Archives annuelles : 2013

Eurobaromètre : quelle est l’opinion et l’action des citoyens européens en matière d’engagement dans la démocratie participative ?

Au-delà de quelques enquêtes qualitatives de chercheurs, la démocratie participative en pratique dans l’UE demeure méconnue. Une enquête Eurobaromètre examine l’opinion des citoyens européens en matière de décisions politiques pouvant être influencées par leurs propres actions et par les organisations non gouvernementales (ONG)…

Perceptions des citoyens européens concernant les ONG : influence locale et nationale importante et moindre à l’échelle européenne

La première partie examine les points de vue des citoyens sur les ONG pour savoir si ces groupes ont le pouvoir d’influencer la prise de décision politique, s’ils partagent les intérêts et les valeurs des citoyens, et si les citoyens européens ont besoin de ces types d’organisations.

Pour une large majorité des Européens, les ONG peuvent influencer la décision politique à l’échelle locale (75%) et nationale (70%) et dans une moindre mesure à l’échelle de l’UE (53%). A l’échelle de l’UE, 41% des gens sont d’accord que les citoyens européens n’ont pas besoin de ces types d’organisations, et qu’ils ont d’autres moyens (non cités) d’influencer les décisions politiques.

S’agissant de la confiance des Européens dans les ONG, 59% partagent, au niveau de l’UE, les valeurs ou intérêts de certains de ces organismes, et qu’ils leur font confiance pour influencer de la bonne façon les décisions politiques européennes.

Tandis qu’au moins deux tiers de la population dans tous les États membres estiment que les ONG peuvent influencer les décisions locales ou nationales, seulement un petite majorité (53%) estime que ces organisations peuvent influencer la prise de décision au niveau de l’UE :

  • les citoyens les plus confiants dans l’influence des ONG à l’échelle de l’UE : Roumanie (71%), Portugal (68%), Luxembourg et Danemark (66%) ;
  • les citoyens les moins confiants dans l’influence des ONG à l’échelle de l’UE : Grèce (49%), Allemagne (48%) et Pays-Bas (48%).

Efficacité de différentes manières d’influencer les décisions politiques : les votes locaux et nationaux influencent plus que le vote européen

Dans la deuxième partie, les questions portent sur l’efficacité perçue des divers moyens d’influencer les décisions politiques, notamment le vote aux élections locales, nationales et européennes et l’influence des ONG.

Alors que près de 70% des citoyens européens croient que le vote local / régional ou national est un moyen efficace d’influencer les décisions politiques, près de 50% pensent que le vote aux élections européennes est efficace. Une majorité dans les 27 États membres pense que le vote aux élections locales est un moyen efficace d’influencer les décisions politiques. Cette majorité est unanime dans tous les pays, à l’exception de la Slovénie s’agissant du vote à l’échelle nationale.

Concernant les élections européennes, dans 19 États membres une majorité (54%) pense que le vote est un moyen efficace d’influencer les décisions politiques :

  • les citoyens les plus confiants dans l’efficacité du vote aux élections européennes : Roumanie (71%), Malte (69%) et Italie (65%) ;
  • les citoyens les moins confiants dans l’efficacité du vote aux élections européennes : Lettonie (32%), République tchèque (39%), Royaume-Uni (40%) et Slovénie (40%) ;
  • les citoyens sont également divisé aux Pays-Bas (49% chacun).

Engagements des citoyens pour influencer les décisions politiques : les pétitions et l’expression en ligne plus répandus que l’adhésion à une ONG ou la participation à des débats, à fortiori européens

La troisième et dernière partie porte sur l’engagement des citoyens dans la prise de décision politique. Les citoyens cherchent-ils à exprimer leurs points de vue en signant des pétitions ou en communiquant via les médias sociaux ? Quel est le niveau de participation dans les ONG et autres associations, comme les syndicats ?

