Quelles sont les conséquences de l’indifférence à l’Europe sur la communication politique française ?

Dans « Monnet for Nothing? France’s Mixed Europeanisation », Olivier Rozenberg analyse le contraste entre l’engagement discursif pro-européen de la plupart des élites françaises et l’expression régulière de réticences dans la société et les partis de protestation. Pourquoi à mesure que l’UE exerce un poids croissant dans les politiques publiques, la communication politique française semble réduire la place ou le soutien accordé à l’UE ?

L’indifférence de l’UE = le silence dans la communication des partis politiques de gouvernement

La relation nuancée des partis politiques de gouvernement à l’UE invite à dresser plusieurs constats ambivalents autour d’une relation indifférente à l’UE : le « consensus permissif » s’effrite et le silence s’installe dans la communication gouvernementale.

Les données sur la perception de l’UE dans l’opinion publique via les enquêtes Eurobaromètres indiquent que le sentiment pro-européen continue de dominer en dépit d’une érosion à long terme et d’une progression de l’« euro-indifférence ».

Résignation et désintérêt sont plutôt les attitudes majoritaires des citoyens ordinaires français envers l’UE, que ce soit le fait d’un manque de visibilité réelle de l’Europe dans la vie ordinaire ou que l’autonomisation de l’UE au détriment de l’État-nation ne soit pas un sujet de préoccupation.

Par conséquent, le « consensus permissif » d’une opinion publique indifférente laissant faire la construction du projet d’intégration par les élites politiques s’effrite au sein de l’opinion publique.

La relative continuité de l’engagement européen des partis de gouvernement qui alterne au pouvoir depuis une trentaine d’années se paie au prix d’un affaissement de la communication gouvernementale sur l’Europe. Ce silence a un coût.

L’indifférence à l’UE = l’euroscepticisme et la radicalisation dans la communication des partis politiques de protestation

A rebours d’une communication sur l’Europe réduit au sein des partis politiques de gouvernement, l’euroscepticisme et la radicalisation progresse dans les partis politiques de protestation.

D’une part, l’Euroscepticisme se développe dans la communication des partis politiques :

  • euroscepticisme traditionnaliste de l’extrême droite opposé au projet de construction européenne ;
  • euroscepticisme souverainiste de la droite républicaine, éclaté entre familles politiques néo-gaullistes ;
  • euroscepticisme « naturaliste » du mouvement faisant l’éloge de la de chasse, du localisme et de la vie rurale ;
  • euroscepticisme de gauche des mouvements « alter-mondialisation », décuplé depuis l’échec du référendum de 2005.

Même si l’UE n’a pas changé de façon spectaculaire la manière de faire de la politique en France – les opinions dans les partis politiques et chez les citoyens vis-à-vis de l’UE se structurant toujours en fonction d’attitudes fondées sur le/l’(anti)libéralisme culturel et économique – l’instrumentalisation de ces opinions par les partis non-gouvernementaux jouent au détriment de l’UE.

Dans un écho « ironique » à l’indifférence molle à l’UE au sein des partis de gouvernement, la radicalisation sur des questions non européennes tend à alimenter l’euroscepticisme dans la société par capillarité et sédimentation progressives.

Au total, le choix de la plupart des dirigeants politiques de mener une stratégie d’évitement des questions européennes conduit à ce que les clivages internes européennes au sein de l’opinion publique ne sont pas activés par l’offre politique. S’installe ainsi une « indifférence mortelle » des élites politiques qui risquent de nourrir l’euroscepticisme lors des prochaines échéances électorales européennes.

Années européennes, l’archétype des campagnes de communication de l’UE ?

Tant par leurs qualités que par leurs défauts, les Années européennes sont à ce jour les campagnes de communication de l’UE les plus avancées. Quelles en sont les principales caractéristiques ?

Qualités des campagnes « Année européenne »

Selon les évaluations réalisées par la Commission européenne (voir notamment le rapport de Deloitte pour l’Année européenne 2011), plusieurs enseignements relativement positifs peuvent être tirés :

Mise à l’agenda européen : Les Années européennes se sont révélés être des instruments efficaces pour mettre chaque année une question politique européenne au sommet de l’agenda politique européen. Le niveau élevé de participation pendant une période limitée permet de mobiliser un soutien politique et d’ouvrir la voie à de plus grands engagements politiques de l’UE.

