Timeline des années européennes

Inaugurées en 1983 avec l’Année européenne des PME et de l’artisanat, ces opérations événementielles organisées chaque année – sauf en 1991 – par les institutions européennes sont « des initiatives visant à sensibiliser le plus large public possible à une problématique ou un thème, en vue de faire évoluer les mentalités ou les comportements » – dont l’efficacité en termes de communication est sujet à question

Timeline antéchronologique des Années européennes :

• 2013 – Année européenne des citoyens

2013 marque le 20e anniversaire de la création de la citoyenneté européenne dans le cadre du traité de Maastricht. Cette Année européenne des citoyens vise à aider les citoyens européens à exercer leur droit de se déplacer et de séjourner librement au sein de l’UE avec comme objectifs : – sensibiliser les citoyens à leur droit de séjourner librement dans l’Union européenne et aux avantages qu’ils peuvent retirer des droits et politiques de l’UE, – stimuler la participation active des citoyens au processus décisionnel de l’UE, – favoriser le débat sur l’impact et le potentiel du droit à la libre circulation, particulièrement au niveau du renforcement de la cohésion et de la compréhension mutuelle entre les personnes.

• 2012 – Année européenne du vieillissement actif et de la solidarité intergénérationnelle

Objectifs : – promouvoir la création d’une culture viable du vieillissement actif tout au long de la vie et de solidarité entre les générations ;  – maintenir la vitalité des personnes âgées, renforcer leur participation à la société et éliminer les obstacles entre les générations.

• 2011 – Année européenne du bénévolat et du volontariat

Objectifs de l’Année européenne 2011 : – travailler à l’instauration de conditions propices au volontariat dans l’Union européenne ; – donner aux organisations vouées au volontariat les moyens d’agir et améliorer la qualité de ce dernier ; – récompenser et reconnaître les activités de volontariat ; – sensibiliser l’opinion publique à la valeur et à l’utilité du volontariat.

• 2010 – Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale

Objectifs : – sensibiliser voire même interpeller les citoyens au fait que la pauvreté est un fléau qui affecte encore la vie quotidienne de nombreux Européens ; – reconnaître le droit des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion sociale à vivre dans la dignité et à prendre une part active à la société ; – accroître l’adhésion du public aux politiques d’inclusion sociale, en soulignant la responsabilité de chacun dans la lutte contre la pauvreté et la marginalisation ; – promouvoir une plus grande cohésion dans la société et faire en sorte que nul ne doute des avantages que comporte, pour tous les citoyens, une société sans pauvreté ; – encourager l’engagement de l’ensemble des parties prenantes car toute avancée véritable nécessite des efforts durables à tous les niveaux de gouvernance. L’Union européenne compte actuellement 78 millions de personnes – soit 16 % de sa population – menacées de pauvreté. La pauvreté menace 19 % des enfants de l’Union et un Européen sur dix vit au sein d’un ménage où personne ne travaille.

• 2009 – Année européenne de la créativité et de l’innovation

Prendre en compte toutes les formes d’innovation avec l’Année européenne 2009 : de la création artistique et culturelle à la dimension sociale en passant par le monde des entreprises : – instaurer un environnement propice à la créativité et à l’innovation ; – stimuler l’enseignement et la recherche ; – favoriser la résolution des problèmes et l’utilisation pratique des connaissances et des idées ; – engendrer des synergies.

• 2008 – Année européenne du dialogue interculturel

Dans le cadre des programmes Erasmus, Leonardo Da Vinci, Jeunesse et Culture , le défi est d’introduire un dialogue là où il importe, à l’école ou dans des espaces éducatifs et d’apprentissage, au travail ainsi que dans les espaces de loisir, culturels et sportifs et associatifs

Objectifs de l’Année européenne 2008 :
– promouvoir la diversité culturelle et le dialogue interculturel en Europe ; – promouvoir la culture en tant que catalyseur de la créativité et de l’innovation dans le cadre de la stratégie de Lisbonne pour l’emploi et la croissance ; – faire de la culture une composante essentielle dans les relations extérieures de l’UE afin de créer des ponts avec les autres régions du monde. Les secteurs culturel et créatif – télévision, cinéma, musique, arts du spectacle, divertissement, etc. – ont généré en 2003 dans l’UE un chiffre d’affaires de 654 milliards d’euros (soit 2,6% du PIB de l’Union).

