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ENTR : lancement d’un nouveau média européen vidéo dédié aux jeunes

Événement suffisamment rare pour être signalé, un nouveau média européen va être lancé d’ici l’été pour faire réagir les jeunes à travers l’Europe, en cassant les barrières, et les faire interagir autour des grands sujets générationnels qu’ils ont en partage, dans toutes leurs différences, en contribuant à leur « conscience européenne »…

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Le projet franco-allemand, comme Arte

ENTR est un nouveau média entièrement en ligne et 100 % vidéo plurilingue sur YouTube, Twitter et Instagram en français, allemand, anglais, polonais, portugais et roumain ciblant les jeunes Européens de 18 à 34 ans porté par le groupe France Médias Monde (RFI, France 24 et la radio arabophone MCD) et son homologue allemand Deutsche Welle.

La ligne éditoriale, comme Brut

ENTR veut proposer des vidéos « sur toutes les thématiques qui suscitent l’intérêt et font le plus réagir les jeunes sur Internet et les réseaux sociaux, en s’adressant à eux dans leur langue maternelle et à travers les nouveaux formats numériques et modes narratifs de l’information », c’est-à-dire un modèle proche de Brut, Monkey ou Slash de France Télévisions.

Les moyens, co-financés par l’UE comme Euronews

Cofinancé par l’Union européenne, est qu’il vise à encourager l’engagement et le dialogue des jeunes en Europe et doté d’un budget de 3,2 millions d’euros pour 2020, et coordonnée par une équipe franco-allemande de 12 journalistes, elle s’appuiera sur une dizaine de médias partenaires implantés dans six pays.

Faire vivre l’esprit d’ouverture, de partage et de communauté de destins auprès des jeunes Européens, tel est l’ambition de ce nouveau média vidéo baptisé ENTR qui vient positionner une offre numérique plurilingue et paneuropéenne à mi-chemin entre Arte, Brut et Euronews.

Pour une réappropriation des citoyens de leur Union : les recommandations des consultations citoyennes européennes en France pour la communication européenne

Enjeu essentiel selon les citoyens consultés partout en France, la communication doit résorber le « problème fondamental de désappropriation des citoyens de leur Union » – selon le rapport des Consultations citoyennes européennes en France – afin à la fois de mettre en valeur les avancées permises par l’UE et son fonctionnement institutionnel ; éduquer les différents publics, leur faire prendre conscience de l’intérêt qu’il y a à être Européen ; et penser des médias intégrés. Vaste programme !

Diagnostic : la communication de l’Union européenne est un enjeu majeur

Le constat d’un déficit communicationnel de l’UE est largement partagé : les citoyens tiennent l’UE pour responsable de sa mauvaise perception, liée à l’absence de pédagogie, à la mauvaise communication et à la faible médiatisation. Les citoyens ne perçoivent pas l’Europe dans leur quotidien.

La survie de l’UE passera par une meilleure compréhension de l’Europe et de son fonctionnement. Les citoyens expriment une forte demande d’information et de communication, plus développées et de meilleure qualité pour répondre à leurs préoccupations et interrogations.

Comment mettre en valeur les actions concrètes de l’Union européenne?

C’est en comprenant ce que l’UE leur apporte que les citoyens s’intéresseront à elle.

Or, par manque d’information, les citoyens ne peuvent pas apprécier les mesures concrètes prises par l’UE. Donc, son action doit être rendue plus visible dans le quotidien des citoyens afin de « faire entrer l’UE dans les foyers ».

D’une part, les citoyens souhaitent mieux comprendre ce que l’UE finance concrètement et surtout au niveau local ; voir en faisant apparaître sur l’avis d’imposition la part consacrée à l’Europe.

D’autre part, les citoyens veulent connaître les avancées importantes permises par l’UE pour en percevoir les bénéfices dans leur vie quotidienne, avec des chiffres clairs et simples des résultats obtenus par les grandes politiques de l’UE, voir même cartographier les enjeux et les réponses apportées par l’Europe.

Comment améliorer la communication sur le fonctionnement des institutions européennes ?

Seule une communication claire et compréhensible sur le rôle et le fonctionnement des institutions de l’UE permettra aux citoyens de mieux appréhender l’UE, afin de réduire le désintérêt et le scepticisme et de favoriser de l’intérêt sinon de l’adhésion.

La plupart des actions suggérées par les citoyens (sessions de formation, simulations des séances du Parlement européen ou du Conseil européen…), déjà existantes, devraient être élargies, à l’instar de l’idée de désigner des référents Europe dans chaque Conseil municipal ou régional.

