Consultations citoyennes européennes : comment se fabrique une opinion publique européenne ?

Annoncées en fanfare par le candidat Macron, les « conventions démocratiques » sont rattrapées par « le principe de réalité », selon Euractiv, puisque seule une dizaine de pays européens devraient participer à des « consultations citoyennes ». Changement de nom, donc, changement d’ambition, aussi. Néanmoins, demeure l’enjeu de la fabrique d’une opinion publique européenne. Comment fonctionne le recours aux citoyens pour forger une opinion publique ?

L’opinion publique européenne occupe une dimension centrale dans le processus d’intégration et de légitimation européenne depuis les origines

Claudia Sternberg analyse le recours à l’opinion publique dans les discours des institutions européennes sur la légitimité de l’UE depuis les origines et montre que les appels visant à resserrer les liens entre l’UE et « ce que veut le peuple » ne constituent en rien un phénomène nouveau.

Du consensus permissif de l’opinion publique à l’égard de l’intégration européenne jusqu’au milieu des années 1970, à la politisation et polarisation croissantes de l’opinion publique dans le contexte de crise, la quête de légitimité a justifié le recours, quasi systématique, à des instruments de consultation et de participation des citoyens dans tous les domaines d’action publique.

Le défi aujourd’hui est de parvenir à canaliser et concilier des préférences, des intérêts et des identités contradictoires, en reconnaissant ces différences, sans pour autant prétendre les harmoniser.

La relation entre opinion publique et action publique est au cœur d’un processus continu d’accumulation de ressources constitutives d’une capacité de gouvernement. En somme, le recours à l’opinion publique vise à contribuer à rendre l’UE gouvernable.

Les instruments choisis dans la fabrique de l’opinion publique européenne contribuent imparfaitement à la capacité de gouvernement de l’UE

Céline Belot, Laurie Boussaguet et Charlotte Halpern étudient, à partir du choix et de la sélection des instruments de fabrique de l’opinion, leurs effets en termes de gouvernabilité du système politique européen.

Sur la longue durée, l’association des citoyens au projet européen a pu prendre de nombreuses formes, par le biais tant d’enquêtes quantitatives que de sondages délibératifs, destinés à faire « remonter » les idées des citoyens en amont des prises de décision.

panorama_instruments_ fabrique_opinion_publique_européennePanorama des instruments de la fabrique de l’opinion publique européenne (1973-2016)

La fabrique de l’opinion publique européenne représente une forme d’instrumentation aux logiques propres, entre :

  • les Eurobaromètres standards, qui visent à la production et l’accumulation de ressource d’informations ;
  • les Eurobaromètres spéciaux, flashs et qualitatifs, des outils au service du pilotage de l’action publique ;
  • l’autre opinion publique européenne : le recueil de la parole citoyenne dans une logique de prospective et de légitimation du projet européen.

Les choix d’instrumentation des citoyens contribuent à la production et à l’accumulation dans le temps de ressources de gouvernement d’autant plus stratégiques qu’il existe peu de liens directs entre l’UE et les citoyens.

Mais, même les diverses initiatives destinées à associer les citoyens au projet européen dans le cadre du Plan D de la Commission européenne (Démocratie, Dialogue et Débat), n’ont toutefois pas permis de faire émerger une opinion publique européenne matérialisée dans le vote.

L’expérience du Dialogue National pour l’Europe : malgré sa qualité, n’a pas réussi à mobiliser suffisamment les citoyens

Les dernières décennies sont le témoin de nombreuses expériences menées au titre de l’écoute de la parole citoyenne, selon le rapport d’information de l’Assemblée nationale sur les conventions démocratiques de refondation de l’Europe.

Ainsi par exemple, le Dialogue National pour l’Europe, lancé en France en 1996, sous l’égide de Michel Barnier, alors Secrétaire d’État aux Affaires européennes et organisé pour répondre à un triple objectif : informer les Français sur les questions européennes, recueillir leurs espoirs et leurs craintes face à l’intégration communautaire et en dégager des perspectives sur la place de la France en Europe.

