Consultation De Facto : comment permettre à chacun de mieux s’informer ?

Retour sur la table ronde lors de Médias en Seine, « comment permettre à chacun de mieux s’informer ? » autour de la consultation De Faco, autour d’une réflexion globale sur une information plurielle, vérifiée qui a fait l’objet de 110 000 contributeurs et 2023 propositions, il s’agit d’un projet soutenu par la Commission européenne pour lutter contre la désinformation.

Axel Dauchez, Président et fondateur de Make.org

La consultation a permis de recueillir des réponses sur un sujet sensible auprès d’un très grand public, c’est une matière très riche sur les sujets qui génèrent le plus d’engagement et de consensus.

Principaux enseignements :

  • Sur-prépondérance des fake news, des craintes fortes
  • Sujet de bien s’informer était une préoccupation, c’est dorénavant une priorité, un impact sur la cohésion sociale
  • Convocation de tous les acteurs : l’enseignement à l’école, la régulation des pouvoirs publics, les comportements des citoyens
  • Une sorte d’union sacrée, avec de vrais paradoxes : rupture ou évolution ?

Christine Buhagiar, Directrice régionale Europe de l’AFP

Une consultation positive, on sort d’une attitude passive/critique sur l’information à une envie d’être plus actif, apprendre à douter, se doter d’outils, comment trouver la réalité des faits, c’est un changement de paradigme complet, c’est encourageant.

Une information de qualité, c’est restituer les faits en toute objectivité, c’est dans la charte fondatrice de l’AFP : oublier toute objectivité, aller sur le terrain. Une information exacte ne suffit plus en captant des photos et des vidéos d’observation des faits, le travail journalistique doit prouver par d’autres outils et méthodes que ce qui vient du terrain est vrai dans la lutte contre la désinformation. Aujourd’hui, 140 personnes ne font que de la lutte contre la désinformation, on n’aura jamais pu l’anticiper il y a même 5 ans.

Face au problème du manque de confiance du public dans les journalistes, un tiers des gens fait confiance aux médias. L’une des réponses à ce problème, c’est l’éducation aux médias, sur la base de valeurs, d’éthique. Si les personnes ont des outils de contre-enquête leur permet d’évaluer la qualité du travail des journalistes.

Sylvain Parasie, Sociologue et Professeur des Universités à Sciences Po

Au départ, une grande déstabilisation des pratiques, des troubles liés à la digitalisation. Il y a une extrême exigence des citoyens à l’égard de l’information, une attente très forte, un véritable intérêt : diversité, transparence, concentration.

Une information sur les réseaux sociaux, sans filtre journalistique. Le rôle des journalistes a changé : l’éditorialisation collective d’un média, alors que la circulation des articles est individuelle avec des réceptions très diverses. L’éthique et les standards journalistiques deviennent encore plus important et la pratique du fact-checking se développe aussi au sein de l’audience. La différence entre journalistes et citoyens reste importante, mais les critères de jugement de la qualité de l’information se rapprochent.

La distance avec les médias reste néanmoins importante au sein de la population, il existe aussi des phénomènes d’évitement de l’information avec des personnes très éloignées des médias.

Nathalie Sonnac, Présidente du Conseil d’Orientation et de Perfectionnement du Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information

Une conscientisation finalement dans un monde complexe, tout un chacun participe à la circulation de l’information, générant du bruit, un flux informationnel constant, difficile de s’y repérer. Il y a besoin de repères, d’informations de qualité, de sensibilisation aux médias, il y a un risque que la mauvaise information chasse la bonne, les citoyens en sont conscients.

Face à la crise de confiance, de façon institutionnelle dans toute l’Europe et les Etats-Unis frappe particulièrement les médias, il y a une forte demande pour s’acculturer aux médias et à l’information pour avoir un socle commun : en 2013, institutionnalisation de l’éducation aux médias pour les plus jeunes et en 2022, le renforcement de l’éducation à l’information avec des référents au sein des rectorats.

Aussi, il faut embarquer les familles dans l’univers numérique et le monde de la recherche et de l’université ainsi que les professionnels de l’éducation pour aider les éducateurs à se former eux-mêmes.

