Archives de catégorie : Médias et Europe

Billets sur les enjeux d’information européenne

Euroscepticisme et méconnaissance de l’UE : commencements et actualités

Frappée par de multiples crises, l’UE fait face à de nombreuses critiques favorisant la montée de l’euroscepticisme, que les étudiants de la Sorbonne et l’association EuroSorbonne ont souhaité questionner autour d’une conférence à la Maison de la Recherche : « Euroscepticisme et méconnaissance de l’UE »…

L’irrésistible cristallisation des opinions publiques européennes : Christine Manigand, historienne

Depuis le commencement de la construction européenne, la méconnaissance ou l’indifférence fait qu’un tiers des Européens ne se prononce pas dans les enquêtes d’opinion. Malgré tout, jusqu’à 1992, c’est le « consensus permissif » qui domine dans l’opinion publique européenne.

Avec Maastricht, la politisation des opinions publiques européennes se cristallise et les premiers contestataires se déclarent pour une autre Europe. Au cours des années 1990 et 2000, l’euroscepticisme se développe sous tous les registres : mou, dur, voire jusqu’à l’europhobie.

Aujourd’hui, les opinions publiques européennes sont très largement cristallisées au sujet de l’Europe et leur soutien au projet s’effrite sérieusement.

Le commencement d’une communauté de destin : Paul Collowald

Pour l’ancien correspondant du Monde et ancien directeur général de l’information à la Commission européenne et au Parlement européen, citant Paul Valéry « tout se joue dans les commencements ». Pourquoi l’Europe ? C’est une décision politique quasi-révolutionnaire, pour la paix qu’il s’agit d’expliquer et de faire comprendre aux citoyens.

Les citoyens ont le droit à l’information tout autant qu’ils ont le devoir de s’informer. Alfred Sauvy disait : « Un homme pas informé est un sujet, un homme informé est un citoyen ». Comment s’informer ? C’est évidemment les médias qui jouent tour à tour les rôles de miroir, de loupe grossissante et de 4e pouvoir.

L’Europe est prise dans un cercle vicieux. Déjà sous l’ORTF, le patron de la télévision Pierre Desgraupes répondait à Louis Leprince-Ringuet, auteur d’une chronique citoyenne fort populaire qui lui disait qu’il n’y avait pas grand chose à la TV sur l’Europe : « l’Europe, c’est emmerdant ».

Autre illustration à l’occasion du premier sommet informel des chefs d’Etat et de gouvernement à La Haye en 1969 où les journalistes se sont rendus aux briefings de leurs différents responsables politiques nationaux tandis que le président de la Commission européenne, écarté, a tenu une conférence de presse le lendemain, que le corps de presse est venu assisté, par solidarité.

Les responsabilités sont partagées entre les institutions nationales et européennes, les médias et les citoyens. Mais, si l’on veut que l’Europe soit la « communauté de destin » qu’Edgar Morin appelait de ses vœux dans son essai « Penser l’Europe » paru en 1987, il s’agit de persévérer et de réinventer l’Europe.

L’Europe est un problème de génération, il nous faudra du temps et l’enthousiasme de la jeunesse, disait Robert Schuman. Il faudrait aussi que les citoyens s’intéressent aux affaires de la cité. La démocratie européenne ne connaît que 2 ennemis, l’indifférence et l’ignorance et devrait avoir 2 alliés, l’école et les médias.

L’actualité de l’opinion des citoyens européens sur l’Europe et le rôle des médias dans l’information européenne : Michaël Malherbe

L’approche quantitative des enquêtes Eurobaromètres permet de « prendre une photographie » de l’opinion publique européenne. En matière d’information, les Européens se sentent majoritairement mal informés sur l’UE et souhaitent encore pus majoritairement que les médias parlent davantage de l’Europe. Mais, de quelle Europe veulent-ils ? Un discours plus positif et fédérateur ou une présence de la thématique européenne « moins politiquement correcte » ?

L’approche qualitative, des rares focus groupes organisés sur l’opinion européenne des Européens, tend à montrer à la fois que les opinions européennes des citoyens sont superficielles, l’Europe est peu saillante, hormis chez les plus politisés et que les opinions publiques sont ambivalentes, indécises, faute d’être en mesure d’interpréter, et de traduire ce qu’ils perçoivent de l’UE, hormis là encore chez les plus politisés.