Avec les prochaines élections européennes dans toutes les têtes, le souhait des citoyens d’une communication des euro-députés au plus proche de leur territoire est très largement partagé – à rebours du nouveau mode de scrutin de liste dans une circonscription nationale.

Comment assurer une communication efficace et atteignant toute la population européenne ?

Entre une UE désincarnée et une méconnaissance des personnalités politiques européennes, les citoyens ne se sentent pas concernés, ni par les institutions, ni par les élections européennes.

Seule une incarnation plus forte favorisera l’appropriation de l’UE par les citoyens, quelles que soient les pistes esquissées :

  • Instaurer une représentation de l’UE en région, qu’il s’agisse d’une institution ou de fonction ;
  • Créer des postes d’« ambassadeurs de l’Europe » auprès des citoyens ;
  • Engager des personnalités dans la promotion du projet européen pour donner un visage fédérateur à l’Europe.

S’appuyer sur les partis politiques européens, avec leurs programmes de gouvernement proposés lors des élections européennes et les associations au contact des citoyens pour parler d’Europe, dans la rue, au quotidien afin d’intéresser les citoyens.

Simplifier le discours européen – perçu comme trop complexe et empêchant de s’impliquer véritablement dans les débats européens – afin de rendre l’Europe plus attirante, plus positive, plus humaine : éviter le langage des règles, au profit du langage des gens, plus simple, plus direct et traduit dans toutes les langues européennes au-delà de l’anglais.

Assurer à l’échelle locale de l’Europe concrète – au-delà de l’Europe institutionnelle – facilitera une pédagogie par l’exemple, partant des expériences européennes vécues des citoyens, via notamment des guichets uniques d’information sur l’Europe dans les mairies, des Maisons de l’Europe dans les préfectures et des rubriques Europe dans les journaux régionaux et municipaux.

Développer la communication à destination des jeunes pour leur parler d’Europe est également plébiscité via par exemples des jeux vidéo européens, des youtubeurs et davantage de réseaux sociaux.

Quelle part les médias doivent-ils prendre dans la communication sur l’Europe ?

Le rôle des médias est globalement perçu comme primordial dans l’image de l’Europe ; les citoyens ont le sentiment de ne pas « pouvoir compter » sur les médias pour s’informer sur l’UE – traitée de façon marginale, avec un biais négatif et un profond désintérêt. Une forte attente vis-à-vis des médias se dessine pour une information plus complète, plus précise, plus lisible, plus active et plus qualitative.

Pour améliorer la qualité de l’information sur l’UE, les actions à entreprendre sont multiples :

  • Susciter l’intérêt des médias en créant du buzz et en organisant des sessions de formation spécialisées pour les journalistes et les étudiants en journalisme ;
  • Adopter une réglementation européenne imposant un cadrage moins national et plus européen des campagnes électorales pour les élections européennes ;
  • Lutter contre les fausses informations concernant les politiques européennes ;
  • Assurer la diffusion des débats européens dans la presse et sur les chaînes de radio et de télévisions ;
  • Imposer aux journaux télévisés un temps d’information sur l’UE ;
  • Éviter d’utiliser systématiquement la métonymie « Bruxelles » pour identifier qui fait quoi et qui est responsable de quoi ;
  • Promouvoir davantage l’Union européenne dans les médias ;
  • Créer une instance européenne dans chaque État membre pour communiquer sur les avancées de l’UE.

Pour faire émerger des médias européens :

Créer un réseau de chaînes de télévision publiques européennes ; une chaîne de TNT spécialisée en vue de diffuser des émissions, des débats et des analyses sur les questions européennes ; une chaîne de télévision parlementaire européenne ; des moyens financiers plus importants pour développer Euronews ;

  • Financer une école de journalisme commune aux États membres ;
  • Faire évoluer les pratiques éditoriales dans les écoles de journalisme : plurilinguisme, débats sur l’UE, stages à l’étranger ;
  • Favoriser les déplacements des journalistes souhaitant couvrir des évènements européens ;
  • Créer une agence de presse européenne, à la manière de l’Agence France Presse ;
  • Créer une vraie chaîne de télévision et de radio européenne ainsi qu’une revue européenne traduite dans toutes les langues ;
  • Créer un statut du journaliste européen avec un Conseil de l’Ordre.

Au total, la communication de l’UE apparaît selon les consultations citoyennes européennes comme le véritable pharmakon – à la fois poison et remède – de l’UE.

Quelles sont les idées des jeunes pour l’avenir de l’Europe ?