Au total, l’éducation aux médias est une priorité afin de développer ses capacités de lecture critique, de renforcer l’éducation au sein du système éducation et qui soit aussi destiné à toutes les générations.

L’Europe, sanctuaire ou crépuscule de la démocratie ?

Déjà en perspective des élections européennes du printemps 2024, la Maison de l’Europe de Paris a organisé une conférence, avec l’intervention d’Emmanuel Rivière, le patron de l’institut de sondage Kantar Public, responsable de toutes les enquêtes Eurobaromètre…

Quelle est la perception de la démocratie dans l’Union européenne ?

Petit tour d’horizon à l’appui de diverses enquêtes d’opinion en 10 points clés :

  1. Premier résultat significatif, la nature démocratique de l’Union européenne est reconnue très majoritaire, par plus de 72% des Européens, quoique cette proportion soit légèrement inférieure en France.
  2. Parmi les valeurs, la démocratie arrive en 4e position après les libertés, la paix et l’euro, ce qui montre à la fois les acquis communautaires et les principes ; en France, l’item démocratie est plus bas dans les valeurs.
  3. Globalement, la satisfaction sur le fonctionnement démocratique à l’échelle européenne est majoritaire, à 54%, il est d’ailleurs davantage interrogé à l’échelle nationale, y compris en France.
  4. Cette satisfaction sur le fonctionnement de l’UE est un sentiment inégalement réparti géographiquement avec une césure visible en Europe de l’Est, plus critique à l’égard de l’Union européenne.
  5. Le traditionnel clivage sociologique qui veut que plus on étudie longtemps, plus on a le sentiment d’être entendu dans la démocratie européenne se confirme dans les enquêtes les plus récentes.
  6. Les menaces contre la démocratie, comme les extrêmes ou la désinformation sont présentes, mais les citoyens européens se déclarent plutôt prudents et vigilants pour faire face à ces défis.
  7. Pour les valeurs que le Parlement européen doit défendre, depuis longtemps, c’est la démocratie qui apparaît en première position dans l’Union européenne, mais en France, c’est l’égalité femme-homme.
  8. L’intérêt pour les élections européennes est dans la moyenne à cette période, c’est-à-dire à 18 mois du scrutin, une partie seulement des Européens a connaissance de ce rendez-vous pour le moment.
  9. Malgré l’horizon menaçant sur l’état de droit dans quelques pays européens, même si la plupart peuvent se considérer concernés, les Européens défendent fermement les principes démocratiques.
  10. Les élections européennes permettent d’avoir le sentiment d’être entendu dans l’Union européenne, à quasiment chaque scrutin, ma voix compte davantage, c’est un vrai moment démocratique.

Que faut-il retenir ?

Les crises d’aujourd’hui, contrairement aux crises précédentes, produisent plutôt des sentiments positifs pour l’Union européenne, à elle de s’en saisir pour transformer l’essai.

European Newsroom : la nouvelle salle de presse sur l’Europe d’agences de presse européennes

Alors qu’un déficit important se creuse à Bruxelles avec de moins en moins de correspondants de presse auprès de l’UE issus des États-membres et pays candidats de l’Europe centrale et Orientale, le projet European Newsroom vise à faire travailler ensemble des agences de presse européennes, au-delà des frontières et sur un pied d’égalité…

De l’intérêt théorique d’une salle de presse commune gérée par les agences de presse européennes réunies à Bruxelles

Une vaste étude « A home for Europe’s Press Agencies » mène l’enquête sur l’idée d’une salle de presse commune aux agences de presses européennes à Bruxelles et présente les avantages pour le journalisme d’agence sur l’Europe et l’information européenne.

L’idée de réseau semble prometteuse, avec ses aspects de travail d’équipe, d’échange mutuel de sources et d’interlocuteurs ; le sens de la communauté peut l’emporter sur l’esprit de compétition, parce que les agences s’adressent à des publics différents sur le continent européen. Enfin et surtout, l’UE elle-même est basée sur un sens de la communauté et donc l’idée européenne d’une action commune pour le bien commun serait vécue en miniature dans la salle de presse pour l’information sur l’UE.