Mobilisation de réseaux européens et nationaux ad hoc : Les Années européennes réussissent à créer une mobilisation sur un domaine d’intervention de l’UE entre les institutions européennes, les États membres, des acteurs de la société civile, des think tanks et au niveau régional / local.

Sensibilisation sélective de parties prenantes : Les Années européennes conçues en vue de faire connaître, débattre et échanger des points de vue sur un thème spécifique parviennent à sensibiliser des parties prenantes ciblées dans la société civile.

Autrement dit, les qualités reconnues des Années européennes résident dans leur capacité à attirer l’attention d’acteurs publics européens et nationaux ainsi que quelques parties prenantes sectorielles sur un sujet mis à l’agenda pendant la durée de la campagne.

Défauts des campagnes « Année européenne »

A demi mot, derrière les évaluations se dessinent également des défauts récurrents que les Années européennes ne parviennent pas à résoudre :

Synergies sous optimales avec les Etats-membres : Les Années européennes portées par une campagne de communication conçue en central par l’UE achoppent à créer de véritables synergies efficaces entre les programmes nationaux et européens, et entre les projets phares financés par l’UE et les autres actions laissées à la discrétion des Etats-membres.

Retours d’expérience et valeur ajoutée de long terme limités : Les Années européennes ont certes tendance à avoir plus de valeur ajoutée par rapport aux interventions individuelles des États membres mais n’arrivent pas pour autant à jouer un rôle important dans la création d’une dynamique politique européenne contribuant à des changements dans les politiques publiques européennes.

Démultiplication médiatique et impact réduits : Les Années européennes, surtout faute de moyens, ne réussissent pas intéresser les médias et à déployer une activité suffisante pour être relayée auprès du grand public, grand absent de ces campagnes.

Autrement dit, les défauts des Années européennes portent dans leur incapacité à attirer le soutien plein et entier des administrations nationales et l’attention des médias sur un sujet qui passe relativement inaperçu du grand public.

Au travers des évaluations des Années européennes se trouvent poser l’archétype des campagnes de communication de l’UE avec des qualités de mobilisation et de mise à l’agenda au niveau européen et des défauts de démultiplication, notamment médiatique, limitée à l’échelle nationale et locale.

« L’Europe coupable des lasagnes au cheval » : symptôme des dérives de la fait-diversification de l’information européenne

L’Union européenne, système politique complexe, forcément trop complexe pour les médias fait parfois l’objet de dérive à cause de certaines pratiques journalistiques. La pseudo-affaire de « l’Europe coupable des lasagnes au cheval » selon Jean Quatremer est le dernier symptôme des dérives de la fait-diversification de l’information européenne. Explications…

De la spécificité de l’information sur l’UE

Le journalisme européen est un métier un peu à part dans le journalisme en raison de la spécificité de l’actualité européenne :

Il n’y a pas de résonance calendaire entre l’agenda de l’UE et l’agenda des débats publics nationaux sachant qu’entre une décision européenne et son application dans les Etats-membres, il peut s’écouler dix ans, hormis épisodiquement lors des sommets européens des chefs d’Etat et de gouvernement.

Il n’y a pas d’image émotionnelle de l’UE, toujours jugée distante et froide par les citoyens, même si certains sujets comme Erasmus ou le programme d’aide aux plus démunis percent dans l’actualité en s’agrippant au potentiel d’émotion.

Il n’y a pas de « bons » et de « méchants » dans l’UE, sauf à se limiter à une instrumentalisation spectaculaire des milieux « obscures » du lobbying, comme s’est complu par facilité à le faire le dernier reportage « Bruxelles Business » consacré au sujet la semaine dernière sur Arte.

Dès lors, l’information européenne à plutôt tendance à être asynchrone, c’est-à-dire hors de l’actualité, et pauvre en mise en scène, au-delà des quelques personnalités falotes comme van Rompuy et Barroso mais surtout longue à expliquer auprès des citoyens.

