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Transparence sur les principaux budgets des agences de communication auprès de la Commission européenne

Le lancement d’un nouveau portail de la transparence centralisant l’accès aux documents de travail de la Commission européenne mis en ligne fournit l’occasion de lister les principaux bénéficiaires de l’argent public européen en matière de communication entre 2007 et 2010. Quelles sont les 10 premières agences de communication auprès des directions et services de la Commission européenne ?

MOSTRA, 1e agence de communication de la Commission européenne avec un montant total de 102.799.822,72 € entre 2007 et 2010

Avec 745 contrats enregistrés dans la base de données en 4 ans et près de 20 contrats à plus d’un million d’euros, Mostra (et ses partenaires) pèse plus d’un quart du marché et se place ainsi de très loin à la première place du podium des agences de communication prestataire de la Commission européenne :

MEDIA CONSULTA, 2e agence de communication de la Commission européenne avec un montant total de 91 415 364,02 € entre 2007 et 2010

Avec 518 contrats enregistrés dans la base de données en 4 ans et 15 contrats à plus d’un million d’euros, Media Consulta pèse un peu moins d’un quart du marché et se place ainsi à la seconde place du podium des agences de communication prestataire de la Commission européenne.

Les principaux projets de Media Consulta sont :

  • l’année européenne du dialogue interculturel en 2008 (3,7 millions d’euros avec la direction générale de l’éducation et de la culture) ;
  • les actions de la direction générale de l’environnement : campagne sur la biodiversité (2,3 millions d’€), campagne sur le changement climatique (2 millions d’€) ;
  • les actions de la direction générale de l’élargissement : communication en Turquie (1,6 millions d’€), promotion des futurs élargissements (1,5 millions d’€), voyages de presse en Bosnie-Herzégovine, Croatie, Macédoine, Monténégro et Serbie (500K€), compétition photos ou tournée « art, goûts et sons » en Europe du Sud-Est (1 million d’€), expédition le « Danube à vélo » 500K€)…
  • les autres « grands comptes » sont la direction générale de la recherche et de l’innovation (plus de 5 millions d’€), la direction générale de l’agriculture et du développement rural (plus de 6 millions d’€ dont 2,4 millions d’€ pour la distribution d’un clip cinéma), la direction générale des entreprises et de l’industrie (campagne sur les destinations touristiques européennes d’excellence à 2,7 millions d’€), la direction générale du développement et de la coopération — EuropeAid…

TIPIK, 3e agence de communication de la Commission européenne avec un montant total de 62.762.644,04 € entre 2007 et 2010

Avec 869 contrats enregistrés en 4 ans, dont 3 supérieurs au million d’euros, Tipik est le troisième prestataire préféré des Directions générales de la Commission européenne en matière de communication.

Les principaux clients de Tipik sont :

  • direction générale de la justice / direction générale des affaires intérieures (700 000€ pour le nouveau site Internet) ;
  • direction générale de la communication ;
  • direction générale du développement et de la coopération — EuropeAid ;
  • direction générale du marché intérieur et des services ;
  • direction générale de l’éducation et de la culture.

ESN – European Service Network, 4e agence de communication de la Commission européenne avec un montant total de 55.029.219,16 € entre 2007 et 2010

Avec 463 contrats enregistrés dans la base de données en 4 ans, ESN est la quatrième agence de communication bruxelloise la plus importante auprès des directions générales de la Commission européenne.

10 contrats dépassent le million d’euros, en particulier pour la gestion du centre de contact Europe Direct :

  • 4,7 millions d’euros en 2008 (2 contrats) ;
  • 4 millions en 2009 ;
  • 4,3 millions d’euros en 2010

LIGARIS, 5e agence de communication de la Commission européenne avec un montant total de 52.586.829,35 € entre 2007 et 2010

Avec seulement 68 contrats, Ligaris restera comme l’agence des campagnes anti-tabac de la direction générale de la santé et des consommateurs :

  • 13,5 millions d’euros en 2007 ;
  • 16,8 millions d’euros en 2008 ;
  • 16 millions d’euros en 2009.

