Vers la création de cours d’éducation civique européenne dans toutes les écoles de l’UE ?

Conscient que le principal risque de la construction européenne, ce n’est pas la paralysie d’une Europe des institutions en panne, mais c’est la désaffection de citoyens européens ignorants et indifférents de l’Europe des projets, au risque d’asphyxier le rêve européen ; les institutions communautaires se mobilisent pour créer des cours d’éducation civique européenne commune…

La priorité : exprimer en mots simples, compréhensibles, l’originalité de la construction européenne, ses valeurs et son projet

Communiquer avec des mots que les citoyens ne comprennent pas, c’est comme s’adresser à eux dans une langue étrangère. Il convient donc d’abord que les prises de parole de l’UE soient accessibles à tous.

La recommandation du Comité économique et social européen : un socle commun de connaissances pour former les jeunes et les relais d’opinion

Dans l’avis du CESE sur « Comment concilier dimension nationale et dimension européenne dans la communication sur l’Europe » adopté le 10 juillet 2008, la rapporteur Béatrice Ouin « recommande au niveau européen, de mettre à disposition un socle commun de connaissances » rassemblant l’essentiel de l’histoire et des valeurs européennes :

  • à l’usage des élèves, dans les programmes scolaires d’instruction civique ;
  • à destination des relais d’opinion : enseignants, élus, et journalistes ;
  • validé par le Parlement européen et traduit dans les 22 langues officielles de l’Union.

La préconisation du Parlement européen : un cours d’éducation civique pour renforcer la citoyenneté active

Dans la résolution « Dialogue actif avec les citoyens sur l’Europe » adoptée le 24 mars 2009, le Parlement européen « relève qu’il est nécessaire de défendre un modèle actif d’éducation civique européenne qui donne aux jeunes la possibilité de s’investir directement dans la vie publique et de s’engager » :

  • demande aux États membres de favoriser la mise en place d’un cours sur l’histoire de l’intégration européenne et le fonctionnement de l’Union ;
  • invite la Commission européenne à soutenir financièrement la promotion de ces projets de cours d’éducation civique européenne dans les programmes scolaires de tous les États membres.

Ainsi, au cours de l’année 2009, la proposition de créer un cours d’éducation civique européenne marque un tournant dans la communication européenne :

  • Hier, communiquer sur l’Europe, c’était diffuser des informations dans l’espace
  • Demain, communiquer sur l’Europe, ce sera léguer des valeurs dans le temps

Vers la création de « Maisons de l’Europe » dans toutes les capitales européennes ?

En application de l’Accord interinstitutionnel visant à « Communiquer sur l’Europe en partenariat », la Commission européenne et le Parlement européen associent leurs stratégies de communication locale dans les capitales européennes via la création des « Maisons de l’Europe », association regroupant les Bureaux d’information du Parlement européen et les Représentations de la Commission européenne…

Les Maisons de l’Europe, des espaces publics européens privilégiés d’échange, de rencontre, de dialogue et de débats

Afin de mener une politique de communication européenne décentralisée et partenariale, par l’intermédiaire des Représentations de la Commission européenne et des Bureaux d’information du Parlement européen, les Maisons de l’Europe permettront :

  • Organisation de séminaires et de conférences permettant d’associer des parlementaires, des autorités nationales, régionales ou locales, des représentants des médias ou des multiplicateurs d’opinion.
  • Organisation d’actions de communication directe auprès de publics cibles spécifiques sur des thèmes précis dépendant essentiellement de l’actualité européenne, par exemple, des animations ludo-éducatives à destination des jeunes.
  • Association aux temps forts de la vie politique et culturelle nationale pour informer le citoyen au sujet des politiques européennes via la participation aux Fêtes nationales, célébrations ou commémorations.

Les Maisons de l’Europe en 2009, des relais de communication privilégiés des priorités de communication interinstitutionnelles

Dans le cadre des 4 priorités de communication interinstitutionnelles définies par l’Accord interinstitutionnel :

  • les élections européennes 2009 ;
  • l’énergie et le changement climatique ;
  • le vingtième anniversaire du changement démocratique en Europe centrale et de l’Est ;
  • la croissance durable, l’emploi et la solidarité ;

en 2009, les Maisons de l’Europe développeront :

  • Célébration de la Journée de l’Europe, le 9 mai, axée dans chacun des 27 États membres sur la priorité de communication relative aux élections au Parlement européen pour sensibiliser les électeurs à cet enjeu crucial de la vie politique européenne.
  • Inauguration de nouvelles « Maisons de l’Europe » à Berlin, Copenhague, Helsinki, Luxembourg, Lisbonne, Nicosie, Prague, Riga, Rome, Stockholm et Vienne ; après les succès à Tallinn, Dublin et Madrid en 2008, selon le Programme de travail de la DG Communication en 2009.