La création d’une salle de rédaction commune faciliterait non seulement le travail des journalistes pour chacune des agences individuelles, mais la mise en commun des agences a également des effets positifs sur la qualité journalistique de l’information européenne : plus fréquente et aussi de manière plus diversifiée sur l’UE et les affaires européennes en raison de l’augmentation des ressources en personnel sur place à Bruxelles.

L’accès à des compétences journalistiques telles que la vérification des faits (factcking) et les possibilités de formation continue ainsi que l’accès à des ressources médiatiques supplémentaires telles que la photo ou la vidéo et un réseau commun d’éditeurs. En d’autres termes, un journalisme de qualité renforce la résilience face à la désinformation et promeut le respect de la diversité d’opinion tout en améliorant régulièrement la qualité d’un journalisme d’agence reposant sur la diffusion de récit factuel à partir de sources originales et du cœur de l’Europe.

La corrélation entre la pertinence de la couverture journalistique de l’UE et des affaires européennes d’une part, et les efforts institutionnels et politiques pour les négociations d’adhésion des pays candidats à l’UE d’autre part, avec une couverture accrue non seulement de ces développements, mais également des affaires générales de l’UE.

La perspective européenne renforcée, tant les évolutions politiques, sociétales et culturelles en Europe, reposant largement sur un ensemble de valeurs communes, créerait un contrepoids médiatique à la propagande des systèmes autocratiques.

Les compétences du métier de journaliste telles que la recherche ou la vérification des faits peuvent ouvrir la voie à des normes journalistiques communes, sans compter l’accès aux sources primaires sur place, l’utilisation d’un système éditorial commun, de nouvelles opportunités commerciales entre les agences. La couverture de sujets en Europe et sur l’Europe, l’UE et ses parties prenantes pourrait s’améliorer, en particulier en ce qui concerne la diversité des contenus et des formats – et la qualité du journalisme d’agence. Ceux qui ne sont pas présents sur place dans les institutions bruxelloises doivent le plus souvent s’appuyer sur des informations filtrées à travers le prisme des groupes d’intérêts et de lobbying de leur pays d’origine. Et ce genre d’information est susceptible de renforcer le point de vue de ces groupes de pression, montrant ainsi une partie de la réalité, mais pas la « big picture ».

Une couverture plus factuelle permettrait au public de se forger sa propre opinion sur les développements politiques et les décisions prises à Bruxelles, un élément crucial pour les agences elles-mêmes ainsi que pour leurs pays d’origine, car cela renforce le niveau de démocratie des pays.

Du lancement concret du projet « European Newsroom » : un lieu de qualité et d’intégrité journalistiques

Porté par l’ambition d’une nouvelle égalité des chances d’accès à l’information, en particulier pour les États-membres et les pays candidats à l’UE ouvrant la voie à une couverture journalistique exhaustive, diversifiée et dépassant les frontières, « European Newsroom » se présente comme « un projet coopératif regroupant des agences de presse de toute l’Europe : dpa, AFP, AGERPRES, ANSA, APA, ATA, Belga, BTA, EFE, Europa Press, FENA, HINA, MIA, STA, Tanjug et TASR » qui bénéficieront de formations initiales et continues, de standards journalistiques communs, d’instruments tels que la vérification des faits contribuent à combattre désinformation et propagande, de manière impartiale et indépendante, sur la base de faits vérifiés et grâce à un accès professionnel aux informations et aux sources, à l’abri de la propagande et des fake news, le tout au cœur de l’Union européenne.

Les avantages les plus importants de la salle de presse commune aux agences de presse européennes :

  1. Une multitude d’agences de presse aux pouvoirs de diffusion uniques, qui fourniront à toute l’Europe des informations vérifiées du cœur de l’UE.
  2. Une salle de presse moderne, équipée de toutes les installations nécessaires pour un journalisme d’information de qualité, en soutien particulièrement aux agences de presse des petits États.
  3. Un centre de formation au journalisme d’information européenne.
  4. Une qualité et une intégrité encouragées par la mise en commun des agences de presse, par leur mise en réseau informelle ainsi que par l’infrastructure et les formations communes.
  5. Un lieu pour une information fiable sur les institutions de l’UE, ainsi qu’une autorité forte pour toute l’Europe dans la lutte contre les fake news.
  6. Pour la première fois dans l’histoire de l’UE, une collaboration de journalistes d’agences d’Europe occidentale et orientale à hauteur d’homme.
  7. Une équipe éditoriale internationale pouvant devenir une voix forte de l’Europe, convaincant par la qualité journalistique et renforçant la perspective européenne.