Le rapport parlementaire constate bien que « les enjeux auxquels voulaient s’attaquer ces dialogues citoyens ne sont pas si différents de ceux auxquels le processus des conventions démocratiques souhaite répondre : une absence de sens, alimenté par un manque de participation des citoyens. De plus, outre l’association de la société civile, la campagne informationnelle devait être, dans l’idée de ses promoteurs, une démarche transpartisane déconnectée de toute échéance électorale à venir. Enfin, pour éviter ce qui était encore perçu comme un traumatisme lié à la campagne sur le traité de Maastricht, il s’agissait d’orienter les débats sur l’apport de l’Union européenne au quotidien et de toucher les plus jeunes. »

« Les analyses du CEVIPOF expliquent l’échec partiel de ces Dialogues par des filtres organisationnels et des difficultés sociologiques, ainsi que par l’inadaptation de l’appareil étatique face aux questions européennes. De plus, une grande partie de la campagne s’est appuyée sur le réseau préfectoral pour organiser des conférences après lesquelles les citoyens n’avaient que peu de possibilité de participer aux restitutions. »

Au total, la fabrique une opinion publique européenne, au cœur du projet européen dès l’origine et l’objet d’un activisme de l’UE très diversifié dans ces instruments, sans toutefois parvenir à mobiliser massivement les citoyens achoppe surtout lorsqu’il s’agit de restituer et d’exploiter les résultats. Tant que les priorités de l’UE en termes de politiques publiques ne seront pas liées à l’évolution de préférences des citoyens, qu’il n’y aura ni réactivité démocratique (accountability) ni effets retours (policy-feedbacks), le statut de relation entre opinion publique et politiques publiques européennes restera « compliqué ».

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Budget de la DG COMM en 2018 : quel est le programme de travail pour la communication ?

Avec le changement d’année, c’est également le changement de budget. Du coup, quels sont les éléments significatifs du budget de la DG Communication de la Commission européenne pour 2018 ?

Un budget quasi équivalent, baisse des dépenses web (une rupture inédite) et hausse de la communication décentralisée (une continuité historique)

Avec 81,25 millions d’euros de « contribution maximale », les crédits pour la DG COMM en 2018 s’inscrivent dans une très forte continuité (81,26M€ en 2017).

La rupture inédite porte sur la baisse des dépenses liées aux outils d’information et de communication écrite et en ligne, sans doute justifiée par le chantier de la rationalisation de la présence web et par l’importance relative des contenus audiovisuels et multimédia.

La continuité historique marque la progression des dépenses correspondant à la communication décentralisée, qu’il s’agisse des actions des Représentations dans les Etats-membres ou des réseaux pilotés par la Commission.

Le budget dans le détail

INFORMATIONS DESTINEES AUX MEDIAS ET PRODUCTIONS AUDIOVISUELLES : 6,1 M €

La professionnalisation des activités, notamment :

  • L’organisation du portail audiovisuel en tant que point unique de diffusion avec un répertoire central de la production audiovisuelle de la Commission, sans doute à l’image du nouveau centre multimédia lancé par le Parlement européen ;
  • Les productions audiovisuelles et les projets multimédias : diversification des productions de reportages vidéo, photos et sons et intensification et diversification de la production multimédia, à l’intention du grand public.

RELAIS D’INFORMATION : 15,5 M €

Le réseau Europe Direct, qui comprend les centres d’information Europe Direct, les centres de documentation européenne et Team Europe, bénéficie de soutien afin de développer des synergies avec les autres réseaux d’information de la Commission européenne.

Les centres d’information Europe Direct, dont le but est de nouer le dialogue avec les citoyens aux niveaux local et régional se voient fixer des priorités de communication pour 2018 : i) communiquer sur une Europe qui protège, donne les moyens d’agir et défend et ii) les élections du Parlement européen en 2019.

Les tâches des Centres de documentation européenne, ainsi que leur mode de fonctionnement, font l’objet d’une mise à jour en 2018 pour en assurer la digitalisation et la portée en s’adressant à des groupes cibles spécifiques, comme les étudiants et les milieux universitaires.

Team Europe, un réseau composé d’experts en politiques de l’UE, aide à atteindre le grand public et à faciliter le débat sur l’avenir de l’Europe au niveau local.

COMMUNICATION DES REPRESENTATIONS DE LA COMMISSION, DIALOGUES AVEC LES CITOYENS ET ACTIONS DE PARTENARIAT : 18,3 M €

En 2018, les activités se concentrent sur l’idée d’organiser des conventions démocratiques dans toute l’Europe en 2018, en association avec les parlements nationaux et en complément des dialogues avec la société civile aux niveaux national, régional et local.

