Le mieux serait-il l’ennemi du bien si l’on en croit le processus d’adoption d’un règlement européen sur la transparence et le ciblage de la publicité à caractère politique, dont les bonnes intentions risquent de saper la capacité à lutter contre l’abstention et faire campagne en ligne et sur les réseaux sociaux…
Quand l’Europe se veut légitimement comme souvent exemplaire
A la suite de la proposition de règlement par la Commission européenne, première étape de toute future législation européenne, les deux autres institutions doivent se positionner sur les points clés de règlementation.
La position du Conseil de l’UE du 13 décembre 2022 sur la publicité à caractère politique se montre ouverte « dans un contexte où les campagnes politiques se déroulent de plus en plus en ligne et par-delà les frontières nationales (…) à promouvoir des normes élevées de transparence dans la publicité à caractère politique dans l’UE, à limiter l’utilisation de la publicité ciblée à des fins politiques et à faciliter la prestation et la surveillance transfrontières de services de publicité à caractère politique ».
Du point de vue des ministres, cette régulation permettrait de lutter contre la désinformation, la manipulation de l’information et l’ingérence dans les élections ainsi qu’à préserver un débat démocratique ouvert dans les États membres de l’UE.
La position du rapporteur au Parlement européen, Sandro Gozi, député européen Renew argumente sur des arguments complémentaires comme « offrir à nos concitoyens plus de transparence et (…) lever les obstacles à la création d’un véritable marché unique dans ce domaine et à construire un environnement favorable aux campagnes transnationales ».
Du point de vue des députés européens, les élections sont proches et les règles doivent être claires et prêtes dans les temps pour le scrutin du printemps prochain.
Le micro-ciblage, le sujet de controverse contentieux
L’interdiction du ciblage et de la diffusion de publicités basées sur des catégories spécifiques de données à caractère personnel définies dans le cadre du règlement général sur la protection des données se révèle à la fois indispensable et problématique :
Indispensable, lorsqu’il s’agit d’interdire le ciblage publicitaire sur des critères comme l’origine ethnique, la religion ou les opinions politiques ou bien le ciblage de mineurs ;
Problématique, dans la mesure où le micro-ciblage largement interdit conduira les annonceurs à ne pouvoir utiliser seulement que les données personnelles explicitement fournies par les citoyens à cette fin.
Le compromis, adopté en commission parlementaire au sein du Parlement européen, selon certaines sources mentionnées par Euractiv « va trop loin », soulignant que le ciblage est une « partie importante du processus démocratique de formation de l’opinion ».
Pour l’Association des services Internet communautaires, le projet de règlement européen sur l’encadrement des publicités politiques « pourrait limiter la visibilité de tout contenu parlant d’un sujet de société qui serait concerné par un débat en cours devant un parlement », dans une tribune publiée par Libération.
« L’enfer législatif est pavé de bonnes intentions… et parfois les élus, en pensant bien faire, peuvent commettre de lourdes erreurs. C’est ce qui est peut-être en train de se passer à Bruxelles, où l’Union européenne pourrait sans le vouloir porter une atteinte grave à la liberté d’expression et au débat démocratique en ligne. »
La négociation va se poursuivre entre les institutions européennes pour parvenir à un compromis définitif, il est encore possible de trouver une voie médiane entre la position initiale de la Commission européenne, la vision raisonnable du Conseil de l’UE et la position plus maximaliste qui veut laver plus blanc que blanc du Parlement européen.
La publicité des partis politiques et de la société civile, en particulier lors des périodes électorales, participe, qu’on l’apprécie ou qu’on le déteste, à la délibération publique et à la construction d’un espace public européen permettant aux opinions politiques de s’exprimer et de circuler. Le nouveau régime risque de renforcer l’isolement des citoyens et l’éclatement des offres politiques en des groupes homogènes sans relation les uns avec les autres renforçant la polarisation politique et l’ascension aux extrêmes.
