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Cabinets de lobbying : principaux enseignements du registre de la transparence de l’UE

Obligatoire pour toute organisation réalisant des actions de lobbying auprès des institutions européennes et en particulier auprès du Parlement européen et de la Commission européenne, l’inscription au registre de la transparence de l’Union européenne référence 80 « professional consultancies » en 2021…

Origines géographiques : la France en tête des cabinets de lobbying

Avec 17 cabinets de lobbying référencés en France, le pays prend la tête loin devant trois grands marchés traditionnels du lobbying avec 9 entreprises référencées en Belgique, en Allemagne et encore au Royaume-Uni. Viennent ensuite l’Espagne (8), l’Irlande (6) et l’Italie (5) sans oublier 3 cabinets issus des Etats-Unis et quelques autres États-membres.

Estimations des recettes annuelles totales générées attribuables aux activités couvertes par le registre de la transparence

Sur les 80 cabinets de lobbying, une minorité de 21 entreprises ne remplit pas les informations financières tandis que 18 déclarent moins de 10 000€ et 2 en revanche plus d’1M€, entre les deux extrêmes, une vingtaine sont sous les 100 000€ et une vingtaine entre 100 000€ et 1M€.

Quelques exemples de cabinets de lobbying et de leurs activités déclarées représentatifs dans les différents États-membres :

  • Utopia Lab (Italie) représentent plusieurs intérêts pour 310-700k€ : Facebook/Meta, Poste Italiane, Enel, Philip Morris, Expedia, AT&T… ;
  • Sovereign Strategy (Royaume-Uni) déclare 250-400k€ et 2clients Inuit et Bloomberg ;
  • Skill Set Technology & Strategy Services (Irlande) pour 100-300k€ avec comme principal client déclaré Huawei Technologies ;
  • Boundary Stone Partners (Etats-Unis) pour 100-300k€ avec comme principal client déclaré TerraPower dans l’énergie nucléaire ;
  • EHS Techniques (Espagne) déclare 1M-1,2M€ sans préciser la liste des clients ;
  • Conscience Consulting (Belgique) déclare 85-200k€ pour la « Coalition for Radical Decarbonisation of Materials sur le Green Deal européen et l’« International biocontrol manufacturers association » sur la directive « de la ferme à la table » ;
  • Mazagran (France) déclare 50- 200k€ et 2 clients Adevinta et Vivendi ;
  • Oettinger Consulting (Allemagne, le cabinet de l’ancien Commissaire européen) déclare pour 20-100k€ avec 3 entreprises allemandes clientes.

0,6% : part des cabinets de lobbying dans les organisations inscrites sur le registre de la transparence

Sur un total de 12 275 inscrits au registre de la transparence de l’UE, les cabinets de lobbying ne représentent plus que 0,6% de l’ensemble des organisations inscrites, ce qui montre bien la diversité des acteurs susceptibles de mener des actions de lobbying auprès des institutions européennes.

Au total, parmi les acteurs du lobbying – entre les entreprises directement (507) et les syndicats et associations professionnelles (353) sans oublier les groupes de réflexion et instituts de recherche (76) et quelques cabinets d’avocats (17) – les cabinets de lobbying (80) exercent une activité auprès des institutions européennes sans doute beaucoup plus réduite que présumée.

Comment améliorer la démocratie en Europe ?

La séance inaugurale de la saison du collège de philosophie, organisée par Pierre-Henri Tavoillot, invitait Jean-Louis Bourlanges à débattre de la situation des démocraties dans l’Europe, qu’en retenir ?

Symptômes

L’abstention, très forte lors des derniers scrutins, n’est pas seulement une question de désintérêt pour la politique, mais une difficulté de transfert afin de dégager un candidat du second choix au deuxième tour. C’est une perte du sens du compromis politique.

Les partis politiques n’existent plus, parce que les gens ne s’engagent plus dans un projet global mais dans des causes spécifiques avec des ONG et associations. C’est une perte du sens de l’engagement global.

Les clivages sont totalement éclatés, sur tous les enjeux de la liberté, de l’égalité, de la nation, de l’écologie…

La violence progresse dans la société : incivilités, intolérance, violences urbaines.

Raisons

L’avenir n’est pas rose, le progressisme est mort, le futur n’est plus mieux face aux défis climatiques, à la Chine, aux difficultés des sociétés. Les citoyens adoptent des stratégies d’esquive vers le local, le sport, l’art, la famille.

La dimension religieuse compte aussi. L’idée que la mort individuelle clôt l’histoire retentie même sur les athées qui croyaient à une certaine logique de chaîne humaine. Les citoyens sont frappés d’angoisse, avec le retour du sentiment religieux sous des formes intégristes et les dérivatifs que sont le sexe, l’argent et la violence, sans compter le ressentiment.