Chaque représentation élaborera une stratégie nationale pour 2018, prévoyant une large palette d’actions et d’outils de communication adaptés aux publics locaux, allant de débats et de conférences à l’intention des faiseurs et relais d’opinion à des dialogues avec les citoyens et des plateformes d’échange similaires destinées au grand public.

Les dialogues avec les citoyens « confèrent à l’Europe un visage humain » et permettent aux citoyens de discuter, et de mieux appréhender la responsabilité politique en ce qui concerne les décisions qui ont une grande incidence sur leur vie et contribuent ainsi à rétablir la confiance des citoyens dans l’UE.

Outre leurs activités de communication, les représentations de la Commission poursuivent leurs activités de liaison ciblant les parties prenantes, pour débattre du programme et des priorités de la Commission et collecter des informations d’ordre politique et économique.

ESPACES PUBLICS EUROPEENS : 1,2 M €

La gestion d’« espaces publics européens » dans les Maisons de l’Europe dans les États membres, en vue d’accueillir des manifestations à l’intention du public.

VISITES DE LA COMMISSION : 4 M €

L’organisation des visites de la Commission, en particulier la gestion du centre des visiteurs, qui reçoit de nombreux groupes de haut niveau et des relais d’opinion essentiels (étudiants, groupes d’intérêts spécifiques, journalistes, représentants de pouvoirs publics nationaux et locaux, associations professionnelles, syndicats et universitaires.

Un nouveau point/centre d’information destiné au grand public sera mis en place en 2018 et devrait être opérationnel au début de l’année 2019, sans doute inspiré par le Parlamentarium.

EXPLOITATION DES STUDIOS DE RADIODIFFUSION ET DE TELEVISION ET EQUIPEMENTS AUDIOVISUELS : 5,6 M €

Les activités concernent les services audiovisuels, l’assistance aux équipes de télévision et de radio et la fourniture de services de transmission par Europe by Satellite.

OUTILS D’INFORMATION ET DE COMMUNICATION ECRITE ET EN LIGNE : 21,3 M €

Les outils d’information et de communication écrite et multimédia en ligne comprennent par exemple :

  • Le fonctionnement et le renforcement du centre de contact Europe Direct, accessible gratuitement et qui fournit un service général multilingue d’information sur les questions liées à l’Union européenne ;
  • La gestion du contenu politique du site web de la Commission européenne et du site web interinstitutionnel «europa.eu», ainsi qu’un soutien aux sites web des représentations ;
  • L’amélioration de la présence de la Commission sur le web, afin de la rendre optimale et de renforcer sa cohérence sa pertinence et son rapport coût-efficacité dans le cadre du programme de transformation numérique.

En 2018, les efforts visent principalement à mettre en place une nouvelle gouvernance se concentrant sur la coopération avec l’ensemble des directions générales de la Commission et des agences exécutives en vue de l’alignement de leurs sites web, ainsi que sur la standardisation des solutions informatiques.

RAPPORT GENERAL ET AUTRES PUBLICATIONS : 2,1 M €

La production et la diffusion de publications institutionnelles ou de référence, à la fois au format papier et électronique, présentant les activités et les priorités de la Commission européenne en particulier, et les activités de l’Union européenne en général.

ANALYSE DE L’OPINION PUBLIQUE : 6,6 M €

L’analyse des tendances de l’opinion publique, via des études génériques ou ponctuelles, effectuée grâce aux sondages Eurobaromètre.

Au total, de nouveau cette année, le budget de la DG COMM est davantage un budget de continuité que de rupture.

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Quelles sont les bonnes résolutions pour la communication de l’UE ?

En guise de vœux pour cette nouvelle année, quoi de mieux que de faire le tour des bonnes résolutions que devraient prendre au plus vite la communication des institutions européennes sur l’Union européenne…

Parvenir à communiquer moins de signes, plus de signifiants

La 1e résolution, la plus importante, donc, serait de parvenir à faire moins mais mieux : faire moins de bruit, pour être davantage entendu. C’est peut-être paradoxal de primes abords mais c’est fondamental. La communication de l’UE est aujourd’hui trop bavarde, trop diffractée, trop insignifiante.