En somme, c’est davantage la distance et l’indifférence des citoyens ordinaires face à l’UE qui prédomine majoritairement (en dehors des franges les plus mobilisés) que l’attitude de rejet et d’opposition de l’UE, quoique l’influence des eurosceptiques, les seuls à porter un discours sur l’Europe qui soit audible et attractif pèse.

Plusieurs actions pour les médias apparaissent particulièrement pressantes pour intéresser les Européens à l’Europe :

  • d’abord, l’urgence de parler de l’Europe autrement dans les médias, notamment audiovisuels. La parole ordinaire, le vécu et l’expérience doivent prendre le pas sur les rares discours institutionnels et politiques ;
  • ensuite, la nécessité de déconstruire l’alliance entre l’euroscepticisme et une frange de médias très grand public qui versent ensemble dans un discours simplificateur et approximatif sur l’Europe et instrumentalisent les émotions, les préjugés et les peurs ;
  • enfin, le besoin d’une information européenne grand public qui ne soit pas un journalisme d’institution mais d’investigation, sur le terrain, sans démissionner devant la lourde mission d’informer sur l’Europe.

 

De l’européanisation par la négative des espaces publics nationaux

Tout le monde connaît les conditions d’un espace public européen : un lieu où les citoyens peuvent surmonter les frontières nationales et les barrières linguistiques pour débattre sur les questions européennes. Mais, s’il ne s’agissait plus de raison. Et si les passions « négatives » contribuaient à l’européanisation des espaces publics nationaux ?

Jadis encore, l’européanisation par la crise des espaces publics nationaux 

Dans un Cahier de recherche politique de Bruges, Laura Batalla Adam s’interroge dans sa conclusion, hypothèse d’école, sur l’européanisation éventuelle des médias nationaux par la couverture de la crise de la zone euro, qui conduit à un intense débat inédit sur la dimension politique du projet d’intégration européenne.

Alors que tous les élargissements et approfondissements de la construction européenne durant les trente dernières années ont échoué à accorder une place plus importante aux thèmes de l’UE dans les médias nationaux, la remise en question existentielle de l’UE en raison du manque d’ambition et d’engagement des gouvernements à la création d’une véritable union politique capable de résoudre la crise économique de l’UE s’offrirait comme une opportunité démoniaque à mettre à profit pour une européanisation des sociétés européennes.

Mais, las, il n’en a rien été, et même la crise, salvatrice, ne s’est pas montrée comme un « nouveau point de départ pour l’émergence d’une sphère publique européenne ultime ».

Aujourd’hui hélas, l’européanisation par la peur des espaces publics nationaux

L’absence traditionnelle de débats sur les enjeux européens est entretenue à la fois par les médias qui blâment les partis politiques pour le manque d’intérêt qu’ils insufflent aux citoyens et par les citoyens qui se plaignent du manque d’engagement des partis politiques et des médias, qui intègrent les affaires européennes dans la section internationale donc « l’étranger ».

Actuellement, le cercle vicieux de l’information européenne se délite et laisse la place à une nouvelle configuration où les citoyens attendent des réponses à l’échelle européenne, que les médias relaient et confirment aux vues des échecs nationaux et des enjeux transeuropéens et que les responsables politiques déclarent entendre et traiter (ou condamner encore plus virulemment).

La convergence des regards à l’échelle nationale vers le niveau européen déplace l’intérêt à la fois des citoyens, des journalistes et des politiques vers l’échelon européen contribuant ainsi à la formation d’un espace public européen.

Ce que ni les responsables politiques avec leur vision purement domestique, ni les peuples européens avec leurs débats purement nationaux, ni les médias ne sont parvenus à faire au bénéfice de la construction européenne, les passions contagieuses liées à l’instrumentalisation de la peur du terrorisme et des migrants sont en train de le faire. Plus encore que les crises de l’UE, les peurs existentielles et identitaires sont en train de contribuer à l’émergence d’un espace public européen.

En devenant des « chiens de garde » critiques de l’UE, en mettant à l’épreuve sa légitimité et en révélant ses dysfonctionnements, les citoyens, les journalistes et les responsables politiques soulèvent simultanément des préoccupations similaires au sujet du fonctionnement de l’UE, ce qui contribue à la formation d’une opinion collective sur les questions européennes.