La consultation « New Narrative for Europe » destinée à ouvrir le débat sur l’avenir de l’Europe auprès des jeunes et recueillir leurs idées et priorités pour l’Union européenne est riche d’enseignements. Que retenir ?

Une communication d’engagement : une multitude d’activités par le biais de dispositifs créatifs

Entre juin 2016 et en avril 2017, la campagne de communication a permis de recueillir 562 contributions de jeunes, avec un très petit nombre d’entrées en double, via des mécaniques complémentaires :

  • une plateforme en ligne avec un questionnaire pour répondre à des questions clés ;
  • trois concours sur les médias sociaux pour partager des idées à travers notamment un concours photos #MyEuropeMyFuture et un concours vidéo #EUvision ;
  • plusieurs événements d’engagement, tant pour la prise de conscience que pour la formulation politique ;
  • des ambassadeurs pour attirer l’attention des jeunes les moins engagés.

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Le principal enseignement de cette campagne repose sur l’idée que la multiplicité des activités – quoique utile compte tenu de la diversité des jeunes – a inégalement contribué au succès de la démarche tandis que la créativité – plus c’est simple, plus c’est efficace – a favorablement favorisé l’engagement.

Un livrable de 12 recommandations d’actions pour l’Europe

En janvier 2018, 100 jeunes venus de toute l’Europe se sont réunis pour conclure les discussions et formaliser 12 recommandations concrètes d’actions pour l’Europe :

  1. Faciliter l’accès à l’information pour les jeunes qui veulent se déplacer et travailler à l’étranger en vue d’encourager l’emploi des jeunes.
  2. Augmenter les opportunités pour les jeunes au-delà des formats actuels (Erasmus + ou le Corps européen de solidarité) et apporter plus de soutien linguistique disponible.
  3. Améliorer l’image des jeunes sur le lieu de travail pour souligner les contributions qu’ils peuvent apporter aux entreprises.
  4. Organiser des événements ou des roadshows pour amener l’UE dans les zones rurales et reculées.
  5. Diffuser des informations sur l’UE par le biais de canaux médiatiques innovants dans plusieurs langues, tels que des films / séries et des jeux de simulation.
  6. Promouvoir l’UE et ses valeurs à l’intérieur et à l’extérieur par le volontariat.
  7. Promouvoir la pensée critique et les compétences de recherche pour lutter contre les fausses nouvelles et l’extrémisme à travers l’éducation citoyenne.
  8. Soutenir le développement d’expériences d’apprentissage créatives, expérientielles et immersives et d’événements culturels et artistiques à travers lesquels les jeunes peuvent s’engager dans les questions politiques qui les affectent et développer des solutions.
  9. Trouver un champion et un modèle pour les jeunes qui font la promotion des droits des jeunes, mais aussi comprendre comment les jeunes se mobilisent et s’engagent.
  10. Soutenir le recyclage et les actions environnementales positives plus largement.
  11. Rendre les informations sur les options de transport durable à travers les frontières plus facilement accessible.
  12. Développer des moyens créatifs et engageants pour soutenir l’environnement et les changements de comportement, à travers par exemple une application ou une production de théâtre / film.

Le second enseignement de cette étape clé consiste à parvenir à proposer une synthèse suffisamment concrète afin qu’elle puisse être exploitable par les pouvoirs publics européens.

Un sondage Eurobaromètre pour tester et confirmer les idées des jeunes Européens

Les idées présentées ont été testées dans un sondage Eurobaromètre en septembre 2017 auprès de 11 000 citoyens âgés de 15 à 30 ans afin de vérifier leur large écho.

eurobarometre_flash_jeunes_avenir_europeSous l’angle des politiques prioritaires que l’UE devrait entreprendre à l’avenir, la plupart des grandes thématiques se recoupent avec les recommandations des jeunes :

  • Plus de la moitié des jeunes Européens considèrent que l’UE devrait placer l’éducation et les compétences au rang de ses priorités absolues ;
  • Au moins la moitié considère la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique comme des sujets prioritaires ;
  • L’emploi (42%), la gestion des flux migratoires et l’intégration des réfugiés (40%) représente également des priorités pour l’UE selon les jeunes.

Quant aux actions prioritaires que l’UE devrait mettre en œuvre, les idées clés se retrouvent largement :

  • Promouvoir l’esprit critique et la capacité de rechercher l’information pour lutter contre le phénomène des fausses informations (les « fakes news ») et l’extrémisme (49 %) ;
  • Faciliter l’accès aux informations sur l’installation et le travail à l’étranger (49 %) ;
  • Promouvoir les changements de comportement au moyen d’initiatives respectueuses de l’environnement, telles que le transport durable ou les systèmes de recyclage en Europe (40 %).