Comment y parvenir ? D’abord et avant tout, en sachant faire de la communication sur-mesure, c’est-à-dire qui soit capable de mieux comprendre en compte les mentalités afin de répondre aux attentes et besoins spécifiques à chaque segment des publics. De même, parvenir à plus de signifiants passe par un apprentissage visant à davantage capitaliser sur data et insights pour concevoir et déployer la communication européenne.

Mais surtout, le récit mobilisateur et fédérateur de l’Europe doit être profondément revu. Il s’agit de redéfinir les finalités et les priorités en vue du prochain scrutin européen ; ainsi que les modalités pour faire prévaloir le respect de la diversité sans antagoniser et la quête de l’unité sans indifférencier. Les 5 scénarios du Livre blanc de la Commission européenne ne sont pas d’une grande clarté pour le grand public. Un effort de pédagogie est indispensable.

La voie est particulièrement étroite.

Sortir de l’économisme, de la prééminence des échanges marchands et de la loi de marché

Au sujet de l’économisme et de la nécessité d’en sortir, qui a longtemps plombé l’Europe auprès du public, on peut dire que dans les faits, c’est fait, mais dans les têtes, on en est loin. C’est la 2nde priorité de la communication européenne qui ne doit pas s’endormir sur ses lauriers en imaginant qu’aucun « service après-vente » des nouvelles et nombreuses politiques publiques européennes n’est pas nécessaire.

D’une certaine manière, l’autre Europe – qui plaidait pour que l’UE ne soit pas qu’un projet économique et financier, longtemps fantasmée par une large partie de la classe politique française – est là, sous nos yeux, en grande partie devenue la réalité :

  • « l’Europe régalienne » : défense, migration, sécurité, lutte contre le terrorisme – tout cela fait dorénavant partie du quotidien des institutions européennes ;
  • la politique de cohésion, le 2e budget de l’UE après la PAC est de plus en plus perçue comme la « politique sociale » de l’Europe auprès des territoires en difficultés.

En somme, dans la dialectique entre préserver et bouleverser, la communication européenne doit parvenir à certaine quadrature du cercle en parvenant à préserver l’acquis communautaire, en sortant du cercle vicieux de l’UE cantonnée dans la case « TINA : There is no alternative » et en brisant l’intégration uniformisatrice à marche forcée.

Réussir le multilinguisme

La 3e résolution devrait être une évidence, mais il convient de la rappeler tant la définition d’Humberto Eco n’est plus respectée par les institutions européennes : la langue de l’Europe, c’est la traduction. Donc, souhaitons que dès cette année, il soit fait un usage systématique et immédiat de toutes les langues européennes pour toute communication importante.

Le Brexit aura-t-il le résultat paradoxal d’instaurer une victoire « posthume » à l’anglais comme langue vernaculaire de l’UE pour les débats et les réunions communautaires ?

Pourquoi et comment réussir le multilinguisme ? Parce que le multilinguisme permet de fuir toute figure d’autorité, tant « sachante » qu’institutionnelle – qui sont de plus en plus exécrées par le public. Parce que le multilinguisme permet de mettre l’accent sur une communication de proximité, à visage humain, de nature non seulement à sensibiliser, expliquer mais aussi écouter et partir de la base en délocalisant le débat au plus près des populations et en laissant parler les gens pour que chacun se sente partie prenante et coresponsable.

Accomplir vraiment une communication à la fois centrale et au cœur des territoires

La 4e résolution pour la communication européenne porte sur son articulation entre Bruxelles et le reste de l’Europe, autrement dit, toute l’Europe.

Au niveau central, il convient de rendre plus intelligible le message de l’UE et tenter de davantage se connecter avec les leaders d’opinion et les décideurs dans les espaces publics nationaux tandis qu’au cœur des territoires, l’essentiel de la communication devrait être réalisée.

A tout prix, il faut éviter la confusion entre l’Europe et les institutions européennes : on entend souvent à Bruxelles, ville des négociations entre Européens qui si vous n’avez pas accès au menu, c’est que vous êtes sur la carte – autrement dit que vous pouvez vite changer de statut.

Pour reprendre cette métaphore du repas, en matière de communication européenne, les gens sont plus intéressés par ce qu’il y a sur la table « l’Europe », que ce qu’il y a dans la cuisine « les institutions européennes ».

