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« Rencontrez l’Europe » : une plateforme communautaire de la société civile sur l’Europe en France

Lors de la journée de l’Europe, Touteleurope, avec le soutien du Ministère des Affaires étrangères et européennes et de la Commission européenne, a lancé « Rencontrez l’Europe« , une plateforme communautaire autour de l’activité de la société civile sur l’Europe en France…

« Rencontrez l’Europe » : quel but et quels moyens ?

Quel est le but ?

  • Permettre aux citoyens de s’informer des événements européens qui se déroulent près de chez eux ;
  • Permettre également aux acteurs de la société civile d’échanger, et de mettre en place des actions communes ;
  • En somme, rassembler idées et projets et créer des synergies communes.

Quels sont les moyens ?

  • Un « Agenda » recensant tous les événements en lien avec l’Europe des organisations en France de la société civile (associations, fondations, think tanks… déjà 450 organisations référencées) ;
  • Un espace « Débat », lieu d’échanges avec les citoyens ;
  • Un espace « Société Civile » où ces organisations peuvent présenter leurs activités ;
  • Un espace « Membres » réservé aux organisations pour « créer des synergies entre eux, par exemple autour de l’organisation d’un événement et éventuellement réfléchir à des initiatives communes », selon la page de présentation.

« Rencontrez l’Europe » : quelles clés de succès et quels facteurs de risque ?

Selon la typologie établie par le livre blanc sur « les communautés de marque », la plateforme « Rencontrez l’Europe » correspondrait à une « communauté de pairs » autour de leur activité sur l’Europe en France, qui trouverait comme principal bénéfice « les solutions pour mieux vivre leur propre condition ».

Les clés du succès identifiées pour ce type de plateforme semblent bien prises en compte :

  • d’une part, le point commun des membres de cette communauté de « pairs » est particulièrement fort : l’activité et la volonté de mieux faire connaître l’Europe en France ;
  • d’autre part, leurs difficultés à résoudre dans leur quotidien sont effectivement nombreuses : l’exiguïté des moyens pour agir et la visibilité réduite dans les médias et en ligne auprès du public.

Les facteurs de risque pour ce type de plateforme s’avèrent en revanche plus problématiques :

Premier facteur de risque, ne pas bien identifier les vraies attentes. En l’occurrence, l’attente la plus pressante de la société civile exerçant dans les affaires européennes en France est-elle tournée vers une meilleure organisation interne ou bien plutôt vers une meilleure communication externe ? « Rencontrez l’Europe » ne risque-t-elle pas de toucher des cibles acquises plutôt que de conquérir de nouveaux publics ?

Second facteur de risque, ne pas offrir des services et des fonctionnalités qui répondent aux besoins et aux usages. En la matière, la limite la plus criante de la plateforme est de ne proposer aucune ouverture aux autres espaces du web :

  • ni possibilité de liker, twitter ou partager les contributions de la rubrique « Société civile » alors qu’il s’agit du meilleur moyen de disséminer les contenus auprès des internautes aujourd’hui ;
  • ni possibilité d’exporter (sauf RSS exhaustif) ou de personnaliser des entrées de l’agenda pour les inscrire dans son propre agenda (Outlook, Google, iOS, Android…).

Au total, l’idée de rassembler la communauté de « pairs » de ceux qui travaillent sur les questions européennes en France apparaît comme une excellente idée, sur le papier. La plateforme communautaire « Rencontrez l’Europe » parviendra-t-elle à les motiver et à créer de la valeur ajoutée pour les fidéliser ?

Initiative citoyenne européenne : qui détient le pouvoir de cet outil de lobbying ?

Après l’entrée en vigueur des initiatives citoyennes européennes (ICE) le 1er avril dernier, la première ICE « Fraternité 2020 – Mobility. Progress. Europe. » a été présentée par la Commission européenne à l’occasion de la journée de l’Europe. Indice ou symptôme, que révèlent les premières ICE ?