Très créatives, les campagnes « Help » puis « Helpers » anti-tabac ont été primées avec 2 prix en 2 ans.

Les autres agences de communication prestataires de la Commission européenne

Au-delà du podium, un pool de quelques agences de communication se détache parmi les contractants des directions générales de la Commission européenne. Le profil de ces acteurs correspond soit à des agences généralistes, de relations presse ou digitales :

  • Ogilivy PR pour un peu plus de 4 millions d’euros ;
  • Gopa-Cartermill pour un peu plus de 3,5 millions d’euros ;
  • Gellis pour près de 3 millions d’euros ;
  • Edelman pour 2,3 millions d’euros ;
  • Emakina pour près de 2 millions d’euros.

Au total, l’effort de transparence de la Commission européenne est particulièrement instructif pour mieux appréhender un marché de la communication européenne de près de 100 millions d’euros par an environ.

PDFBrussels : quel est l’état de la démocratie numérique européenne ?

Pour la 1e édition du #PDFBrussels – le « Personal Democracy Forum » organisé à Bruxelles le 31 mai dernier – les interventions ont gravité notamment autour des enjeux de la démocratie numérique européenne. Les actions de communication des institutions européennes en ligne parviennent-elles à faire émerger une démocratie numérique européenne ? Retour sur les temps forts de la journée sur ce sujet…

Le Parlement européen : l’institution la plus communicante dans les médias sociaux

Stephen Clark, le directeur de la communication web du Parlement européen s’est interrogé sur les transformations introduites par les nouvelles technologies et le web social dans les relations entre élus et citoyens : le web permet-il d’inventer un nouveau modèle de la démocratie représentative ?

Comment dialoguer avec les citoyens à l’âge d’Internet ?

Au-delà de la présence importante des euro-députés (70% sur Facebook et 40% sur Twitter) et du Parlement européen (+ de 370 000 fans et + de 45 000 Followers) dans les médias sociaux – que le lancement de « newshub », un « live news feeds » de l’ensemble de ces contenus devrait amplifier, plusieurs événements confirment que cette présence revêt un caractère éminemment géopolitique :

  • d’une part, 1 000 nouveaux fans venant du Bahreïn ont utilisés la page Facebook pour lancer un appel au soutien du Parlement européen lors du printemps arabe, mobilisant en retour l’institution pour délivrer un message au peuple bahreïni ;
  • d’autre part, 10 000 commentaires en quelques heures au sujet de la répression du Président Assad en Syrie ont interpellé le Parlement européen pour condamner les bains de sang.

Comment représenter les citoyens à l’âge d’Internet ?

L’enjeu de la communication du Parlement européen pour les élections européennes en 2014 ne consistera pas tant à insister sur l’importance du choix avec une campagne top-down comme en 2009 mais à écouter les conversations – encore que l’institution ne soit pas encore équipée pour y parvenir – afin de répondre aux questions des Européens en matière d’affaires européennes.

Au total, le rôle de gatekeeper filtrant les informations pertinentes – traditionnellement détenu par les eurocrates – est-il en train de s’élargir aux internautes ?

Le Conseil de l’Union européenne : l’institution la plus schizophrénique en ligne

Aurélie Valtat, manager de la communication digitale au Conseil reconnaît que la communication numérique est prise en étau entre la volonté d’ouverture et de transparence qui privilégie la mise en ligne au maximum et les demandes des journalistes de limiter la place du web pour leur permettre de mieux valoriser leur propre activité.

Par ailleurs, la communication du Conseil est également prisonnière de la communication des États-membres, qu’il s’agisse des présidences semestrielles qui ne favorisent pas la continuité ou bien de la communication des gouvernements sur les affaires européennes qui n’est pas linéaire d’un État à l’autre.

