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PDFBrussels : quel est l’état de l’espace public européen en ligne ?

Pour la 1e édition du #PDFBrussels – le « Personal Democracy Forum » organisé à Bruxelles le 31 mai dernier – les interventions ont gravité notamment autour des enjeux de l’espace public européen en ligne. L’activité des journalistes européens et de la blogosphère européenne parvient-elle à élargir l’espace public européen en ligne ? Retour sur les temps forts de la journée sur ce sujet…

 

Quasi exclusivement limitées à la « bulle bruxelloise » et aux milieux européens avant l’arrivée d’Internet, les affaires européennes se développent-elles auprès de nouveaux publics grâce à de nouvelles formes d’activités de journalisme en ligne ou de blogging sur l’Europe ?

La bulle bruxelloise et les journalistes auprès de l’UE

L’espace public européen en ligne, c’est la question qui traverse les interventions du 1er panel :

  • Eric Karstens de l’European Journalism Center s’est interrogé sur les manières de former les journalistes non spécialisés au traitement des affaires européennes, notamment par le « data driven journalism » (cf. workshop à Vienne en juin prochain) ;
  • Alexandros Koronakis de New Europe s’est quant à lui interrogé sur les manières de tenter à la fois de devenir le média européen de prédilection où s’expriment tous les acteurs de la bulle bruxelloise (institutionnels, groupes d’intérêt…) tout en défendant une ligne éditoriale indépendante.

 

L’espace public européen en ligne, c’est également un sujet présent dans les échanges du 2nd panel :

  • Joe Litobarski a présenté « Debating Europe », un projet en ligne consistant à recueillir des questions auprès de citoyens, pour les poser à des personnalités européennes et ensuite mettre en ligne des vidéos des interviews (environ 350 à ce jour) en guise de réponses.
  • Aurélie Valtat, du Conseil a confirmé d’une part, que les communiqués de presse étaient moins des outils destinés aux journalistes – quoique les faits y soient présents – que des documents issus d’arbitrages politiques internes à l’institution et d’autre part, qu’une enquête sur les correspondants de presse à Bruxelles va être prochainement publiée en collaboration avec l’Association de la presse internationale (API) à Bruxelles pour confirmer ou invalider la baisse préoccupante constatée en 2010.

La fondatrice de l’API est intervenue en marge pour présenter les évolutions du corps de presse à Bruxelles : moins de journalistes par grands médias (au maximum deux correspondants à l’heure actuelle), plus de journalistes de médias en ligne ainsi que de médias internationaux, notamment chinois.

La modératrice – Teri Schultz de la National Public Radio, la radio américaine la plus écoutée, qui ne dispose toujours pas de bureau officiel à Bruxelles et dont le rédacteur en chef lui avoue : « quand j’entends parler de l’UE, ça m’endort » – estime que le travail de correspondant auprès des institutions européennes ne consiste pas à traiter l’activité de l’UE mais à parler de l’incidence de l’UE sur la vie des gens et à exercer une pression sur les institutions européennes pour plus de transparence, d’ouverture, d’efficacité et de responsabilité.

La bulle bruxelloise et les eurobloggeurs

L’espace public européen en ligne, c’est finalement la clé de l’intervention de Ronny Patz sur l’émergence d’une blogosphère européenne, où doivent être distingués quelques centaines d’eurobloggeurs très bruxellois, centrés sur l’UE et anglophones, des autres acteurs en ligne partout dans l’Europe traitant occasionnellement, sans connexion avec « Bruxelles » de sujets européens. L’enjeu, selon lui, réside dans la capacité à rendre accessible ces sources éparses et multilingues sur des plateformes thématiques traduisant les contenus pour des audiences susceptibles d’interagir.

Le web social est sans doute le meilleur outil pour élargir l’espace public européen à condition de résoudre les enjeux d’inclusion et d’éducation numériques auprès des citoyens européens.

Comment conceptualiser l’espace public européen en ligne ?

