Archives mensuelles : juillet 2010

Série d’été : quelle stratégie de l’UE pour communiquer dans les médias sociaux ?

Première salve sur le sujet avec la publication d’une lettre ouverte de la communauté des éditeurs et des webmasters de la Commission européenne au président Barroso et aux Commissaires entrants, en janvier.

Nombreuses préconisations afin d’« exploiter la puissance d’Internet pour une meilleure communication » :

  • une meilleure communication sur tous les sites Europa,
  • une communication de la Commission sur les nouveaux médias sociaux,
  • faire de la communication web l’une des activités essentielles de la Commission.

Riposte de Viviane Reding – en mai – consistant à donner raison d’une main : « Internet doit être un élément essentiel de nos efforts pour communiquer » pour confirmer de l’autre main qu’aucun effort budgétaire ou humain ne serait entrepris.

Quelques indications :

  • Moderniser et rationaliser le portail Europa, suivant les principes suivants : une approche centrée sur l’utilisateur, un langage et des messages clairs et une image de marque cohérente.
  • S’engager dans les médias sociaux, à condition de respecter les règles suivantes : faire partie d’une stratégie de communication cohérente, être basée sur une solide analyse coûts/bénéfices et être menée par des personnels bien formés.

Entre-temps, ouverture d’un blog « Waltzing Matilda » des communicants web de la Commission européenne spécialisé dans la communication sur les médias sociaux pour « explorer des idées, partager des doutes, chercher des conseils » et « apprendre comment la Commission peut utiliser les médias sociaux pour communiquer avec les citoyens ».

Petit fait d’arme pour lacomeuropéenne, après un billet sur les recommandations du manuel de l’UE pour communiquer dans les médias sociaux, venant dans le prolongement d’une préconisation pour la rédaction d’une charte d’utilisation des réseaux sociaux à destination des communicants de l’UE et révélant la perspective purement instrumentale des 10 règles pour une approche « outil » des médias sociaux centrée sur le plan de communication, la page dédiée au « web 2.0 » dans le manuel IPG est actuellement en (re-)construction (dernière mise à jour : 20/07/2010).

Série d’été : quel impact après l’alerte sur la chute des correspondants de presse à Bruxelles ?

Coup de semonce avec la baisse de 73% en 5 ans des accréditations de journalistes auprès de la Commission européenne. La situation de la couverture médiatique de l’UE est jugée préoccupante avec ce déclin des journalistes accrédités. Le débat pour changer les pratiques des institutions européennes, aujourd’hui peu disposées à accorder de l’importance à la presse est lancé.

Les réactions des correspondants de presse à Bruxelles ne se sont pas fait attendre : une commune méfiance vis-à-vis de la communication de l’UE et une commune volonté de continuer – chacun à sa manière – à traiter les affaires européennes :

  • pour le correspondant de The Economist : il faut de la distance avec l’UE et de la proximité avec les lecteurs pour traiter les questions européennes,
  • pour Jean Quatremer de Libération : il faut résister à la communication de l’UE et mieux vaut de l’expérience pour vraiment couvrir l’actualité européenne.

Des propositions pour améliorer le traitement de l’information sur l’Europe ont également été formulées :

  • renforcer la transparence sur les données avec la publication intégrale des accréditations de presse auprès des institutions européennes,
  • renouveler les relations presse des institutions européennes en s’appuyant davantage sur les contacts personnels.

Finalement, le débat a permis de dégager une proposition pratique, simple et utile – la carte de presse unique pour valoriser la présence des correspondants de presse permanents auprès des institutions de l’Union européenne – à même de simplifier le traitement de l’Europe dans les médias.

Série d’été : quel bilan après 6 mois de mandat pour Viviane Reding, la Commissaire européenne en charge de la communication ?

« Faut-il un Commissaire européen à la communication ? », c’est avec cette question que l’année 2010 a débuté tandis que José Manuel Barroso semblait ne pas attribuer de portefeuille à la communication au sein du Collège des Commissaires :

  • pour les antis : la communication de l’UE n’étant pas une politique, un Commissaire n’est pas nécessaire,
  • pour les pros : l’UE a besoin d’une politique de communication stratégique, un Commissaire est indispensable.