Plusieurs solutions sont envisagées, comme par exemple la mise en ligne d’un widget sur les activités du Conseil à utiliser grâce à des filtres par langues et par sujets sur les sites des ministères nationaux dans les États-membres ou encore la création d’un portail pérenne pour les présidences.

@lacomeuropeenne je me rends compte que je n’ai pas dit comment – on travaille à l’idée d’un portail pour les présidences #pdfbrussels

— Aurélie Valtat (@avaltat) May 31, 2012

Voir la présentation « Tapping the potential of member states for communication the EU » d’Aurélie Valtat.

La Commission européenne : l’institution la plus hésitante à communiquer via les médias sociaux

Anne Christensen, web editor dans l’équipe médias sociaux de la DG COMM – encore pour quelques jours seulement – s’est exprimée avec une liberté de parole entière sur les enseignements qu’elle retire de sa propre expérience :

Question inaugurale : combien de communicants européens (la DG COMM compte près de 1 000 fonctionnaires) auraient pu être débauchés pour vraiment s’engager dans des conversations multilingues en ligne ?

Malheureusement très peu, entre la quasi impossibilité de changer les budgets et l’outsourcing quasi systématique des ressources ; à ce jour le chef de l’équipe médias sociaux à été nommé dans une autre DG et Anne Christensen est sur le départ, il ne reste quasiment que les stagiaires…

En plus, très peu de fonctionnaires européens sont des professionnels, experts de la communication et encore moins sont désireux de s’exprimer en leur nom en ligne…

Par ailleurs, l’environnement informatique matériel/logiciel de la Commission européenne est préhistorique et la culture de communication est précautionneuse et bureaucratique, privilégiant des campagnes top-down aux messages 100% maîtrisés à toutes démarches d’écoute et de mesure de l’impact des actions.

Pour autant, ce n’est pas parce les changements ne sont pas perceptibles qu’ils n’ont pas lieu pour autant. Au cours des 2 dernières années, plusieurs réalisations sont à noter :

  • des règles d’utilisation des médias sociaux ont été publiées pour les fonctionnaires européens ;
  • un réseau de communicants utilisant les médias sociaux au sein de la Commission a été institué ;
  • des formations auprès des porte-parole et même des Commissaires ont été menées.

Ce qu’il faut retenir des expériences de communication de la Commission européenne dans les médias sociaux :

  • le multilinguisme est bien, bel et bon en théorie mais en pratique ne marche pas vraiment, sinon par la diversité des canaux ;
  • le grand public est bien, bel et bon en théorie mais en pratique, seuls des publics ciblés sont vraiment touchés ;
  • l’enjeu : apprendre à créer et organiser des contenus attractifs en sachant que la décentralisation des messages rend le travail de programmation et de coordination ardu ;
  • la force de la Commission européenne réside dans la multitude de voix qui peuvent s’exprimer.

En conclusion, les succès et les échecs de la communication de la Commission européenne en matière de web social :

  • succès : plus d’une centaine de fonctionnaires européens utilisent au quotidien des médias sociaux pour communiquer sur des sujets et des publics ciblés + les formations aux médias sociaux sont devenus standards dans les formations proposées aux fonctionnaires européens + le Commissaire européen responsable de l’administration interne discute à la révision des règles régissant les fonctionnaires en utilisant le réseau social interne à la Commission ;
  • échecs : l’infrastructure IT de la Commission décourage l’utilisation de nouveau média sociaux + l’organisation de conversations multilingues est difficile est moins porteur de sens + les médias sociaux sont encore un canal en plus des autres missions des communicants.

Voir la présentation « Social Media #wins & #fails – lessons learned for the EC » par Anne Christensen.

Le web social est sans doute le meilleur outil pour transformer la communication de l’UE à condition de résoudre les enjeux politiques et pratiques, internes aux institutions européennes.

PDFBrussels : quel est l’état de l’espace public européen en ligne ?

