Quelle stratégie de communication faut-il privilégier pour la Présidence française de l’UE ?

Dans une chronique « Pédagogie de la présidence française » dans Le Monde daté du 7 décembre, le journaliste Thomas Ferenczi décrypte la préparation de la Présidence française de l’UE prévue au 2nd semestre 2008.

Au préalable, il constate que l’Europe intéresse les citoyens lorsqu’il y a des « événements », combinant à la fois dramatisation des enjeux (organisation de campagne électorale) et médiatisation des discussions (organisation d’émissions de TV).

La Présidence française de l’UE rassemblera à n’en pas douter ces deux éléments pendant quelques mois et constituera une « occasion formidable pour faire la pédagogie de l’Europe », comme l’affirme la députée Nicole Ameline, rapporteure pour avis, au titre de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, du budget (de 190 millions d’euros) alloué à cette présidence.

Pour faire cette pédagogie au combien nécessaire, deux stratégies de communication se font face pour transformer cette situation favorable en succès, c’est-à-dire profiter de cette occasion unique pour stimuler l’intérêt des citoyens français aux questions européennes.

Pour les uns, dont Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement en fait partie, le premier impératif d’une bonne communication est un « devoir d’incarnation ». En somme, pour ceux là, le succès en termes de communication repose sur la personnalisation de la Présidence française de l’UE avec un engagement fort du Président Sarkozy, comme pour les autres dossiers.

Pour les autres, dont deux experts, Yves Bertoncini et Thierry Chopin, qui ont participé à la rédaction de la revue Horizons stratégiques n° 6 – octobre 2007 : « Informer sur l’Europe en France », la stratégie de communication doit mettre l’accent sur « l’ensemble des acteurs de la vie politique communautaire » (Commission et Parlement européen notamment) et privilégier la production et la diffusion d’une information politique structurante répondant aux interrogations de fond des citoyens à l’égard de l’UE.

Entre politisation à fort impact médiatique et information à caractère civique, la définition de la stratégie de communication de la Présidence française de l’UE ne fait que commencer…

Evénement : le prix du livre européen a été décerné au Premier ministre belge

Parrainé par Jacques Delors, ancien Président de la Commission européenne, le Prix du livre européen livre-europeen.eu a été créé cette année pour récompenser un ouvrage promouvant les valeurs de l’Europe. Le jury du Prix du livre européen est composé de dix journalistes, correspondants permanents à Bruxelles, et issus de différents pays de l’Union européenne.

Ce premier prix du livre européen a été accordé jeudi 5 décembre au Parlement européen, à Bruxelles, à Guy Verhofstadt, le Premier ministre de Belgique pour son livre: « les Etats-Unis d’Europe ».

Dans son discours, le lauréat, Guy Verhofstadt, a estimé que ce prix était un « encouragement pour la tâche difficile » qu’il fait actuellement à la tête d’un État déchiré entre les Flamands et les Wallons. Reconnaissant qu’il a écrit son livre comme un pamphlet profondément pro-européen, contre l’avis de ses conseillers et des diplomates, il a réaffirmé sa conviction que l’Europe du XXIe siècle (tout comme la Belgique) devra construire un vivre-ensemble fondé sur le multiculturalisme. Il s’agit justement du thème retenu pour 2008, année européenne du dialogue interculturel.

Le web dans la stratégie de communication des institutions communautaires

Internet a pris une place considérable dans les stratégies de communication européenne ainsi que dans le quotidien des Européens…

Concernant le quotidien des Européens, 49 % d’entre eux ont accès à Internet depuis leur domicile et 45 % surfent sur le web au moins une fois par semaine (données Eurostat 2007).

Dans la stratégie d’information et de communication, les institutions communautaires ont fixé à Internet comme objectifs de :

  • donner à chacun accès à des informations honnêtes et pluralistes sur l’UE ;
  • permettre à chacun d’exercer son droit à s’exprimer et à participer activement au débat public sur les questions européennes.

Concrètement, le site Internet EUROPA, l’un des plus vastes du monde : plus de 100 millions de pages vues et près de 10 millions de visiteurs par mois, constitue le point de référence européen pour l’information sur les questions communautaires. A la suite d’une enquête menée auprès des utilisateurs en 2007, ce site sera remodelé aux fins d’une interactivité accrue et de fonctions de recherche améliorées. Le contenu sera organisé de façon plus accessible et conviviale, et davantage d’images et de documents vidéo et audio devraient être fournis.

En outre, l’UE souhaite élargir sa stratégie web en tentant de renforcer sa présence sur le web en dehors d’EUROPA. Pour 2008, la Commission souhaite encourager la création d’un réseau de sites web de la société civile et du secteur privé ou public promouvant les contacts avec les citoyens européens, qui accordent une attention particulière aux affaires européennes et stimulent le débat sur les questions de politique communautaire. (source : Communiquer sur l’Europe en partenariat, Communication de la Commission du 3 octobre 2007)

Laurent Wauquiez se déclare favorable à une communication européenne active et de proximité

Quelle est le point de vue du porte-parole du gouvernement français sur la communication européenne ?

