Quelle est la stratégie de communication de la Turquie sur l’Union européenne ?

Alors qu’un sommet UE-Turquie sera organisé dimanche au sujet des migrants, la stratégie de communication de la Turquie sur l’UE, mise en œuvre depuis 2010 et refondée en 2014, patine dans un contexte où les opinions publiques montrent une baisse du soutien à la fois en Turquie et dans l’UE…

Une stratégie de communication sur l’UE de la Turquie à double sens

La stratégie de communication ambitionnne de rétablir la confiance mutuelle et la sincérité du processus d’adhésion tant en Turquie que dans l’UE :

  • Pour la Turquie, l’approche vise à accroître le soutien du peuple turc pour les réformes en renforçant leur conviction que le processus d’adhésion de l’UE est « le projet de modernisation et de démocratisation le plus important depuis la proclamation de la République » qui fera la promotion du niveau de vie dans tous les domaines.
  • Pour l’UE, la démarche vise à faire de la Turquie une priorité plus élevée et à fournir des faits sur la Turquie pour aider à façonner une perception plus précise parmi les citoyens de l’UE.

La mise en œuvre de plans d’action visent à construire des ponts permanents entre les turcs et citoyens de l’UE afin de transmettre à court terme les messages appropriés pour améliorer la perception de la Turquie et à moyen terme établir des mécanismes permanents et durables de dialogue avec les publics cibles pour changer les attitudes et les perceptions des parties prenantes.

Principaux principes de la stratégie de communication sur l’UE de la Turquie

La liste des principes inscrit la stratégie de communication dans une démarche complètement moderne :

  • Identifier les besoins d’information des publics cibles ainsi que leurs sensibilités
  • Adopter une attitude participative, flexible, proactive et utilisant efficacement des moyens de communication modernes
  • Renforcer la relation avec les publics cibles et créer des synergies
  • Employer des actions aux effets durables, mesurables et orientées vers les résultats
  • Fonder sur un engagement sincère et confiant
  • Apporter une transformation des mentalités

Objectifs de la stratégie de communication sur l’UE de la Turquie

Afin de surmonter les obstacles qui se dressent sur le chemin de l’adhésion de la Turquie à l’UE, l’objectif stratégique ultime est de créer la sensibilisation du public à la fois dans l’UE et la Turquie en ce qui concerne les réformes politiques et la transformation socio-économique en Turquie.

Objectifs pour la Turquie :

  1. Informer le public sur les avantages obtenus à la suite du processus d’adhésion à l’UE
  2. Accroître le soutien et la base en faveur de l’adhésion turque
  3. Faciliter la transformation des mentalités en Turquie pendant le processus d’adhésion à l’UE

Objectifs pour l’UE :

  1. Assurer une présence accrue de l’adhésion de la Turquie à l’agenda de l’UE
  2. Renforcer le soutien à l’adhésion de la Turquie dans l’UE en fournissant aux citoyens de l’UE des faits visant à surmonter les malentendus
  3. Mettre en avant le « Strong Turquie, Strong EU » en mettant l’accent sur les contributions de la Turquie à l’UE

Publics et audiences cibles de la stratégie de communication sur l’UE de la Turquie

Afin de construire une relation UE-Turquie basée sur une approche « gagnant-gagnant » durable et forte, l’adhésion à l’UE de la Turquie ne sera pas seulement le résultat d’un processus purement technique effectué par les institutions turques et de l’UE mais exige la participation active et le soutien de tous les segments de la société : les sociétés civiles turques et de l’UE, le secteur privé, les milieux universitaires, les administrations locales / régionales / nationales, les médias internationaux, ainsi que la culture, les arts, les milieux sportifs, les jeunes et les leaders d’opinion.

Afin de toucher les partisans de l’adhésion à l’UE de la Turquie ainsi que les opposants et les sans avis à la fois dans l’opinion publique turque et européenne, des mécanismes durables de dialogue seront construits.

Messages de la stratégie de communication sur l’UE de la Turquie

Messages pour la Turquie :

  • L’UE est un projet de paix qui est basée sur la dignité humaine, la liberté, la démocratie, l’égalité, la primauté du droit et le respect des droits de l’homme
  • L’adhésion à l’UE est un objectif prioritaire pour une Turquie plus démocratique, moderne et prospère
  • Le processus d’adhésion à l’UE aura une incidence positive sur la vie quotidienne des gens, en fournissant une grande quantité d’avantages et d’opportunités pour les différents segments (par exemple, les gens d’affaires, les étudiants, les femmes, les agriculteurs, les personnes défavorisées, etc.)
  • Le processus doit être embrassé et adopté non seulement par l’Etat, mais aussi par tous les segments de la population, notamment par la société civile
  • Le succès du processus d’adhésion à l’UE de la Turquie dépend des changements qui sont nécessaires non seulement dans les règles et les institutions, mais aussi dans les mentalités