Slogan emblématique de la marque à la pomme lors du lancement de l’iphone : « il y a une app pour ça », l’Union européenne semble s’en être saisi pour investir nos portables avec à ce jour 24 applications référencées sur l’Apple Store. Que peut-on en dire pour chaque catégorie souvent arbitraire prévue pour les classer ?
1ère catégorie : les applications « éducation » en mode ludique ou serious game
Avec un quart des applications référencées de l’Union européenne, les app éducation sont destinées à des publics spécifiques qui visent à faire un apprentissage, que l’on va présenter de la plus ludique à la moins pédagogique :
L’application « Cyber Chronox » se positionne comme un outil ludo-éducatif de sensibilisation des jeunes à la protection des données et aux droits fondamentaux sous forme de bande dessinée interactive pour des activités dans un cadre éducatif informel.
« Happy Onlife » est un jeu engageant visant à accompagner les enfants de 8 à 12 ans tout en impliquant leurs parents et enseignants pour initier avec eux une médiation active afin d’apprendre à se comporter en toute sécurité dans le monde numérique.
« Invasive Alien Species Europe » vise à permettre au grand public de recevoir et de partager des informations sur les espèces exotiques envahissantes en Europe, dont 10 à 15 % sont envahissantes, causant des dommages environnementaux, économiques et/ou sociaux.
L’application « CEPOL LEED » donne accès à une plate-forme de elearning destinée aux responsables de l’application des lois dans les États membres et autres pays partenaires.
L’application « The EU Relocation Programme » vise à aider les demandeurs d’asile avec des informations sur la procédure de relocalisation et leurs droits et obligations lors de la demande de relocalisation.
Dernière app, le « Council Voting Calculator » est destiné aux spécialistes de l’UE afin de leur permettre de simuler un vote à la majorité qualifiée au Conseil de l’UE avec un calculateur en fonction des procédures et des positions des États-membres.
2ère catégorie : les applications de « référence » informatives
Commençons par le commencement, l’application de la Charte de l’UE « EU Charter » se positionne comme « un guichet unique des droits fondamentaux » qui donne accès à la Charte des droits fondamentaux de l’UE ainsi que les jurisprudences de la Cour européenne de justice et de la Cour européenne des droits de l’homme.
Application pratique destinée aux juristes, « CVRIA » se présente comme l’outil idéal pour ceux qui souhaitent se tenir au courant des travaux de la Cour de justice de l’Union européenne : communiqués, décisions, audiences, arrêts et avis.
L’application « EP Research Service » donne accès à toutes les publications et infographies publiées par le Service de recherche du Parlement européen fournissant une analyse indépendante et objective sur les questions, la politique et le droit de l’UE.
Le Bureau européen d’appui en matière d’asile offre un soutien pratique aux personnes sur le terrain avec « EASO Practical Tools » concernant les droits des personnes ayant besoin d’une protection internationale et des informations sur les procédures applicables.
L’application du Comité européen des régions vise à se connecter aux responsables politiques locaux d’Europe et obtenir les dernières nouvelles de l’organisme de l’UE représentant les villes et les régions.
3ème catégorie : les applications « Voyage » de services
« Passenger rights » peut se révéler très pratique si vous avez déjà été bloqué ou vos bagages perdus, l’application couvre désormais tous les modes de transport dans l’UE – aérien, ferroviaire, bus et bateau, vous pouvez vérifier vos droits immédiatement, sur place.
« Going Abroad » est l’application de sécurité routière pour trouver toutes les règles de sécurité routière avant de partir à l’étranger sur les routes en Europe.
Comme partout avec le Covid, « Reopen EU » fournit un aperçu de la situation sanitaire dans les pays européens, sur la base des données du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies afin de planifier ses voyages en Europe.
Enfin, « EPexplorer » permet de découvrir le campus bruxellois du Parlement européen à travers une expérience interactive en réalité augmentée.
4ème catégorie : Utilities & Productivity, les applications pratiques
« ERA SMS » de l’agence de l’UE pour les chemins de fer donne un aperçu des principaux éléments constituant le système de gestion de la sécurité ferroviaire.