Les pétitions sont la principale voie par laquelle les citoyens cherchent à directement influencer le processus décisionnel politique. Et pourtant, seulement un tiers (34%) des citoyens européens disent qu’ils ont signé une pétition (papier ou en ligne) dans les deux dernières années. Toutefois, la proportion de personnes qui ont fait cela varie considérablement, passant de 53% au Royaume-Uni à 7% à Chypre.

Les autres formes relativement populaires d’engagement sont l’expression d’opinion en ligne, notamment dans les médias sociaux (28%), l’expression de ses opinions auprès d’un élu local (24%), et la participation à un débat public au niveau local ou régional (18%).

Relativement peu de citoyens disent qu’ils ont exprimé leurs points de vue sur des questions publiques avec leur représentant élu au niveau de l’UE (4%) ou qu’ils ont pris part à un débat public au niveau de l’UE (1%).

Dans tous les États membres sauf deux (Lettonie et République tchèque), une majorité pense qu’être membre d’une ONG est un moyen efficace d’influencer les décisions politiques. La plupart des Européens en général ne sont pas membres d’une ONG ou d’une association. Un cinquième des répondants (20%) sont membres d’une organisation ayant un intérêt spécifique (économique, social, environnemental, culturel ou sportif), tandis 16% sont membres des syndicats.

En conclusion, les citoyens de l’Union sont toujours moins optimiste lorsqu’il s’agit de leur capacité d’influence sur les décisions politiques par leur vote aux élections européennes ou via l’action des ONG à l’échelle de l’UE.

Année européenne des citoyens : comment communiquer sur la citoyenneté européenne ?

2013 est l’Année européenne des citoyens, une occasion pour les institutions européennes de faire la promotion des droits des citoyens ainsi que sur la participation des citoyens à la vie démocratique de l’Union. Comment communiquer concrètement auprès des Européens ?

1er axe : centrer les prises de parole sur des sujets concrets et utiles aux citoyens européens

Plutôt que de communiquer in abstracto sur les droits des citoyens européens, l’Année européenne doit viser à rendre concrets et utiles les principaux droits :

droit de se déplacer et de séjourner librement dans l’UE : alors que la crise économique frappe inégalement les États-membres de l’UE, mieux informé les citoyens européens de ce droit devrait leur permettre d’en faire un meilleur usage, ce qui devrait être profitable pour eux-mêmes en tant qu’acteurs économiques (étudiants, travailleurs) et pour la société dans son ensemble pour limiter le chômage de masse, notamment des jeunes ;

droit de vote et de se présenter comme candidat aux élections municipales et européennes : alors que l’abstention ne cesse de progresser à chaque élection européenne et malgré les poussées de populisme lors de chaque scrutin en Europe, ce droit doit être plus largement connu par tous les Européens et leur rappeler doit leur permettre de se réinscrire dès cette année sur les listes électorales pour pouvoir participer aux élections européennes de 2O14 ;

droit d’initiative pour demander à la Commission de proposer une nouvelle législation : ce nouveau droit apparu avec le traité de Lisbonne doit être largement médiatiser auprès des Européens qui peuvent ainsi signer des initiatives susceptibles de faire évoluer le cours de la législation européenne.

A défaut de se concentrer sur quelques enjeux qui peuvent entrer en résonance avec les préoccupations des Européens actuellement, l’Année européenne se limitera à une opération institutionnelle in-susceptible de toucher un large public.

2e axe : valoriser les bonnes pratiques des sociétés civiles en matière de citoyenneté européenne

Plutôt que de tenter de faire le grand pont entre l’UE et les citoyens, que ne parviennent pas à faire aisément les institutions européennes, il faut s’appuyer sur les acteurs locaux qui agissent sur les questions de citoyenneté.

Le choix de faire d’une alliance des organisations de la société civile à l’échelle de l’UE un partenaire stratégique de l’Année européenne s’inscrit dans cette volonté de démultiplier les opportunités d’entrer en contact direct avec les citoyens à l’échelle locale.

A défaut de rassembler très largement les acteurs déjà engagés sans pour autant tomber dans l’autosatisfaction circulaire, l’Année européenne ne parviendra pas à atteindre la masse critique suffisante, notamment pour capter l’attention des médias.