• 2007 – Année européenne de l’égalité des chances pour tous

Dans le cadre du Livre vert de la Commission « Egalité et non-discrimination dans l’Union européenne élargie » en 2004, un des objectifs de la stratégie-cadre pour la non-discrimination et l’égalité des chances pour tous.

Objectifs de l’Année européenne 2007 : – sensibiliser l’opinion publique au droit à l’égalité et à la non-discrimination, – stimuler un débat sur les moyens de renforcer la participation à la société des groupes sous-représentés, – célébrer et accueillir la diversité, – œuvrer en faveur d’une société plus solidaire.

• 2006 – Année européenne de la mobilité des travailleurs

Dans le cadre de la « stratégie de Lisbonne » pour la croissance et l’emploi de l’Union européenne, Un des objectifs de l’Année européenne 2006 pour une stratégie de croissance et d’emploi de l’UE : – sensibiliser l’ensemble des acteurs concernés aux droits des travailleurs en matière de libre circulation des personnes ; – développer l’échange de bonnes pratiques relatives aux expériences de mobilité ; – renforcer le socle de connaissances autour des flux de mobilité en Europe, des obstacles et des motivations. Moins de 1,5% des Européens résident dans un pays de l’Union autre que leur pays d’origine, chiffre stable depuis 30 ans.

• 2005 – Année européenne de la citoyenneté par l’éducation

Un objectif d’éducation à la citoyenneté démocratique de l’Année européenne 2005 : – Promouvoir les valeurs démocratiques des droits de l’Homme, de la tolérance et du pluralisme culturel – Renforcer l’engagement des États membres à faire de l’Éducation à la Citoyenneté Démocratique et de l’Éducation aux Droits de l’Homme un objectif prioritaire de l’élaboration des politiques et à engager des réformes durables ; – Fournir à cet effet un cadre et des instruments aux États membres ; – Encourager les initiatives et la création de partenariats permettant la mise en commun des connaissances et des bonnes pratiques.

• 2004 – Année européenne de l’éducation par le sport

Dans le cadre de la déclaration annexée au traité d’Amsterdam définissant le sport comme « ferment de l’identité des peuples » après que le Conseil européen de Nice, en décembre 2000, ait souligné « ses fonctions sociales en Europe, devant être prises en compte dans la mise en œuvre des politiques communes ». Spécificité de l’Année européenne 2004 : Ouverture à des États non membre de l’UE (Roumanie, Bulgarie, Turquie).

• 2003 – Année européenne des personnes handicapées

Organisée dans le cadre de la « déclaration de Madrid » : « Non-discrimination plus Action positive font l’inclusion sociale ». Objectifs de l’Année européenne 2003 : – Mettre en lumière les obstacles et les discriminations auxquelles les personnes handicapées sont confrontées ; – Améliorer les conditions de vie de nos concitoyens handicapés ; – Sensibiliser le public aux droits des personnes handicapées Plus de 37 millions de personnes, soit 10% de la population totale de l’UE, souffrent d’un handicap dans l’Union européenne.

• 2002 – Année européenne du Patrimoine industriel et technique 

• 2001 – Année européenne des langues

Dans le cadre du Livre Blanc « Enseigner et apprendre : Vers la société cognitive », l’Année européenne des langues 2001 est organisée par l’UE et le Conseil de l’Europe. Principaux messages de l’Année européenne des langues : – l’Europe est multilingue et le sera toujours – l’apprentissage de langues ouvre des possibilités aux gens – tout le monde peut le faire. Quarante-cinq pays d’Europe y ont participé.

• 2000 – Année européenne du GSM

• 1999 – Année européenne de la lutte contre la violence à l’égard des femmes

Un Eurobaromètre sur « l’opinion des Européens sur la violence domestique dont sont victimes les femmes » révèle que la violence sexuelle dont sont victimes les femmes est considérée comme très grave par 90 % des citoyens européens. À l’issue de cette année, le Parlement européen et le Conseil adoptent une décision créant DAPHNE, le seul programme de l’Union européenne destiné à prévenir et à combattre toute forme de violence survenant dans la sphère publique ou privée à l’encontre des femmes, des adolescents et des enfants.