Dans le débat sur comment définir l’espace public européen en ligne, récemment mené par Ronny Patz dans « The illusion of the EU bubble and the discovery of the EU foam » et Mathew Lowry dans « Defining the Bubble from different perspectives », plutôt que de reprendre les notions : communautés d’idées/d’intérêts, bulles connectées ou juxtaposées et européanisation des bulles nationales vs. transnationalisation de la bulle bruxelloise, utilisons le concept d’espace public développé par Erik O. Eriksen…

Définition de l’espace public et des espaces publics « général, segmenté ou fort »

Dans un papier « Conceptualizing European Public Spheres – General, Segmented and Strong Publics », Erik O. Eriksen définit les notions de la manière suivante :

  • Un espace public est un lieu social créé lorsque des individus délibèrent sur des préoccupations communes, et créant une relation entre des intervenants et une audience.
  • Dans une perspective démocratique, le débat public vise à la formation d’une opinion publique, qui est la base de toute décision collective.

En fonction des possibilités de formation d’une opinion publique et des formes de prise de décision politique, plusieurs types d’espaces publics peuvent êtres définis :

  • espace public général : ce sont des espaces de communication au sein de la société civile dans lesquels tous citoyens peuvent participer sur une base libre et égale afin de délibérer en étant soumis aux seules contraintes de la raison ;
  • espace public transnational et segmenté : ce sont des espaces qui évoluent autour de réseaux liés à des politiques publiques et constitués par une sélection d’acteurs ayant un intérêt commun sur certains problèmes et solutions ;
  • espace public fort : ce sont des espaces légalement institutionnalisés et réglementés où se tiennent des discours spécialisés sur la formation collective d’une décision au sein du centre politique.

Quid des espaces publics européens ?

Selon Erik O. Eriksen, en Europe, un débat public commun – sur des mêmes thèmes et des critères de pertinence – n’est pas réalisable :

  • Certes, il y a un espace potentiel pour la création d’une identité collective par le biais de quelques médias paneuropéens, sur la base de l’anglais comme lingua franca.
  • Mais, il y a un long chemin entre le genre de débat et de diffusion de l’information ayant lieu aujourd’hui en Europe et le genre de délibération publique nécessaire pour former une opinion collective et une décision collective.

En d’autres termes, il n’existe pas d’espace public européen au sens d’espace public général. De même, un espace public européen au sens d’espace public fort existe de manière extrêmement réduite, en se limitant au seul centre bruxellois.

Erik O. Eriksen poursuit en considérant que les mass-média facilitant de véritables débats publics propices à la négociation collective de la décision publique font dans une large mesure défaut au niveau européen.

Cependant, il y a des espaces publics transnationaux formés à partir des réseaux de l’UE. Ces communautés sont constituées sur la base d’intérêts communs et de thématiques spécifiques qui fluctuent et font ainsi grandir et rétrécir le réseau.

Autrement dit, il existe bien un espace public européen compris comme espace public transnational et segmenté. La capacité d’homogénéiser le discours public européen est plutôt limité. L’espace public européen est actuellement très fragmenté et en constante évolution.

À la place du peuple souverain, il y a le bruit de communications anarchiques et pluralistes.

Les espaces publics européens à l’heure du web social, des communautés en ligne et de la démocratie participative

Pour Erik O. Eriksen, l’espace public européen est devenu polymorphe et polyphonique. Dans l’UE, il y a, certes, des traces d’espaces transnationaux dans lesquels tous les citoyens de l’UE peuvent (potentiellement) participer, mais il y a surtout des preuves plus saillantes d’espaces publics segmentés évoluant autour des réseaux institutionnels européens.

Ce constat ne peut être que renforcé à l’heure actuelle. En parallèle et en complément des espaces publics segmentés, formés par des réseaux d’acteurs liés par des politiques publiques européennes, coexistent avec des communautés en ligne d’acteurs liés par des centres d’intérêt à caractère européen.

En règle générale, Erik O. Eriksen estime que l’existence de publics plus nombreux favorise la démocratie en améliorant la participation populaire dans la formation de l’opinion publique, plus il y a des publics, plus le débat et la critique progressent et moins il y a d’exclus et de sujets non abordés :

  • plus de publics contribue à critiquer et à déconstruire les « vérités » hégémoniques et les consensus dominants et force les décideurs à fournir des justifications plus convaincantes.
  • plus les publics fournit donc plus de véhicules de démocratisation et plus de possibilités pour tester la légitimité du pouvoir.