La crise du territoire, le pouvoir est éclaté, il est partout, à tous les échelons territoires, donc il n’est nul part. C’est la sortie du monde néolithique où l’administration s’exerçait sur territoire. Reste le sentiment que le pouvoir nous échappe, qu’il n’est plus identifié.

La révolution numérique aggrave en transformant le modèle politique d’une gestion de l’altérité visant à dépasser les différences à une solidarité des semblables unis par une identité choisie vivant dans un territoire infini au sein d’isolats, d’agrégats qui ne réclament plus que le respect comme dernier apprentissage d’une coexistence sans bien commun.

L’ère des demi-habiles sur le plan cognitif, ceux qui sont de forts contestataires mais de faibles acteurs. Le détour d’investissement cognitif, analysé par Gérald Bronner, n’est plus valorisé. On ne réfléchit plus, on cherche tout de suite la solution, alors qu’on a besoin de gens compétents, qui s’investissent, sans être des sachants-experts.

La confiscation du pouvoir, le pouvoir est concentré entre les mains d’une technocratie, entre l’orientation générale du président de la République trop large et l’arbitrage technocratique trop étroit.

Solutions

Les fausses solutions :

  • Remplacer le personnel politique par la société civile, alors qu’il faut plutôt relier le parlement avec les citoyens ;
  • Renforcer la démocratie directe, alors que la politique demande investissement à long terme, distance réflexive et approche global loin des simplifications sur la base de choix binaire. Le référendum, c’est la dialectique de Hegel sans la synthèse, alors que la politique repose sur des compromis.

Les bonnes solutions :

  • Renforcer l’identification des compétences de chaque pouvoir qui sont trop dissimulés, que ce soit l’Europe ou les collectivités locales ;
  • Le pouvoir des citoyens pour redevenir une réalité doit passer par la proportionnelle, un découplage des scrutins présidentiel et législatif et davantage de décentralisation ;
  • La révolution éducative, pour rétablir la raison, est la priorité des priorités pour refaire des citoyens.

Rapport de la mission d’étude de Terra Nova sur la campagne présidentielle américaine 2008

L’étude décrypte les innovations de la campagne présidentielle, notamment de la campagne de Barack Obama et permet de réfléchir aux prochaines élections européennes à la lumière des dernières élections américaines…

I. Le rapport de la mission d’étude de Terra Nova

La revitalisation démocratique

  • Mobilisation électorale : le vote populaire a atteint un record absolu de 131 millions, soit 63% des électeurs en âge de voter
  • Mobilisation militante : plus de 10 millions de personnes ont participé à la campagne d’Obama ; 3 millions ont fait des donations ; 1.2 millions ont milité sur le terrain.

La mobilisation citoyenne

La campagne vise plus à susciter et organiser des supporters qu’à convaincre les électeurs.

Une grande cause mobilisatrice : le changement

Sur le modèle des campagnes caritatives, le message de cause est relayé par une communication de mobilisation d’une « communauté Obama », fondée autour de la personnalité du candidat et sur l’appropriation des électeurs devenus des acteurs du changement.

C’est la première campagne politique de type téléthon.

Internet, épine dorsale de la mobilisation et de l’organisation « on » et « off line » de la campagne

L’objectif : recruter et organiser massivement les sympathisants grâce à internet pour les envoyer de manière coordonnée militer sur le terrain :

  • les « réseaux sociaux » sont utilisés comme terrain de recrutement online
  • le don en ligne constitue le premier niveau d’implication dans la campagne (innovation fondamentale : le petit financement populaire 60$ en moyenne)
  • l’activité offline des militants est coordonnée par un réseau social interne (MyBO.com)

C’est la première campagne du 21ème siècle, fusionnant internet et le terrain.

La révolution militante

Sur le modèle des campagnes électorales locales, l’organisation de terrain a généralisé à l’échelle d’un pays les pratiques de démocratie locale via un « militantisme à la carte », en fonction des compétences et de la disponibilité de chacun (68 millions de contacts directs) :

  • communication « grassroots » : c’est le citoyen de base qui s’adresse à l’électeur ;
  • communication « peer to peer » : c’est un membre de sa communauté, un voisin de confiance.
  • « Empowerment » : c’est un militant disposant d’une grande latitude pour adapter le message et très fortement encadré par un déploiement du staff de campagne sur le terrain.

C’est la plus grande campagne du 19ème siècle.

Lire la synthèse du rapport

Lire la présentation du rapport

II. L’interview de Benoît Thieulin, membre de la mission Terra Nova et créateur de Touteleurope

Il donne son avis sur le rôle d’Internet à l’occasion des prochaines élections européennes et à la lumière des dernières élections américaines :

Il considère qu’Internet ne fera pas l’objet d’une transcription des innovations de la campagne d’Obama si le débat en ligne s’installe entre les militants des principales listes à une échelle nationale. « Seule une certaine forme de dissidence pourrait donner un rôle fort à Internet. »

Il estime que les sujets du débat en ligne lors des élections européennes pourraient être : d’abord les questions économiques et sociales, ensuite l’écologie et enfin, un sujet propre à l’Internet : la défense des libertés numériques.