• 1998 – Année européenne de la démocratie locale et régionale

• 1997 – Année européenne contre le racisme et la xénophobie

• 1996 – Année européenne de l’éducation et de la formation tout au long de la vie

Objectifs de l’Année européenne 1996 : – sensibiliser le public européen à l’importance de l’éducation et de la formation tout au long de la vie, – promouvoir une meilleure coopération entre les structures d’éducation et de formation et les entreprises en particulier les PME, – contribuer à la réalisation d’un espace européen de l’éducation et de la formation par la reconnaissance académique et professionnelle des qualifications au sein de l’Union, – souligner l’apport de l’éducation et de la formation pour l’égalité des chances.

• 1995 – Année européenne du jeune conducteur

• 1994 – Année européenne de la nutrition et de la santé

• 1993 – Année européenne des personnes âgées et de la solidarité entre les générations

Objectifs : – souligner la dimension sociale de la Communauté, – sensibiliser davantage les sociétés aux questions du vieillissement, – promouvoir les débats et la solidarité entre les générations, – faire participer les personnes âgées au processus d’intégration communautaire. Depuis cette initiative, le 3 décembre de chaque année, les institutions européennes célèbrent la Journée européenne des handicapés.

• 1992 – Année européenne pour la sécurité, l’hygiène et la santé sur le lieu de travail

Objectifs : – Promouvoir et valoriser les mesures communautaires dans le domaine de la sécurité, de l’hygiène et de la santé sur le lieu de travail, auprès du grand public – Informer sur les risques professionnels et leur prévention – Former les travailleurs et les employeurs dans les domaines visés. Les publics ciblés : jeunes, travailleurs, employeurs, PME, praticiens de la santé et de la sécurité.

• 1990 – Année européenne du tourisme

• 1989 – Année européenne de l’information sur le cancer

• 1988 – Année européenne du cinéma et de la télévision

• 1987 – Année européenne de l’environnement

L’Année européenne de l’environnement marque l’entrée en vigueur, le 1er juillet 1987, de l’Acte unique européen. Dans ce texte, l’environnement est reconnu comme constituant l’un des objectifs essentiels de la Communauté.

• 1986 – Année européenne de la sécurité routière

• 1985 – Année européenne de la musique

Après la mise en place en France par Jack Lang, ministre de la culture, de la fête de la musique (première édition le 21 juin 1982 et officiellement déclarée le 21 juin 1983), l’UE reprend ce thème pour l’année européenne 1985.

• 1984 – Année européenne de l’Européenne et de l’Européen

• 1983 – Année européenne des PME et de l’artisanat

Première utilisation officielle de l' »Année européenne » : le Parlement européen proclame l’année 1983 « Année des PME et de l’artisanat ».

Quelle est la place des médias sociaux dans la communication européenne selon Viviane Reding ?

Peu diserte dans la presse quant à la stratégie de communication de l’UE dans les médias sociaux, la Commissaire Viviane Reding s’est pliée à deux reprises à l’exercice de répondre aux questions parlementaires, écrites par Francisco Sosa Wagner, un eurodéputé espagnol non-inscrit…

Première question du 14 mars 2011 : vive critique contre la diffusion d’information – par le président du Conseil européen – en exclusivité sur Twitter

L’eurodéputé s’inquiète que « l’information selon laquelle les chefs d’État et de gouvernement de la zone euro acceptaient de promouvoir le « pacte de compétitivité » exigé par l’Allemagne comme condition pour augmenter le fonds de sauvetage a, en premier lieu, été diffusée sur le réseau social Twitter par le président du Conseil européen M. Van Rompuy (…) trois heures avant d’être communiqué aux médias traditionnels. »

Effectivement, comme le relate Yann Ollivier, journaliste de l’AFP à Bruxelles sur MediaWatch dans « Les tweets de Van Rompuy le réservé bousculent la bulle bruxelloise » : lors du Conseil européen du 16 décembre 2010, le Président du Conseil européen avait en effet annoncé à la surprise générale sur son compte Twitter @euhvr : « Nous avons un accord sur un amendement du traité » bien avant l’alerte de l’Agence France-Presse : « Accord de l’UE pour changer le traité de Lisbonne et créer un Fonds de secours ».