Rebondir face à l’écosystème des nouveaux médias

La 5e résolution vise à ce que la communication européenne parvienne à s’inscrire pleinement dans le paysage médiatique le plus contemporain, ce qui veut dire :

  • Jouer la carte des nouveaux acteurs, tester des nouveaux formats comme les stories ;
  • Entrer dans le quotidien de la vie des gens via des communautés d’intérêt…

Cette capacité à rebondir face aux nouveaux médias repose sur la maîtrise des exigences médiatiques de rapidité et de simplification qui sont deux qualités indispensables pour la communication européenne.

Franchir le cap de la créativité, de l’émotion, de la gamification

La 6e résolution porte sur un enjeu mille fois entendu. Franchir le cap de la créativité, de l’émotion et/ou de la gamification est à la fois une question de relation, c’est-à-dire que la communication doit faire face à la désorientation liée aux transformations qui déboussole tout le monde et, en même temps, d’incarnation, de mise en scène, de spectaculaire, d’émotionnel sans démagogie, sans caricature, et surtout sans travestissement des valeurs.

Ce cap ne sera pas franchi tant que la communication européenne ne saura pas prendre le risque d’aborder des sujets de fond, liés aux habitudes, aux valeurs, à l’identité de nations très diverses, donc à toucher le dur des opinions publiques européenne.

Saisir l’air du temps

Dernière résolution, la communication européenne doit apprendre à saisir l’air du temps, non pas uniquement au sens des tendances créatives comme par exemple le retour et l’attachement aux emblèmes mais au sens de savoir donner des repères et une identité, qui s’inscrire dans le paysage fragmenté, facturé des sociétés européennes tout en parvenant à poser des éléments qui résistent à la durée du temps qui passe. 

En conclusion, une communication européenne réussie, c’est la somme de toutes ces résolutions, en vue d’un véritable dialogue des citoyens européens entre eux autour de leurs visions de l’UE, de son sens et de ses solidarités.

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Best of : le top 10 des billets les plus lus depuis 10 ans

Pour fêter avec la nouvelle année les 10 ans du blog Lacomeuropéenne, voici les 10 billets que vous avez préféré lire et partager au cours de la décennie passée…

2007 : la préparation et le budget de la présidence française de l’UE

Au cours du dernier trimestre de l’année 2007, après un lancement en septembre, l’actualité porte sur la préparation de la Présidence française de l’UE : précisions sur le budget consacré à la PFUE et les moyens mis à disposition sont sans précédent.

2008 : la ratification du traité de Lisbonne

Après la ratification officielle par la France, le 14 février 2008, le gouvernement met en ligne un outil de communication interactif et pédagogique pour mieux comprendre le Traité de Lisbonne.

2009 : les élections européennes et…

Un top autour d’une campagne en France pour communiquer sur les produits laitiers : « J’aime le lait d’ici »… sans oublier une interview exclusive de Luuk van Middelaar, auteur de « Passage à l’Europe : histoire d’un commencement ».

2010 : réseaux sociaux et communication de l’UE : les liaisons numériques dangereuses

Le billet « Égocratie et communication européenne : les liaisons numériques dangereuses » discute l’ouvrage d’Alban Martin « Égocratie et démocratie, la nécessité de nouvelles technologies politiques » et héberge une discussion en commentaires très riche avec l’auteur.

2011 : le « journalisme européen » existe-t-il ?

Dans le billet le plus lu de l’année, une réflexion sur le journalisme européen : pour répondre de manière schématique les journalistes européens existent tandis que les médias européens n’existent pas ; de manière plus précise quelques titres de presse spécialisés et une presse anglo-américaine ayant une influence sur les « décideurs européens ».

2012 : l’opération transparence sur le lobbying à Bruxelles

La grande opération transparence sur les plus importants cabinets de lobbying européen se place en tête des articles les plus lus de l’année avec un panorama des principaux cabinets de lobbying à Bruxelles, inscrits sur le registre de la transparence de l’UE.

2013 : l’information européenne sur Twitter

Le classement des journalistes européens des médias français sur Twitter, à l’époque où la Commission européenne n’avait qu’un seul compte à environ 100 000 abonnés, autant que la quarantaine des journalistes français à Bruxelles, dont déjà la moitié de l’audience pour Jean Quatremer.