Pour la 1e édition du #PDFBrussels – le « Personal Democracy Forum » organisé à Bruxelles le 31 mai dernier – les interventions ont gravité notamment autour des enjeux de l’espace public européen en ligne. L’activité des journalistes européens et de la blogosphère européenne parvient-elle à élargir l’espace public européen en ligne ? Retour sur les temps forts de la journée sur ce sujet…

 

Quasi exclusivement limitées à la « bulle bruxelloise » et aux milieux européens avant l’arrivée d’Internet, les affaires européennes se développent-elles auprès de nouveaux publics grâce à de nouvelles formes d’activités de journalisme en ligne ou de blogging sur l’Europe ?

La bulle bruxelloise et les journalistes auprès de l’UE

L’espace public européen en ligne, c’est la question qui traverse les interventions du 1er panel :

  • Eric Karstens de l’European Journalism Center s’est interrogé sur les manières de former les journalistes non spécialisés au traitement des affaires européennes, notamment par le « data driven journalism » (cf. workshop à Vienne en juin prochain) ;
  • Alexandros Koronakis de New Europe s’est quant à lui interrogé sur les manières de tenter à la fois de devenir le média européen de prédilection où s’expriment tous les acteurs de la bulle bruxelloise (institutionnels, groupes d’intérêt…) tout en défendant une ligne éditoriale indépendante.

 

L’espace public européen en ligne, c’est également un sujet présent dans les échanges du 2nd panel :

  • Joe Litobarski a présenté « Debating Europe », un projet en ligne consistant à recueillir des questions auprès de citoyens, pour les poser à des personnalités européennes et ensuite mettre en ligne des vidéos des interviews (environ 350 à ce jour) en guise de réponses.
  • Aurélie Valtat, du Conseil a confirmé d’une part, que les communiqués de presse étaient moins des outils destinés aux journalistes – quoique les faits y soient présents – que des documents issus d’arbitrages politiques internes à l’institution et d’autre part, qu’une enquête sur les correspondants de presse à Bruxelles va être prochainement publiée en collaboration avec l’Association de la presse internationale (API) à Bruxelles pour confirmer ou invalider la baisse préoccupante constatée en 2010.

La fondatrice de l’API est intervenue en marge pour présenter les évolutions du corps de presse à Bruxelles : moins de journalistes par grands médias (au maximum deux correspondants à l’heure actuelle), plus de journalistes de médias en ligne ainsi que de médias internationaux, notamment chinois.

La modératrice – Teri Schultz de la National Public Radio, la radio américaine la plus écoutée, qui ne dispose toujours pas de bureau officiel à Bruxelles et dont le rédacteur en chef lui avoue : « quand j’entends parler de l’UE, ça m’endort » – estime que le travail de correspondant auprès des institutions européennes ne consiste pas à traiter l’activité de l’UE mais à parler de l’incidence de l’UE sur la vie des gens et à exercer une pression sur les institutions européennes pour plus de transparence, d’ouverture, d’efficacité et de responsabilité.

La bulle bruxelloise et les eurobloggeurs

L’espace public européen en ligne, c’est finalement la clé de l’intervention de Ronny Patz sur l’émergence d’une blogosphère européenne, où doivent être distingués quelques centaines d’eurobloggeurs très bruxellois, centrés sur l’UE et anglophones, des autres acteurs en ligne partout dans l’Europe traitant occasionnellement, sans connexion avec « Bruxelles » de sujets européens. L’enjeu, selon lui, réside dans la capacité à rendre accessible ces sources éparses et multilingues sur des plateformes thématiques traduisant les contenus pour des audiences susceptibles d’interagir.

Le web social est sans doute le meilleur outil pour élargir l’espace public européen à condition de résoudre les enjeux d’inclusion et d’éducation numériques auprès des citoyens européens.

La présidence chypriote invite les Eurobloggers : comment transformer un événement en projet ?

