Recommandation du Parlement européen pour optimiser la communication européenne

Dans une résolution « Dialogue actif avec les citoyens sur l’Europe » adoptée en session plénière mardi 24 mars 2009, le Parlement européen formule une série de préconisation pour optimiser la communication européenne…

Les partis pris du Parlement européenne en matière de communication européenne

L’ambition d’une Union européenne démocratique et transparente passe par un dialogue accru entre les citoyens et les institutions européennes, mais aussi par un débat constant sur l’Europe aux niveaux européen, national et local.

La connaissance de l’Union, de ses politiques et de son fonctionnement, mais également des droits garantis par les traités, est à la base du rétablissement de la confiance des citoyens dans les institutions européennes.

Selon les Eurobaromètres, moins un citoyen européen est instruit et favorisé, plus il risque de s’opposer à la poursuite de l’intégration européenne, ce qui montre que, malgré tous les efforts, l’idée européenne trouve un écho principalement parmi les couches instruites et favorisées de la société européenne.

Les préconisations du Parlement européenne en matière de communication européenne

Des partenariats de communication avec la société civile

Les eurodéputés souhaitent approfondir la politique de partenariat menée actuellement entre les institutions de l’Union et les États membres en vue d’« instaurer un partenariat avec la société civile afin d’exploiter toutes les synergies possibles ».

Des actions de communication localisées, ciblées et segmentées

Les eurodéputés souhaitent la création de réseaux de communication cohérents à contenu ciblé :

  • entre l’Union et les régions présentant des caractéristiques particulières,
  • entre l’Union et des groupes sociaux spécifiques.

Les eurodéputés demandent aux États membres de lancer des campagnes de communication sur l’UE à tous les niveaux, national, régional et local :

  • avec une présentation aux citoyens des efforts effectués et des effets concrets des politiques de l’Union dans leur quotidien ;
  • avec le soutien des médias régionaux ;
  • avec la participation active de la société civile, des ONG, des chambres de commerce et des organisations syndicales et professionnelles ;
  • avec la diffusion par la Commission européenne des meilleures pratiques identifiées.

Des formations à la citoyenneté active

Les eurodéputés veulent introduire des cours sur l’Europe dans les programmes scolaires de tous les États membres :

  • des cours d’histoire de la construction européenne afin de former un socle de connaissances communes sur l’Europe ;
  • des cours d’éducation civique sur le fonctionnement de l’Union afin de renforcer l’adhésion aux valeurs européennes.

Comment intéresser les citoyens à l’Europe ?

Alors que les élections européennes se déroulent en juin 2009, comment susciter l’intérêt des citoyens européens pour le scrutin ? Au-delà d’une bonne compréhension des motivations et des comportements du citoyen, l’enjeu repose sur la complémentarité des stratégies et des actions…

Complémentarité des stratégies de communication : implication des partis politiques ET sensibilisation du gouvernement

Schématiquement, on peut distinguer 2 catégories d’acteurs, animés par 2 types de stratégies.

Les enjeux de la campagne électorale menée par les partis politiques et leurs candidats sont :

  • la « mobilisation des partis politiques, qui doivent réellement s’investir dans les débats sur les questions européennes », sans en faire comme d’habitude un « référendum » ou un « sondage grandeur nature » sur la politique nationale du gouvernement, selon le politologue Olivier Costa ;
  • la composition des listes qui doivent réellement trouver un équilibre entre expertise, les européens « convaincus et sincères » et « casting », les personnalités médiatiques selon Patrick Martin-Genier, secrétaire général de l’Association Jean Monnet.

Les enjeux de la campagne de sensibilisation au vote réalisée par le gouvernement sont :

  • le thème de la communication gouvernementale, qui peut rarement mettre en valeur le bénéfice immédiat issu de la participation électorale et fait souvent appel à des notions de responsabilité, d’esprit citoyen, d’intérêt à long terme, d’arbitrage.
  • l’impact de la communication gouvernementale, qui est difficile à mesurer. Néanmoins, selon l’Eurobaromètre 162 «Enquête Post Elections européennes 2004 » « la mémorisation de cette campagne est d’autant plus forte que les interviewés sont allés voter. Autrement dit, les interviewés qui sont allés voter ont été plus sensibles à cette campagne que les abstentionnistes. »

Complémentarité des actions de communication : médias traditionnels ET cross-média

Schématiquement, on peut constater que l’expérience des citoyens liée à la campagne électorale est essentiellement une démarche passive. Autrement dit, selon les conclusions de l’Eurobaromètre 162 « l’électeur potentiel subit plus l’information qu’il ne la cherche ».

Des actions de communication « médiatiques et traditionnelles » demeurent incontournables pour diffuser de manière rapide et sur une grande zone géographique des informations sur la campagne électorale et les élections européennes de manière générale.