Le dernier enseignement est fondamental : s’assurer de la représentativité paneuropéenne des recommandations recueillies auprès de jeunes en Europe permet de donner plus de légitimité à l’ensemble de la démarche.

Au total, la consultation des jeunes Européens se révèle fort intéressante au regard des futures consultations citoyennes européennes : seules la créativité et la diversité des actions de communication permettent de générer de l’engagement et seules des recommandations à la fois concrètes et représentatives peuvent parvenir à vraiment contribuer à la transformation du futur de l’Europe. 

Quels besoins de formation pour mieux parler d’Europe ?

Lors des 12èmes Rendez-vous européens de Strasbourg, l’ENA a organisé une table ronde pour réfléchir afin de mieux répondre aux besoins de formation initiale ou continue en matière européenne. La tâche est immense et les solutions aussi…

La formation des journalistes à l’Europe : « mettre des lunettes avec une vision européenne », selon Didier Desormeaux

L’Université France Télévisions est le seul dispositif de formation continue de cet ampleur : un millier de journalistes formés chaque année issus du service public de l’audiovisuel en France, en Europe (RTBF, BBC, radio/TV suisse romande…) et les pays en conversion démocratique.

Pour Didier Desormeaux, président de l’association des responsables de formations des radios et télévisions européens francophones, assurer la place de l’Europe dans la formation des journalistes est un combat sur tous les fronts :

  • Dans la formation initiale, en tant que secrétaire général de la commission professionnelle qui reconnaît les cursus des écoles de journalistes en France (CPNEJ) pour exiger Erasmus des candidats ;
  • Dans la formation continue, qu’elle soit stratégique (l’Europe cède devant la transformation digitale), collective ou individuelle via le cadre du plan de formation de France Télévisions en vue de réduire le décalage entre les jeunes journalistes de la génération Erasmus et les « chefs ».

La place de l’Europe dans la formation pose des difficultés à plusieurs niveaux pour les journalistes :

  • Faut-il surinvestir dans la formation autour des tech » pour adapter les journalistes aux évolutions, comme c’est la tendance ces dernières années au point de négliger les contenus, en particulier la formation sur l’Europe, qui leur permet pourtant de reprendre du terrain sur le fond ?
  • Faut-il être proche ou éloigné d’institutions européennes, qui sont très ouvertes pour accueillir les journalistes à Bruxelles au point de faire craindre une connivence entre l’Europe et les journalistes ?
  • Faut-il être adossé au pouvoir, en tant que partenaire des institutions européennes qui comptent sur l’audiovisuel public ou critique pour éviter toute relation de compromission avec le pouvoir ?

En somme, l’Europe dans la formation (et dans l’information d’ailleurs) soulève un problème journalistique de posture :

  • Quelle est l’importance de l’Europe dans la structure : un sujet généraliste (au sein de chaque équipe) ou spécialisé (qui justifie son propre service et personnel) ?
  • Quelle est la place de l’Europe dans le conducteur du journal : un sujet d’ouverture ? de fin ? de décisions politiques ? de dossiers techniques ?

En résumé, les formations journalistiques sur l’Europe qui fonctionnent reposent sur des enjeux de production de contenus :

  • Les échanges de correspondants, même si la barrière de la langue pour faire bouger les Français est un vrai défi ;
  • Les rédactions transfrontalières, comme par exemple « euro-reporter » organisée pendant le référendum de 2005 entre des médias européens, dont Arte, Radio France et France Télévisions pour la France ;
  • La reconstruction d’une chaîne de télévision nationale, comme par exemple en ex-Yougoslavie pour réapprendre à travailler ensemble et à partager une vision commune, notamment sur la construction européenne (et idéalement en Catalogne aujourd’hui pour reconstruire un avenir désirable, à la fois espagnol et européens aux Catalans).
  • Le journalisme « constructiviste », une vision issue du Danemark pour parler des choses positives avec une nouvelle hiérarchie, davantage bottom-up, pour redonner espoir et confiance…

Réforme du BAC : l’opportunité d’une formation des lycéens à l’Europe pour François Laval

Pour le Directeur du campus européen franco-allemande de Nancy de Sciences-Po Paris, deux constats s’imposent quand on parle d’Europe :

  • D’une part, la force du déficit démocratique et de l’abstention lors des scrutins européens viennent en partie d’une méconnaissance de l’UE ;
  • D’autre part, le rejet du projet européen et les campagnes pour la sortie de Schenghen, de l’euro, voire de l’UE (Brexit) par les partis populistes ne cessent de progresser.