Sous cet angle, les « bulles » européennes en ligne – qu’elles soient peu connectées ou souvent juxtaposées ; qu’elles soient trop nationales ou pas assez transnationales – sont autant de publics qui participent de l’amélioration de la démocratie européenne.

Toutefois, poursuit Erik O. Eriksen, lorsque les réseaux de délibération dans des espaces de communication sont considérés comme exhaustifs de la doctrine démocratique, il y a un renoncement à l’idée de gouvernement par le biais du public, par le raisonnement collectif. Dans les sociétés modernes, c’est la loi qui établit l’unité : la participation au processus législatif constitue l’identité collective. Ce qui entrave la démocratie au niveau européen aujourd’hui, c’est l’absence d’une identité commune fondée sur le droit et de la possibilité pour un discours transnational.

Là encore, l’espace public européen en ligne peut certes contribuer à une meilleure démocratie délibérative en Europe mais ne peut pas réaliser la démocratie participative de l’UE, sans que la loi européenne unifie discours et pratiques.

Conclusion : ce qui fait défaut à l’UE, c’est qu’il n’y a pas un espace public européen unique.

« Rencontrez l’Europe » : une plateforme communautaire de la société civile sur l’Europe en France

Lors de la journée de l’Europe, Touteleurope, avec le soutien du Ministère des Affaires étrangères et européennes et de la Commission européenne, a lancé “Rencontrez l’Europe“, une plateforme communautaire autour de l’activité de la société civile sur l’Europe en France…

« Rencontrez l’Europe » : quel but et quels moyens ?

Quel est le but ?

  • Permettre aux citoyens de s’informer des événements européens qui se déroulent près de chez eux ;
  • Permettre également aux acteurs de la société civile d’échanger, et de mettre en place des actions communes ;
  • En somme, rassembler idées et projets et créer des synergies communes.

Quels sont les moyens ?

  • Un « Agenda » recensant tous les événements en lien avec l’Europe des organisations en France de la société civile (associations, fondations, think tanks… déjà 450 organisations référencées) ;
  • Un espace « Débat », lieu d’échanges avec les citoyens ;
  • Un espace « Société Civile » où ces organisations peuvent présenter leurs activités ;
  • Un espace « Membres » réservé aux organisations pour « créer des synergies entre eux, par exemple autour de l’organisation d’un événement et éventuellement réfléchir à des initiatives communes », selon la page de présentation.

« Rencontrez l’Europe » : quelles clés de succès et quels facteurs de risque ?

Selon la typologie établie par le livre blanc sur « les communautés de marque », la plateforme « Rencontrez l’Europe » correspondrait à une « communauté de pairs » autour de leur activité sur l’Europe en France, qui trouverait comme principal bénéfice « les solutions pour mieux vivre leur propre condition ».

Les clés du succès identifiées pour ce type de plateforme semblent bien prises en compte :

  • d’une part, le point commun des membres de cette communauté de « pairs » est particulièrement fort : l’activité et la volonté de mieux faire connaître l’Europe en France ;
  • d’autre part, leurs difficultés à résoudre dans leur quotidien sont effectivement nombreuses : l’exiguïté des moyens pour agir et la visibilité réduite dans les médias et en ligne auprès du public.

Les facteurs de risque pour ce type de plateforme s’avèrent en revanche plus problématiques :

Premier facteur de risque, ne pas bien identifier les vraies attentes. En l’occurrence, l’attente la plus pressante de la société civile exerçant dans les affaires européennes en France est-elle tournée vers une meilleure organisation interne ou bien plutôt vers une meilleure communication externe ? « Rencontrez l’Europe » ne risque-t-elle pas de toucher des cibles acquises plutôt que de conquérir de nouveaux publics ?