Il observe que les conditions d’une « obamania online à l’européenne » sont loin d’être remplies :

  • « Il faudrait rendre ces élections lisibles. Aujourd’hui, le pouvoir des députés européens est complexe, morcelé, partiel.
  • « Il faudrait qu’ils disposent d’un pouvoir réel, identifiable et visible pour l’opinion.
  • « Il faudrait également qu’on puisse se saisir de sujets politiques transversaux à l’échelle de l’Europe et qu’on puisse les discuter dans un espace public supranational. »

Lire l’intégralité de l’interview

Enjeux du projet de création d’un « lieu d’Europe » à Strasbourg

Dans un article dans l’édition 20 Minutes du 21 janvier, le projet de créer un « lieu d’Europe » à Strasbourg est évoqué grâce à la signature prochaine du contrat triennal « Strasbourg, capitale européenne » entre les collectivités territoriales et l’Etat. De quoi s’agit-il ?

Le projet défendu par la Mairie de Strasbourg

D’abord, un lieu d’accueil, proche des institutions européennes, pour informer sur l’Europe :

  • Informer sur les projets et les débats qui animent la construction européenne : l’histoire de la communauté, les cultures des États membres…
  • Informer sur les décisions et les mesures prises par les institutions communautaires notamment dans leur impact sur la vie quotidienne.
  • Informer sur les droits, obligations et les démarches, donc sur les services offerts par l’UE.

Mais également, un lieu pour valoriser la vocation européenne de Strasbourg, qui accueille le Parlement européen, la Cour de Justice des Communautés Européennes et le Conseil de l’Europe ; afin de« fidéliser les touristes dans la ville au-delà de vingt-quatre heures ».

Les propositions du comité de soutien

Créer un lieu de communication pour éduquer sur l’Europe et changer le regard et les attitudes : « une passerelle entre l’homme de la rue et la sphère politico-technocratique » :

  • Un lieu de mémoire (dimension commémorative, historique et symbolique)
  • Un lieu de connaissance (dimension scientifique et universitaire)
  • Un lieu de vie (dimension culturelle)

Créer un parc de loisirs sur le thème de l’Europe pour divertir tout en transmettant des valeurs et des comportements

Ainsi, selon le porte-parole du comité, « en cumulant ces différentes facettes, le « lieu d’Europe » attirerait 3 millions de visiteurs chaque année, offrant de belles retombées financières à la région »et « conférant aussi à la ville une identité de capitale des peuples d’Europe».

Vœux 2009 : une année placée sous le signe du volontarisme

Meilleurs vœux aux passionnés de communication européenne !

A la suite de la présidence française de l’UE considérée comme un succès notamment en raison du leadership du chef de l’Etat français et au vue des divers événements qui marqueront l’année (élections au Parlement européen, renouvellement de la Commission européenne, commémoratifs marquant la réunification de l’Europe : les 5 ans de l’élargissement de 2004 et les 20 ans de la chute du mur de Berlin), nous pouvons formuler le souhait pour la communication européenne que 2009 soit l’année du volontarisme avec pour ambition de définir une stratégie européenne pour la mondialisation…

Un volontarisme « international » impulsé par la présidence tchèque de l’UE

Avec pour slogan : “Une Europe sans barrières”, la présidence tchèque de l’UE se fixe les « 3 E » pour priorités : l’Économie, l’Énergie et l’Europe et le monde. Cette dernière priorité indique clairement la volonté de faire de l’UE un acteur majeur sur la sphère internationale capable de mener une politique offensive en matière de sécurité énergétique, une diplomatie environnementale audacieuse, une politique commerciale d’ouverture, une politique de l’immigration commune sans oublier la régulation du capitalisme et la lutte contre la crise économique.

A l’instar du projet défendu par la présidence française de l’UE : l’Union pour la Méditerranée, la présidence tchèque – poursuivant ainsi la volonté de faire de l’UE un acteur majeur sur la sphère internationale – défend le projet de partenariat oriental qui vise six pays : Arménie, Azerbaïdjan, Belarus, Géorgie, Moldavie et Ukraine.

Un volontarisme « politique » lié aux élections au Parlement européen et au renouvellement de la Commission

Année charnière marquée par le scrutin européen en juin prochain et le renouvellement de l’ensemble de la Commission européenne, ces événements marqueront sans doute un renouvellement des engagements des responsables politiques.

Le choix de dénommer 2009 : Année européenne de la créativité et de l’innovation par l’éducation et la formation manifeste également un certain volontarisme pour renforcer les capacités de l’UE à bénéficier des évolutions de la société de la connaissance.