Qui est Gregory Paulger le nouveau Directeur général de la communication à la Commission européenne ?

Vacant depuis le 1er juillet 2011, le poste de Directeur général de la DG COMM est pourvu depuis le 1er janvier 2012 par Gregory Paulger. Qui est-il à la lecture de son CV ?

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Un collaborateur de Viviane Reding

Dans une fonction « politique », Gregory Paulger a été le chef de cabinet de Viviane Reding entre 1999 et 2003, lorsqu’elle était Commissaire européenne pour l’Education et la Culture. Rappelons qu’aujourd’hui, Viviane Reding est Vice-Présidente de la Commission européenne responsable de la Justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté (ainsi que de la communication). Gregory Paulger est donc sous la tutelle de Viviane Reding.

Un expert de la politique de l’audiovisuel de l’UE

Au fil de ses postes, Gregory Paulger s’est construit une expertise dans la politique de l’audiovisuel de l’UE, cette politique publique européenne ambivalente, à mi chemin entre économie (création d’un marché commun des industries créatives) et culture (promotion de la diversité des identités nationales et de la pluralité culturelle européenne) :

  • Chef de l’unité « Politique de l’audiovisuel » au sein de la DG X (Culture et Audiovisuel), il est l’auteur du livre vert sur la politique de l’audiovisuel adopté en 1994 ;
  • Directeur de la direction « Culture, Politique audiovisuelle et Sport » au sein de la DG EAC (Éducation et Culture) entre 2003 et 2005 ;
  • Directeur de la direction « Audiovisuel, Médias, Internet » au sein de la DG INFSO (Société de l’Information et des Médias) de 2005 à 2011.

Ainsi, Gregory Paulger peut capitaliser sur sa relation avec Viviane Reding et sur ses connaissances dans l’audiovisuel pour prendre la tête de la DG COMM.

Quels sont les enjeux de la communication européenne dans les médias sociaux ?

Visibilité, fiabilité et utilité sont les 3 enjeux principaux de la communication européenne dans les médias sociaux, en résumé de la discussion organisée par le Groupe des Belles Feuilles samedi 14 janvier à Paris sur « institutions européennes et médias sociaux »…

Enjeux de visibilité : ne plus être anonyme, sans visage

Grâce aux progrès de la téléphonie mobile, les réseaux sociaux sont dans chaque poche, dans chaque sac ; l’UE doit donc être là où est le public et en particulier auprès des relais en ligne : journalistes, bloggeurs…

Néanmoins, la multiplication des comptes Twitter et des pages Facebook des institutions européennes (et à fortiori l’ouverture systématique de nouveaux espaces lors de campagnes de communication) peut se révéler contre-productive.

De même, un équilibre doit être trouvé entre une présence institutionnelle limitée mais nécessaire en matière de visibilité et des présences individuelles à la fois officielle (via les porte-parole) et officieuse avec des fonctionnaires de l’UE actifs en ligne.

Enjeux de fiabilité : être mature et transparent

Développer une maturité vis-à-vis des contenus circulant sur ces réseaux. Les institutions européennes doivent faire preuve de maîtrise et de mesure tant dans leur activité de veille que de « community management ».

Afin d’éviter d’être noyés sous un flot ininterrompu de bruit, la collecte et la veille doivent être organisées pour vraiment fonctionner comme un mécanisme d’écoute et d’alerte. De plus, être sur les réseaux sociaux ne doit pas seulement viser à publier et promouvoir ses contenus, mais aussi à savoir sur quoi porte les « conversations ».

Au-delà des « guidelines » pour encadrer la présence en ligne, des formations plus spécifiques doivent être réalisées, en particulier auprès des porte-parole, pour attirer leur attention sur la gestion de crise en ligne et les réactions appropriées à adopter dans leurs prises de parole en ligne.

Ces activités sont confiées au « Social Media Network » de la Commission européenne.

Enjeux d’utilité : être divertissant ou informatif et pertinent

Quels contenus diffuser sur les médias sociaux ?

  • avec des recommandations sur les comptes institutionnels : proposer des listes de contacts à suivre, recommander des liens…
  • avec des comptes individuels de personnels « mandatés », participer aux interactions qui existent déjà sur les sujets européens dans les réseaux sociaux. Encadrer cette pratique avec des règles de participation ET faire confiance au bon sens de chacun et au respect des règles éthiques.
  • avec des pages ou comptes sur Facebook, Twitter, YouTube, Dailymotion, Vimeo, Flickr, LinkedIn… À titre d’exemple, Herman van Rompuy est présent sur Weibo, le réseau social chinois.
  • avec des live-reports, live-bloggings… animés par les équipes digitales.

