Archives annuelles : 2010

Quelles perspectives pour la communication de l’UE en 2010 ?

Vendredi 12 février, le Secrétariat général du Conseil de l’UE organise une réunion du groupe préparatoire dénommé « Groupe Information ». Composé des portes-paroles des Représentations permanentes des États membres auprès de l’UE, le « Groupe Information » se réunit une-deux fois par mois pour discuter de politique de l’information et des stratégies de communication :

  • examen des propositions de renforcement de coopération interinstitutionnelle et avec les États membres en matière de communication sur l’Europe,
  • adoption de conclusions en la matière,
  • identification de thèmes prioritaires pan-européens de communication,
  • échange de bonnes pratiques et d’expériences concrètes sur les campagnes d’informations menées par les institutions et les États membres.

L’ordre du jour prévu permet de discuter des dernières évolutions de la stratégie « Communiquer l’Europe en partenariat » (cf. ordre du jour en anglais)…

La stratégie « Communiquer sur l’Europe en partenariat » : la vision globale et prospective de la stratégie de communication de l’UE

Proposée le 3 octobre 2007 par la Commission européenne, la stratégie s’est traduite par la signature le 22 octobre 2008 par le Parlement européen, le Conseil de l’UE et la Commission de la Déclaration politique « Communiquer sur l’Europe en partenariat » visant à :

  • une coopération entre institutions communautaires (proposition d’accord interinstitutionnel de communication entre la CE, le PE et le CUE et création d’un groupe interinstitutionnel de l’information pour débattre annuellement sur les priorités de communication) ;
  • une implication plus forte des États membres via des partenariats de gestion avec les États membres

Quelles priorités de communication communes aux institutions européennes pour 2010 ?

Selon le programme de travail de la Direction Générale Communication de la Commission européenne pour 2010, il est stipulé que jusqu’à l’adoption du programme de travail de la Commission pour 2010, qui ne saurait tardé maintenant que la Commission est officiellement nommée, la DG COMM travaille sur la base de trois priorités de communication :

  • La relance économique ;
  • L’environnement, le climat et l’énergie ;
  • Une meilleure gouvernance européenne pour les aspects de sécurité intérieure et extérieure qu’apportera le traité de Lisbonne.

La réunion de vendredi 12 février ainsi que la publication prochaine du programme de travail de la Commission pour 2010 devrait permettre de préciser la liste définitive des priorités de communication.

Quelle évaluation de la gestion des partenariats de communication avec les États membres ?

Selon le programme de travail de la Direction Générale Communication de la Commission européenne pour 2010, « au-delà de la poursuite des partenariats déjà mis en place en 2009, la DG COMM souhaite augmenter le nombre de partenariats en 2010 » et envisage d’y consacrer 8,6 millions d’euros :

  • 23 États membres ont déjà mis en place des partenariats : Belgique, Bulgarie, République tchèque, Allemagne, Estonie, Irlande, Grèce, Espagne, France, Italie, Chypre, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Malte, Autriche, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovénie, Slovaquie, Suède, Finlande ;
  • 4 États membres n’ont pas encore mis en place de partenariats : Luxembourg, Danemark, Pays-Bas, Royaume-Uni.

La réunion du groupe de vendredi 12 février devrait permettre d’évaluer de « Aktion Europa », le partenariat entre l’Allemagne et la Commission en vue de partager les bonnes pratiques et de généraliser les partenariats de gestion dans l’ensemble des États membres.

Ainsi, cette réunion de travail de « la communauté des communicants de l’UE » illustre les avancées de la stratégie « Communiquer sur l’Europe en partenariat », qui devraient se poursuivre en 2010.