La Fondation Robert Schuman a organisé le 22 novembre à Bruxelles un débat sur le thème « Comment parler d’Europe aux citoyens? ». Ce débat était animé par Laurent Wauquiez, Secrétaire d’Etat et Porte-Parole du gouvernement français.

Laurent Wauquiez avait préalablement rencontré les principaux acteurs de la communication européenne : Margot Wallström, vice-présidente de la Commission en charge de la stratégie de Communication et des Affaires institutionnelles, Johannes Laitenberger, le porte-parole de la Commission et Claus Sorensen le Directeur général de la communication.

Laurent Wauquiez a fait part de sa conception d’une communication européenne active et de proximité, permettant de mieux écouter et faire parler les Européens. Selon lui, l’UE doit davantage mettre en valeur son action au quotidien auprès des citoyens.

Il a également insisté sur l’importance de redonner « un sens festif » aux manifestations organisées par l’Union européenne afin de rapprocher les Européens.

Enfin, il a parlé du projet de la France de mener dès le début de l’année 2008 des actions de terrain pour rapprocher l’Europe des citoyens. A partir d’avril, des conventions régionales vont être organisées un peu partout en France. Elles rassembleront les collectivités locales, les ONG et surtout les citoyens pour débattre de tous les sujets européens : croissance, emploi, environnement, protection sociale, agriculture…

Ce sera l’occasion pour chacun d’exprimer ses craintes et ses attentes vis-à-vis de l’Europe et de mettre ainsi en place une communication reposant sur l’écoute, le dialogue et l’échange.

Précision sur le budget consacré à la Présidence française de l’Union européenne

Panorama des différentes actions prévues dans le cadre de la Présidence française de l’UE…

Dans un avis du Sénat sur le Projet de loi de finances pour 2008, Hubert Hanenel, Président de la Délégation pour l’Union européenne s’est penché sur le budget consacré à la Présidence française de l’Union européenne. Ce programme comprend trois types d’action :

1. L’action n° 1 « Activités obligatoires et traditionnelles de la présidence » est dotée d’un financement de 89 millions d’euros, soit environ 46,8 % du montant total.

a) Les manifestations imposées par le calendrier européen et le règlement intérieur du Secrétariat général du Conseil de l’Union européenne

Il s’agit d’une centaine de réunions formelles et informelles du Conseil européen, des Sommets européens et des réunions interministérielles en France, à Bruxelles ou dans un pays tiers.

b) Les manifestations qui incombent traditionnellement à l’Etat membre qui exerce la Présidence

Il s’agit d’une quarantaine de réunions, à la fois au niveau ministériel et des hauts fonctionnaires, dont le voyage en France du Comité des représentants permanents (COREPER) et une réunion avec les députés européens français

2. L’action n° 2 « Manifestations correspondant à l’initiative propre de la présidence française » représente 82 millions d’euros, soit 43,2 % du budget.

a) Les manifestations ou événements correspondant à des initiatives de la Présidence française

Ces manifestations correspondent à des initiatives de la France pendant le semestre de sa présidence. Sont ainsi prévues une quarantaine de manifestations ou événements, dont des réunions ministérielles ou avec la société civile, sur la Méditerranée, la saison culturelle européenne, le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, les journées européennes du développement, les États généraux du multilinguisme, etc. Le budget global envisagé pour ces manifestations est de 42 millions d’euros.

b) Les manifestations labellisables « Présidence française de l’Union européenne »

Il s’agit de manifestations, au niveau ministériel, de hauts fonctionnaires ou d’experts, organisées par les différents ministères, qui pourront obtenir le label « Présidence française de l’Union européenne » et un financement, au terme d’une procédure de sélection rigoureuse. Une quarantaine de manifestations, pour un coût moyen de 1 million d’euros, pourront ainsi être « labellisables » pour un budget total de 40 millions d’euros, pour les quinze ministères concernés.

La liste des manifestations qui pourront bénéficier du label « Présidence française de l’Union européenne » et recevoir un financement est en cours de finalisation. D’autres sources de financement pourront être trouvées, notamment pour les initiatives prises par les collectivités locales. Le Secrétariat général de la présidence française pourra ainsi accorder un label sans nécessairement accorder une subvention.

3. L’action n° 3 « Activités interministérielles » s’élève à 19 millions d’euros, soit 10 % du montant global des crédits.

Cette action recouvrent les dépenses de fonctionnement du Secrétariat général de la Présidence française de l’Union européenne, la communication, les accréditations et les frais de représentation de la Présidence.

Le budget consacré à la communication représente 15 millions d’euros.

Cela recouvre notamment les crédits destinés à financer la publication de brochures d’information sur la Présidence française de l’Union européenne, la création du logo de la présidence et l’élaboration du site Internet de la présidence française de l’Union européenne, dont l’adresse Internet sera la suivante : http://www.ue2008.fr

Cela devrait permettre également de financer des actions spécifiques auprès de publics ciblés, notamment les jeunes et des « décideurs », avec notamment un film promotionnel destiné à être diffusé dans les avions.

Enfin, on peut mentionner les « produits dérivés » comme les stylos, les parapluies ou les blocs de papier, qui sont distribués gratuitement aux participants lors des réunions.