Les citoyens, les journalistes et les politiques montrent des signes d’européanisation dans leurs rapports à l’UE : ils appellent tous à débattre (même et surtout pour rejeter) des solutions européennes dans leurs sphères publiques nationales respectives, ils commentent tous le manque de visibilité, d’impulsion et de résultats de l’UE.

Ce faisant, ils ont effectivement mis en pratique, au dépend de l’UE les trois dimensions de l’européanisation :

  • européanisation horizontale : communication intensifiée et visibilité renforcée de l’actualité d’autres États-membres dans les différentes sphères publiques nationales ;
  • européanisation verticale : infiltration des enjeux, des acteurs et des débats de l’UE dans les sphères publiques nationales ;
  • la troisième dimension de l’européanisation: émergence d’une communauté transnationale commune ayant un sentiment d’appartenance à un public européen, même s’il s’agit hélas d’un sentiment négatif.

Au total, la peur – bien plus encore que la crise – a permis concomitamment la re-fermeture des frontières européennes et une dé-frontièrisation des discours publics sur l’Europe. De la belle ouvrage, mais à l’envers.

Comment s’informer sur l’Europe en France ?

Le paysage des médias n’a jamais été favorables à l’information européenne, faute d’intérêt des citoyens côté pile ou faute d’investissement des journalistes côté face. Malgré tout, quelques émissions, rubriques ou sites spécialisés permettent de s’informer sur l’Europe en France…

Moins d’une dizaine d’émissions pour la télévision ou pour la radio

Le portail Touteleurope vient d’actualiser une sélection d’émissions de télévision et de radio sur l’Europe.

L’émission TV la plus connue Avenue de l’Europe sur France 3 a récemment fait l’objet d’une double rétrogradation en passant sur un format mensuel et diffusé le mercredi très tard, à 23h20. Le mercredi, c’est la journée de l’Europe puisque toute les semaines, la chaîne parlementaire diffuse Europe Hebdo en début de soirée.

D’ailleurs, c’est plutôt service minimum pour le service public de l’audiovisuel français, puisque les autres émissions sont sur France 24 : Ici l’Europe (côté entretien) et L’Europe dans tous ses états (côté reportages) le samedi midi ou sur TV5 Monde avec Bar de l’Europe le dimanche midi.

Après, il reste les incontournables : la chaîne Euronews pour ceux qui la captent et Arte qui assure le job avec des émissions le week-end : Vox Pop et Yourope.

Au total, aucune émission consacrée à l’Europe sur les chaînes « commerciales » comme TF1, le groupe Canal + ou les autres chaînes de la TNT. On vous dit que l’Europe, ça ne fait pas vendre. En tout cas, personne n’essaye vraiment.

Pour la radio, même punition. Seules les chaînes du groupe Radio France parlent d’Europe sur les ondes :

Il ne faudrait pas oublier dans ce tableau l’émission qui est à la fois diffusée à la télévision et à la radio et en plus sur une chaîne privée, puisqu’il s’agit de 500 millions d’Européens sur BFM Business. Un miracle qui ne tient que par les financements du programme européen Euranet plus.

Davantage de rubriques ou de sites spécialisés

Du côté de la presse, Touteleurope comptabilise une douzaine de rubriques « Europe » dans la presse quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle – un palmarès pluraliste mais décevant :Challenges ; Courrier international ; La Croix ; Les Echos ; L’Express ; Le Figaro ; L’Humanité ; Le Monde ; Le Monde diplomatique ; Le Point ; L’Obs ; Slate ; La Tribune ; 20 minutes.

Du côté des médias spécialisés, les choses évoluent peu entre Coulisses de Bruxelles : le blog de Jean Quatremer et le blog Bruxelles 2 sur les questions de défense en Europe, les pure players européens comme Euractiv.fr, Contexte, Myeurop et VoxEurop (ex Presseurop) et les médias participatifs comme Café Babel, Le Taurillon et les Euros du Village.

Au total, dans les médias audiovisuels, l’actualité européenne apparaît clairement comme un sujet de niche, qui incombe quasi exclusivement au service public TV ou radio tandis que dans la presse, les rubriques Europe demeurent encore, face à quelques médias spécialisés.

Quelle stratégie industrielle de l’UE pour les médias européens ?