Initiative citoyenne européenne : un nouveau pouvoir pour instrumentaliser les citoyens entre les mains de la Commission européenne

Seule institution européenne ne disposant pas d’une légitimité issue directement des citoyens (comme le Parlement européen avec l’élection) ou indirectement (comme le Conseil de l’UE avec les gouvernements représentatifs), la Commission européenne se voit octroyer un nouveau pouvoir « civique » avec le droit d’initiative citoyenne.

En principe, l’ICE est conçue pour permettre aux citoyens de faire entendre leur voix entre les élections et d’accroître la légitimité du processus décisionnel européen en incluant une capacité de pression des citoyens sur les initiatives de la Commission.

En pratique, l’ICE risque de devenir un nouvel outil à la disposition de la Commission européenne pour exercer une nouvelle forme de pression sur les autres institutions européennes au nom des citoyens, ayant réussi à réunir 1 million de signatures sur une proposition.

Maîtrisant intégralement la procédure : du contrôle ex ante des ICE autorisées à l’opportunité ex post de décider ou non de donner une suite, la Commission européenne semble la grande bénéficiaire de cette nouvel instrument de « démocratie participative ».

Initiative citoyenne européenne : un nouveau cauchemar dans la société civile pour organiser l’expression des citoyens

Face aux multiples risques de la procédure tant en raison de la mainmise de la Commission que de la difficulté à agir sur une année, en respectant à la fois les quotas par pays et les contraintes sur la qualité des signatures, les organisations de la société civile risquent de réfléchir à deux fois avant de se lancer dans une ICE.

Seuls les acteurs disposant à la fois d’une cause populaire et des ressources suffisantes pour réaliser la campagne de collecte des signatures – donc des ONG internationales ou des entreprises multinationales – se lanceront dans une « vraie » ICE.

D’autres acteurs moins dotés désireux de renforcer leur réseau européen en trouvant de nouveaux partenaires ralliés à la cause de leur ICE ou de mener une campagne de notoriété auprès des parties prenantes européennes sans forcément s’assurer du succès de la collecte des signatures se lanceront dans l’ICE.

Au total, les ICE n’apparaissent vraiment pas comme un nouvel instrument d’empowerment des citoyens, tout au plus, un nouvel outil de lobbying discriminant tant les obstacles à surmonter sont nombreux.

Comment renverser les initiatives citoyennes européennes pour en faire un moyen de pression sur la Commission ?

Bruno Kaufmann dans « Europe Day: Hard challenges, soft democracy » décrypte le vice des premières ICE à la fois trop lyriques et europhiles et en même temps très compatibles avec les intentions de la Commission :

Initiative proposals like “Fraternité 2020” and the upcoming “Right to Water” and “Let me Vote” are still very much an immature way of using the new instrument. They do not concern tough legislative proposals but address the Commission in a old-style petition manner. Such initiatives are not challenging. There is nothing new in it and nothing which opposes current policies.

Traduction : Les propositions des ICE, comme « Fraternité 2020 », « Droit à l’eau » et « Laissez-moi voter » sont encore très immatures dans la façon d’utiliser le nouvel instrument. Il ne s’agit pas de propositions législatives difficiles, mais d’une adresse à la Commission à la manière des pétitions à l’ancienne. De telles initiatives ne donnent aucun défi à la Commission. Il n’y a rien de nouveau et rien qui s’oppose à des politiques actuelles.

Plutôt que de s’adresser à l’idéalisme de jeunes Européens motivés sur le continent et de faire plaisir à la Commission avec des propositions qui auraient pu être envisagées en interne, les organisateurs d’ICE doivent proposer des sujets qui touchent la vie quotidienne des citoyens et qui ambitionnent de faire évoluer la législation européenne.

Ainsi, face à une initiative citoyenne européenne prétendument capable d’empowerment selon la Commission européenne, les organisateurs doivent plutôt viser l’enlightment des citoyens européens.