Quelles questions selon la présentation Prezi de Dana Manescu ?

  • Comment assurer une présence optimale entre la tentation d’être partout au détriment de la qualité et de l’intensité des échanges ?
  • Comment mener un dialogue crédible sachant que les institutions européennes ne peuvent pas matériellement prendre en compte toutes les contributions des citoyens ?
  • Comment communiquer sur des contenus complexes, sachant que l’« on ne peut s’attendre à mette un texte européen sur Facebook et s’attendre à ce que les gens l’aiment » ?
  • Comment permettre une communication en temps réel qui ne soit pas superficielle ?
  • Comment lever les barrières linguistiques et réduire la fracture numérique ?

Composition de la table ronde :

  • Dana Manescu, Press Officer au Secrétariat général du Conseil européen @Dana_Council
  • Anne Christensen, Social media manager/Web editor dans l’équipe médias sociaux de la DG Communication à la Commission européenne @AnneCbxl
  • Stéphanie Wojcik, Docteure en science politique, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication @stephaniewojcik
  • Ronny Patz, Eurobloggeur sur Polscieu @ronpatz
  • Jean-Sébastien Lefebvre, Journaliste à Euractiv.fr @jslefebvre
  • Animateur : Michaël Malherbe

Bilan :

  • 5 risques d’une présence de l’UE non maîtrisée sur les réseaux sociaux : absence d’une stratégie d’ensemble, verrouillage des prises de parole, peu de contenus intéressants à diffuser, pas d’interaction avec les acteurs en ligne, pas de circulation de l’information entre les services en interne.
  • 5 raisons d’une présence de l’UE maîtrisée sur les réseaux sociaux : distribuer avec pertinence du contenu, impliquer avec intelligence le public, collecter des données sur les acteurs et les conversations en ligne, dialoguer avec les publics, valoriser l’UE par la qualité de l’information diffusée.

Présidence du Conseil de l’UE : le choc des communications nationales

Tous les 6 mois, un nouvel État-membre se saisit de la présidence tournante du Conseil de l’UE, une occasion pour illustrer des différences dans la manière de communiquer. Entre la Présidence française de l’UE en 2008 qui reste à ce jour la plus chère de l’histoire avec un budget de 171 millions d’euros et la nouvelle présidence danoise qui se présente comme « the Discount Presidency of the EU », la présidence low-cost avec un budget de 35 millions d’euros, les différences sont importantes.

Alors que la présidence tournante « de l’UE » est une opportunité tous les 13,5 ans pour mettre un État sur le devant de la scène européenne ainsi que l’Europe à l’agenda médiatique national, quel est l’impact des cultures nationales et des ambitions sur les pratiques de communication ?

Présidence danoise du Conseil de l’UE : une présidence sobre résolument d’austérité

Avec un budget « low-cost » de 35 millions d’euros, la Présidence danoise s’annonce résolument commune une présidence d’austérité, qui ne prévoit aucune action de communication :

  • ni action de promotion visant à mieux faire connaître l’UE auprès du peuple danois – opposé à l’adoption de l’euro et résolu à conserver une indépendance nationale en matière de défense ;
  • ni action de valorisation de la culture danoise auprès de ses 26 partenaires européens.

Présidence française du Conseil de l’UE : une présidence « flamboyante » et culturelle

A contrario, en 2008, la France souhaite faire de sa présidence semestrielle un véritable exercice de promotion de la grandeur nationale tant auprès des citoyens français et européens en France (illumination de la Tour Eiffel, campagne TV sur l’Europe…) que des Européens avec une saison culturelle européenne visant notamment à promouvoir la culture française en Europe.

Présidences polonaise, tchèque et hongroise du Conseil de l’UE : des présidences relativement nationales

Parmi les présidences de ces dernières années, les exercices des pays d’Europe centrale et orientale – pour des raisons diverses – se trouvent davantage marqués de leur empreinte nationale :

  • la Pologne assure une présidence forte, avec une communication pro-européenne décomplexée (inauguration d’une nouvelle Représentation à Bruxelles, nombreuses actions avec des ONG auprès des Polonais, contrat avec une agence internationale de RP pour promouvoir les engagements européens du pays sur la scène internationale…) ;
  • la République tchèque assure une présidence ambiguë avec notamment campagne TV et exposition « Entropa » au Justus Lipius provocantes, frappées par l’esprit et l’humour tchèque : assurance en soi, sens de l’humour et auto-dérision ;
  • la Hongrie exerce une présidence également « nationale » au sens où les ambivalences font ressortir des traits de la culture politique nationale entre d’une part, le programme de travail et les intentions, notamment portées par des portes-paroles actifs « Kovács and Kováts » et d’autre part, l’actualité politique nationale et en particulier le vote d’une loi sur les médias liberticide.