2014 : l’image de l’Union européenne auprès des citoyens

Année électorale européenne, l’article le plus consulté ne porte pas sur la communication politique des Spitzenkandidaten ou la communication institutionnelle du Parlement européen mais sur l’image de l’UE auprès des citoyens représentatifs de la plupart des Etats-membres.

2015 : l’infographie, nouvelle grammaire de la communication européenne

Le benchmark des infographies (ou eurographics) à partir d’une simple requête sur Google « infographic European Union » remonte de multiples exemples très instructifs et décroche ainsi la première place sur le poduim de l’année.

2016 : la cartographie des principaux Think Tanks européens

La présentation de la scène bruxelloise des principaux think tank européens, de plus en plus nombreux et influents dans le débat politique européen se place en tête des consultations sur l’année.

2017 : la cartographie des civic techs européennes

La première tentative de cartographier les initiatives de civic tech européennes autour des 4 grandes familles proposées par Clément Mabi, encore émergentes mais en plein développement se trouve être l’article le plus lu de l’année.

Un grand merci pour votre fidélité au fil des publications. Très belle année 2018 !

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Feuille de route pour la communication sur l’Europe des institutions de l’UE

Une étude prospective de la commission Culture et Education du Parlement européen formule des recommandations pour améliorer la stratégie de communication sur l’Europe à ses citoyens, en informant et en engageant ses citoyens ainsi qu’en promouvant le travail de l’UE.

Mettre l’accent sur l’importance d’engager un dialogue avec des citoyens responsabilisés, de développer une sphère politique et publique européenne et interconnectée, et de communiquer en partenariat

En termes d’objectifs, les institutions européennes doivent poursuivre la démarche de s’engager localement dans des dialogues avec les citoyens tout en continuant l’ambition de développer une sphère politique et publique interconnectée.

S’agissant des publics, les institutions de l’UE doivent davantage inclure une planification stratégique pour différencier les groupes cibles, en tenant compte :

  • des cultures nationales ;
  • des orientations intellectuelles entre valeur/opinion et vision économique/pragmatique ;
  • des cohortes générationnelles ;
  • des dispositions entre attitude passive et communication active dans les médias sociaux.

Repenser les canaux de communication en fonction des usages :

  • Les segments d’audience plus jeunes ne se tournent plus vers les médias traditionnels tels que la télévision ou les journaux. Les auteurs du rapport précisent que la couverture des affaires européennes par les médias traditionnels servira de plus en plus un public vieillissant.
  • Reconsidérer la manière dont l’Europe est présentée sur Internet, en utilisant les médias sociaux et en mettant l’accent sur les consultations mobiles, donc en suivant de près les nouveaux développements, comme les stories.

Évaluer le rapport coût-efficacité des services de communication et des instruments en place : portée et impact. S’ils servent tous le même public d’« élites », il convient de reconsidérer soigneusement la valeur ajoutée apportée par la communication plus traditionnelle (par exemple, le financement des chaînes de télévision et de radio, l’une des catégories de coûts les plus chères). Une plus grande utilisation d’Internet et des médias sociaux pourrait entraîner des économies dans le budget de communication.

Mieux cibler les efforts de communication et éviter une approche unique

Porter une attention particulière aux jeunes. Les jeunes sont le groupe le plus touché par les défis actuels de l’UE, les plus inquiets, les plus éduqués et les plus frustrés par la crise économique et financière. Cette génération est la plus reconnaissante de l’Europe, mais elle risque de perdre son soutien, compte tenu de toutes les pressions auxquelles elle est confrontée. La crise a réduit l’appréciation de l’Europe. Cependant, c’est exactement la raison pour laquelle les problèmes à long terme rencontrés par ces jeunes doivent être abordés au niveau politique.

Mieux adresser les non-votants et les groupes privés de leurs droits. Généralement, ces groupes ont un faible statut économique, des intérêts localisés étroits, manquent de mobilité sociale et font face à une insécurité sociale générale. De plus, ces groupes constituent un vivier pour le populisme et, en particulier, sont susceptibles de partager une pensée anti-européenne.

Etablir une distinction claire entre la communication pour informer et la communication pour engager

Comme c’est le cas pour toutes les administrations publiques, les institutions de l’UE devraient veiller à ce que les citoyens aient facilement accès à des informations neutres et objectives sur les aspects institutionnels de l’Union et ses résultats politiques. C’est une fonction de base que les institutions devraient remplir. Néanmoins, il ne faut pas s’attendre à ce que ces efforts de communication conduisent à plus d’engagement (en tenant compte des limites de la communication traditionnelle).