Après l’initiative inédite de la présidence hongroise d’accréditer des eurobloggers aux réunions du Conseil de l’UE, la future présidence chypriote vient d’inviter les eurobloggers à un événement organisé à Bruxelles…

Comment éviter que ce soit une opération de RP limitée à quelques privilégiés bruxellois et transformer l’événement eurobloggers en un projet plus impliquant à la fois pour les eurobloggers et pour la présidence chypriote du Conseil de l’UE ?

Inscrire l’engagement avec les bloggers dans la nouvelle économie relationnelle des institutions européennes

Avec cette invitation de bloggers, la présidence chypriote semble prendre conscience, selon l’analyse de l’enseignant-chercheur Didier Chauvin que « l’Ancien régime médiatique » (médias de masses, logiques de transmission d’information sur des supports matériels) laisse la place à un « nouveau régime médiatique » (réseaux sociaux, self-media, logique de propagation et d’interaction…) qui offre :

  • d’une part, des propensions et des potentialités de mise en visibilité, de publicisation accrue ;
  • d’autre part, de renouvellement de la relation entre les acteurs et les institutions.

Inscrire la relation avec les bloggers dans un projet de transformation de la communication de la présidence du Conseil de l’UE

La communication de la présidence tournante du Conseil de l’UE doit ainsi se « re-positionner » pour « raisonner radicalement en terme de « processus », de structuration de flux, de ressources… dans le cadre d’un projet, lui-même toujours en mouvement ».

La culture professionnelle héritée de la forme « bureaucratique-rationnelle-légale » (hiérarchie, cloisonnement, « one-best-way », etc…) qui cantonne la communication à une fonction « satellite » doit évoluer pour transformer la présidence du Conseil de l’UE en organisation « relationnelle » au sein de laquelle la communication se pratique dans une perspective radicalement informationnelle et de service aux publics.

Inscrire les bloggers comme des acteurs-ressources et non pas des cibles-destinataires

La communication transformée, c’est-à-dire orientée vers le partage de l’information, de la présidence chypriote du Conseil de l’UE doit re-considérer les bloggers :

  • « crowdsourcing » : les bloggers sont contactés comme des ressources (et des alliés) ;
  • « empowerment » : les bloggers sont des acteurs au service de la co-production et de la diffusion d’un projet.

Évidemment, il faut capitaliser sur l’expérience très enrichissante de Ronny Patz, Euroblogger accrédité par la présidence hongroise :

  • organiser un événement ouvert à tous les publics connectés et adapté in situe aux bloggers : ne pas monter un cocktail offline classique mais co-construire un programme d’interventions et d’échanges ouverts à différents profils de bloggers et surtout connectés online et en direct ;
  • organiser un événement utile car destiné à une audience large et orienté vers une relation de long terme : ne pas faire participer que des bloggers qui se connaissent déjà ou qui ne se recontacteront jamais mais convier des acteurs (bloggers et officiels européens) qui tout en ayant un centre d’intérêt commun n’auraient pas l’occasion de se rencontrer afin de leur proposer un projet commun tout au long de la présidence.

Fondamentalement, il faut faire que l’événement ne soit plus une finalité en soi mais un projet qui réalise et illustre une nouvelle approche de la communication de la présidence du Conseil de l’UE :

  • l’événement devient une mise en pratique de la nouvelle approche « informationnelle » qui concrétise la volonté de transparence, d’ouverture, de dialogue voire de co-création ;
  • l’événement devient une illustration de la nouvelle orientation « relationnelle » qui assure l’efficacité de la démarche et met en visibilité cette « efficacité ».

Ainsi, avec cette invitation de bloggers, la présidence chypriote du Conseil de l’UE pose un premier jalon d’une nouvelle approche « relationnelle » de la communication.

Quelles sont les pratiques d’information et de communication dans le web social des acteurs européens ?