« Innovation Radar » vise à identifier les innovations et les innovateurs à fort potentiel dans les programmes-cadres de recherche et d’innovation financés par l’UE.
« EU CBRNE Glossary » est le glossaire officiel de l’UE sur les risques chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires et explosifs pour les praticiens de la gestion et de la réponse de crise.
« Food Checker » est un outil de collecte dans le but d’identifier des produits alimentaires apparemment identiques mais présentant des différences de composition (nutrition et ingrédients) sur les étiquettes.
« EU Council » conçue pour les invités aux événements et réunions qui se déroulent dans les bâtiments du Conseil de l’UE à Bruxelles et à Luxembourg.
Bonus : une appli « social media » et une appli « simulation »
En tant que social media, l’app « European Solidarity Corps » vise à permettre aux jeunes de 18 à 30 ans de s’engager dans des projets liés à la solidarité dans toute l’Europe en tant que bénévole, stagiaire ou même salarié travaillant sur un projet solidaire. Les fonctionnalités inspirées des réseaux sociaux, on retrouve la possibilité de créer un profil, publier des contenus, interagir avec la communauté et chater mais aussi rechercher et postuler à des opportunités.
App la plus aboutie, « EUcraft » est un jeu de simulation vous permettant de prendre des décisions au sein du Conseil de l’UE en se mettant à la place des ministres nationaux et en négociant sur des sujets réels afin de parvenir à un accord. Il s’agit d’un jeu éducatif basé sur le vrai processus de négociation et sur de vrais sujets, cependant, les procédures de négociation sont présentées sous une forme simplifiée et gamifiée, avec l’ajout d’éléments ludiques et un degré d’abstraction.
N’hésitez pas à partager en commentaire les applications européennes que vous connaîtriez !
Intervention un peu poil à gratter au colloque « Comment parler d’Europe ? », de la Fondation Jean Monnet pour l’Europe de Richard Werly, correspondant de la presse suisse en France, qui vient de passer du côté obscur de la force en passant du journal, l’institution Le Temps très respectable à la presse populaire alémanique avec le média en ligne Blick, là où le débat sur l’Europe avec le public est le plus vif…
Le débat sur l’Europe, c’est aussi dans les médias populaires, y compris les réseaux sociaux
C’est dans les médias populaires, y compris les réseaux sociaux, que sont les audiences massives, loin des élites, qui doivent reconquérir le peuple et réinvesti ces médias populaires. C’est la seule bataille qui compte, tenir bon sur cette crête populaire pour refonder la légitimité des politiques publiques européennes. Il faut parler de l’Europe au présent, pas au conditionnel.
Parler d’Europe, c’est parler de nous
D’abord, comment parler d’Europe, c’est se poser la question de pourquoi on devrait en parler. Parler d’Europe, c’est simplement parler de nous, parce que de toute façon l’Europe, c’est nous. Il faut que le public se réapproprie la notion d’Europe, parce que le succès des anti-Européens ont dissocié l’Europe de nous. Il faut reprendre les choses à la base, l’Europe, c’est nous.
Répondre aux critiques, sans esquiver
Ensuite, c’est à qui parler d’Europe, on ne pas parler à tout le monde en même temps, il faut cibler les messages et sur quoi s’appuyer. Avec la vague de la pandémie et l’Ukraine, c’est une opportunité, une chance historique de reparler d’Europe, c’est le moment d’en parler.
Ce n’est plus le sujet de parler aux élites, il y a assez de think tanks ; les journalistes, c’est au grand public qu’il faut parler. Les pro-Européens ont eu tendance à avoir peur du débat, parce qu’ils s’en sortent mal, leurs arguments sont moins simples, moins convaincants. Il faut réinvestir la scène, il faut tenir pour répondre aux critiques, sans esquiver, prendre les questions telles qu’elles sont.