Viviane Reding a finalement été désignée au poste de Vice-présidente et Commissaire chargée de la Justice, des droits fondamentaux, de la citoyenneté (et de la communication) et son audition publique devant le Parlement européen lui a permis de dessiner :

Discours au 4e Sommet européen de la communication de Viviane Reding sur la communication de l’Europe : davantage préoccupé par les médias traditionnels et les pratiques politiques plutôt que porté par les opportunités des médias sociaux et les pratiques citoyennes.

Commentaire d’Aurélie Vialat, qui a assisté à la conférence : « en associant tellement étroitement la communication de l’Europe avec les objectifs politiques de l’Union européenne, la Commission risque de créer un décalage entre l’image globale de l’Europe qui n’est pas en soi si mauvaise et celle de la Commission qui par contre souffrirait (toujours selon l’image) de bureaucratie ».

Plan d’action de Viviane Reding pour améliorer la communication de la Commission européenne, visant à renforcer :

  • les outils presse et média de la Commission : technicisation du dispositif et ouverture offensive à des relations presse personnalisées,
  • les outils web de la Commission : consolidation de la toile et ouverture défensive au web social,
  • les outils graphiques : harmonisation des identités visuelles et ouverture allusive à l’image de marque.

Ce que la Commissaire présente en conclusion comme « la première, mais certainement pas la dernière étape » pour développer et renforcer la vocation servicielle de la DG Communication prend en compte – de manière plus ou moins heureuse – les nouvelles problématiques de la communication européenne (relation presse, web social et marketing).

Référendum d’initiative populaire : préoccupations corporatistes et propositions décevantes des institutions européennes

Si le principe de l’initiative citoyenne – cette innovation introduite par le traité de Lisbonne permettant à 1 million de citoyens de demander à la Commission de présenter une proposition législative dans un domaine de sa compétence – est acquis, les modalités pratiques de mise en œuvre font l’objet d’une passe d’armes entre le Conseil de l’UE et le Parlement européen…

Préoccupation de l’organe représentant les gouvernements des États membres : veiller à ce que les citoyens de l’Union soient soumis à des conditions similaires indépendamment de l’État membre dont ils sont issus

Le Conseil de l’UE – Affaires générales a adopté le 11 juin dernier une orientation générale soucieuse de soumettre les citoyens européens à « des conditions similaires indépendamment de l’État membre dont ils sont issus ».

Gardien de la légitimité intergouvernementale, l’essentiel des propositions porte sur les « seuils » de recevabilité des initiatives populaires :

  • en amont : au minimum 100.000 signatures issues d’un tiers des États-membres ;
  • en aval : au minimum 750 fois le nombre de membres du Parlement européen pour chaque État membre (soit 55 500 signatures en France).

Ainsi, le Conseil de l’UE envisage l’initiative citoyenne comme une innovation excessivement respectueuse des intérêts nationaux au point d’envisager des règles ad hoc saugrenues.

Préoccupation de l’assemblée des représentants directs des peuples européens : trouver les solutions les plus appropriées pour éviter les frustrations et les déceptions

La Commission des Affaires constitutionnelles du Parlement européen s’est réunie le 20 juillet dernier pour étudier les réponses des rapporteurs Zita Gurmai et Alain Lamassoure.

Garant de la légitimité démocratique, l’essentiel des propositions porte sur les « recours » en cas de décision négative de la Commission européenne :

  • en amont, si après 5000 signatures recueillies, un groupe de sages « aussi impartial que possible » déclarerait l’initiative irrecevable, alors les organisateurs auraient le droit de faire appel de cette décision devant la Commission européenne puis en appel devant la Cour de justice ;
  • en aval, si la Commission décide de ne pas donner suite à l’initiative populaire, « pour éviter toute déception et veiller à ce que les citoyens sentent qu’ils ont été écoutés », alors les organisateurs pourraient être reçu en audience au Parlement européen et l’initiative citoyenne pourrait devenir une pétition au Parlement européen.

Ainsi, le Parlement européen envisage l’initiative citoyenne comme une procédure extrêmement judiciarisée au point d’envisager que l’échec éventuel soit politiquement récupéré.