L’eurodéputé formule alors la remarque suivante :

L’auteur de la présente est bien conscient de la nécessité pour les institutions européennes d’assurer une bonne communication, ainsi que de l’importance qu’ont actuellement les « réseaux sociaux », toujours à la pointe de la lutte pour les libertés publiques (sic). Parmi ceux-ci, le réseau Twitter se distingue par sa grande diffusion. Toutefois, je considère que ces messages devraient être publiés en même temps de manière ouverte, ce qui me paraît faisable et même facile.

En résumé, l’eurodéputé s’inquiète de savoir si la Commission européenne prévoit de généraliser la pratique de diffuser des informations en exclusivité sur Twitter.

Première réponse de Viviane Reding du 19 avril 2011 : « l’utilisation des médias sociaux n’est pas vue comme un obstacle à l’information ouverte, au contraire »

La Commissaire européenne ne peut que constater la réalité de l’importance de Twitter tant auprès des journalistes que des porte-parole de son institution :

La communication doit être adaptée aux instruments que les médias utilisent pour obtenir leurs informations. Par exemple, de plus en plus de journalistes utilisent Twitter pour recueillir des informations. Les institutions de l’UE doivent tenir compte de ces nouveaux outils lorsqu’il s’agit d’informer le public sur leurs décisions et leurs actions. L’utilisation de Twitter est très répandue dans la Commission : Commissaires, porte-parole et certains services communiquent avec leurs parties prenantes à travers ce médium.

Néanmoins, sans contester l’utilisation complémentaire que représentent la diffusion de la communication européenne dans les médias sociaux, la Commissaire européenne réaffirme l’importance primordiale du portail Europa :

Il reste que toutes les grandes déclarations de principe, les propositions, les livres verts… doivent être rendues accessibles sur le portail Europa de l’UE. Les institutions de l’UE gardent Europa à jour et accessible pour le grand public et les parties prenantes de l’UE.

Autrement dit, aucune inquiétude, l’information est d’abord publiée sur le portail Europa et ensuite promue via les médias sociaux. Pourtant, l’eurodéputé Francisco Sosa Wagner exerce un droit de suite.

Deuxième question du 11 mai 2011 : « l’utilisation exclusive ou préférentielle de Twitter par les institutions européennes (…) constitue une discrimination injustifiée »

La diffusion d’informations relatives aux institutions européennes, à ses accords et à ses projets doit être assurée via les médias appropriés en s’adaptant, comme il se doit, aux circonstances et aux progrès techniques.

L’auteur de la présente est bien conscient de l’importance que revêt cette idée aussi élémentaire que nécessaire pour resserrer les liens entre les citoyens européens et l’Union.

Il est bon de recourir à Twitter, à Facebook ou à toute autre application promue par des entreprises américaines qui jouissent d’une diffusion vaste et méritée.

Toutefois, l’utilisation exclusive ou préférentielle d’un média en particulier par les institutions européennes rompt avec le principe de neutralité et ne devrait donc pas être admise.

La Commission n’est-elle pas consciente que le recours à Twitter à défaut d’autres réseaux sociaux, et au lieu de mettre à jour les informations fournies sur les pages officielles constitue une discrimination injustifiée ?

Réponse de Viviane Reding du 16 Juin 2011 : « les médias sociaux sont utilisés pour attirer l’attention vers l’information pertinente sur le site Europa »

Certes, la Commissaire européenne admet la « valeur des médias sociaux » et précise la présence de la Commission dans le web social :

La Commission continue de communiquer en utilisant les médias traditionnels, mais elle explore également les médias sociaux dans le cadre de son mix de communication. La valeur des médias sociaux réside dans leur potentiel de se connecter avec les citoyens, les écouter et dialoguer avec eux et accéder à des groupes d’utilisateurs qui sont moins susceptibles d’être atteints par les médias traditionnels.

L’utilisation de Twitter et Facebook vient compléter l’utilisation des médias traditionnels comme la télévision, la radio et la presse écrite pour informer le grand public sur les politiques, programmes et activités de l’Union européenne. Selon les préférences nationales, régionales et locales, d’autres plateformes de médias sociaux sont utilisés. Plusieurs Commissaires et directions générales utilisent Twitter et Facebook. La Commission a également trois comptes centraux sur YouTube, Twitter et Facebook.

Mais, la Commissaire indique que l’utilisation des médias sociaux demeure limitée :

Indépendamment du type de média social que la Commission utilise, le site Europa reste la source d’information de référence pour les citoyens, les entreprises et les autres parties prenantes. La Commission veille à l’exactitude, l’accessibilité et la pertinence de l’information.