Ainsi, télévision et radio sont les vecteurs d’information les plus performants pour rendre la campagne électorale visible aux yeux du corps électoral qu’ils s’agissent :

  • des sujets journalistiques sur l’actualité de la campagne électorale ;
  • des spots de la campagne de sensibilisation ;
  • des messages publicitaires de la campagne officielle de partis et de leurs candidats.

Il est intéressant de noter que la place de la télévision et de la radio dans la campagne est quasiment identique, où que l’on se trouve en Europe (dans l’un des 15 “anciens” Etats membres ou dans l’un des 10 nouveaux). Autrement dit, le traitement de l’information et les pratiques médiatiques des partis politiques en période pré-électorale semblent assez homogènes au sein de l’Union européenne.

Des actions de cross-media plus interactive (web communautaires, réseaux sociaux) ou participative (contacts dans la rue, en réunions publiques, par téléphone) peuvent judicieusement compléter la campagne électorale, notamment auprès des jeunes.

Ainsi, le projet « My Election » porté par l’association Eurocircle-Marseille avec l’aide du programme européen « Jeunesse en action » invite les jeunes à s’approprier ce scrutin, notamment via un concours de photos « L’Europe, c’est mon avenir » ouvert aux jeunes de 18 à 30 ans invités à réaliser la photo qui convaincra les jeunes d’aller voter le 7 juin prochain.

Lancement officiel de la campagne de communication du CIDEM pour les élections européennes : “Caravane civique européenne 2009”

En complément des actions entreprises à l’échelle européenne par le Parlement européen pour les élections européennes, l’Association Civisme et Démocratie (CIDEM) lance une caravane d’information et de sensibilisation pour les élections européennes destinée aux citoyens….

Les ambitions de la « Caravane civique européenne »

Depuis 2001, le CIDEM organise – selon le communiqué – des « Caravanes civiques » durant lesquelles des jeunes animateurs vont à la rencontre des citoyens afin de les informer et développer leur sens civique.

Du 9 mai au 6 juin 2009, la « Caravane civique européenne » sillonnera la France et fera étape dans les lycées, les universités, les structures d’accueil jeunes, les gares, les places de marché et autres lieux publics de 26 villes pour aller à la rencontre des citoyens afin de les sensibiliser à la participation à la vie démocratique européenne.

Les objectifs principaux :

  • informer et sensibiliser sur le rôle et les missions des institutions européennes, et en particulier le Parlement européen ;
  • inciter à la participation active aux prochaines échéances électorales européennes du 7 juin 2009 ;
  • faire débattre, faire participer et impliquer un maximum de citoyens sur les questions européennes.

Les objectifs secondaires :

  • valoriser les actions associatives et citoyennes ;
  • concentrer les actions d’information et de sensibilisation auprès des jeunes issus des quartiers dits sensibles et difficiles afin de leur permettre une meilleure appropriation de l’Europe ;
  • mettre en relation des acteurs associatifs et institutionnels européens avec des jeunes.

Le message principal véhiculé par la Caravane sera « Ne laissez pas les autres décider à votre place, le 7 juin, donnez vous le droit de choisir ».

Les actions de la « Caravane civique européenne »

Campagne réalisée avec le soutien du Parlement européen, de la Commission européenne et du Secrétaire d’État chargé des affaires européennes, et en partenariat avec le Parlement européen des jeunes et Touteleurope, la Caravane c’est :

  • l’organisation d’une tournée par 4 animateurs impliqués dans la vie associative ;
  • l’animation d’un bus, aux couleurs de la campagne, aménagé pour accueillir le public avec un comptoir d’accueil et deux tentes pouvant être installées à l’extérieur ;
  • la diffusion de différents outils d’information lors de rencontres informelles, réunions publiques, tables rondes… ou à l’occasion des visites dans les structures d’accueil des jeunes, dans les centres sociaux…

Un site Internet www.lacaravaneciviqueeuropeenne2009.eu complète le dispositif avec une rubrique spéciale consacrée à la vie quotidienne de la campagne (temps forts, témoignages des jeunes, des animateurs…

Lancement officiel de la campagne de communication du Parlement européen pour les élections européennes : “Elections européennes : à vous de choisir”

Seule institution européenne dont les membres sont élus au suffrage universel direct, le Parlement européen lance une campagne de communication unique dans les 27 États membres pour mobiliser un électorat tenté par l’abstention et qui est appelé à élire 736 eurodéputés du 4 au 7 juin…

Le raisonnement de la réflexion stratégique de la campagne repose sur le concept de choix

Annoncée depuis quelques mois notamment sur ce blog et dévoilée mardi 17 mars, la campagne repose sur le raisonnement suivant :

  • des choix politiques majeurs se posent à l’UE ;
  • les décisions de l’UE affecteront la vie quotidienne des citoyens européens ;
  • le premier rôle reviendra au Parlement européen pour en fixer les alternatives politiques ;
  • par leur vote lors des élections européennes pour les candidats portant leurs préférences politiques, les citoyens peuvent influer sur la sélection de ces alternatives politiques.