Messages pour l’UE :

  • L’adhésion de la Turquie est une priorité que l’UE poursuit avec sincérité, engagement et détermination
  • La Turquie met en œuvre des réformes politiques et la transformation socio-économique avec la prise de conscience de ses obligations relatives à l’adhésion à l’UE
  • La Turquie et l’UE sont des partenaires stratégiquement importants qui partagent des valeurs communes
  • Les deux parties ont beaucoup à gagner dans des domaines tels que la politique étrangère, les relations économiques et commerciales, la sécurité de l’approvisionnement énergétique, la gestion des frontières, de l’emploi et de la politique de migration
  • La Turquie vise à enrichir la mosaïque européenne avec ses propres couleurs comme un modèle exemplaire de diversité culturelle et religieuse vivant ensemble dans la paix.
  • Les peuples de l’UE et de la Turquie sont en train de construire un avenir commun et fort ensemble
  • L’adhésion de la Turquie améliorera l’UE d’un projet régional de paix à un véritable rpojet global

Au total, la stratégie de communication sur l’UE de la Turquie est éclairante tant elle montre le long chemin à parcourir pour convaincre et changer durablement les mentalités en Turquie et dans l’UE.

L’espace public culturel et virtuel au secours de l’UE

Dans une réflexion sur le rôle crucial et ambivalent des médias et de la culture pour l’UE, Ancuta-Gabriela Tarta revisite la notion d’espace public et annonce plusieurs clashs. Pourquoi ?

1er clash des espaces publics : hors ligne contre médias en ligne

Les médias traditionnels imprimés et audiovisuels représentent la connexion la plus importante entre les citoyens et les institutions européennes. Les gens obtiennent leurs informations sur l’activité des institutions européennes dans les médias, et ils ont une image de l’UE sur la base de ce qu’ils voient dans les médias.

En théorie, pour rendre le travail de l’UE, les médias doivent offrir aux citoyens la possibilité de discuter les décisions des institutions européennes, ainsi que de transmettre le résultat de ces discussions à Bruxelles.

Dans la pratique, les décideurs européens sont situés à une distance considérable de la plupart des citoyens dont ils influencent pourtant la vie. Mais, sans soutien public, la légitimité des acteurs politiques européens devient très discutable.

La couverture médiatique traditionnelle de l’UE a plusieurs handicaps :

  • Tout d’abord, les personnages sont ternes et peu attrayants, et les institutions plutôt abstraites et lointaines. Les citoyens déclarent avoir du mal à se rapporter à l’information européenne.
  • Deuxièmement, il y a un manque de perspective dans les infos de l’UE, au point que les gens se demandent « et alors? ». À la fin, l’information est correctement contextualisée mais pas ou peu expliquée, et est souvent assez superficielle.
  • Dernier point, mais non le moindre, les gens considèrent la couverture des nouvelles européenne comme étant biaisés, manquant de pluralisme et de débat.

Alors, les défauts des anciens médias pourraient-ils être réduits par les nouveaux médias ?

Internet est un moyen à la fois le plus rapide et d’ubiquité car il peut être consulté à partir de n’importe quel point de l’espace européen. Dans le même temps, la nature essentiellement interactive du web 2.0 facilite la participation à des discussions et des débats.

2e clash des espaces publics : la culture face à la politique

Habermas, le concepteur de l’espace public, estime que l’espace public littéraire (dans les cafés et les salons) est la condition préalable à l’émergence d’un espace public politique. Que peut cet espace culturel dans la société d’aujourd’hui ?

La culture populaire peut aider à sensibiliser les citoyens aux questions politiques beaucoup plus inintéressants, mais autrement importants en rendant la politique plus accessible, et que cela plaise ou non, en la rendant aussi plus populaire. Les programmes d’infotainment pourraient être un moyen de susciter l’intérêt du public pour les questions politiques qui, autrement, pourraient sembler terne et peu attrayant.

Puisqu’il est irréaliste d’attendre des citoyens qu’ils s’impliquent dans un débat actif sur la politique officielle de l’UE, c’est aux institutions européennes de rendre leur communication plus populaire avec les citoyens.

La réaction du public à une question politique est souvent émotionnelle et esthétique, et non rationnelle et il n’est pas rare que les expériences émotionnelles et esthétiques sont la lampe de poche pour éclairer des questions politiques obscures et incompréhensibles.

Pour un espace public culturel renouvelé reposant sur Internet

Un espace public culturel virtuel serait un espace de communication pluraliste permettant l’expression de tous les points de vue entre les citoyens et les décideurs sur la base d’une « rhétorique de la vie quotidienne » rendant accessible à un large éventail de citoyens les arguments politiques et offrant un environnement de socialisation pour des discussions passionnées voire des réactions irrationnelles, tout en favorisant la participation.