Les médias sociaux sont utilisés pour attirer l’attention vers l’information pertinente sur le site Europa. D’où l’investissement de la Commission déploie pour améliorer continuellement le site Europa.

Ainsi, la place réservée aux médias sociaux dans la communication européenne  se trouve particulièrement réduite par Viviane Reding : il ne s’agit que de faire la promotion des informations préalablement diffusées sur le portail officiel.

Euronews, Europarltv : quelles sont les stratégies audiovisuelles des institutions européennes ?

Afin d’assurer une couverture audiovisuelle des activités de l’UE sous un éclairage européen, les institutions européennes – depuis quelques années – ne comptent plus seulement sur le travail indépendant des correspondants à Bruxelles et de leurs rédactions nationales. Des stratégies audiovisuelles complémentaires sont mises en place par la Commission et le Parlement européen…

Stratégie audiovisuelle de la Commission européenne : partenariat avec Euronews pour produire des programmes dédiés à l’UE

Première chaîne européenne d’informations avec 6 millions de téléspectateurs chaque jour, Euronews – dont le capital est détenu par 21 télévisions publiques européennes – vient d’installer – grâce aux subventions de l’UE – un nouveau bureau permanent de 600 m² à Bruxelles, qui compte « une équipe de plus de vingt personnes, ainsi qu’un studio et des moyens de production ».

Pour Michael Peters, le directeur général du directoire d’Euronews, « la création de cette rédaction bruxelloise permettra outre une couverture plus riche de l’actualité européenne, une production accrue de sujets originaux ». Petite révolution pour la chaîne, 2 magazines, « avec des présentateurs en chair et en os » :

  • « I Talk », un magazine d’interviews présenté par Alex Taylor,
  • « The Network », un talk-show réunissant virtuellement 3 personnalités aux opinions divergentes.

Par ailleurs, Euronews bénéficie pour 2011 de 6,5 millions d’euros de subventions de la Commission européenne, « vendues à la découpe », suivant un catalogue préalablement défini :

Subventions de la DG COMM pour « produire des programmes d’information centrés plus particulièrement sur les affaires européennes et les activités et politiques des institutions de l’UE », sur la base d’une grille des coûts unitaires liés à chaque format :

  • 2K€ : une actualité de 2 min max ;
  • 7K€ : une émission interactive de 2 minutes fondée sur des questions de citoyens ;
  • 9K€ : un entretien de 5 à 10 minutes avec des personnalités ;
  • 16K€ : un débat de 5 à 10 min avec des personnalités européennes et mené par un présentateur ;
  • 25K€ : un magazine de 5 à 10 min analysant en profondeur l’incidence des politiques européennes sur la vie quotidienne des citoyens…

Subventions des autres directions générales pour « produire un certain nombre de magazines de durées différentes, disponibles isolément ou en série, avec ou sans distribution » :

  • 50K€ : magazine de 12 minutes (bande-annonce comprise), tourné dans 2 pays (Europe) et diffusé 15 fois à l’antenne ;
  • 672K€ : séries de 24 numéro/an de 3 minutes (promotion comprise) tournés dans 1 pays (4 Monde et 20 Europe) et diffusé 20 fois ;
  • 1,4K€ : séries de 24 numéro/an de 12 minutes (promotion comprise) tournés dans 2 pays (4 Monde et 20 Europe) et diffusé 15 fois…

Ainsi, la Commission européenne suivant le « programme de travail annuel dans le domaine de la communication pour l’année 2011 » se positionne comme un véritable programmateur de la chaîne Euronews, qui conserve une indépendance éditoriale et juridique qui s’annonce de plus en plus difficile à conserver face à cet annonceur envahissant.

Stratégie audiovisuelle du Parlement européen : partenariat avec des chaînes de TV pour diffuser des programmes de la webTV « EuroparlTV »

Lancé officiellement en septembre 2008 et doté d’un budget de 9 millions d’euros par an, EuroparlTV – la webTV du Parlement européen – développe des partenariats avec des chaînes de TV européennes pour assurer une plus large diffusion de ses programmes.