Pour qu’une politique publique finisse par arriver, il faut bien à un moment donné qu’elle soit formulée et discutée. N’étant jamais mieux servi que par soi même, c’est exactement ce que les journalistes européens souhaitant ainsi réviser la politique médiatique de l’UE depuis des subventions attribuées au cinéma, à la télévision et à la radio vers un investissement dans des médias indépendants confrontés aujourd’hui à une double crise, économique et numérique…

Missions de l’UE : évaluer le pluralisme des médias et protéger les journalistes

L’UE a besoin de médias en meilleure santé, c’est l’une des conclusions, sans doute oubliée, d’un Conseil européen des 25 et 26 novembre 2013 sur l’indépendance et le pluralisme des médias dans le numérique :

Le secteur des médias, malgré toutes ses faiblesses économiques et ses lacunes, est indispensable pour l’Europe. Aucune construction démocratique n’a jamais survécu sans une presse en bonne santé. L’UE n’est pas différente, mais son « quatrième pouvoir » est fragile. L’Europe a besoin de journalistes de rédacteurs et d’éditeurs durables et indépendants, capable d’expliquer les défis et de s’engager.

Dans le cadre de ses compétences, la Commission européenne soutien des projets qui visent à mesurer les risques pesant sur le pluralisme des médias dans l’UE et à améliorer la protection des journalistes dans l’exercice de leur métier.

Recommandations de l’Association des journalistes européens pour une stratégie industrielle de l’UE dans le secteur des médias

Disponible sur le blog de Christophe Leclerc, le « final draft report » sur la stratégie de l’UE pour des médias indépendants et viables formule notamment une série de recommandations :

1. Fournir une politique industrielle stratégique pour la durabilité du secteur des médias

Le droit d’être informé est un droit fondamental ; la participation des citoyens implique un débat critique, le plus souvent mené par des médias pluriels reflétant la diversité de l’Europe. L’AJE encourage l’UE a adopté une stratégie industrielle pour le secteur des médias afin d’aider les médias sains à innover et de distribuer des aides palliatives pour les médias en crise.

2. Fournir des aides adaptées pour accompagner la transformation digitale des médias

Certains médias traditionnels vont évoluer ou mourir en grande partie due aux forces du marché ; mais des « coups de pouce » stratégiques et des investissements sélectifs de R&D de l’UE pourraient faciliter la transition vers l’ère numérique.

3. Soutenir la créativité et éviter d’essayer de « choisir les gagnants »

Le journalisme est innovant et a fait preuve de souplesse dans le temps. La priorité, que peine à financer les médias, c’est la collaboration transfrontalière et le partage de contenus entre journalistes et réseaux de journalistes, sans fondé les financements sur l’histoire ou la nationalité des médias.

4. Soutenir l’indépendance éditoriale et la liberté de la presse durable

L’UE ne devrait pas essayer de créer elle-même des médias (appartenant à l’UE) ; mais devrait envisager des projets plus indépendants avec les médias existants et les start-ups, en soutenant leur durabilité, surtout lorsque leur modèle économiques est soutenable.

5. Promouvoir des projets de journalisme de qualité aux niveaux national et local

L’UE devrait investir davantage dans l’éducation et la formation des éditeurs, des rédacteurs et des journalistes et soutenir également les journalistes qui font des « histoires locales européenne ou des histoires européennes locales » tout en laissant aux éditeurs et journalistes de choisir leurs propres priorités éditoriales.

Proposition du Journalismfund.eu pour un journalisme d’investigation européen, pierre angulaire d’un débat public européen

Ides Debruyne, le directeur du Journalismfund.eu s’interroge : « How The Emancipated Journalist Can Save European Democracy (But Isn’t Doing It Yet) » autour d’un raisonnement simple : si l’UE veut survivre comme une union des citoyens, elle doit laisser la place à un débat public avec tous ses avantages et ses inconvénients. Et pour nourrir ce débat, nous avons besoin de chiens de garde indépendants. Nous avons besoin de journalistes émancipés d’investigation, prêts à relever le défi.

Quelques initiatives intéressantes de nouveaux modèles de journalisme d’investigation seraient à développer à l’échelle européenne ; songeons par exemple à CORRECT!V en Allemagne, Mediapart en France, De Correspondant aux Pays-Bas, Apache En Belgique, IRPI en Italie ou Le Bureau du journalisme d’investigation au Royaume-Uni

Le journalisme d’investigation pourrait également se traduire sur les sujets européens par la réalisation de documentaires inspirants, un format qui disposent des sources diverses de financement trans-médias et transeuropéennes depuis longtemps.