Dans le contexte de l’UE, l’espace public culturel semble très pertinent. Les citoyens de l’UE ne peuvent être appelés à développer un « sentiment » d’appartenance à un espace transnational, aussi longtemps que cet espace est d’abord une construction politique. Ils ne peuvent pas sérieusement se sentir « unis dans la diversité ». Qu’est-ce que les citoyens peuvent, cependant, être censés faire ? Agir et s’exprimer en fonction de leur contexte culturel, leurs goûts, leurs aversions et leurs convictions intérieures.

Internet pourrait être l’endroit de la médiation entre les citoyens et les décideurs puisque la nature virtuelle et la structure des réseaux sociaux tend à favoriser un type de communication informelle qui fait appel principalement aux émotions et à l’esthétique plutôt qu’au rationnel.

L’espace public culturel, via Internet, est en fait la première étape à franchir afin de développer un espace public politique, qui permettrait de résoudre le problème de déficit démocratique des institutions européennes.

Comment la presse juge la Commission Juncker un an après ?

Alors que la Commission Juncker s’est contentée d’une courte présentation en ligne et en anglais pour faire son bilan un an après, la presse elle s’y intéresse peu et se montre assez critique sur la Commission « plus politique », « de la dernière chance »…

Manque d’intelligibilité de l’organisation et du fonctionnement de la Commission Juncker

En dépit des bonnes intuitions de Jean-Claude Juncker concernant la politisation de la Commission européenne, la communication plus efficace auprès des citoyens européens et l’usage stratégique de son monopole d’initiative, le premier bilan de la Commission Juncker est décevant selon Le Figaro.

L’organisation de la Commission avec des Vices Présidents transversaux n’a pas eu d’effet notable d’autant que « la plupart des Commissaires maîtrisent mal leurs sujets, voire, desservent leur mission par leur passé national ». Mais surtout, le fonctionnement de la Commission ne parvient pas à convaincre, l’institution « n’a pas su mettre son organisation au service de ses objectifs ».

Déjà difficile à suivre pour les non-initiés, la Commission européenne revue par Juncker est devenue difficile à comprendre même pour les spécialistes.

Manque de lisibilité entre l’agenda des priorités et la gestion des crises

Face à une succession de crises sans précédent entre la Grèce, le Brexit, le TTIP, les Luxleaks et surtout les migrants, « la Commission n’est pas visible sur les autres dossiers et semble manquer d’ardeur » selon l’AFP.

Hormis la politique concurrentielle avec la Commissaire danoise Margrethe Vestager, les autres priorités politiques à l’agenda de l’institution ne sont pas aussi lisibles : la création du marché numérique unique, l’union de marchés de capitaux ou l’union de l’énergie sont complexes et offrent peu d’avancées fortes.

Entre les dossiers inscrits à l’agenda et les crises à gérer, la ligne directrice de l’activité de la Commission européenne n’est pas de toute clarté.

Manque de visibilité entre les annonces et les premiers résultats

Parmi les nombreuses annonces de Jean-Claude Juncker, le plan d’investissement demeure la plus importante. Aujourd’hui, la plupart juge que le plan Juncker est mal en point : « il ne sera pas le levier de croissance et d’emplois promis, à cause notamment du soutien trop timide des États membres ».

Mais surtout, avec toutes ces annonces, « Jean Claude Juncker n’est pas parvenu à changer le regard des Européens sur la Commission ». Tant que les résultats ne seront pas visibles, les Européens demeureront sceptiques voire pessimistes.

La communication de la Commission européenne va devoir rapidement passer des effets d’annonce initiaux à la promotion des résultats bénéfiques et concrets pour les citoyens.

Au total, un an après, tout jugement est forcément prématuré, mais faute d’une meilleure compréhension de la Commission Juncker tant dans son organisation et son fonctionnement que dans ses choix, et d’une meilleure visibilité des premiers résultats, le jugement de la presse restera critique.

Comment faire progresser la transparence de l’Union européenne ?

À l’occasion de la conférence annuelle de la communication européenne, EuropCom, la médiatrice de l’UE Emily O’Reilly s’est exprimée sur la transparence de l’UE : « un devoir ou une opportunité ? »…

1. Lutter contre le manque de transparence des administrations européennes – la principale inquiétude

Ce seul enjeu représente à lui seul 20 à 30% de tous les dossiers gérés par le médiateur européen. Mais la transparence ne s’arrête pas aux refus des institutions européennes de donner accès aux documents de l’UE.

Mieux communiquer sur les processus de prise de décision de l’UE ou s’attaquer au système des « revolving doors » constituent également des priorités.