Décryptage de l’évolution des actions de l’UE pour un Internet plus sûr sous l’angle de la communication

Souhaitant répondre aux préoccupations soulevées par les risques que peut présenter Internet, notamment pour les jeunes, la Commission européenne réalise des actions pour un Internet plus sûr dont les évolutions successives consacre à chaque fois plus clairement l’importance d’une bonne communication…

Quelques chiffres récents suffisent à mesurer l’ampleur du phénomène mondiale de l’Internet aujourd’hui :

  • Plus de 18 milliards de minutes de chat vocal dans Second Life ;
  • Plus 4 milliards de photos hébergées par Flickr ;
  • Plus de 1 milliard de vidéos visionnées par jour sur YouTube ;
  • 14 millions d’articles rédigés par 85 000 personnes sur Wikipédia ;
  • 400 millions d’utilisateurs sur Facebook ;
  • 75 millions de comptes Twitter.

Des actions de plus en plus consacrées à la sensibilisation des jeunes internautes

Avec le « plan d’action Safer Internet » (1999-2004), la ligne directrice de la Commission européenne est d’encourager la mise en place d’un environnement favorable au développement de l’industrie liée à l’Internet. Les actions de sensibilisation auprès des internautes se limitent à mieux faire comprendre les opportunités des services offerts par l’industrie liée à l’Internet.

Le nouveau « programme Safer Internet Plus » (2005-2008) lancé par Viviane Reding, Commissaire responsable de la société de l’information et des médias, s’intéresse davantage aux utilisateurs finaux de l’Internet. La synthèse officielle indique que « c’est sur cet aspect en particulier que le programme concentre(ra) son action ».

Le programme actuel « Internet encore plus sûr pour les enfants » (2009-2013) se réoriente exclusivement vers les jeunes avec pour ambition de faire de l’Europe « un modèle dans le domaine de la protection des mineurs contre les abus dont ils peuvent être victimes en utilisant les technologies en ligne et la téléphonie mobile ».

Des actions de sensibilisation de mieux en mieux destinés aux jeunes internautes

Alors que les premières actions de sensibilisation visent à renforcer la diffusion d’informations pertinentes sur les risques et les méthodes de prévention « au plus grand nombre d’utilisateurs », notamment les parents et les éducateurs, les actions sont de mieux en mieux orchestrées tant au niveau des messages que des outils pour toucher efficacement les jeunes internautes.

Lancement à l’occasion du « Safer Internet Day 2009 » d’une campagne européenne de communication sur le harcèlement en ligne. Grâce au réseau Insafe, qui regroupe les 27 points de contacts nationaux de sensibilisation aux usages et risques de l’Internet financés par la Commission européenne, les chaînes de télévision publiques et privées de toute l’Europe diffusent cette vidéo. La campagne est également relayée sur un site « Keep Control » dédiée aux enfants.

Ainsi, les évolutions successives des actions de l’UE pour un Internet plus sûr illustrent que l’UE peut exercer une influence directe dans la vie quotidienne des Européens à condition de définir, comme lors de la nouvelle campagne lancée à l’occasion du « Safer Internet Day 2010 » :

  1. des objectifs clairs : sensibiliser ;
  2. une cible précise : les internautes adolescents ;
  3. des messages simples, compréhensibles et percutants : « Think B4 U post! »
  4. des moyens adaptés : clip sur YouTube, bannières sur les sites de réseaux sociaux, etc.

En somme les clés du succès reposeraient sur une démarche stratégique de communication

Benchmark des plateformes de données sur l’activité parlementaire des eurodéputés

S’appuyant sur toutes les données relatives à l’activité parlementaire issues du site du Parlement européen, des informations intégralement publiques mais relativement inaccessibles et illisibles, plusieurs plateformes (à but non lucratif, non partisan et en anglais) essaient de donner aux citoyens européens de nouveaux outils et synthèses pour comprendre et analyser le travail de leurs représentants européens…

Finalité des plateformes de données sur l’activité des eurodéputés : la trousse à outils de la démocratie représentative européenne

En archivant et synthétisant les différentes activités législatives des élus européens, plusieurs plateformes rendent accessibles et compréhensibles plusieurs données clés :

  • composition du Parlement européen par pays, par groupes politiques et par commissions ;
  • taux de fréquentation aux sessions, taux de participation aux votes et votes sur chaque texte pour chacun des membres du Parlement européen ;
  • visualisation de données relatives aux textes adoptés ou rejettés par pays, groupes politiques, commissions, types de politiques publiques et parlementaires.