Elections présidentielles en France et réactions politiques des personnalités européennes

Le résultat du second tour de l’élection présidentielle en France permet de noter les différentes manières qu’ont eues les personnalités européennes de communiquer à cette occasion…

Un soutien quant aux orientations de « politics » du nouveau président français pour l’un des seuls Commissaire social-démocrate

László Andor, l’un des rares Commissaire européen social-démocrate dans le collège présidé par José Manuel Barroso, a exprimé sa proximité partisane et son soutien politique d’une manière discrète mais significative.
Comme le raconte Ronny Patz dans « Applause from Commissioner Andor for the socialist turn in France », le compte twitter du Commissaire @LaszloAndorEU a retwitté un statut publié par le président social démocrate du Parlement européen, Martin Schulz :
« Félicitations à François Hollande! C’est le moment de changer de direction en Europe. #FH2012 ».

Une revanche personnelle quant aux décisions partisanes de l’ancien président français pour Viviane Reding

Viviane Reding, Commissaire à la Justice, s’était vivement opposée aux expulsions de Roms par le gouvernement français en septembre 2010. Une crise qui s’était soldée par le franchissement de ligne de part et d’autre (cf. Jean Quatremer : « Roms: Le dérapage de Viviane Reding et la colère de Nicolas Sarkozy »).

Qualifié par le journaliste Jean-Sébastien Lefebvre de « meilleur tweet de la soirée électorale », la réaction de Viviane Reding est un plat qui se mange froid : « Une France de la justice – enfin! #presidentielles2012 ». Par ailleurs, dès le lendemain, selon RTBF, deux députés européens français de droite ont demandé des excuses à la Commissaire européenne.

Une tentative d’alliance quant aux décisions de « policy » pour le président Barroso

Le président de la Commission européenne – soucieux de replacer la méthode communautaire et lae pouvoir d’impulsion de son institution en bon ordre après qu’elle ait été malmenée par la démarche intergouvernementale du couple Merkozy – a « félicité à titre personnel [François Hollande] de ne pas avoir cédé aux discours populistes et anti-européens, a indiqué à l’AFP un porte-parole » ; une référence aux prises de position « musclées » de Nicolas Sarkozy lors du discours à Villepinte pour la révision des accords de Schengen et la création d’un Buy European Act, sous la pression d’un ultimatum français.

Selon Yacine Le Forestier, directeur du bureau de l’AFP à Bruxelles : « Barroso rêve de profiter de Hollande pour revenir dans le jeu européen où il est marginalisé. In his dreams? ». Par ailleurs, Barroso chercherait, selon la dépêche, « à savoir si le futur président socialiste sera plus enclin à accepter un futur budget pluri-annuel important pour l’UE ».

Bref, les réactions politiques à l’élection présidentielle en France sont signifiantes de l’état d’esprit des personnalités européennes : chacun instrumentalise les résultats électoraux en fonction de ses propres intérêts.

Pourquoi l’organisation de la communication à la Commission européenne n’est pas optimale ?

Philippe Aldrin dans « Producteurs, courtiers et experts de l’information européenne » met en lumière le « management paradoxal des gens d’information et de communication dans la bureaucratie communautaire ». Quelles sont les raisons de cette relative désorganisation de la communication au sein de la Commission européenne ?

Des raisons symboliques : la place des « gens d’information » dans l’ordre symbolique des postes de fonctionnaires

Parmi les explications de l’inefficacité de la communication au sein de la Commission européenne, « l’absence de « grand » Commissaire ou de Commissaire véritablement investi dans les problèmes de communication engendre l’absence de grandes missions, de grands enjeux ».

Autrement dit, les missions d’information et de communication – cantonnées en seconde zone au sein du Collège des Commissaires, hormis lors du mandat de Margot Wallström, Vice-Présidente de la CE, responsable de la stratégie de communication – ne sont pas valorisées dans la carrière et le cursus honorum d’un fonctionnaire européen.

Des raisons historiques : la réputation d’amateurisme de la « DG des bras cassés »

Dans l’enquête de Philippe Aldrin, « les acteurs des premières années racontent tous – unanimement – l’image de « saltimbanques » (…) de « poètes » des gens d’information au sein de l’administration naissante.

Cette réputation d’amateurisme des fonctionnaires travaillant dans la communication collera le surnom de la « DG des bras cassés », « des tâches littéraires et futiles » à la direction X de l’information. La création de la DG COMM en 2006 et la création d’un concours spécialisé en communication en 2007 tendent à professionnaliser la communication au sein de la Commission européenne.