Songeons qu’un Commissaire sur trois (9 sur 26) de la Commission Barroso 2 ayant quitté leur poste en 2014 ont pris des responsabilités dans des grandes entreprises.

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2. Développer le lobbying de la transparence

Le lobbying joue un rôle important dans les sociétés démocratiques, selon la médiatrice de l’UE. L’initiative de la nouvelle Commission Juncker en matière de transparence des réunions des décideurs de l’institution avec des lobbyistes va dans la bonne direction.

Les prochaines étapes consisteraient à promouvoir un registre de la transparence obligatoire pour que les lobbyistes inscrivent leurs activités et à fixer des règles d’or pour le « pantouflage » dans le privé ; même si la plupart des Etats-membres ne dispose ni de l’un, ni de l’autre.

3. Respecter les règles de l’ONU en matière de lobbying du tabac

La médiatrice de l’UE formule des recommandations pour améliorer les pratiques de lobbying du tabac. L’élaboration des politiques de santé publique doit être aussi transparente que possible, surtout en matière de tabac.

Les pratiques des lobbyistes du tabac sont très sophistiquées et le plus souvent leurs méthodes sont « sous le radar ». Du coup, la Commission européenne devrait publier pro-activement toutes les réunions avec les lobbyistes du tabac ainsi que les minutes de ces réunions.

4. Renforcer la transparence sur le TTIP

Le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) affectera la vie des 500 millions d’Européens ; l’enjeu est considérable.

La Commission européenne publie maintenant plus de documents (position papers, fact sheets, legal texts) sur la négociation en cours avec les Etats-Unis. Puisque les US n’ont pas opposé de véto contre la publication de chapitres du TTIP par l’UE, la Commission européenne devrait être encouragée à faire davantage de transparence, en publiant notamment les réunions avec les lobbyistes à l’échelle des négociateurs.

5. Lancer la transparence des Trilogues

Comme les présentent Contexte « Les « trilogues », ces raccourcis de la démocratie européenne » représentent la nouvelle frontière de la transparence dans l’UE.

Réunions informelles, derrière des portes closes, entre les 3 institutions exécutives de l’UE pour conclure des « deals », les trilogues se sont énormément développés : 1 500 trilogues ont eu lieu au cours des 5 dernières années.

En conclusion, la médiatrice de l’UE précise qu’elle a demandé aux trois institutions exécutives de l’UE leurs opinions sur les enjeux des trilogues et de la transparence, ainsi que sur leurs pratiques en matière de transparence des réunions (listes, comptes-rendus, documents). Les réponses sont attendues pour début novembre 2015…

Comment faire de l’Europe à la télévision ?

Alors que les budgets permettent rarement à la communication européenne d’apparaître à la télévision, l’exemple de la campagne française « l’Européen d’à côté » – récemment primée en or au Brand content Award 2015 et 2e prix de la communication publique européenne à la conférence EuropCom – démontre que c’est parfois possible…

Un format adapté à la chaîne et au contenu

Lors de la conférence annuelle Europcom, Sandra Chaignon du Commissariat Général à l’Egalité des Territoires présente la série TV « l’Européen d’à côté » destiné à présenter aux citoyens les projets cofinancés par l’UE « à côté de chez eux ».

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Plusieurs facteurs concourent au succès :

  • Une sélection drastique des projets basée sur la sélectivité des gestionnaires, la représentativité des fonds européens et la disponibilité des porteurs de projets ;
  • Une multiplication des vidéos pour illustrer la diversité des aides européennes (66 vidéos sur des porteurs de projets de 1’30’’ – voir la playlist Youtube) ;
  • Une programmation judicieuse sur une chaîne à la fois nationale et locale ;
  • Une diffusion pendant les mois d’été du 9 juin au 8 septembre ;
  • Un annonceur présent sous une marque unique clairement identifiable : « l’Europe s’engage en France » ;
  • Un démenti au sentiment d’éloignement de l’UE avec une double proximité : géographique (des actions partout sur le territoire) ; et psychologique (des priorités en prise directe avec les préoccupations tangibles et quotidiennes).

Des résultats au rendez-vous de l’investissement

Selon l’agence à l’origine de la campagne, le « programme (est) plébiscité par les Antennes Régionales de France 3 qui le rediffusent gratuitement et des audiences au rendez-vous avec en moyenne près de 2 millions de téléspectateurs chaque soir soit 15% de part d’audience ».

Avec plus de 468 millions de contacts et près de 20 millions de personnes ayant vu au moins un épisode sur toute la durée de la campagne, les résultats se comptent parmi les meilleures campagnes de communication sur l’Europe en France au cours de ces dernières années.

Au total, la campagne « l’Européen d’à côté » tire son épingle du jeu à la TV avec une combinaison heureuse entre la puissance du média et la richesse des projets cofinancés par l’UE.