Originalité de chaque plateforme de données sur l’activité des eurodéputés : des graphiques, des tendances et des commentaires

Au-delà de ces outils permettant de facilement trouver et comparer des informations, chaque plateforme existante propose des fonctionnalités instructives tant par leur lisibilité sous forme de graphique ou par leur intelligibilité de tendances imperceptibles :

  • EPvote.eu, réalisé par noise.in.the.wires, se présente comme le plus synthétique et se distingue par une rubrique sur les tendances politiques (tous les textes votés sont classés par grandes thématiques de politiques publiques et analysés en fonction de leurs résultats : pour/contre/abstention).
  • VoteWatch.eu, parrainé par l’Open Society Institute, Burson-Marsteller et ElectionMall.com, se veut plus analytique avec des informations par eurodéputés et sur la participation par sessions des groupes politiques.
  • It’syourParliament.eu, lancé aujourd’hui par Buhl & Rasmussen, se montre le plus ouvert aux réactions des internautes avec un système de vote sur les textes adoptés ou rejetés ou sur les eurodéputés ainsi qu’un module de dépôt de commentaires, sans oublier un compte Twitter.

Ainsi, quoique ces plateformes risquent de demeurer relativement inconnues du grand public, les données euro-parlementaires sont dorénavant accessibles en toute transparence.

Annonce sur Youtube d’un colloque de 2 jours sur la communication européenne en octobre 2010

Alors que la Belgique exercera la présidence tournante du Conseil de l’UE au second semestre 2010, un colloque de 2 jours exclusivement consacré à la communication européenne est dès à présent annoncé sur Youtube (vidéo supprimée) en vue de faire appel à des conférenciers. Organisés par les Régions wallonnes et flamandes avec l’appui du Comité des Régions, la manifestation devrait se tenir à Bruxelles en octobre prochain…

1 projet inédit s’adressant à une « communauté des communicants européens » et reposant sur une future plateforme dédiée

Visant à rassembler les professionnels de la communication publique, qu’ils s’agissent des fonctionnaires européens exerçant au sein des institutions européennes à Bruxelles et dans les Etats membres ou des fonctionnaires nationaux ou locaux, ayant à informer les citoyens des actions de l’UE ; l’ambition du projet est de créer une communauté pérenne des communicants européens.

Au-delà de l’annonce du colloque, qui s’inscrit d’emblée comme un événement récurrent, la volonté d’animer une communauté de communicants européens repose également sur l’annonce de l’ouverture prochaine d’une plateforme web, un réseau pour s’informer, échanger et dialoguer qui leur permettrait de :

  • de mieux comprendre la réalité européenne à leur échelle (européenne, nationale ou locale) et de valoriser les initiatives européennes qui les concerne ;
  • de mettre en contact les acteurs de la communication européenne afin de favoriser les échanges de connaissances, d’expériences et de bonnes pratiques.

5 thèmes incontournables répondant aux attentes et besoins de cette « communauté des communicants européens »

Afin de favoriser l’émulation de tous ces professionnels chargés de la mission d’informer et de communiquer sur l’Europe, les 2 jours de colloque s’articulent autour de cas pratiques et de retours d’expériences sur les thèmes suivants :

  • comment communiquer sur l’Europe et transmettre des informations sur les bénéfices concrets de l’UE dans la vie quotidienne des Européens ?
  • comment améliorer la communication publique en Europe, notamment par une meilleure compréhension des différences culturelles ou générationnelles ?
  • comment susciter la participation et l’interaction citoyenne autour des politiques publiques, en particulier par un bon usage des médias sociaux ?
  • comment réaliser une communication européenne « durable », dans son double sens : une stratégie de long terme hors des logiques de « coups » et une approche multi-cible intégrant la problématique des publics socialement défavorisés.
  • comment travailler avec la presse et les médias sur les questions européennes ?