Les institutions européennes devraient stimuler et faciliter ce climat d’entrepreneuriat journalistique en Europe.

Au total, les idées pour développer des actions de l’UE au bénéfice de projets journalistiques et de médias indépendants et viables ne manquent pas. Mais qu’en est-il de la volonté et des moyens de l’UE ?

Cartographie des principaux Think Tanks européens

« Penser comme un universitaire, agir comme un diplomate et écrire comme un journaliste », voilà les qualités par excellence d’un think-tank dans son rôle de leaders d’opinion. À l’échelle européenne, par leur capacité d’alimenter le débat public et d’exercer une influence sur l’agenda politique, les think tanks européens sont devenus plus actifs et inventifs…

Les think tanks européens autant de « policy research » que d’ « adovocacy »

En matière d’influence idéologique, les think tank européens contribuent par leurs discours à présenter l’Europe comme inéluctable, policée et consensuelle et renforcent la rhétorique de la mécanique institutionnelle et de la technocratie. Un rôle relativement contre-performant, même si le pluralisme et la communication se sont largement développés ces dernières années.

Comme « policy research organisations », les think tanks européens remplissent une fonction d’information sur l’Europe d’autant plus souhaitable qu’ils parviennent à produire une information utile, accessible et fiable dans un temps minimum. Néanmoins, le risque subsiste que les messages complexes tendent à être dilués par les médias.

Les think tanks européens, en tant qu’« advocacy think tanks » exercent un rôle d’étudier les propositions les plus intéressantes et de les faire passer aux politiques. Mais, l’influence politique des think tanks européens est plutôt paradoxale : pour permettre un dialogue entre partis politiques, il faut passer par des structures médiatrices apolitiques.

La scène bruxelloise des principaux think tanks européens a profondément évolué

L’essor et la floraison des think tanks européens sont certainement dus à l’importance croissante de la capitale de l’UE – à l’image de Washington DC – comme plaque tournante pour l’élaboration des politiques de l’UE dans un nombre croissant de domaines.

Les think tanks européens sont de plus en plus intéressés à alimenter l’agenda de l’UE mais également à réinjecter l’agenda de l’UE dans les politiques nationales, en assurant une présence à travers le continent, en particulier (mais pas exclusivement) à Bruxelles.

Ce rôle d’interface est une particularité européenne. Dans l’UE, les think tanks européens jouent un rôle pédagogique important, en particulier (mais pas exclusivement) au niveau national.