Alors que nous craignions le « spectre d’une coalition anti-citoyenne des institutions communautaires » contre le droit d’initiative citoyenne en juin dernier, force est de constater que les préoccupations et les propositions tant du Conseil de l’UE que du Parlement européen ne font que renforcer cette inquiétude.

L’initiative citoyenne devait « donner une nouvelle dimension à la construction européenne », la querelle des chiffres et des procédures sera loin d’en faire « un instrument facile à utiliser et accessible pour tous les citoyens européens » comme le souhaite le Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes de la présidence belge, Olivier Chastel. Ironiquement, la rédaction d’un “Guide de l’utilisateur” envisagée par les rapporteurs « pour rendre la procédure aussi conviviale que possible » semble plus qu’indispensable.

Comment améliorer la mission de communication européenne confiée aux communicateurs publics ?

C’est à l’occasion d’« Europcom », le 1er colloque européen sur la communication publique en Europe et sur l’Europe qui se propose de réunir, du 12 octobre au 14 octobre à Bruxelles, 400 communicants publics de toutes les institutions et services publics des différents niveaux de pouvoirs des 27 États-membres de l’UE que parmi les enjeux de la communication publique en Europe sera abordée la « communication européenne de proximité à niveaux multiples »…

Les enjeux d’une « communication européenne de proximité à niveaux multiples »

Alors que le rôle de pédagogie et de lisibilité de l’action publique des communicants publics s’exerce aussi pour ce qui concerne l’Europe, que seraient les savoir-faire, les pratiques et les outils pour réussir une communication européenne de proximité à niveaux multiples plus accessible aux citoyens européens ?

Quelles réponses apportées aux communicateurs publics en vue de stimuler la professionnalisation, l’échange de connaissances et la mise en réseau de ces spécialistes chargés aux différents niveaux de pouvoir (du local à l’européen) de l’information et de la communication sur l’Europe ?

Enjeu n°1 : « Europe going local » : une communication européenne décentralisée

Sujet de la 1e table ronde : « sans une approche délibérément décentralisée de la communication de l’Union dans les États et leurs territoires, sans une déclinaison régionale et locale de la communication européenne adaptée aux réalités territoriales et sans l’engagement des acteurs institutionnels pour animer de façon permanente le débat européen dans les villes et régions européennes et rendre compte des décisions prises au niveau communautaire, la conquête des opinions publiques restera en panne ou incomplète ».

Quelles expériences de collaboration réalisées entre collectivités locales ou gouvernements et institutions européennes ?

Enjeu n°2 : « Stories from Europe » : une communication européenne racontée

Sujet de la 2e table ronde : « comme toute entreprise privée ou institution publique aujourd’hui, l’’Europe n’échappe pas au storytelling. Pour intéresser le citoyen il faut lui raconter une histoire. Cela est d’autant plus important que l »Europe est souvent perçue soit comme une institution technocratique réglementaire soit comme une source de financement de projet dans le cadre des fonds structurels ou des programmes européens ».

Quelles histoires raconter sur l’Europe aux citoyens pour qu’ils l’appréhendent comme une amélioration de leur vie au quotidien ?

Enjeu n°3 : Relier les communicants publics d’Europe : une communication européenne intégrée

Sujet de la 3e table ronde : « les communicants publics qui interviennent à tous les échelons de la gouvernance – européen, national, local et régional – partagent des valeurs ainsi que des problématiques professionnelles communes. Ils ont tout intérêt à travailler en réseau ».

Un réseau social européen de la communauté professionnelle des communicateurs publics d’Europe sera officiellement lancé lors de la conférence de clôture, afin de :

  • Rassembler les communicateurs publics et les mettre en réseaux ;
  • Partager des exemples de bonnes pratiques en matière de communication publique ;
  • Effectuer des sondages et des consultations parmi ses membres ;
  • Permettre d’échanger et de comparer des informations ;
  • Devenir le réseau social des communicateurs publics par excellence.

Ainsi, entre les réflexions autour d’une « communication européenne de proximité à niveaux multiples » et la plateforme web dédiée aux communicateurs publics européens, la professionnalisation, l’échange de connaissances et la mise en réseau devraient s’améliorer au bénéfice d’une meilleure communication sur l’Europe.