3e axe : faciliter l’action des acteurs de terrain, à travers un espace dédié, et donner du sens à la notion de « réseau social » du web 2.0

Plutôt que d’organiser à grands frais une « tournée » européenne en organisant dans chaque État-membre « des forums civiques sur les politiques et les enjeux de l’Union » – un tel dialogue civique ne peut reposer sur les seules institutions européennes insuffisamment légitimes et sera bien davantage le temps du débat démocratique lors de la campagne électorale des élections européennes – il faut renforcer les acteurs associatifs ou publics de terrain.

Au lieu de mener un plan de communication autour d’un débat (prématuré avant les élections européennes) et d’événements locaux (forcément limité à un public restreint et déjà sensibilisé aux questions européennes) qui semble davantage faire la promotion des institutions européennes que celle de la citoyenneté, il serait plus judicieux de réfléchir à la fois pour faciliter l’action des acteurs de terrain et pour consacrer les faibles moyens de l’Année européenne à pérenniser les objectifs de l’Année européenne.

Sur le modèle de l’ambition numérique des campagnes d’Obama aux États-Unis (cf. « Campagne numérique : les leçons d’Obama pour les élections européennes »), l’Année européenne pourrait donner du sens à la notion de « réseau social » 2.0 en développant une plateforme qui facilite le travail des acteurs de terrain tout en professionnalisant/optimisant l’activité associative/militante et en renouvelant l’intelligence collective. Une plateforme qui pourrait être conserver pendant l’année 2014 marquée par les élections européennes.

Au travers de 3 propositions : centrer sur des sujets concrets et utiles, valoriser les acteurs de terrain et faciliter leur démarche avec un outil en ligne adapté, l’Année européenne des citoyens peut parvenir à communiquer sur la citoyenneté européenne auprès d’un large public.

Nouvelles formes de communication politique lors des élections italiennes : préfiguration des élections européennes ?

Tous les ingrédients de la crise de la représentation et de la défiance à l’égard de l’Europe sont présents dans les élections italiennes – ainsi que l’émergence de nouvelles formes de communication politique. Que nous réservent ces évolutions pour les prochaines élections européennes ?

La communication « orthodoxe » du technocrate Mario Monti ne fait pas recette

La campagne archi-orthodoxe vis-à-vis des solutions à apporter aux contraintes économiques et à la rigueur de Mario Monti – professeur technocrate qui s’est imposé homme politique – n’a pas convaincu les Italiens.

Un tel résultat doit-il induire que toute campagne électorale trop ouvertement « bruxello-compatible » – c’est-à-dire reprenant le discours porté actuellement par la Commission européenne est promise à l’échec ?

La communication télégénique du « tycoonocrate » Silvio Berlusconi résiste

Au coude à coude avec le centre gauche de Pier Luigi Bersani, l’art de la séduction du télégénique Silvio Berlusconi résiste par sa surenchère démagogique.

Destiné à la casalinga (la ménagère de moins de 50 ans), le passage du caddy à l’isoloir via l’écran de TV, autrement dit de l’espace médiatico-publicitaire à l’espace politique plébiscitaire se réalise en traitant le citoyen-électeur comme un téléspectateur-consommateur.

Selon Pierre Musso dans Hermès, la communication politique de Silvio Berlusconi, « c’est moins la télévision qui permet de conquérir le pouvoir politique, que le manager devenu politique qui devient de l’audiovisuel poursuivit par d’autres moyens » :

  • « Berlusconi théâtralise le discours managérial en le rendant télévisuel, c’est-à-dire en le transformant en un spectacle » et en s’inspirant de la mythologie sportive ;
  • « Berlusconi occupe le vide politique par la séduction publicitaire, devenue utopie plébiscitaire ».

Un tel résultat – au-delà des particularités du phénomène Berlusconi en Italie – laisse néanmoins à penser que la force de la télévision couplée à la démesure de la démagogie télégénique peuvent encore exercer des résultats importants lors des prochaines élections européennes.