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Les think tank européens
Nom Site Pays d’origine Date de création Position Description
Centre for European Policy Studies (CEPS) http://www.ceps.eu Bruxelles 1983 Historique Le Centre d’études politiques européennes, une institution indépendante sans but lucratif, est parmi les think tanks les plus expérimentés sur l’UE.
European Policy Centre (EPC) http://www.epc.eu Bruxelles 1997 Historique L’European Policy Centre est un think tank indépendant, à but non lucratif, travaillant sur le bon fonctionnement du processus d’intégration européenne.
Friends of Europe (FoE) http://www.friendsofeurope.org/ Bruxelles 1999 Historique Les Amis de l’Europe est un think tank à but non lucratif dont l’objectif est d’encourager les réflexions sur l’avenir de l’Union européenne.
German Marshall Fund of the United States http://brussels.gmfus.org/ Bruxelles 1972 Américain Le German Marshall Fund est une institution américaine qui vise à promouvoir les relations transatlantiques.
International Crisis Group http://www.crisisgroup.org/ Bruxelles 1995 Américain L’International Crisis Group est une ONG multinationale, à but non lucratif, dont la mission est de prévenir et résoudre les conflits meurtriers.
Carnegie Europe http://www.carnegieeurope.eu/ Etats-Unis 1909 Américain La Fondation Carnegie pour la paix internationale est yun cercle de réflexion et d’influence global dédiée au développement de la coopération interétatique et à la promotion des intérêts des États-Unis sur la scène internationale.
The Lisbon Council for Economic Competitiveness and Social Renewal http://www.lisboncouncil.net/ Bruxelles 2003 Spécialiste : économie Le Conseil de Lisbonne pour la compétitivité économique et social de renouvellement est un think tank à but non lucratif, indépendant et politiquement neutre.
Bruegel http://www.bruegel.org Bruxelles 2004 Spécialiste : économie Bruegel est un think tank européen, indépendant et non doctrinal, travaillant dans le domaine de l’économie internationale.
Open Europe http://www.openeurope.org.uk/ Royaume-Uni 2005 Spécialiste : économie Open Europe est un think tank pour la promotion d’idées pour la réforme économique et politique de l’Union européenne.
European Council on Foreign Relations (ECFR) http://www.ecfr.eu/ Royaume-uni 2007 Spécialiste : relations internationales Le Conseil européen des affaires étrangères se veut le premier centre de recherche et d’influence pan-européen ayant pour objectif de promouvoir un débat éclairé sur le développement d’une véritable politique étrangère européenne.
Bertelsmann Stiftung http://www.bertelsmann-stiftung.de Allemagne 1977 Allemand La Fondation Bertelsmann est un think tank libéral allemand qui se destine à promouvoir le « processus de réforme » et les « principes de gouvernance ».
Stiftung Wissenschaft und Politik http://www.swp-berlin.org/ Allemagne 1962 Spécialiste : relations internationales La Stiftung Wissenschaft und Politik est l’institution fondatrice derrière l’Institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité, qui conseille à la fois le Bundestag et le gouvernement fédéral.
Center for European Reform http://www.cer.org.uk/ Royaume-Uni 1996 Britannique Le Centre for European Reform est un think tank pro-européen mais critique, dont l’objectif est d’améliorer la qualité du débat sur l’Union européenne.
Institut Français des Relations Internationales (IFRI) http://www.ifri.org France 1979 Spécialiste : relations internationales Dirigé par Thierry de Montbrial. l’Institut Français des Relations Internationales est indépendant de toute tutelle pour produire une recherche policy-oriented sur les affaires internationales et européennes.
Institut Jacques Delors http://www.notre-europe.eu/ France 1996 Français L’Institut Jacques Delors, fondé sous le nom de Notre Europe, produit des analyses et des propositions destinées aux décideurs européens et aux débats relatifs à l’UE.
Fondation Robert Schuman http://www.robert-schuman.eu France 1991 Français La Fondation Robert Schuman, indépendante, sans but lucratif et sans affiliation politique œuvre en faveur de la construction européenne.
Fundación para las Relaciones Internacionales y el Diálogo Exterior (FRIDE) http://fride.org/ Espagne 1999 Spécialiste : relations internationales Le Fondation pour les relations internationales et le dialogue des Affaires étrangères est un think tank européen indépendant.
Centre for Eastern Studies http://www.osw.waw.pl/ Pologne 1990 Polonais Le Centre for Eastern Studies est un think tank qui entreprend des recherches indépendantes sur la situation politique, économique et sociale dans l’UE et le monde.
Institute of Public Affairs http://www.isp.org.pl/ Pologne 1995 Polonais L’Institut des affaires publiques est un think tank  non-partisan de réflexion pour soutenir les réformes de modernisation et  fournir un forum pour un débat éclairé sur les questions sociales et politiques.
Open Society Institute http://www.opensocietyfoundations.org/ Bruxelles 1993 Indépendant L’Open Society Institute est un réseau de fondations créé par le milliardaire américain George Soros pour promouvoir la gouvernance démocratique, les droits de l’homme et des réformes économiques, sociales et légales.
The Wilfried Martens Centre for European Studies (CES) http://www.martenscentre.eu/ Bruxelles 2007 Politique Le Centre Wilfried Martens d’études européennes est la fondation politique au niveau européen du Parti populaire européen.
Fondation européenne d’études progressistes (FEPS) http://www.feps-europe.eu/en/ Bruxelles 2008 Politique Composée pour moitié des fondations et laboratoires d’idées nationaux basés partout en Europe, et pour moitié des groupes et partis politiques, la FEPS assure une couverture dense du monde progressiste européen.
Konrad-Adenauer-Stiftung http://www.kas.de/ Allemagne 1955 Politique La Fondation Konrad Adenauer est un think tank allemand associé à la CDU.
Friedrich-Ebert-Stiftung http://www.fes-europe.eu/ Allemagne XIXe Politique La fondation Friedrich-Ebert est associée au SPD, le parti social-démocrate allemand. C’est la plus importante et la plus ancienne fondation associée à un parti politique en Allemagne.

Même si leur influence réelle reste difficile à mesurer, les think tanks européens sont de plus en plus nombreux, répandus et influents à Bruxelles. Aujourd’hui, il faut compter sur eux dans le débat politique européen.