Plusieurs partenariats avec des chaînes publiques et privées ont été indiqués aujourd’hui sur Twitter par @jduch : Jaume Duch Guillot, le porte-parole du Parlement européen et directeur des médias au sein de la direction de la communication :
accord avec la RTBF 3 visant à diffuser un échantillon de la programmation hebdomadaire d’EuroparlTV sur la chaîne belge ;
accord prochainement avec la RAI en Italie ;
accords avec des chaînes en Grèce, Pologne, Espagne, Chypre, Lettonie, Hongrie…

Par ailleurs, un programme d’EuroparlTV est également diffusé sur CNN.

Ainsi, la stratégie audiovisuelle du Parlement européen consiste à développer EuroparlTV tant en ligne –ce qui représente environ 30 000 visites par mois en moyenne en 2010 selon un document officiel du PE qu’au travers de partenariats avec des chaînes de télévision.

Entre le partenariat dans la production de programmes comme le fait la Commission européenne avec Euronews et les accords de diffusion de programmes de la webTV du Parlement européen sur des chaînes de TV européennes, les stratégies audiovisuelles des institutions européennes se complètent afin d’assurer une meilleure couverture de l’UE à la télévision.

Audit des sites mobiles des institutions européennes

Le Parlement européen vient de lancer la version mobile de son site internet – ce qui en fait le 4e site mobile de l’UE après l’agenda européen en version mobile, le site mobile de l’action extérieure de l’UE et plus récemment le site mobile du Conseil européen. Une occasion pour faire un audit des sites mobiles des institutions européennes…

Deux typologies de sites mobiles : les « outils de travail » et les « vitrines »

En fonction des contenus mis à la disposition de « mobinautes » plus ou moins bien ciblés, deux types de sites mobiles de l’UE se dégagent :

  • Les « outils de travail » : les versions mobiles sont alors conçues comme des réponses aux besoins et aux pratiques d’une cible particulière. Le site mobile du Conseil européen est ainsi particulièrement destiné aux journalistes, de même que l’agenda des institutions européennes est clairement proposé aux professionnels de l’UE.
  • Les « vitrines » : les versions mobiles sont plutôt conçues comme des présentations optimisées de l’activité de l’institution pour une consultation via smartphone. Le site mobile du Parlement européen fournit ainsi la plupart des services du site standard (actualités, activités des commissions, programme des plénières, fiches des députés…) tandis que le site mobile de l’action extérieure de l’UE informe sur les déclarations et les déplacements de la Haute Représentante Catherine Ashton.

La gestion du multilinguisme est également une indication intéressante pour juger de l’intention du site mobile :

  • Traduit dans toutes les langues officielles de l’UE, le site se destine plus particulièrement à un public élargi qu’il soit professionnel (les journalistes pour le site du Conseil européen) ou amateurs (les citoyens pour le site du Parlement européen) ;
  • Disponible uniquement en anglais ou dans les 3 langues de travail de la Commission européenne, l’agenda de l’UE et le site de l’action extérieure de l’UE sont plus naturellement destinés à des publics spécialisés dans les affaires européennes.

Une même problématique liée à la visibilité de la version mobile

Hormis la version mobile de l’« EU calendar » qui est clairement affichée sur le site standard et qui est détecté automatiquement en surf mobile (test personnel avec un iPhone), les 3 autres versions mobiles ne bénéficient pas d’une bonne visibilité :

  • Aucune mise en avant de la version mobile du site pour le Conseil européen, le Parlement européen et l’Action extérieure de l’UE : un logo sur les pages d’accueil des sites standards seraient souhaitables une fois la phase de tests terminée ;
  • Indications réduites des versions mobiles lors d’un surf mobile puisque seul le site mobile du Parlement européen indique qu’une version optimisée est disponible : une détection automatique du contexte de navigation permettrait d’améliorer le service offert aux mobinautes.

Ainsi, 9 mois après le billet que nous publions sur le sujet : « Que fait l’UE pour adapter sa communication à l’Internet mobile ? », l’adaptation de l’UE aux nouveaux formats et usages mobiles progresse.

Interview testamentaire exclusive de Claus Sørensen, l’ancien directeur général à la DG Communication de la Commission européenne

À partir du 1er Juillet, Claus Sørensen n’est plus le Directeur général à la DG Communication (de la Commission européenne). Avant qu’il ne quitte son bureau, le 1er à exercer un mandat à la tête de la DG COMM depuis sa création en janvier 2006 a répondu à mes questions sur son « testament »…

Quel est votre plus grande réussite en tant que chef de la DG COMM ?