Au total, le projet d’une salle de presse commune aux agences de presse européennes à Bruxelles renforce la perspective européenne sur des sujets en Europe et sur l’Europe dans le paysage médiatique mondial à travers un collectif et une polyphonie qui rendent compte d’une Europe diversifiée de nombreuses voix, apportant ainsi une contribution précieuse au journalisme de qualité réalisé en Europe.

La communication, « une bataille que nous ne gagnons pas »

Propos très forts sur la communication de l’Union européenne sur la scène internationale du haut représentant de la politique étrangère européenne, Josep Borrel lors de la conférence annuelle des ambassadeurs auprès de l’UE en 2022…

La communication diplomatique européenne est un combat

Le message de Josep Borell aux ambassadeurs de l’UE à travers le monde est sans aucune ambiguïté : « nous devons nous battre sur la communication ».

Rares sont les Commissaires qui mentionnent leur blog officiel, pourtant ils sont près de la moitié à animer un blog. Jospe Borell le fait avec une précision de taille sans doute valable pour tous les membres de la Commission européenne : ce « n’est pas « mon » blog. Ce n’est pas mon amusement intellectuel, c’est ma « consigna » », c’est en quelque sorte, sa feuille de route, pour ses équipes, au quotidien.

La communication est « une bataille que nous ne gagnons pas parce que nous ne nous battons pas assez. Nous ne comprenons pas que c’est un combat. En plus de conquérir un espace, il faut conquérir les esprits ».

Rares sont les officiels à Bruxelles à mentionner les activités de manipulation de puissances étrangères. Josep Borell précise ses propos : « Les Russes et les Chinois sont très bons là-dedans. Ils s’industrialisent, ils ont des fermes [de trolls] qui se répètent systématiquement, atteignant tout le monde dans le monde (…) Nous n’avons ni Russia Today ni Spoutnik, pas même Radio Liberty ».

La communication diplomatique européenne doit être moderne et multilingue

Aux ambassadeurs de l’UE postés dans le monde entier, Josep Borell estime que « vous devez tous faire beaucoup plus en matière de communication. Nous vous fournissons du matériel et j’ai le sentiment que vous ne transmettez pas assez fort le message ».

Les délégations de l’UE doivent interviennir sur les réseaux sociaux, à la télévision, dans les débats, en les adaptant aux circonstances locales et bien entendu en utilisant les langues locales.

Le premier problème est que nous parlons anglais mais beaucoup de gens dans le monde ne parlent pas anglais et ne comprennent pas si nous nous adressons à eux en anglais. Faites-le dans les langues locales. Nous avons toujours un « réflexe » de culture européenne : nous parlons nos langues, et nous attendons du reste du monde qu’il nous comprenne. Beaucoup, beaucoup de gens dans le monde ne comprennent pas.

Qui va gagner les esprits et les âmes des gens ?

Josep Borell estime à très juste titre qu’il faut que l’UE soit plus engagée dans la bataille de récits entre les modèles en compétition sur la scène internationale. La démocratie n’est plus une vérité révélée qui s’impose d’elle-même.

Pour le haut-représentant, il est très clair que « nous devons expliquer quels sont les liens entre la liberté politique et une vie meilleure. Nous, Européens, nous avons cette chance extraordinaire. Nous vivons dans cette partie du monde où la liberté politique, la prospérité économique et la cohésion sociale sont la meilleure combinaison. Mais le reste du monde n’est pas comme ça. Notre combat est d’essayer d’expliquer que la démocratie, la liberté, la liberté politique ne sont pas quelque chose qui peut être échangé contre la prospérité économique ou la cohésion sociale. Les choses doivent aller de pair. Sinon, notre modèle périra, ne pourra pas survivre dans ce monde ».