Ne pas chercher à excuser l’Union européenne
Enfin, parler d’Europe, ce n’est pas excuser l’Union européenne. Le pire des travers, c’est de penser qu’il faudrait excuser l’Union européenne, si l’UE c’est le camp du bien, le débat est perdu d’avance. Il ne faut pas tomber dans ce travers.
Jean Quatremer avait publier un livre « Les salauds de l’Europe », il avait raison, la cause européenne a été captée par une minorité qui a pris à son profit la cause européenne, défendent leur intérêt plutôt que l’intérêt général européen. Le pire, c’est de toujours chercher à excuser l’Europe.
L’Europe n’est pas bêtement un projet qui doit protéger
Un autre concept, mis en avant par les politiciens, que l’Europe doit protéger. Ce n’est pas son rôle. Le projet européen vous fait passer du lac à l’océan. C’est une idée extrêmement perverse. Les gens vont chercher les indices de protection maximale. Mais, le projet européen est insécurisant, au quotidien, parce qu’il complique les choses. C’est une idée dangereuse, l’Europe nous protègera à terme, mais elle ne tranquillise pas.
D’autant que, l’Europe a davantage protégé les libertés, même si toutes les normes, pour réguler sur les médias sociaux, qui procèdent d’une bonne volonté peuvent à terme réduire la liberté d’expression. Le processus européen protège les démocraties, mais pas partout tout le temps, songeons à la Hongrie. De même pour les agriculteurs et les industriels.
Règles du journaliste européen : loin de Bruxelles, opportuniste et tenace
Trois modes d’emploi pour mieux parler d’Europe :
Un correspondant à Bruxelles, c’est indispensable, à condition qu’il ne reste pas sur place, il ne faut surtout pas rester, il faut faire le tour des capitales, à l’époque des sommets européens dans les États-membres, la caravane journalistiques européenne avait du bon. C’est une déperdition d’être correspondant auprès des institutions européennes, plus vous vous en approchez, plus vous êtes irradié et risquez de devenir anti-européen, il faut sortir de la machine bruxelloise.
Il faut être opportuniste, il faut savoir saisir les bons moments, il faut trouver les bonnes circonstances et les bons mots. L’Europe, il ne faut le répéter à tout moment, il faut le dire au bon moment.
Comme les diplomates, il faut de la ténacité. Il faut être capable de traverser des déserts, comme le disait Jean Monnet, « ce qui est important, ce n’est pas d’être optimiste ou pessimiste, c’est d’être déterminé, il n’est de défaite que celles que l’on accepte ».
Avec la « Collection européenne », cinq chaînes publiques européennes (ARTE, l’ARD, la ZDF, France Télévisions et la SRG SSR) s’associent afin de proposer une sélection commune de contenus (documentaires, reportages et magazines disponibles gratuitement en ligne) sur des sujets d’actualité, de politique et de société…
Donner à voir le point de vue du voisin européen sur des sujets contemporains
Comment nos voisins européens appréhendent-ils les questions urgentes auxquelles nos sociétés sont confrontées ? Quels sont les sujets qui les préoccupent ? Qu’en est-il de la place des jeunes en Europe ?
Comment sont traitées ici et là ces questions, la Collection européenne invite à découvrir, en proposant un point de vue européen sur des sujets contemporains.
Une offre multilingue, gratuite en ligne pour tous les Européens
Le catalogue commun, disponible en Europe, propose gratuitement et en cinq langues (français, allemand, anglais, espagnol et italien) des documentaires, reportages et magazines européens à retrouver sur chacune des offres numériques des partenaires (site internet, applications, Smart-TV) : arte.tv, france.tv, ardmediathek.de, zdf.de et Play Suisse.
Un financement de l’Union européenne
Le soft launch en 2020 a été rendu possible grâce à un cofinancement dans le cadre du volet MEDIA du programme Europe Créative.
Depuis 2021, la Collection européenne bénéficie d’un financement européen de 2.5 millions d’€ pour poursuivre cette offre commune de vidéo à la demande de moyenne durée, de documentaires approfondis et de rapports d’enquête sur les questions européennes actuelles, mise en œuvre par les télédiffuseurs.