Ainsi, une initiative constructive (créer une communauté des communicants européens) et judicieuse (partager les connaissances, expériences et bonnes pratiques) s’annonce avec ce colloque sur la communication européenne. Nous en reparlerons.

Palmarès des membres de la Commission européenne sur Twitter

Alors que le Parlement européen doit procéder au vote final d’approbation du Collège des Commissaires à Strasbourg le 9 février 2010, quel est l’état des lieux de la présence des Commissaires désignés sur Twitter ?

Plus de 70% des Commissaires ne sont pas présents sur Twitter

Une très large majorité des Commissaires est absente du réseau social Twitter :

  • Joaquín Almunia, Vice-président, Concurrence
  • Siim Kallas, Vice-président, Transports
  • Antonio Tajani, Vice-président, Industrie et Entreprises
  • Maroš Šefčovič, Vice-président, Relations inter-institutionnelles et Administration
  • Olli Rehn, Affaires économiques et monétaires
  • Andris Piebalgs, Développement
  • Androulla Vassiliou, Éducation, Culture, Multilinguisme et Jeunesse
  • Algirdas Šemeta, Fiscalité, Union douanière, Audit et Lutte anti-fraude
  • Karel De Gucht, Commerce
  • John Dalli, Santé et Politique des consommateurs
  • Máire Geoghegan-Quinn, Recherche, Innovation et Science
  • Janusz Lewandowski, Budget et Programmation financière
  • Johannes Hahn, Politique régionale
  • Štefan Füle, Élargissement et Politique européenne de voisinage
  • László Andor, Emploi, Affaires sociales et Insertion
  • Cecilia Malmström, Affaires intérieures
  • Kristalina Georgieva, Coopération internationale, Aide humanitaire et Réaction aux crises
  • Dacian Cioloş, Agriculture et Développement rural

Quelques comptes sont ouverts mais inactifs sur Twitter

Seul l’avenir pourra déterminé s’il s’agit de comptes « officiels » ou de spams pour quelques Commissaires qui auraient ouverts des comptes sans être actifs :

  • Jose Manuel Barroso EU President : fake (suspendu)
  • José Manuel Durão Barroso, Président : 0 Following, 114 Followers, 6 Tweets : fake (supendu)
  • Catherine Ashton, Première Vice-Présidente, Haut représentant pour les Affaires étrangères : fake
  • Viviane Reding, Vice-présidente, Justice, Droits fondamentaux et Citoyenneté (et de la communication) : fake
  • Neelie Kroes, Vice-présidente, Société numérique : fake
  • Günther Oettinger, Énergie : fake

Quelques personnalités seulement sont actives sur Twitter

Une infime minorité des Commissaires est engagée sur Twitter :

  • Connie Hedegaard, Action climatique (compte temporairement actif lors du Sommet de Copenhague : @cop15president) : 4 Following, 35 Followers, 13 Tweets
  • Janez Potočnik, Environnement : 12 Following, 146 Following, 17 Tweets
  • María Damanáki, Affaires maritimes et Pêche : 91 Following, 232 Followers, 37 Tweets (en alphabet grec) : 177 Following, 91 Followers, 106 Tweets
  • Michel Barnier, Marché intérieur et Services (compte temporairement utilisé pendant la campagne des élections européennes) : 620 Following, 2,436 Followers, 88 Tweets

Ainsi, alors que les derniers chiffres de Twitter publiés par Sysomos : Exploring the Use of Twitter Around the World. révèle que 13 millions de tweeteurs seraient actifs dans le monde en janvier 2010 avec une grosse majorité d’ anglophones – plus de 65% – et moins de 1 % pour les français, le palmarès de la présence des Commissaires sur Twitter montre que le Commissaire français arrive en tête du podium.