Il appartient aux politiques et à la société civile de promouvoir l’Europe et d’impliquer les citoyens dans les affaires européennes, avec ou sans financement des programmes de l’UE. Ces acteurs peuvent adopter un style plus ou moins implicite ou explicite de promotion de l’UE, des valeurs européennes, des produits, etc. Ces activités de financement de la mobilité et des événements et festivals politiques / culturels / sportifs devraient faire en sorte que l’Europe fasse l’objet de débats, de reportages et d’attention publique. Ici, les conflits et les conflits d’opinions sont des ingrédients importants.

Repenser le contenu et le ton de la communication afin d’établir une meilleure connexion avec les citoyens

Rendre les messages de communication moins techniques et moins formels tout en fournissant plus d’informations générales. Les modèles de communication émanant des institutions de l’UE ont tendance à expliquer et à transférer les décisions et les problèmes dans leur cadre d’origine (juridique, économique, technologique, etc.). Les effets pratiques, quotidiens et directs de la prise de décision de l’UE, sur place et là où vivent les citoyens, ne sont que rarement visualisés.

Par conséquent, ces lacunes dans la qualité de l’information doivent être traitées, notamment via des « tests d’audience » pour toutes les communications importantes. En outre, il conviendrait de mieux utiliser les preuves tangibles montrant la valeur ajoutée de la coopération européenne, telle que celle recueillie dans les études sur les coûts de la non-Europe, ou sur l’impact local du marché unique, de la réglementation et programmes de financement.

Les efforts devraient être accrus pour présenter plus de toute la structure de l’iceberg et pas seulement son extrémité.

Mieux adapter les messages au contexte national et mieux expliquer pourquoi certaines politiques fonctionneront dans un pays donné.

Diversifier l’information pour différents groupes cibles : ceux qui sont des initiés (décideurs ou techniciens), des représentants d’entreprises et des citoyens.

Investir dans une communication basée sur l’action, en engageant réellement les citoyens de l’UE, et augmenter sa portée

Augmenter les allocations budgétaires pour des programmes tels que Citoyenneté, Erasmus +, Europe créative et autres stimulant l’interaction entre les citoyens à travers les frontières, car ces programmes sont beaucoup plus efficaces pour engager les citoyens vers l’UE que les campagnes de communication verbales.

Investir dans les programmes scolaires et la formation des enseignants pour faire en sorte que les jeunes se familiarisent avec l’Europe dès leur plus jeune âge. La plupart des pays ont intégré le sujet de l’Europe dans leurs programmes nationaux, mais dans une plus grande mesure que d’autres. Les bonnes pratiques entre les pays devraient être partagées, et davantage d’enseignants devraient participer aux actions de mobilité.

Doter les institutions de l’UE d’un « visage humain » en demandant aux Commissaires et aux hauts fonctionnaires de visiter les États membres et de participer à des manifestations publiques au lieu de rester dans la « bulle bruxelloise »

Cela devrait également s’appliquer dans certains cas à tout le personnel, qui devrait être mieux formé à la manière de communiquer les politiques et les valeurs de l’UE aux différents groupes cibles (aux citoyens de l’UE mais aussi aux médias). Les fonctionnaires qui ne travaillent pas pour la communication des institutions de l’UE, sont souvent des spécialistes et ont du mal à communiquer les politiques en dehors de l’organisation.

Améliorer la coopération entre les institutions de l’UE et entre les sous-unités au sein des institutions dans le domaine de la communication sur l’Europe, tout en respectant la diversité et le rôle spécifique des institutions

Améliorer la coordination entre les institutions de l’UE (mais aussi entre les DG et les programmes de financement de l’UE). Développer une refonte de la stratégie de communication pour toutes les institutions en même temps, et mettre en place un groupe de travail pour le faire dans les années à venir. Assurer un meilleur partage des bonnes pratiques en matière de sensibilisation à l’Europe. Coopérer à la mise en œuvre des recommandations.

Au total, avec un tel programme, les institutions européennes ont leur feuille de route écrite pour les prochaines années afin d’améliorer vraiment la communication sur l’Europe, en particulier auprès des citoyens.

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