La communication est maintenant beaucoup plus liée au processus politique que ce ne fut le cas, avant mon arrivée. A cette époque, la communication était orientée « outil », ce qui signifie que les choses étaient décidées de manière isolée pour chaque outil de que nous allions faire au cours des prochains mois.

Maintenant nous avons une approche holistique et de fond : nous prenons comme point de départ les priorités politiques du Collège et nous décidons comment nous voulons les communiquer.

Nous nous engageons d’abord sur la narration et les messages, ainsi que les populations cibles, afin de faire sortir les bonnes histoires. Ensuite, nous décidons quels outils utiliser pour ce faire. Tous les différents outils de communication sont disponibles notamment en travaillant avec des partenaires dans les États membres.

De cette façon, la Commission est présente sur les différents canaux de communication avec les mêmes sujets et les mêmes messages. Quand je dis «nous», j’entends les premiers « communicateurs », que ce soit le président, les commissaires ou les communicants officiels.

Durant la dernière année nous avons considérablement amélioré la performance des outils de communication de la Commission :

Les Représentations : Des gestionnaires expérimentés et même des cadres supérieurs ont été nommés chefs des Représentations de la Commission. Il y a maintenant une rotation obligatoire pour les fonctionnaires des représentations de la Commission, de sorte qu’ils ne deviennent pas « natifs »…

Les partenariats : Le partenariat de gestion a démarré en Allemagne en 2006, aujourd’hui, ce concept est mis en œuvre dans 18 États membres: Autriche, Belgique, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Portugal, Slovénie, Slovaquie, Espagne, Suède.

Refonte du portail Europa : Au cours des dernières années, la Commission a mené des recherches approfondies sur les utilisateurs, grâce à des tests d’utilisabilité, des sondages (plus de 2 000 réponses chaque mois) et des commentaires d’utilisateurs réguliers (plus de 4 000 commentaires chaque mois), pour savoir ce que les visiteurs veulent lors de la consultation d’Europa et quel est leur niveau de satisfaction. Ce travail se traduit par une amélioration constante de l’ensemble du site basé sur une approche de navigation centrée sur la facilitation de l’utilisateur.

L’exemple le plus récent de ce processus est le re-lancement, en mai 2011, de la section « À propos de l’UE » en 23 langues. Il contient environ 80 pages courtes qui vont remplacer quelque 250 pages existantes qui étaient réparties sur plusieurs sites.

Euronews : À la fin de 2010, la Commission a signé un accord-cadre de 4 ans de partenariat avec Euronews. Dans ce cadre, la Commission a jusqu’ici soutenu la mise en place d’un bureau à Bruxelles et la production et la diffusion de programmes européens. La Commission soutient également les versions en arabe et en persan d’Euronews, ce qui est important pour le développement démocratique dans ces régions.

Europe by Satellite (EbS) : Ce service d’informations pour les médias de l’UE a été la principale source de contenus pour les radios et télévisions sur les questions de l’UE depuis 1995. La programmation, transmise par satellite et Internet, est constituée d’un mélange d’événements en direct, des news et de productions diverses sur les politiques de l’UE. La capacité d’EbS a été doublée en janvier 2009 par l’ajout d’un deuxième canal (EbS +) en réponse à une demande croissante d’infos sur l’UE dans l’audiovisuel. En 2010, le service a livré 2 150 heures de transmission EbS à plus de 20 000 journalistes et 650 000 utilisateurs sur une base mondiale.

EUtube : Des productions multimédias pour le grand public – des vidéo-clips, des documentaires sur les politiques de la Commission ainsi que des CD-Rom de présentations pour des conférences et/ou à des fins éducatives.

Euranet : Un réseau européen de radios composé de 27 stations internationales, nationales, régionales et locales issues de 18 Etats membres de l’UE. Le réseau a débuté ses programmes sur les affaires européennes en avril 2008 en 17 langues, atteignant 19 millions de citoyens de l’UE et 30 millions de citoyens non-UE dans le monde, chaque semaine. Il exploite un site web interactif et multilingue visant à favoriser le débat public.

