanés. Un résultat confirmé par Stephen Clark, le responsable de la communication web du Parlement européen, qui estime que Twitter permet de s’adresser davantage aux professionnels de l’UE qu’aux citoyens (cf. « Indications sur la présence web du Parlement européen ») ;
  • Facebook : la nouvelle « bulle » à la mode avant un futur krach ? Alors que l’utilisation de Facebook a largement progressé sur l’année écoulée, les euro-députés prévoient d’en limiter fortement l’usage à l’avenir. Des interrogations sur une animation éditoriale dans la durée contribuent sans doute à cette future modération d’usage de Facebook après l’éclosion récente.

Ainsi, les pratiques de communication dans les médias sociaux des eurodéputés – résumées par Philips Leigh sur EU-Observer « MEPs have stopped blogging, are afraid of Twitter, love Facebook » – confirment les interrogations formulées lors de la conférence récente « Butterfly Europe : when social media and networks make the European Public Opinion » : « Les réseaux sociaux sont-ils l’avenir de la sphère publique européenne ? »

Quels sont les « symboles » du budget communication de la Commission européenne en 2011 ?

La DG COMM à la Commission européenne vient de publier son programme de travail en matière de subventions et de marchés en communication pour 2011, représentant un total de 105 300 000 €. Comment apprécier les actions sinon en les comparant à l’exercice annuel précédent ?

Symbole n°1 : légère baisse des outils de communication en ligne

Alors que Viviane Reding, la Commissaire responsable de la communication confirmait dans sa réponse à la lettre ouverte des communicants web de la Commission européenne en mai dernier qu’« Internet doit être un élément essentiel de nos efforts pour communiquer », son premier budget sur une base annuelle complète est frappé par une baisse symbolique des moyens consacrés aux outils de communication en ligne :

  • moins 100 000 € pour le portail Europa ;
  • aucune indication sur des investissements dans les médias sociaux.

Symbole n°2 : franc recul des informations aux médias

Viviane Reding annonçait dans son plan d’actions en juin dernier un train de 14 mesures visant à renforcer la vocation servicielle de la DG Communication, en particulier avec de nouveaux outils pour les relations presse de la Commission.

Pourtant, le budget 2011 est marqué par la plus importante variation proportionnelle d’une année sur l’autre justement pour la ligne budgétaire « informations aux médias » : de 9,7 millions d’€ en 2010, les actions chutent à 4,8, en particulier dû à la couverture de l’actualité (TV et photo) : de 5,3 millions d’€ en 2010 à 2,4 en 2011.

Ultime symbole – pour le moins paradoxal sachant que Viviane Reding est une journaliste de profession – les séminaires de formation aux journalistes sont littéralement sacrifiés : de 1,7 millions d’€ 2010 à 0,5 en 2011.

Au regard des annonces de la Commissaire responsable de la communication – qu’il s’agisse de la réponse concernant le web ou le plan d’actions pour les relations presse – le budget des subventions et marchés en communication pour 2011 se trouve en relative contradiction.

Comparatif sur plusieurs années des actions en communication de la Commission européenne

La DG COMM à la Commission européenne vient de publier son programme de travail en matière de subvention et de marchés en communication pour 2011 (en anglais). Quels sont les principaux enseignements qui se dégagent sur ces dernières années ?

Principale évolution : une hausse continue et relativement soutenue sur quatre ans, mais une nette décélération sur la dernière année

Chaque année entre 2008 et 2011, le budget des subventions et marchés en communication n’a cessé de progresser, de 18% sur les 4 ans pour passer de 88 millions d’€ à 105. Néanmoins, la hausse entre 2010 et 2011 est infinitésimale puisqu’elle est inférieure à 1%. La communication ne serait-elle plus aussi prioritaire pour la Commission européenne ?

Principale tendance sur ces dernières années : les actions multimédias – le 1er poste budgétaire – progressent au détriment des actions de communication locales

Premier poste budgétaire représentant environ 30% des marchés et subventions de la DG COMM, les actions multimédias ont progressé de 40% en 4 ans pour atteindre 31 millions d’euros en 2011, dont :

  • Euronews : 11,6 millions d’€,
  • Euranet, le réseau radio : 6,3 millions d’€ (créé en 2008),
  • PressEurop : 3,1 millions d’€ (créé en 2010).

A contrario, les actions de communication locales menées par les Représentations de la Commission ne cessent de diminuer, passant de 11,4 millions d’€ en 2008 à 8,2 millions d’€ en 2011. Une baisse non compensée malgré la création d’Espaces publics européens en 2009 (1,4 millions d’€ en 2011), des « maisons de l’Europe » communes au Parlement européen et à la Commission européenne existant dans 13 capitales européennes, Paris exclue.