Des raisons « génétiques »  la fragmentation entre les porte-paroles et les communicants

Dans un document interne à la Commission remontant à 1961, la division du travail au sein de la Commission entre le « Groupe du porte-parole de la Commission » et le « Service commun presse et information des Communautés européennes » est très marquée :

Le Service commun de presse et d’information est commun aux Exécutifs des trois Communautés européennes. […] La tâche du Service commun est d’assurer l’information à longue échéance […].

Le porte-parole doit essentiellement suivre dans les détails quotidiens l’activité de la Commission et en interpréter à tout moment la politique. Son action d’information est donc une action à court terme, rapide et officielle. Le Groupe du porte-parole a une tâche d’information générale, et non une tâche d’information technique […].

Ainsi, « un principe de division des tâches d’information-communication au sein des institutions communautaires » limite la possibilité de voir émerger un centre névralgique unique de l’information et de la communication au sein de la Commission :

  • « le SPI (puis la DG X) édite des brochures sur les activités communautaires et entretient des « relations publiques » avec quelques groupes spécifiques. Chargé de la communication institutionnelle, le SPI diffuse régulièrement une information synthétisant et expliquant les grandes lignes du travail communautaire. »
  • « les porte-parole exposent la position des présidents et des commissaires des Communautés sur les sujets sensibles, importants. En lien avec les cabinets, les porte-parole défendent les dossiers « chauds » qui font l’actualité et qui nécessitent la maîtrise d’une mise à l’épreuve médiatique. »

Par ailleurs, ce qui ne fait que renforcer la ligne de fracture, au-delà des personnalités qui incarne ces services : « Généralement, les porte-parole sont pour plus de la moitié d’entre eux des journalistes recrutés personnellement par les Commissaires alors que les agents de la DG X sont très majoritairement des fonctionnaires qui effectuent un passage long dans cette DG où les promotions sont lentes du fait de la pérennité en poste des chefs d’unité et des directeurs ».

Des raisons structurelles  la centralité très relative des services centraux

Le principal obstacle à l’émergence d’un centre administratif de l’information et de la communication – capable de définir et de coordonner la stratégie de communication de la Commission européenne – réside dans la dispersion des services communication dans les différentes directions générales de la Commission : « Les services spécialisés des autres DG et institutions de l’UE ont contribué à fragmenter le travail d’information-communication. »

Certes, le nombre d’agents attachés à la DG COMM est important, puisque ce chiffre atteint aujourd’hui près de 1 000 personnes alors qu’il ne représentait qu’une petite centaine de fonctionnaires à l’époque du passage du SPI à la DG X et que la moyenne du nombre d’agents par DG est de six cents agents.

Mais, cette donnée doit à relativiser. Non seulement 90 de ces agents dépendent du SPP et que plus de 500 se répartissent dans les représentations de la Commission dans les États membres. Mais surtout, certaines DG disposent de services de communication assez étoffés et, surtout, structurées en véritables services de communication :

  • Unité A.1 Communication externe et interne de la DG économie et finances qui compte vingt agents ;
  • Unité R.4 Communication et information de la DG entreprises et industrie qui compte 25 agents ;
  • Unité 1 Politiques de communication et relations interinstitutionnelles (directement rattachée au Directeur général) de la DG concurrence qui compte seize agents ;
  • Unité A.4 Communication interne et externe de la DG marché intérieur et services qui compte plus de trente agents…

Au siège de la Commission européenne à Bruxelles, il n’est pas loin d’imaginer qu’il y autant de communicants au sein de la DG COMM qu’au sein de toutes les autres directions. Selon Philippe Aldrin, « traditionnellement, ces services sectoriels de communication n’ont aucun lien de subordination avec la DG COMM. Ils bénéficient de lignes budgétaires propres et sont sous l’autorité de leur directeur général, exerçant lui-même sous l’autorité du Commissaire ayant mandat sur la DG ». Ainsi, ces services de communication sont autant d’instrument de pression « dans le rapport de force entre les services ou les institutions ».