La communication sociale-médiatique du « satyriconocrate » Beppe Grillo s’impose

Troisième force politique au lendemain des résultats électoraux, le mouvement des 5 étoiles de Beppe Grillo par son art de la dérision de la politique technocratique décadente et de la mobilisation virale à l’ère des médias sociaux de masse s’impose dans les urnes.

Destiné aux classes moyennes et déclassés par la crise de la génération Internet (les moins de 35 ans plutôt apathiques qui ne se reconnaissent pas dans les partis traditionnels), la communication de Beppe Grillo sublime le citoyen-électeur en idéaliste désabusé et militant slaktiviste.

La campagne électorale de Beppe Grillo (qui refuse de s’afficher à la TV, anime un blog hyper-influent et compte près d’un million de Followers au compteur), c’est le passage de Facebook et Twitter à l’isoloir via les écrans numériques au dit autrement, le passage de l’espace numérico-social à l’espace politique démagogique.

Là encore, c’est moins les médias sociaux qui permettent de conquérir le pouvoir politique, que le comique devenu politique qui devient « média social » poursuivant d’autres moyens. Une sorte de discours démagogique décuplé par la viralité.

Songeons qu’en France, la politique cartonne sur les réseaux français : l’émission politique « Des Paroles et des Actes » rivalise sur Twitter avec les grands show politiques US, selon Erwan Gaucher, alors qu’on dénombre 150 millions de Twittos aux Etats-Unis, contre environ 8 millions en France.

En conclusion, de nouvelles formes de communication politique émergent en parallèle de la recomposition médiatique (déclin de la TV et force des médias sociaux) qui ne seront pas sans conséquences lors des prochaines élections européennes.

Comment communiquer sur un récit européen de l’UE ?

Avec la fin des idéologies, ce sont également les grands récits historiques qui ont été engloutis. Tandis que chaque nation – en fonction d’écoles historiographiques et de valeurs morales/idéologiques – réécrit au fil du temps sa propre histoire, comment l’Union européenne peut-elle se raconter ?

Incarner l’UE avec les Pères fondateurs pour rendre l’histoire de l’UE communicative

Évidemment, il ne s’agit pas de revenir au temps de l’école des Annales sous la IIIe République qui sacralisait quelques figures historiques de grands hommes pour raconter un récit national unificateur et construisant une identité nationale.

Par ailleurs, la vaste enquête réalisée en 2003 par Philippe Joutard et Jean-Noël Jeanneney sur le « bon usage des Grands Hommes en Europe » concluait qu’il n’existe pas aux yeux des Européens de Grands Hommes européens, le socle national demeurant incontournable.

Pour autant, le choix de conserver quelques personnalités « historiques » qui incarne la construction européenne permet à la fois de fixer les faits et de cerner l’intentionnalité et la subjectivité d’une construction humaine de l’UE.

Commémorer la mémoire de l’UE pour rendre l’histoire de l’UE intersubjective

Avec la réapparition des grandes personnalités historiques – inusables pour l’apprentissage et la transmission de l’histoire, à condition de les regarder avec la bonne distance critique – c’est également une nouvelle figure qui s’impose : le héros qui se sacrifie laisse sa place à la victime qu’il faut commémorer.

Cette évolution éthique « de la crucifixion à la pietà » ouvre la voie, sinon à une mémoire européenne, du moins à l’européanisation de la mémoire, avec des velléités de créer à l’échelle européenne des rites de commémoration, des lieux de mémoire, voire des musées.

Communiquer via des reconstitutions « live » d’événements historiques de l’UE

Puisque l’histoire se raconte ou plutôt se vit de plus en plus via des reconstitutions « live » d’événements historiques passés qui touchent un public de plus en plus large, l’UE aurait tout intérêt à réfléchir à quelques transcriptions :

Comment s’inspirer des reconstitutions grandeur nature et en costumes des batailles napoléoniennes en Russie ou ailleurs dans un contexte européen contemporain ?

Comment transposer à l’échelle de l’UE des parcs d’attraction à thèmes tels que le Puy du Fou autour de l’histoire vendéenne ?