Second facteur de risque, ne pas offrir des services et des fonctionnalités qui répondent aux besoins et aux usages. En la matière, la limite la plus criante de la plateforme est de ne proposer aucune ouverture aux autres espaces du web :

  • ni possibilité de liker, twitter ou partager les contributions de la rubrique « Société civile » alors qu’il s’agit du meilleur moyen de disséminer les contenus auprès des internautes aujourd’hui ;
  • ni possibilité d’exporter (sauf RSS exhaustif) ou de personnaliser des entrées de l’agenda pour les inscrire dans son propre agenda (Outlook, Google, iOS, Android…).

Au total, l’idée de rassembler la communauté de « pairs » de ceux qui travaillent sur les questions européennes en France apparaît comme une excellente idée, sur le papier. La plateforme communautaire « Rencontrez l’Europe » parviendra-t-elle à les motiver et à créer de la valeur ajoutée pour les fidéliser ?

Initiative citoyenne européenne : une révolution citoyenne de la communication européenne ?

Depuis le 1er avril, l’initiative citoyenne européenne (ICE), une innovation du traité de Lisbonne – qui « permet à un million de citoyens de l’UE de participer directement à l’élaboration des politiques européennes, en invitant la Commission européenne à présenter une proposition législative » selon le site officiel – est entrée en vigueur. Cette innovation introduite par le traité de Lisbonne peut-elle assurer une révolution citoyenne de la communication de l’Union européenne ?

L’initiative citoyenne européenne : une nouvelle légitimité pour les « petits entrepreneurs de la cause européenne » ?

L’ICE introduit une procédurialisation de la démocratie participative destinée à favoriser l’implication de simples citoyens dans les processus décisionnels de l’UE.

Sous cet angle, l’ICE s’inscrit pleinement dans la stratégie de communication de l’UE consistant à promouvoir la citoyenneté européenne active en sortant d’une conception unilatérale d’un public-récepteur au profit d’un échange avec des citoyens actifs devenus partie prenante de la communication européenne.

L’ICE conforte également la délégation d’une partie de l’activité de promotion de l’UE à des « petits entrepreneurs, militant de la cause européenne », comme l’analyse Philippe Aldrin et Dorota Dakowska dans la revue Politique européenne n° 34 titrée « Promouvoir l’Europe en actes » :

À y regarder de plus près, le regain de considération pour la parole, les opinions ou les initiatives des euro-citoyens « ordinaires » a paradoxalement d’abord bénéficié aux promoteurs non institutionnels mais traditionnels de l’idée européenne.

Ainsi, l’ICE conçue comme une opportunité d’illustrer l’attachement de la communication de l’UE aux pratiques démocratiques se trouverait être en fait un moyen de conforter l’activité de promotion extra-institutionnelle de l’UE réalisée par des « petits entrepreneurs militants périphériques et non institutionnels de la cause européenne ».

L’initiative citoyenne européenne : une exploitation problématique d’un « capital social européen » ?

Le Monde confirme que la procédure étant longue et complexe : « Cela montre la nécessite pour les citoyens d’être aidés et de s’appuyer sur des organismes bien informés sur l’UE. ».

Autrement dit, les citoyens ne pourront se saisir pleinement de l’ICE sans l’aide de ces « petits entrepreneurs de l’Europe » pour diverses missions :

  • mise à disposition des ressources intellectuelles dans la formulation des initiatives et l’évaluation de l’objet de l’initiative pour voir s’il appartient ou non au champ de compétences de la Commission européenne ;
  • mise en relation des citoyens européens intéressés pour constituer un comité de citoyens d’au moins sept organisateurs provenant d’au moins sept États membres de l’Union ;
  • mise en connexion des réseaux européens et des citoyens pour obtenir le nombre de signature nécessaire.

Pour décrypter l’ICE, maîtriser la procédure et éviter les embûches, seuls – selon l’expression de Philippe Aldrin et Dorota Dakowska – « ces « auxiliaires » de l’intégration européenne qui mettent leur expertise professionnelle au service de la cause européenne » disposent du « capital social européen » pour y parvenir.

L’exploitation de cette sorte de « capital social européen » dont seuls disposent les « petits entrepreneurs de la cause européenne » n’est pas sans soulever des problèmes :

Problème explicite : puisque les petits entrepreneurs de la cause européenne ne peuvent se passer de la tutelle financière et symbolique des institutions de l’UE, les ICE risquent de sombrer dans une relative homogénéisation et conformation exercés subrepticement par la Commission européenne.