Presseurop : Un portail Internet dédié à la presse imprimée et en ligne. Il offre un aperçu quotidien des articles de presse les plus intéressants sur les affaires européennes publiés le jour même ou la veille. Ces articles sont sélectionnés parmi près de 250 journaux et magazines à travers le monde et sont traduits en 10 langues.

Les médias sociaux : La Commission utilise les médias sociaux aujourd’hui, à trois niveaux différents:

  • « Political messaging », c’est-à-dire que des messages politiques sont envoyés via Twitter par les Commissaires et les porte-parole ;
  • Communication avec les parties prenantes et dans le cadre de campagne menée par les DG et services, en utilisant Facebook, Twitter et YouTube, etc ;
  • Présence active de membres du personnel sur toutes les plateformes de médias sociaux en fonction de leur capacité personnelle. Des directives pour l’ensemble du personnel existent.

Europe Direct Contact Centre : Le Centre est accessible depuis tous les États membres, dans toutes les langues officielles de l’UE via un numéro de téléphone sans frais (00 800 / 6 7 8 9 10 11), et une adresse web unique. Des chats sont disponibles en EN, FR et DE. Il a été considérablement élargi ces dernières années.

L’Europe pour les citoyens : Ce programme appuie les discussions et le réseautage des citoyens à travers l’Europe et va maintenant bénéficier d’un lien plus étroit avec les questions de politique qui sont débattues en Europe. Cela aidera les citoyens à participer au grandes décisions transeuropéennes comme par exemple la reprise économique, l’emploi, l’efficacité énergétique, l’immigration, le changement climatique, etc.

Par ailleurs, nous travaillons maintenant de manière beaucoup plus proche avec les autres institutions européennes quand il s’agit de communiquer sur l’Europe, notamment avec le Parlement européen et avec le Conseil. La collaboration est basée sur la déclaration politique intitulée « Communiquer l’Europe en partenariat » signé en 2008.

L’amélioration des outils et la coopération avec le Parlement européen, le Conseil et les États membres permettent à la Commission d’expliquer et de communiquer beaucoup mieux les politiques de l’UE avec et pour les citoyens et de contribuer à combler le « fossé » entre les citoyens et les institutions européennes. La communication sur la reprise économique est un bon exemple: les propositions et les opinions de la Commission sont désormais très présentes dans les différents médias dans les États membres.

La communication sur le prochain cadre financier pluriannuel sera le prochain test pour voir combien nous sommes efficaces dans la communication des grandes propositions de la Commission.

Quelle est, au contraire, votre plus grande déception ?

Certaines des réformes que j’avais en tête sont sorties très tardivement ou ne sont pas encore réalisées.

Les ressources humaines et financières de la Commission disponibles sont réparties dans toute la Commission. Ceci est un obstacle pour concentrer nos efforts sur les sujets qui comptent vraiment pour les citoyens et les entreprises. Je pense que nous pourrions être encore plus efficaces dans la communication de l’Europe si nous pouvions rassembler plus les ressources pour la communication afin de développer une plateforme de communication corporate plus solide.

Le conseil de direction de la communication, qui guide la communication corporate, que j’avais proposé en 2008, a été créé vers la fin de mon mandat avec l’arrivée de la vice-présidente Reding. Il s’est avéré être un moyen très utile pour orienter les activités de communication de la Commission, mais aurait dû être fait plus tôt.

Qu’avez-vous appris la plupart de la communication ?

L’importance de la localisation des messages aux conditions dans les États membres. Communiquer nécessite de prendre en considération les sensibilités, la culture, l’histoire et évidemment les langues. Ce qui fait la richesse de la diversité de l’Union européenne est en effet un grand défi pour communiquer à travers l’Europe. Et surmonter ces obstacles est indispensable pour un échange efficace des points de vue à travers l’Europe.

À cet égard, les Représentations de la Commission dans les États membres ont joué et jouent un rôle clé. Je suis très heureux qu’elles aient été renforcées grâce à plus de personnels mieux qualifiés et qu’elles sont maintenant mieux branchées sur la communication de la Commission à différents stades : donner une rétroaction plus qualitative des États membres et faire passer les messages par les médias et les citoyens.

Mais on pourrait faire plus ! Nous devons nous engager davantage avec les parties prenantes, avec les écoles, les ONG, les pro-européens et les eurosceptiques de même ! Vive une démocratie vivante.