Des dérives d’une information sur l’Europe « fait-diversifiée »

Afin de se conformer aux canons de production et de diffusion des « news », l’information européenne doit de plus en plus se transformer en « fait-divers », ces informations spectaculaires et simplifiées qui peuvent passer en boucle sur les chaînes d’info TV et les médias audiovisuels.

Déjà, lors du sa participation aux 3èmes assises internationales du journalisme à Strasbourg le 7 octobre 2011, Jean Quatremer dans la discussion du panel: « pourquoi l’information sur l’Europe ne passionne pas ? » revenait sur le phénomène de « fait-diversification » du traitement de l’actualité.

La fait-diversification de l’information européenne pousse à traiter l’actualité par la proximité et à éviter le complexe : chercher toujours l’émotion plutôt que l’approfondissement.

Manifestement, comme le remarquait Jean Quatremer, cela ne plait pas : les journaux français perdent des lecteurs tandis que The Economist conserve son lectorat avec un degré d’exigence et de sérieux intact.

« L’Europe coupable des lasagnes au cheval » : le symptôme des dérives de la fait-diversification

La légende urbaine voulant que l’UE soit coupable d’avoir mener les chevaux aux abattoirs en imposant des contraintes en matière de code de la route en Roumanie est née de cette dérive à vouloir simplifier et spectaculariser l’information.

Dans cette affaire, l’UE est la victime collatérale du penchant à la facilité du journalisme généraliste consistant à privilégier une fait-diversification généralisée de la couverture rédactionnelle de tout type d’actualité.

Comme le conclut Jean Quatremer « une belle rumeur qu’une certaine paresse journalistique était en train de transformer en fait ».

Des nouvelles formes du journalisme européen

Face à l’ère de l’info en continue, l’information européenne peut avoir des raisons de résister – au-delà de sa nature relativement irréductible au format des faits-divers. Les aspirations des publics sont en train d’évoluer à cause d’une certain infobésité qui fait que le fast news (à l’instar de la fast food) est de moins en moins bien digérée.

Une nouvelle diététique de l’info s’installe peu à peu et déjà quelques signes en matière d’information européenne en sont visibles.

Il suffit de s’intéresser aux nouvelles formes du journalisme numérique européen : journalisme de liens, curation de contenus et data-vizualisation (voir « Comment informer et communiquer sur l’Europe avec les nouveaux formats du web ? »).

Il convient également de regarder de nouvelles initiatives, comme nous y invite Fabrice Pozzoli-Montenay dans un panorama sur « Cinq façons de concevoir le journalisme européen ».

Au total, l’histoire de « L’Europe coupable des lasagnes au cheval » montre une nouvelle fois que l’information européenne n’a pas encore trouvée la bonne formule pour éviter les dérives en rejoignant l’actualité générale.

Initiative citoyenne européenne : comment renforcer le pouvoir des citoyens ?

Pendant le mandat de Margot Wallström, l’UE s’est lancée dans de nombreuses innovations démocratiques avec des expérimentations délibératives transnationales. A défaut d’en tirer des leçons pour les inclure dans le système politique européen, l’initiative citoyenne européenne d’inspiration plébiscitaire a été institutionnalisée. Comment compléter la mécanique pétitionnaire/plébiscitaire avec de la démocratie délibérative/participative ?

Quelle légitimité démocratique pour les initiatives citoyennes européennes ?

Il est à craindre – compte tenu des contraintes liées à la collecte d’un million de signatures dans un minimum de 7 États-membres en un an – que les initiatives citoyennes européennes qui réussissent tendent à représenter les intérêts d’organisations déjà existantes.

La pratique des initiatives citoyennes européennes risque de réaliser une forme faible de participation citoyenne :

Quoique l’impact sur l’agenda institutionnel de l’UE soit limité puisque la Commission conserve la faculté de négliger une initiative, les organisations représentant des intérêts seront toujours plus mobilisées que les citoyens de base.