Problème implicite : « parce que souvent prises dans les plis de l’évidence et de l’impensé d’un entre-soi – conduisant à la compatibilité des messages européens produits au centre et aux périphéries » selon l’analyse de Philippe Aldrin et Dorota Dakowska, les ICE pilotées par les « petits entrepreneurs de la cause européenne » risquent de se traduire par une harmonisation des objets, pauvres en pluralité et en inventivité.

En somme, la logique de disciplinarisation et de conformation aux règles et procédures de l’UE – que seuls maîtrisent les « petits entrepreneurs de la cause européenne » – risque de transformer ce qui pouvait être considéré comme un véritable droit de pétition pour les citoyens européen en un simple canal d’expression technocratique et cannibalisé par les « insiders » du système européen.

Ainsi, l’invocation d’une société civile européenne et d’un espace public européen que portait en germe la participation civique avec l’initiative citoyenne européenne risque de porter des fruits décevants.

L’Euroblogosphère en procès : blogger sur l’Union européenne est-ce possible ?

Le débat sur la possibilité d’un « blogging » européen est relancé : l’euroblogosphère souffre-t-elle d’un manque d’interconnexion ou d’un défaut de crédibilité ?

Pourquoi l’euroblogosphère entre blogs européens déconnectés n’existe pas vraiment ?

Certes, selon Ronny Patz dans « Blogs on European affairs are written by insiders. There is a need for these EU specialists and academics to bring their debates to the digital public. », l’existence de blogs spécialisés sur les affaires européennes correspond à une certaine réalité puisque plus de 900 blogs (dont 200 actifs sur les 15 derniers jours) sont référencés sur la plateforme de référence BloggingPortal.

Mais, l’euroblogosphère est une chimère dans la mesure où la plupart de ces blogs sont écrits par des experts et non par des citoyens, le plus souvent en anglais et non dans leur langue maternelle, sur des sujets hyper-spécialisés en résonance avec l’agenda des institutions européennes et surtout sans interaction effective les uns avec les autres : seuls 1 blog sur 5 renvoie vers un autre blog dans les dernières publications.

Par ailleurs, en publiant cette tribune sur le nouveau blog de la London School of Economics & Political Science, Ronny Patz exhorte le monde académique – pourtant riche en chercheurs et en publications dédiés à l’UE – à s’investir dans la discussion en ligne via le « blogging » européen.

Comment une euroblogosphère connectée pourrait émerger ?

Quoique l’implication du monde académique serait sans nul doute un atout pour approfondir et enrichir la discussion en ligne (tout comme le serait une implication des institutions européennes), il est à craindre – comme le confirme les commentaires de Craig Willy et Mathew Lowry – que le blogging européen – même davantage connecté – demeure une activité de niche, tant que plusieurs conditions ne seront pas réunies :

  • il faut davantage de multilinguisme dans les blogs européens ;
  • il faut des liens plus nombreux avec les blogs des sphères publiques nationales pour transmettre les éléments de débats ;
  • il faut surtout des thèmes et des enjeux qui concernent vraiment la vie quotidienne des Européens au-delà des querelles sur le sexe de la construction européenne.

Une autre réponse sous l’angle du blogging économique sur l’UE vient sur le blog du think tank Bruegel : « Europeans can’t blog ». les raisons de la faiblesses des connexions et de la densité et de la qualité des discussions entre blogs économiques européens sont :

  • la barrière linguistique et médiatique contraint les économistes européens à s’exprimer dans des médias nationaux, inscrits dans un contexte et un espace publics dont le prisme demeure principalement national ;
  • l’apprentissage défaillant de la pratique du débat dans la formation académique des économistes européen tend à développer la perception que le blogging est « une distraction face à la discussion avec des gens sérieux ».

Ainsi, tant la sphère académique en science politique que le milieu des économistes européens laissent à penser que l’euroblogosphère ne souffrerait pas tant d’un manque d’interconnexion que d’un défaut de crédibilité.