Ainsi selon le Vice-président Alejo Vidal-Quadras (PPE-DE, ES) : « le seul message de cette campagne est relatif au choix » en s’inscrivant dans une démarche institutionnelle et non partisane et en ne favorisant aucun choix particulier.

Le positionnement de la déclinaison opérationnelle de la campagne repose sur des registres pédagogique et accessible

Le multimédia et Internet en particulier est au cœur de la démarche initiée par le Parlement européen :

  • Pages dédiées aux élections de juin 2009 lancées en janvier dernier rassemblant des sondages en lignes, des dossiers thématiques et des cartes interactives ;
  • « Choice Boxes » intitulées « Eurostudios » ressemblant à des espaces multimédias de la taille d’une pièce où les électeurs peuvent exprimer leur avis, une forme de « cahier de doléances » virtuels. Les Eurostudios seront installés dès le 9 mai à Paris et à Marseille. Quotidiennement une sélection d’enregistrements des Eurostudios seront diffusés sur des écrans placés à l’extérieur de ces espaces, à Bruxelles et par le canal de EuroparlTV et YouTube.

Une attention particulière est portée à la cible des jeunes, notamment via l’utilisation de médias sociaux tels que MySpace, Facebook, Flickr (cf. création de groupes sur les réseaux communautaires).

Selon Euronews, le budget de la campagne s’élève à environ 18 millions d’euros, « ce qui veut dire que par électeur, si on pense aux 375 millions d‘électeurs potentiels, cela signifie un budget de cinq centimes d’euros, selon Francesca Ratti, directrice de la Communication du Parlement européen ».

"Europe XXL" à Lille : comment la communication sur l’Europe via la culture permet d’agir sur les représentations de l’Europe ?

La stratégie de communication sur l’Europe de la métropole de Lille reposant sur l’organisation de manifestations festives et culturelles se révèle une excellente tactique pour modifier les représentations que les Européens se font de la construction européenne.

lille_3000

Action n°1 sur le niveau d’information sur l’Europe

Les nombreuses manifestations organisées par Lille 3000, opérateur de la biennale « Europe XXL » : installations de rue, expositions, concerts, spectacles de danse, pièces de théâtre, films, débats et week-ends thématiques sont autant d’occasion d’informer les citoyens sur l’Europe des arts et de la culture…

Action n°2 sur l’étendue du champ des représentations de l’Europe

Puisque rien n’indique que les représentations les plus claires soient celles concernant les objets sur lesquels on dispose du maximum d’information, on peut considérer que le minimum d’information transmis par ces manifestations peut avantageusement compléter les représentations que les citoyens se font de l’Europe.

Ainsi, des représentations de l’Europe des arts et de la culture peuvent élargir le champ de représentations de l’Europe souvent limité aux institutions communautaires (« l’Europe de Bruxelles ») ou à la mobilité des étudiants (« l’Europe d’Erasmus »).

Action n°3 sur l’attitude des citoyens par rapport à l’Europe

Puisque qu’une attitude par rapport à l’Europe peut être très structurée sans que pour autant l’information dont dispose le citoyen soit fiable et sans que le champ de représentation soit cohérent, on peut considérer que la représentation d’une Europe culturelle, artistique et festive peut avantageusement favoriser une nouvelle représentation – plus « positive » – de l’Europe.

Ainsi, pour reprendre l’analyse de Philippe Verhaegen dans « La communication publique: de l’information aux attitudes »

  • Considérant que l’attitude serait première : on commencerait par attribuer une valence positive ou négative à l’objet et puis seulement on se renseignerait sur sa teneur, ses liens avec d’autres objets ;
  • Considérant que l’augmentation de la quantité et/ou de la qualité de l’information risque de rester sans effet sur l’attitude et donc le comportement du sujet ;
  • Considérant qu’informer n’est pas un gage de réussite si des attitudes – des résistances par exemple – existent. En ce cas, une augmentation de la masse ou de la qualité de l’information produirait l’effet inverse et contribuerait paradoxalement au renforcement de l’attitude décriée ;

On peut considérer que l’élaboration d’une stratégie de communication sur l’Europe via la culture se donnant pour objectif de remédier à certaines carences observées (attitudes de résistances à déconstruire, représentations erronées ou lacunaires à corriger, champ de représentations incohérent à reconstruire,…) et reposant sur la mise en place de dispositifs articulant au mieux les dimensions informatives, relationnelles et cognitives de la communication peut réussir à agir sur les représentations préalables dans un sens plus favorable.