Présidences belge, suédoise et espagnole : des présidences fortement européennes

Autres cultures, autres pratiques, les présidences belge, suédoise et espagnole sont beaucoup plus « européennes » dans la mesure où l’intérêt européen et le jeu collectif et consensuel semblent davantage assumés :

  • la Belgique tient la présidence semestrielle sans avoir du début à la fin un gouvernement, ce qui limite de facto les controverses politiques sur le programme et les priorités ;
  • la Suède met en œuvre une présidence pragmatique et transparente, à l’image des actions de communication menées sur le terrain et dans les lycées ;
  • l’Espagne joue la partition du trio de présidence et s’inscrit dans une culture consensuelle et démocratique, s’appuyant sur des opérations de communication auprès de la société civile.

Ainsi, la présidence semestrielle du Conseil de l’UE est certes une opération participant de la gouvernance européenne. Mais, comme l’indique les différences de pratiques et de communication, c’est également l’expression d’une culture politique nationale.

Invitation inédite d’un Eurobloggeur au voyage de presse organisé par la présidence danoise du Conseil de l’UE

L’ouverture du traitement des Eurobloggeurs sur le mode des journalistes progresse de nouveau grâce à un Etat-membre président le Conseil de l’UE.

À peine un an après l’octroi – par la présidence hongroise du Conseil de l’UE – d’accréditation à des Eurobloggeurs pour leur donner accès aux réunions du Conseil des ministres européens ; la présidence danoise vient d’inviter un Eurobloggeur au voyage de presse traditionnellement organisé pour les correspondants de presse auprès de l’UE dans la capitale du pays exerçant la présidence tournante…

Le traditionnel voyage de presse pour les correspondants de presse auprès de l’UE

Comme il semble être de coutume, l’Etat-membre à la tête de la présidence semestrielle du Conseil de l’UE organise un voyage de presse dans sa capitale pour permettre aux journalistes européens de rencontrer les principaux responsables institutionnels.

Dans ce cadre, la présidence danoise, qui vient de débuter, organise un voyage de presse afin de permettre aux journalistes de rencontrer le Premier ministre danois, Helle Thorning-Schmidt, le ministre des Affaires étrangères Villy Søvndal, des Affaires européennes Nicolai Wammen ou des finances, Bjarne Corydon.

Sont ainsi invités – selon la liste des participants ci-dessous – 68 correspondants de presse :

  • la principale délégation (12%) est représentée par la presse anglo-saxonne : The Times, The Daily Telegraph Reuters, Blommberg News, Dow Jones/Wall Street Journal, International Herald Tribune/The New York Times, The Economist, Financial Times ;
  • la presse française (8%) est également bien représentée : Agence France Presse, Les Echos, Le Monde, Le Figaro, Ouest-France, Agence Europe ; quoique le fameux correspondant de Libération, président de la section française de l’Association des journalistes européens, Jean Quatremer ne soit pas présent.

Scan de la liste des participants du voyage de presse de la Présidence danoise (@JonWorth)

L’invitation inédite d’un Eurobloggeur au voyage de presse de la présidence danoise

Parmi les 68 participants, Jon Worth, l’un des Eurobloggeurs les plus éminents, co-éditeur du BloggingPortal, figure également sur la liste, comme il le confirme sur son blog : « Danish Presidency Press Trip ».

Cette démarche inédite de la part d’une présidence du Conseil de l’UE confirme à la fois la position d’interlocuteur que certains Eurobloggeurs – par leur talent et leur présence à Bruxelles – ont su créer ainsi que l’ouverture des équipes presse/communication d’une pays réputé pour sa transparence dans les affaires publiques.

Ainsi, d’autres initiatives inédites sont à prévoir au cours du semestre de la présidence danoise du Conseil de l’UE.