Dans le prolongement de deux études régulières portant sur les usages numériques des acteurs bruxellois :

  • 2e « the European Parliament Digital Trends survey » de Fleishman-Hillard Bruxelles réalisée en 2011 auprès d’un échantillon de 120 euro-députés ;
  • 3e « Capital Staffer Index » de Edelman réalisée en 2011 auprès de plus de 500 collaborateurs parlementaires à Washington DC, Bruxelles, Paris, Londres, Berlin, Pékin…

une nouvelle enquête « EU Digital Pulse » réalisée auprès des principaux acteurs européens (eurodéputés, collaborateurs parlementaires, fonctionnaires de la Commission ou d’agences, ONG européennes, journalistes européens…) vient de paraître. Quelles sont les principaux enseignements ?

Pratiques en matière d’information : très forte concentration autour de quelques titres de la presse anglo-saxonne ou spécialisés sur l’UE

Les pratiques des acteurs européens en matière d’information sont particulièrement concentrées autour de 5 sources anglosaxonnes ou spécialisées sur l’UE :

  • la BBC est la source la plus fréquemment citée auprès de tous les acteurs au sein des institutions européennes ;
  • le Financial Times et The Economist sont également très répandus auprès de la plupart des acteurs, en particulier les think tanks, les milieux académiques et les journalistes ;
  • Euractiv et European Voice – deux sources spécialisées sur l’UE – sont également très lus, notamment dans les associations professionnelles et les ONG.

Pratiques en matière d’information dans le web social : très forte utilisation de Wikipedia et Youtube chez l’ensemble des acteurs européens

Deux médias sociaux sont largement utilisés par l’ensemble des acteurs européens :

  • Wikipedia est le plus régulièrement utilisé : 67% des « influenceurs bruxellois » fréquentent la plateforme sur une base quotidienne ou hebdomadaire de même que 61% des eurodéputés ;
  • Youtube est également un réseau très répandu : 67% des eurodéputés et 41% des influenceurs (sur la même base).

La première recommandation de l’enquête porte donc sur une surveillance active et engagée de Wikipedia pour faire en sorte que « son » organisation et « ses » questions de politique clés soient présentés d’une manière qui soient factuellement correct, intéressant et pertinent.

Pratiques en matière de communication dans le web social : très légère distinction entre Twitter, Facebook et LinkedIn chez les acteurs européens

Les usages des principaux réseaux sociaux Twitter, Facebook et Linkedin sont davantage discriminés :

  • les eurodéputés utilisent très fréquemment Facebook (70%) loin devant Twitter (35%) et LinkedIn (20%) ;
  • les influenceurs – en revanche – utilisent moins fréquemment Facebook (39%) et Twitter (23%) mais davantage LinkedIn (35%).

Twitter est un réseau social particulièrement discriminant :

  • c’est le réseau social le plus utilisé par les journalistes et les think tanks ;
  • 60% des eurodéputés nés après 1960 utilisent Twitter fréquemment (quotidienne ou hebdomadaire), contre seulement 5% de ceux nés avant 1950 ;
  • seulement 6% des « communicants » de la Commission et 4% des agences de l’UE utilisent Twitter quotidiennement ou hebdomadairement.

Deux recommandations de l’enquête concluent :

  • d’une part, avec la prééminence de Facebook comme outil de choix des eurodéputés pour communiquer, ce réseau social devrait être davantage privilégié par les autres parties prenantes pour atteindre les eurodéputés en ligne. L’enquête évoque à ce sujet une occasion manquée pour les lobbyistes…
  • d’autre part, quoique l’utilisation de LinkedIn soit faible chez les eurodéputés, ce réseau social est adapté pour cibler les influenceurs bruxellois, en particulier les représentants des associations d’entreprises, d’ONG, de think tanks ainsi que les universitaires et les journalistes.

Ainsi, tandis que les pratiques en matière d’information via les médias traditionnels (anglo-saxon pour la plupart) ou les médias sociaux (Wikipedia tout particulièrement) sont très homogènes, les usages en matière de communication dans le web social des acteurs institutionnels européens sont plus segmentés.