Comment restituer des grands moments de l’UE comme la signature de traités fondateurs tels que l’ont proposé des expérimentations dans les médias sociaux (la reconstitution de la 2e guerre mondiale sur Twitter @RealTimeWWII est suivie par 273K followers) ?

Ainsi, l’enjeu du récit européen de l’UE réside dans sa capacité à transmettre une histoire à la fois communicative donc incarnée, interpersonnelle donc mémorielle et vécue donc « live ».

Déficit d’efficacité : nouveau déficit démocratique de l’UE ?

L’affaire est entendue selon un récent sondage BVA sur « les Français et l’Europe » : le divorce entre les Français et l’Europe est consommé dans l’opinion publique. Au-delà d’un désenchantement historique à l’égard de l’UE – auquel on a finit par s’habituer en le couvrant de l’expression pudique de « déficit démocratique » – on assiste à un cinglant désaveu : 75% des Français juge l’UE inefficace. « Spectaculaire par son ampleur, ce désaveu est aussi terriblement consensuel » selon BVA. Après le « despotisme éclairé » sinon « légitimé par les résultats », du moins toléré en raison de ses succès, n’assiste-t-on pas à un rejet profond de l’UE à cause d’un déficit d’efficacité ?

Le déficit démocratique « à l’ancienne » de l’UE : un déficit réputationnel (défauts de visage et de clivage) => déficit d’image et désintérêt médiatique

Jusqu’à présent, le déficit démocratique de l’UE consistait à reconnaître une carence liée au défaut de visage et de clivage dans une démocratie représentative européenne imparfaite, et pour cause :

  • les visages des personnalités européennes sont méconnus, on ne connaît pas les postes et encore moins leurs détenteurs ;
  • les clivages autour des décisions européennes sont relativement opaques, on ne sait pas qui pèse sur le cours des choses et où sont les camps politiques.

De ce déficit « d’image » de l’UE découlerait un désintérêt des médias et donc des citoyens.

Selon une tribune parue sur Slate « Parlement européenne : déficit médiatique = déficit démocratique », ce serait « là que réside le principal déficit démocratique de l’UE aujourd’hui : dans l’absence d’intérêt médiatique véritable pour les institutions et les politiques de l’UE ».

Autrement dit, le déficit démocratique de l’UE « à l’ancienne », c’est considérer qu’un défaut d’image justifierait l’apathie électorale des Européens envers l’UE. En somme, un simple problème d’abstention.

Le nouveau déficit démocratique de l’UE : un déficit imputationnel (défauts de responsabilité et d’efficacité) => déficit de résultats et désaveu civique

Dorénavant, le déficit démocratique de l’UE consistera à imputer des défauts de responsabilité et d’efficacité à un système politique européen technocratique :

  • la responsabilité de l’UE est toujours tôt ou tard retrouvée et dénoncée dès qu’une décision ou un crise alerte l’opinion publique. La capacité imputationnelle de l’UE (cf. « the blame Brussels ») est le dénominateur commun des États en Europe à la moindre difficulté ;
  • l’efficacité des politiques publiques européennes est également suspectée, qu’il s’agisse des décisions interminables de sommets en sommets européens pour sauver l’euro ou des budgets européens réduits à la portion congrue.

De ce déficit de résultats – une première pour la construction européenne – se déduira le désaveu des citoyens, comme l’indique le sondage BVA et le confirmera la campagne pour les élections européennes qui sera dominée par les partis de protestation (cf. l’indifférence mortelle à l’Europe des élites politiques risque de nourrir l’euroscepticisme).

Autrement dit, le nouveau déficit démocratique de l’UE, c’est affirmer qu’un défaut de résultats expliquera le désaveu civique des Européens envers l’UE : un grave problème de légitimation.

Ainsi, l’évolution du déficit démocratique de l’UE d’un simple défaut de réputation de l’UE (désenchantement) à une faute imputée à l’UE (désaveu) menace d’autant plus profondément les fondations de l’UE qu’elle est ancrée dans l’opinion publique.