Face à un tel rejet contre Bruxelles, est-ce que nous avons failli dans la formation sur l’Europe ?

Pour éviter les faux discours d’une Europe contre les peuples et expliquer au quotidien l’action de l’UE suivant ses compétences exclusives ou partagées avec les Etats-membres, les efforts doivent porter sur les journalistes, mais surtout auprès de la jeunesse, qui bénéficie des avantages de l’UE sans qu’ils ne soient perçus et attribués à l’UE.

Pour profiter de la réforme du BAC et programmer une formation sur l’Europe dans les lycées, plusieurs réflexions :

  • En Seconde, une semaine européenne autour de la Journée de l’Europe en mai, avec un soutien des professeurs d’histoire/géographie pour conforter leurs connaissances de l’UE ;
  • En Première, une simulation du fonctionnement des institutions européennes, comme à Sciences-Po ;
  • En Terminale, un grand Oral et/ou un grand écrit autour d’un thème commun.

Qu’est-ce qu’il faut pour être Européen ? Si l’on réfléchit à ce qui unit le sentiment américain, c’est d’une part l’attachement au drapeau américain et d’autre part l’identification au président des Etats-Unis ? Donc, pour l’Europe, cela se traduit par l’enjeu des symboles mais surtout de l’incarnation.

Au total, les solutions de formation initiales (auprès des lycéens) ou continues (auprès des journalistes et des professeurs) existent. Reste plus que la volonté politique et les moyens de les mettre en œuvre, au plus vite.

Erasmus+ : quelles sont les raisons du succès de la communication ?

Le lancement d’« Erasmus+ », le nouveau programme de l’UE pour l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport pour la période 2014-2020, connaît un fort intérêt avec près de 30 000 mentions en ligne sur les 6 derniers mois et plus de 500 000 vues pour la vidéo de présentation en ligne. Pourquoi ?

Une politique publique européenne ambitieuse et tangible

Premier atout d’Erasmus+, des engagements forts et quantifiés de l’UE, répondant aux besoins d’un public jeune ayant de nombreuses attentes :

  • un budget de 14,7 milliards d’euros pour les 7 prochaines années, soit une augmentation de 40 % par rapport aux niveaux de dépenses des 7 années antérieures ;
  • un objectif de renforcer les compétences et l’employabilité, ainsi que de moderniser l’éducation, la formation et le travail des jeunes ;
  • un résultat tangible de plus de 4 millions d’Européens ayant la possibilité d’étudier, de se former, d’acquérir une expérience professionnelle ou de travailler comme bénévoles à l’étranger.

Autrement dit, le succès du programme Erasmus+ est d’abord lié à la légitimité et à l’ampleur d’une telle action de l’UE : la mobilité est au cœur du projet européen et les jeunes sont un public prioritaire.

Un territoire de marque judicieusement étendu

Le choix de réaliser un brand-stretching de la marque de gamme « Erasmus » sur la mobilité étudiante vers une marque-ombrelle « Erasmus+ » rassemblant les prestations de l’UE en matière d’éducation, de formation, de jeunesse et de sport est une excellente idée capitalisant sur la notoriété du programme le plus connu.

Ce positionnement de marque permet de rendre plus compréhensible l’action de l’UE. Sur la liste des programmes de l’UE destinés aux citoyens, le programme Erasmus+ est clairement à classer dans la catégorie des rares actions reconnues par le plus grand nombre.

Une communication de la preuve, modeste, sociale, partenariale et décentralisée

Parmi les raisons du succès du nouveau programme « Erasmus+ » – au-delà d’une attente légitime d’une génération et d’une réponse à la hauteur de l’enjeu – la manière de communiquer participe à plus d’un titre :

  • les supports de communication, notamment la vidéo de présentation, sont de facture modeste, orientés vers la preuve et la facilitation, la prise en main du dispositif par le public ;
  • l’utilisation des réseaux sociaux (Facebook : 46K likes et Twitter 5K abonnés) sont ouverts à l’échange et combinent informations pratiques et contenus communautaires générant de l’engagement ;
  • les relais locaux dans les Etats-membres que sont les agences et organismes responsables du déploiement accompagnent la communication dans toutes les langues et avec les spécificités nationales.

Au total, sans moyens de promotion extravagants mais avec un important travail de positionnement, d’information et des partenaires décentralisés, la communication du nouveau programme « Erasmus+ » est un succès riche d’enseignements.