L’expérience des pétitions en Californie où le seuil du million de signatures est exigé prouve la dérive au profit d’organisations capable de dépenser le million de dollars nécessaire au succès.

Il n’y a pas de « citoyen mythique » qui pétitionnerait et s’auto-organiserait. La participation des citoyens sera donc canalisée par des organisations disposant de moyens puissants.

De plus, le terme même d’initiative est trompeur. Quoique confondu avec les référendums, les initiatives dans le langage courant signifient que les citoyens peuvent soumettre à un vote une mesure législative ou un amendement constitutionnel dans une forme de démocratie directe.

Avec l’initiative citoyenne européenne, seule la dimension « pétitionnaire » est conservée. La capacité de peser sur les formes traditionnelles de prises de décision n’existe pas, puisqu’il n’y a pas d’effet disciplinaire/obligatoire/contraignant sur les acteurs publics européens.

Enfin, sous l’angle du débat public que peuvent générer les initiatives citoyennes européennes, là encore il ne s’agit pas d’un débat contradictoire argumenté entre plusieurs solutions comme lors d’un vote mais plutôt d’une campagne unidirectionnelle en faveur d’une préconisation, ce qui en limite grandement la dimension civique/éducative auprès du grand public et ne permet de connaître la mobilisation contraire que pourrait soulever l’initiative.

Au total, la légitimité démocratique des initiatives citoyennes européennes peut être mise en doute.

Quel complément délibératif pour accroitre la légitimité démocratique des initiatives citoyennes européennes ?

Graham Smith dans “Trans-national democratic innovation in the European Union: Flirting with deliberative and plebiscitary design” formule une proposition séduisante, tirant les leçons des expérimentations menées sous le mandat de Margot Wallström.

Toute proposition d’initiative citoyenne européenne qui aurait atteint les prérequis se verrait soumise à un forum délibératif européen constitué par un échantillon représentatif de citoyens européens qui devraient considérer le sujet en question.

Cela pourrait prendre la forme d’un sondage délibératif transnational qui permettrait de dégager des préférences claires ou alors une assemblée de citoyens plus institutionnalisée qui se réunirait pour mener un « mini débat public ».

La Commission européenne – ainsi que le grand public européen – disposerait ainsi d’un jugement représentatif de la diversité des perspectives et des solutions. L’initiative citoyenne européenne aurait alors une force normative plus significative et plus légitime.

Au total, les initiatives citoyennes européens actuelles proposent une manière de réaliser la citoyenneté transnationale, qui faute de légitimité ne peut parvenir à répondre au déficit démocratique de l’UE.

Bien que les initiatives citoyennes européennes sont susceptibles d’avoir un impact sur le processus de prise de décision de l’UE, leur absence de légitimité faut d’une véritable délibération des citoyens indique que les élites politiques européennes semblent craindre de confier un engagement complet des citoyens à l’échelle européenne.

Il n’est pas clair que les initiatives citoyennes européennes dans leur forme actuelle représentent un boulevard participatif pour les citoyens de base mais plutôt un chemin de traverse pour les organisations disposant déjà de relais d’influence auprès de l’UE.

Ainsi, contrairement à la rhétorique induite par le terme « initiative » et faute d’un complément délibératif, les citoyens européens sont encore à bonne distance de disposer du pouvoir dans l’UE.

Vers une éditocratisation du journalisme européen ?

A l’issue du Conseil européen des 7 et 8 février dédié aux négociations sur la programmation financière de l’UE pour 2014-2020, dont la principale conclusion est la baisse inédite du budget de l’UE ; les réactions des correspondants de presse européens semblent évoluer d’une approche traditionnellement neutre (informative et/ou éducative) vers un rôle plus engagé d’éditorialistes politiques…

Mieux comprendre le métier du journalisme européen

Selon la théorie, le métier de journaliste européen consiste à mener 2 activités complémentaires :

  • d’une part, une activité de médiateur des informations politiques issues notamment de sources européennes ;
  • d’autre part, un métier d’acteur du débat public en tant que commentateur et formateur d’opinions à partir des affaires politiques européennes.