Principal succès de la stratégie de communication de la Commission européenne sur ces dernières années : la politique de partenariat

Initiée le 3 octobre 2007 avec le texte « Communiquer l’Europe en partenariat » – qui fera l’objet de la signature d’une déclaration politique entre les institutions européennes le 22 octobre 2008 – la politique de partenariat connaît un vif succès :

  • 3 partenariats conclus en 2007 : Allemagne, Hongrie et Slovénie (pays exerçant la présidence du Conseil de l’UE au 1er semestre 2008) ;
  • 5 partenariats complémentaires en 2008 : Autriche, Belgique, France, Italie et Portugal
  • 8 partenariats supplémentaires en 2009 : Espagne, Finlande, Grèce, Létonnie, Lituanie, Malte, Pologne et Suède ;
  • 2 nouveaux partenariats en 2010 : Estonie et Slovaquie ;
  • 18 partenariats au total avec un budget de 8,2 millions d’€ pour 2011 (850 000 euros pour la France).

Ainsi, l’analyse comparative des programmes annuels de travail de la DG COMM en matière de subventions et de marchés de communication (tableau synthétique) se révèle instructive, plus par ses évolutions, fruit de revirements stratégiques, que par ses constantes comme les budgets pour analyser l’opinion publique, exploiter les studios de radiodiffusion et de télévision ou animer le réseau des relais d’information Europe Direct.

Communiquer efficacement auprès des citoyens : l’exemple de la communication web de l’UE au Royaume-Uni

Réputé sensiblement plus eurosceptique que la plupart des autres États-membres, le Royaume-Uni se distingue en matière de communication par la modernité technique et l’efficacité affinitaire des actions web réalisées par l’UE…

“The EU: what is it for me?”: un portail d’information interactif sur ce que l’UE fait concrètement pour les citoyens du Royaume-Uni

Réalisé par la Représentation de la Commission au Royaume-Uni, le site “The EU and Me”, résolument conçu pour s’adresser directement aux citoyens se présente comme “a No-Nonsense Guide for UK Citizens to what the European Union Delivers”.

the-eu-and-me.org.uk

Conscient de l’état de l’opinion publique nationale plutôt défavorable à l’égard de l’UE, l’objectif n’est pas de plaquer une présentation théorique et inadaptée mais bien plutôt d’argumenter sur les bénéfices concrets apportés par l’UE :

Le Royaume-Uni, comme la plupart d’entre nous le savons, est un contributeur net au budget de l’UE. Par conséquent, il est compréhensible que les gens dans ce pays veulent en savoir plus sur la façon dont nous bénéficions de notre contribution collective.

Au travers d’une série de cartes interactives ainsi que des mini articles sur les “EU myths”, le site illustre avec un vocabulaire compréhensible les avancées acquises par l’UE dans la vie quotidienne, qu’il s’agisse de :

  • Se Déplacer dans toute l’Europe librement et en toute sécurité.
  • Donner aux consommateurs du Royaume-Uni une approche équitable.
  • Faire de notre alimentation et de notre environnement plus sûrs.
  • Lutter contre la criminalité et assurer la police aux frontières.

 

EU_myths

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EU_myths3Au total, le portail est agréable à consulter et particulièrement instructif en évacuant toute approche institutionnelle pour se consacrer sur 25 actions clées de l’UE.

“EuroAcademy”: un portail de documentation et de serious games sur l’UE à destination des élèves et des professeurs

Réalisé par le Bureau du Parlement européen au Royaume-Uni, le site “EuroAcademy” : euroacademyonline.eu, dédié aux élèves (de 11 à 16 ans) et à leurs professeurs, met en ligne deux serious game pour faciliter l’apprentissage de l’éducation civique européenne.

euroacademy

Annoncés par des vidéos bandes-annonces particulièrement crédibles autour de scénario de crise en Europe, 2 serious games sont disponibles :

  • Crisis Point : un jeu basé sur un scénario fictif dans lequel les étudiants doivent travailler en tant que citoyens, députés européens et commissaires européens pour sauver l’Europe d’une pandémie.
  • Duty Calls : un jeu dans lequel vous jouez le rôle d’un député européen, et vous avez une semaine pour tenter de sauver l’Europe d’une pandémie.

Les atouts clés de ces “scenario-based teaching tool” :

  • enseigne la citoyenneté et de l’UE avec un moyen amusant et intéressant,
  • enseigne sur comment fonctionnement le Parlement européen et la Commission européenne,
  • est un bon outil pour encourager l’apprentissage actif et multi-disciplinaire,
  • utilise des formats multimédia (jeu de rôle, vidéo et fonctions interactives).

Avec ces 2 exemples, la communication web de l’UE dans le Royaume-Uni démontre qu’il est possible de mener une communication offensive sur l’UE : “exciting, relevant and fun”.