La perception que les citoyens ont de l’Union européenne est influencée par ce qu’ils voient, entendent et lisent dans divers médias, un Eurobaromètre Flash fournit des insights sur les usages médiatiques des Européens…
Sensibilisation à l’information européenne : des biais sociologiques persistants
72% des personnes interrogées répondent qu’elles ont récemment lu, vu ou entendu quelque chose sur l’Union européenne, que ce soit dans la presse, sur Internet, à la télévision ou à la radio.
Les résultats socio-démographiques indiquent que :
Les proportions ayant lu, vu ou entendu quelque chose augmentent avec l’âge, passant de 67 % des 15-24 ans à 75 % des 55 ans et plus pour l’actualité de l’Union européenne
Les hommes sont plus susceptibles que les femmes de dire qu’ils ont récemment lu, vu ou entendu quelque chose à propos de l’Union européenne (78 % contre 66 %, respectivement)
Les répondants les plus instruits sont plus susceptibles de dire qu’ils ont lu, vu ou entendu quelque chose récemment sur l’Union européenne (77 % des personnes les plus instruites contre 64 % des moins instruites)
Habitudes médiatiques entre médias traditionnels, médias en ligne et médias sociaux
La télévision domine comme première source d’information (75%), en particulier pour les plus de 54 ans (85% accèdent à l’information via la télévision). Viennent ensuite les plateformes d’information en ligne (43%), puis la radio (39%), puis les plateformes de médias sociaux et les blogs (26%). La presse écrite arrive en cinquième position (21%). Les répondants plus jeunes sont beaucoup plus susceptibles que les répondants plus âgés d’utiliser les plateformes de médias sociaux et les blogs pour accéder aux actualités (46 % des 15-24 ans contre 15 % des 55 ans et plus).
Bien que les sources d’information traditionnelles – en particulier la télévision – soient importantes, 88 % des répondants obtiennent au moins quelques nouvelles en ligne via leur smartphone, ordinateur ou ordinateur portable (vs 10 % qui n’accèdent jamais aux actualités en ligne). 43 % des répondants utilisent le site web de la source d’information pour accéder aux actualités en ligne, et 31 % lisent des articles ou des publications qui apparaissent sur leurs réseaux sociaux en ligne. Cette dernière réponse est retenue par 43 % des 15-24 ans (vs 24% des 55+ répondants).
Parmi ceux qui accèdent aux actualités en ligne, 70 % n’utilisent que des contenus d’actualités gratuits ou des services d’actualités en ligne. Parmi ceux qui accèdent aux actualités en ligne, ce qui les rend susceptibles d’ouvrir un article, c’est un titre correspondant à leurs centres d’intérêt pour 54 % et 37 % qu’il est important qu’ils fassent confiance à la publication du média.
Il existe des différences d’utilisation des médias entre les groupes sociodémographiques :
Les répondants plus jeunes sont beaucoup plus susceptibles d’utiliser les plateformes de médias sociaux et les blogs (46 % des 15-24 ans contre 15 % des 55 ans et plus) ;
Mais ils sont également plus susceptibles d’utiliser YouTube et d’autres plateformes vidéo (34 % contre 8 %, respectivement) ;
Les personnes âgées utilisent beaucoup plus les médias d’information traditionnels (télévision, radio et presse écrite) ;
La plus grande différence en termes d’éducation est observée pour l’utilisation des plateformes d’information en ligne (sélectionnées par 49 % des diplômés de l’enseignement supérieur contre 30 % des répondants peu scolarisés). Seules des différences mineures sont observées pour l’utilisation des médias d’information traditionnels (télévision, radio et presse écrite).
Contenu d’actualités en ligne payant
Parmi les répondants qui accèdent aux actualités en ligne, 70 % n’utilisent que des contenus d’actualités gratuits et des services d’actualités en ligne.