L’équilibre entre ces 2 dimensions du métier est influencé par plusieurs facteurs :

  1. la demande du public : l’audience des journalistes européens tend plutôt à exiger un niveau d’exigence et de précision supérieur par rapport aux journalistes non spécialistes de l’UE ;
  2. l’agenda des institutions européennes : l’activité de l’UE tant via des campagnes publiques qu’en tant que source d’information est à la fois prolifique et inefficace ;
  3. la ligne éditoriale du média : chaque rédaction se reconnaît dans des préférences, des valeurs et des opinions ;
  4. l’investigation : chaque journaliste dispose d’une capacité personnelle plus ou moins importante d’accès aux ressources et de relations professionnelles ;
  5. la sélection des sujets : chaque sujet fait l’objet d’une négociation entre le rédacteur en chef et le journaliste tant en volume qu’en matière d’angles.

Le journalisme européen : un journalisme plus éducatif que partisan

Paul Statham dans « Political Journalism and Europeanization: Pressing Europe? » a réalisé en 2006 une étude empirique transnationale comparative portant sur 7 pays (UK, FR, D, NL, I, ESP, CH) sur la base de l’analyse des contenus de 4 journaux par pays et d’entretiens avec plus de 100 journalistes.

Les principaux enseignements de cette étude sont :

1. La plupart des titres de presse produisent des positions pro-européennes, aussi bien dans la façon dont ils représentent le discours politique que dans leur contribution au débat à travers leurs commentaires – à l’exception de la presse populaire britannique.

2. Les préférences des lectorats pour la politique nationale et leur compréhension faible de l’Europe agissent comme une condition contraignante dans les efforts des journalistes pour présenter des cadres interprétatifs multi-niveaux et/ou supranationaux.

3. Les faibles efforts de l’UE de cibler l’information à la presse, par rapport à leurs « concurrents » nationaux que sont les gouvernements limitent encore les possibilités d’une couverture «européanisée ».

4. Le déficit démocratique de l’UE est un sujet important pour les journalistes, mais pas au point d’être une source de motivation pour transformer le rôle des médias. La responsabilité de remédier à toutes les insuffisances de la communication politique européenne est laissée sur les épaules des élus. Les journalistes ne voient pas l’Europe comme une opportunité pour étendre leur propre rôle politique.

5. Néanmoins, des différences existent dans la couverture des affaires européennes, liés à la nature de l’objet UE qui ne rentre pas facilement dans les valeurs de la presse et les pratiques journalistiques établies. Les journalistes ont des problèmes avec la qualité politique de l’information de l’UE plutôt faible, ce qui rend difficile d’intégrer l’UE dans l’information immédiate et personnalisée, le format standard de l’information. Ainsi, en raison de leur propre défaut, les acteurs de l’UE souffrent par rapport à leurs homologues nationaux dans la couverture médiatique européenne avec des points de vue nationalisés qui ont tendance à prédominer.

6. Fait intéressant, ces mêmes particularités de la politique européenne donne plus de liberté individuelle aux journalistes d’exprimer leurs opinions par rapport aux affaires nationales. Toutefois, cela est le résultat d’un manque de repères établis, et n’est pas perçu comme une opportunité pour exprimer des opinions idéologiques sur l’UE.

Vers une éditorialisation politique du journalisme européen ?

Selon Paul Statham, le système médiatique aurait plutôt tendance à suivre le système politique de l’Europe, qu’il « représente » bien plus qu’il ne « mène » le débat politique.

C’est bien peut-être cette sensibilisation traditionnelle des journalistes européens principalement destinée à informer et à éduquer le public qui serait en train d’évoluer avec des journalistes qui agiraient plus ouvertement comme des journalistes politiques.

Ce que les négociations entreprises par Conseils européens successifs pour « sauver » la zone euro n’étaient pas parvenues à faire – compte tenu des solutions techniques et complexes –les négociations sur la programmation financière de l’UE – par la clarté des positions de chaque acteur politique tant européen que national – sembleraient favoriser un traitement plus politique des affaires européennes.

Le journalisme européen deviendrait-il plus ouvertement politique ?