A titre d’exemple, la campagne de communication « de référence » au sein de la Commission européenne n’a pas été menée par la DG COMM. « La campagne pour le lancement de l’euro en 2002 a été initiée et pilotée par le commissaire aux affaires économiques, monétaires et financières, Yves-Thibault de Silguy, avec l’appui de ses propres services de communication ».

Ainsi, de nombreuses raisons expliquent pourquoi l’organisation de la communication au sein de la Commission européenne n’est pas optimale, ce qui n’est pas sans conséquence sur la conception, la coordination et la réalisation de la moindre stratégie de communication.

La Commission européenne sait-elle communiquer avec les jeunes ?

Public réputé difficile pour n’importe quelle institution, les jeunes adolescents/adultes (15-25 ans) sont particulièrement ciblés par les campagnes de communication de la Commission européenne. Pour quels résultats ?

Solliciter des jeunes avec des jeux-concours, ce n’est pas communiquer avec les jeunes

Véritable effet de mode, les concours – pour solliciter l’implication des jeunes – sont particulièrement répandus au sein de la Commission européenne.

« Quoique les concours soient des opérations de communication très filtrées, sans véritable participation du grand public, leur multiplication apparaît comme un ultime moyen aisé pour les communicants européens pour tenter de recruter et de fidéliser des Européens. »

Le plus souvent, les concours sont ratés (exemples 1 et 2) – non pas tant en raison du « usual management approach of allocating no time, money or resources » (management traditionnel n’allouant ni temps, ni argent ni ressources) selon un Euroblogger donnant ses « Thoughts On Running An EU Video Competition » – mais bien plus parce que les concours posent des questions que la Commission européenne se pose mais que les jeunes ne se posent absolument pas.

Le dernier concours lancé par la Commission européenne illustre le décalage entre les préoccupations bruxelloises et jeunes puisqu’il s’agit d’un appel à la « Génération 1992 » generation1992.eu : « Fais-nous part de ton point de vue et de ton expérience sur la manière dont le marché unique influe sur ton quotidien ».

Cette invitation « Rejoins les autres jeunes Européens nés en 1992 et dis-nous ce que le marché unique représente pour toi » est vouée à l’échec et révèle même davantage le désintérêt voire le mépris de la Commission européenne qui ne s’intéresse pas aux jeunes, mais leur demande de s’exprimer sur une réalité européenne qu’ils méconnaissent.

Interpeller des jeunes avec le concours de MTV ou de vidéos virales, ce n’est pas communiquer avec les jeunes

Autre approche là encore contestable, la démarche de totale connivence qui consiste pour la Commission européenne à « faire jeune », à s’inscrire dans les codes, notamment de langage et les canaux de communication réputés jeunes, voire à caricaturer les « d’jeunz » avec le concours de MTV ou de vidéos virales sulfureuses.

A deux reprises, la Commission européenne s’est associée à la chaine musicale américaine MTV pour interpeller les jeunes, par le biais de prescripteurs disposant d’un important capital de notoriété et de sympathie :

  • Campagne « Play to stop – Europe for climate » visant à mobiliser des artistes internationaux pour qu’ils convainquent les jeunes de s’impliquer dans la lutte contre le changement climatique ;
  • Campagne « Ohé l’Europe tu m’entends » visant à inciter à faire entendre leur voix et à voter aux élections européennes.

Plus récemment, la Commission européenne a lancé, selon ses propres termes « un clip viral ciblant un public jeune à travers une diffusion dans les réseaux sociaux en détournant les codes de leurs univers, les films d’arts martiaux et les jeux vidéo ». Cette vidéo virale « The more, the stronger » à peine en ligne a soulevé de telles indignations qu’elle a été précipitamment retirée – ce qui ne fut pas le cas des vidéos « Film Lovers Will Love This » ou « Hot Summer Holiday ».

Bilan : qu’il s’agisse de l’instrument jeux-concours faisant appel aux intérêts les mieux compris des jeunes au détriment de toutes autres approches portant un véritable message ; ou de l’instrumentalisation des codes culturels capitalisant maladroitement sur ce que constituerait l’univers référentiel des jeunes ; la Commission européenne ne semble pas savoir communiquer avec les jeunes. Le pragmatisme ne saurait être suffisant contre l’indifférence ?