Appareil pour accéder aux actualités en ligne
Parmi les répondants qui accèdent aux actualités en ligne, 77 % répondent qu’ils utilisent un smartphone pour accéder aux actualités en ligne et 59 % un ordinateur de bureau ou x un ordinateur portable. D’autres appareils sont moins fréquemment utilisés. 88 % des répondants les plus jeunes (15-24 ans) utilisent un smartphone pour accéder aux actualités en ligne, contre 66 % des répondants les plus âgés (55 ans et plus).
Médias sociaux
Une majorité de répondants utilisent Facebook (67%), WhatsApp (61%) et YouTube (56%). Chez les 15-24 ans, Instagram est la plateforme de médias sociaux la plus utilisée (79 %). TikTok (49 %) et Snapchat (43 %) sont également courants chez les plus jeunes répondants.
Dans tous les groupes d’âge, environ la moitié des répondants utilisent les médias sociaux pour envoyer des messages directs à leurs amis et à leur famille et au moins quatre sur dix utilisent les médias sociaux pour suivre les nouvelles et les événements actuels (44 % à 46 %), mais il y a une différence dans les habitudes de publication : 28 % des 15-24 ans publient leur propre contenu sur les réseaux sociaux, contre 15 % des 55 ans et plus.
Plateformes de médias sociaux en ligne
Facebook est la plate-forme de médias sociaux la plus fréquemment sélectionnée dans 20 États membres ; de plus, dans tous les États membres, cette plateforme est citée par plus de la moitié des répondants (de 52% en Allemagne à 91% à Malte).
WhatsApp est la plateforme la mieux classée (ou co-la mieux classée) dans huit États membres, comme l’Espagne (avec 86 % des utilisateurs de WhatsApp) et l’Italie (82 %). Dans six États membres, cependant, WhatsApp est sélectionné par moins d’un répondant sur cinq (Bulgarie, Danemark, Grèce, Hongrie, Lituanie et Slovénie).
Instagram, TikTok et Snapchat sont particulièrement répandus chez les 15-24 ans. Par exemple, alors que 6 % des 55 ans et plus choisissent TikTok comme plateforme de médias sociaux en ligne qu’ils utilisent, cette proportion passe à 49 % pour les 15-24 ans.
Activités sur les réseaux sociaux
49 % des répondants utilisent les médias sociaux à des fins de communication – pour envoyer des messages directs à leurs amis et à leur famille – et 45 % répondent qu’ils utilisent ces médias à des fins d’information – pour se tenir au courant de l’actualité et de l’actualité. D’autres activités fréquemment sélectionnées sont suivre ce que font les amis, la famille et les collègues (41 %) et regarder du contenu photo et vidéo (40 %).
Dans tous les groupes d’âge, environ la moitié des répondants utilisent les médias sociaux pour envoyer des messages directs à leurs amis et à leur famille et au moins quatre sur dix les utilisent pour suivre les actualités et les événements actuels, mais il existe une différence dans les habitudes de publication selon les groupes d’âge : 28 % des 15-24 ans publient leur propre contenu sur les réseaux sociaux, contre 15 % des 55 ans et plus. De même, 59 % des 15-24 ans utilisent les médias sociaux pour regarder du contenu photo et vidéo, contre 28 % chez les 55 ans et plus.
Sources médiatiques les plus fiables
Les médias audiovisuels et imprimés traditionnels, ainsi que leur présence en ligne, sont mieux classés comme sources d’information fiables que les plateformes d’information en ligne et canaux de médias sociaux (par exemple, Instagram et YouTube).
49% attendent des télévisions et radios publiques qu’elles leur donnent des informations véridiques, suivies de la presse écrite (et de leur présence en ligne), sélectionnée par 39%. D’autre part, les chaînes de télévision et de radio privées (et leur présence en ligne) sont citées par 27 % comme une source médiatique de confiance.
49 % des répondants choisissent les stations de télévision et de radio publiques (y compris leur présence en ligne) comme source d’information en laquelle ils ont confiance, tandis que les chaînes de télévision et de radio privées.