Palmarès des membres de la Commission européenne actifs sur Twitter en 2012

Après un 1er classement en 2010 montrant que seuls 2 Commissaires – Janez Potočnik et María Damanáki (à titre personnel) – étaient actifs sur le réseau de micro-blogging et le palmarès début 2011 révélant que 6 Commissaires étaient activement présents sur Twitter, qu’en est-il début 2012 ?

En 2012, 12 Commissaires – 44 % de la Commission – sont activement présents sur Twitter

Avec au total 70 435 Followers, 5 600 Tweets et 2 880 Followings, les Commissaires assurent une présence importante (doublement en un an) à des niveaux d’activité très inégaux, avec une pratique très répandue de comptes gérés par les équipes presse ou communication et peu de « verified profile ». Voici la liste des Commissaires européens effectivement actifs sur Twitter début 2012 :

  • Neelie Kroes (Vice-présidente, Société numérique) demeure la Commissaire la plus active (1 779 Tweets) et la plus suivie (30 851 Followers) ;
  • Michel Barnier (Marché intérieur et Services) se positionne en 2e du palmarès avec 7 066 Followers et la plus large ouverture (604 Following). Ayant activement tweeter pendant la campagne des élections européennes, Michel Barnier a réactivé son compte pendant l’année 2011 ;
  • Viviane Reding (Vice-présidente, Justice, Droits fondamentaux et Citoyenneté + Communication) est sur la 3e marche du podium avec 6 320 Followers ;
  • María Damanáki (Affaires maritimes et Pêche) est doublement présente avec un compte officiel et un compte personnel en grec, soit 5 933 Followers ;
  • Janez Potočnik (Environnement) ;
  • Connie Hedegaard (Action climatique) ;
  • Kristalina Georgieva (Coopération internationale, Aide humanitaire et Réaction aux crises) ;
  • Andris Piebalgs (Développement) ;
  • Siim Kallas @siimkallaseu (Vice-président, Transports) ;
  • László Andor (Emploi, Affaires sociales et Insertion), le Commissaire hongrois qui a ouvert son compte au début de la présidence hongroise du Conseil de l’UE en 2011 ;
  • Maroš Šefčovič (Vice-président, Relations inter-institutionnelles et Administration) a début au cours de l’année 2011 ;
  • Algirdas Semeta (Fiscalité, Union douanière, Audit et Lutte anti-fraude) est le dernier arrivé avec 49 Tweets et 259 Followers.

En 2012, 15 Commissaires, dont le Président – 56 % de la Commission – ne sont toujours pas présents sur Twitter

Une large majorité des Commissaires – dont le président de la Commission européenne – est absente du réseau social Twitter :

  • José Manuel Barroso (Président) : tandis que le Président du Conseil européen Herman van Rompuy est très actif avec 38 292 Followers au compteur pour @euHvR (aujourd’hui @eucopresident), ainsi que le président du Parlement européen Jerzy Buzek avec 14 091 Followers et celui du Conseil économique et social européen, Staffan Nilsson ; José Manuel Barroso est toujours au abonné absent.
  • Catherine Ashton (Première Vice-Présidente, Haut représentant pour les Affaires étrangères) : son absence est « compensée » par le compte officiel du Service européen pour l’action extérieure (8 549 Followers et 3 287 Tweets) et le compte @EUHighRepSpox de son porte-parole.
  • Joaquín Almunia (Vice-président, Concurrence) ;
  • Antonio Tajani (Vice-président, Industrie et Entreprises) ;
  • Olli Rehn (Affaires économiques et monétaires) ;
  • Androulla Vassiliou (Éducation, Culture, Multilinguisme et Jeunesse) ;
  • Karel De Gucht (Commerce) ;
  • John Dalli (Santé et Politique des consommateurs) ;
  • Máire Geoghegan-Quinn (Recherche, Innovation et Science) ;
  • Janusz Lewandowski (Budget et Programmation financière) ;
  • Johannes Hahn (Politique régionale) ;
  • Štefan Füle (Élargissement et Politique européenne de voisinage) ;
  • Dacian Cioloş (Agriculture et Développement rural) ;
  • Günther Oettinger (Énergie) ;
  • Cecilia Malmström (Affaires intérieures) : il n’est pas interdit de penser qu’après l’ouverture de son blog en 2011, la Commissaire soit tentée de se lancer – tous les autres Commissaires tenant un blog étant également sur Twitter.

Ainsi, au vue des inscriptions régulières, il est fort à parier qu’au cours de l’année 2012, une majorité de Commissaires européens devraient êtres présents sur Twitter.