Pour conclure, Josep Borell estime : « nous sommes trop kantiens et pas assez hobbesiens », nous essayons trop de rêver le monde tel qu’il devrait être plutôt que de porter la voix de l’Europe.

Discours sur l’état de l’Union 2022 : l’Europe à l’heure des solidarités

Pour ce 13e discours sur l’état de l’Union, le premier en temps de guerre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a enfilé l’uniforme militaire en se vetant littéralement aux couleurs de l’Ukraine, avec un propos offensif pour une Union européenne forte de ses valeurs qui n’est plus tant proactive sur son propre agenda mais réactive face au événements et crises comme l’Ukraine ou l’énergie, un discours très politique…

La solidarité de l’UE en soutien au courage de l’Ukraine

La force intérieure de l’Europe a été ravivée par l’agression de la Russie en Ukraine, l’unité doit être préservée pour que l’UE soit à la hauteur des enjeux considérables, même si un nouveau train de sanctions contre la Russie n’a pas été annoncé.

Le courage a dorénavant un nom, un visage, c’est le peuple ukrainien, une nation de héros, dont la solidarité européenne à hauteur de 19 milliards d’euros va se poursuivre avec aussi d’autres mesures d’intégration au marché intérieur européen : roaming, accès au marché de l’électricité…

La solidarité économique pour un changement de paradigme économique

La crise énergétique, qui est la plus saillante lors de cette rentrée fait l’objet d’une série de propositions pour viser l’indépendance aux hydrocarbures russes et la fin des manipulations des prix des marchés des énergies par la Russie.

Outre la diversification des approvisionnements et la réduction de la consommation des ménages, des entreprises et des administrations déjà largement engagées, la réforme du marché de l’électricité pour découpler les prix du gaz et de l’électricité ainsi que le plafonnement des recettes des producteurs d’électricité, soit une estimation de 140 milliards d’euros redistribués, sont à l’ordre du jour.

Le changement de paradigme pour une solidarité en action implique aussi d’autres propositions comme :

  • La création d’une banque de l’hydrogène, dotée de 3 milliards d’euros pour construire le futur marché de cette énergie prometteuse,
  • Le doublement des capacités de lutte contre les incendies,
  • La poursuite des investissements du plan NextGenerationEU, dont 700 milliards d’euros doivent être encore investis dans les économies sociales de marché européennes,
  • La souplesse dans les trajectoires de désendettements des États pour la gouvernance économique,
  • Le soutien aux PME avec plusieurs actions,
  • L’Année européenne des talents, en 2023, pour la formation continue,
  • Un règlement sur les matières premières critiques, après l’action de l’UE pour les batteries et les semi-conducteurs,
  • La création future d’un fonds de souveraineté européenne pour investir dans les industries d’avenir.

La solidarité des démocraties européennes

Afin de défendre la démocratie, Ursula von der Leyen recommande d’investir dans le pouvoir collectif des démocraties pour les biens publics mondiaux avec plusieurs actions comme le soutien à la Communauté politique européenne suggérée par Macron, la poursuite de Global Gateway, les routes de la soie à la sauce UE et de nouvelles mesures contre les ingérences malveillantes d’agents étrangers et la lutte contre la corruption, inclus dans le régime de sanction des droits de l’Homme.

Pour conclure, deux recommandations institutionnelles pour approfondir la démocratie européenne : d’une part, suivre la recommandation de la conférence sur l’avenir de l’Europe de maintenir des panels de citoyens comme une composante permanente de la vie démocratique (sans oublier une nouvelle initiative sur la santé mentale, issue des recommandations de la COFEU) et d’autre part, consacrer la solidarité intergénérationnelle dans les traités européens afin de renouveler la promesse européenne, via la convocation d’une Convention pour la révision des traités.

« Puisque nous songeons sérieusement à élargir notre Union, nous devons aussi envisager sérieusement de la réformer. »

Au total, le discours sur l’état de l’Union d’Ursula von der Leyen 2022 gagne par rapport aux années précédentes, un vrai fil rouge, un narratif cohérent autour de la solidarité ; tandis que quasi toutes les propositions mentionnées viennent des États-membres plutôt que des services internes ou des partis politiques, mais manque un peu d’idées ground-breaking.