La confiance du public de l’UE dans les chaînes de télévision et de radio publiques et la presse écrite varie considérablement d’un pays à l’autre. Alors qu’en Finlande, 73% des répondants font confiance aux chaînes de télévision et de radio publiques, cela n’est vrai que pour 22% des répondants en Hongrie et 23% en Pologne. De même, alors que 63% des Luxembourgeois répondent faire confiance à la presse écrite, seuls 18% des Bulgares et des Polonais répondent de la même manière.
Les médias audiovisuels et imprimés traditionnels, ainsi que leur présence en ligne, sont mieux classés comme sources d’information fiables que les plateformes d’information en ligne et les canaux de médias sociaux (par exemple, Instagram et YouTube). Un répondant sur sept (14 %) fait confiance aux personnes, groupes ou amis qu’il suit sur les réseaux sociaux pour lui donner des informations véridiques, 11 % répondent de la même manière à propos des plateformes d’actualités en ligne (y compris les blogs, les podcasts), 10 % à propos de YouTube ou d’autres plateformes vidéo et 5% sur les influenceurs sur les réseaux sociaux.
Les plateformes d’information en ligne, les canaux de médias sociaux et les influenceurs sont plus fréquemment approuvés par les jeunes répondants. Par exemple, 7 % des 55 ans et plus choisissent les plateformes d’information en ligne (y compris les blogs et les podcasts) comme source médiatique en laquelle ils ont confiance ; ce chiffre passe à 16 % pour les 15-24 ans. De même, 2% des 55 ans et plus font confiance aux influenceurs sur les réseaux sociaux, contre 13% des 15-24 ans.
Exposition à la désinformation et aux fake news
10% des répondants pensent qu’au cours de ces sept derniers jours, ils ont été « très souvent » exposés à de la désinformation et à de fausses nouvelles ; 18% répondent que cela s’est produit « souvent » au cours des sept derniers jours et 33 % ont répondu que cela s’est produit « parfois ». A l’autre extrême, 8% répondent qu’ils n’ont pas été exposés à la désinformation au cours des sept derniers jours. 13 % « ne savent pas » à quelle fréquence ils ont été exposés à la désinformation ou aux fausses nouvelles.
Les répondants en Bulgarie sont globalement les plus susceptibles de répondre qu’ils ont souvent été exposés à la désinformation et aux fausses nouvelles au cours des sept derniers jours (29 % de réponses « très souvent » et 26 % « souvent »), tandis que les répondants aux Pays-Bas sont les moins susceptibles de le dire (3 % de réponses « très souvent » et 9 % « souvent »).
Reconnaître la désinformation et les fausses nouvelles
Une majorité de répondants se sentent confiants de pouvoir reconnaître la désinformation : 12 % se sentent « très confiants » et 52 % « plutôt confiants ».
Dans tous les États membres, au moins une faible majorité de personnes interrogées sont convaincues de pouvoir reconnaître la désinformation et les fausses nouvelles. En Finlande, à Malte et en Irlande, environ huit répondants sur dix se disent confiants dans leur capacité à faire la distinction entre les vraies nouvelles et les fausses nouvelles.
Il existe également des différences entre les groupes socio-démographiques :
Sept hommes interrogés sur dix sont convaincus qu’ils peuvent reconnaître la désinformation et les fausses nouvelles ; parmi les femmes interrogées, moins de six sur dix se sentent confiantes (9 % de réponses « très confiant » et 49 % de « plutôt confiant »).
La confiance dans la distinction entre les vraies nouvelles et les fausses nouvelles diminue avec l’âge et augmente avec le niveau d’éducation.
Parmi les répondants encore scolarisés, 16 % répondent se sentir « très confiants » et 55 % « plutôt confiants » dans la reconnaissance de la désinformation et des fausses nouvelles. De même, parmi les 15-24 ans, 68 % sont convaincus de pouvoir reconnaître la désinformation, contre 59 % pour les 55 ans et plus.
Au total, cette vaste enquête sur les habitudes médiatiques des Européens est très utile pour mieux comprendre la manière dont les citoyens de l’UE s’informent.