Vers la création d’une « marque UE » ?

Plusieurs documents officiels émanant du Parlement européen indiquent que la création d’une « marque UE » serait en cours de création…

L’intention stratégique : défendre la « valeur ajoutée d’une approche propre à l’UE » en matière de communication

En signant la déclaration politique « Communiquer sur l’Europe en partenariat », le 22 octobre 2008, les trois institutions communautaires – le Parlement européen, le Conseil et la Commission européenne – se sont engagées, notamment à « défendre la valeur ajoutée que représente une approche propre à l’Union en ce qui concerne la communication à propos des questions européennes ».

La préconisation opérationnelle : développer une « marque UE » reconnaissable à utiliser dans toutes les actions de communication de la Commission européenne

Première étape : le Parlement européen formule une recommandation d’« harmonisation dans la présentation de la politique de la communication ».

Déplorant « le manque de cohérence dans les actions de communication de la Commission européenne », le Parlement européen souhaite une « harmonisation dans la présentation de la politique de la communication », dans les points 25 et 26 de la Résolution du 18 décembre 2008 sur le projet de budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2009.

Deuxième étape : le Parlement européen réserve des crédits pour définir un plan pour « garantir un niveau adéquat d’harmonisation dans la présentation de la politique de communication ».

Visant à garantir la cohérence de la communication européenne, le Parlement européen prévoit de débloquer 6 millions d’euros lorsque la Commission européenne définira une «marque UE» reconnaissable qui pourra être utilisée dans toutes les mesures et activités de la Commission en matière de communication, quelle que soit la direction générale de la Commission dont elles émanent.

Ainsi, au cours de l’année 2009, semble se dessiner le projet de créer une « marque UE », labellisant les actions de communication de la Commission européenne…

Quels sont les clés du succès de la communication européenne, selon Margot Wallström ?

Au cours d’un débat au Parlement européen, mercredi 19 novembre 2008 à Strasbourg, Margot Wallström, la Vice-présidente de la Commission européenne a précisé les 5 clés du succès de la communication européenne…

  1. Utiliser massivement Internet et les nouvelles technologies.
  2. Diffuser des spots dans l’audiovisuel : 60% des citoyens européens utilisent principalement la télévision et la radio pour s’informer sur l’Europe.
  3. Activer des relais « multiplicateurs », c’est-à-dire les autorités locales et les réseaux de la société civile afin de démultiplier les auteurs et les messages sur la valeur ajoutée de l’Europe.
  4. Coopérer avec des « ambassadeurs », c’est-à-dire des personnes désireuses de défendre la cause de l’Europe et capables de toucher les citoyens plus efficacement que les responsables politiques.
  5. Toucher les jeunes et les femmes, c’est-à-dire ceux qui tendent à moins participer aux élections européennes et à être moins enthousiaste sur la construction européennes.

Ainsi, selon la Commissaire chargée des relations interinstitutionnelles et de la stratégie de communication, le succès de la communication européenne repose sur un bon ciblage des publics et sur l’optimisation des outils efficaces.

Tendance : vers une communication européenne partenariale

Face à l’ampleur de la mission d’informer les médias et les citoyens européens des activités menées par l’UE et de communiquer les objectifs et les enjeux des ses politiques et de ses actions, la communication européenne tend à impliquer toutes les parties prenantes dans une démarche partenariale…

Partenariat stratégique entre les institutions communautaires

Dans une communication en octobre 2007 « Communiquer sur l’Europe en partenariat », la Commission européenne propose aux autres institutions européennes d’« œuvrer ensemble, en tant que partenaires, à la valorisation du débat et de la discussion sur l’Europe ».

La valeur ajoutée de l’« accord interinstitutionnel » signé en octobre 2008 entre les institutions communautaires :

  • encourager le débat politique entre la Commission, le Parlement et le Conseil sur les activités de communication ;
  • encourager une convergence de vues sur les priorités de l’UE en matière de communication,
  • défendre la valeur ajoutée que représente une approche propre à l’Union en ce qui concerne la communication européenne,

La principale avancée à consister pour les trois institutions communautaires – le Comité des régions et le Comité économique et social européen siègent en tant qu’observateurs – à identifier, dans le cadre du Groupe interinstitutionnel de l’information (GII), un nombre restreint de priorités annuelles communes en matière de communication.

Ainsi, pour 2009 :

  • élections européennes 2009 ;
  • énergie et changement climatique ;
  • vingtième anniversaire du changement démocratique en Europe centrale et de l’Est ;
  • croissance durable, emploi et solidarité.

Partenariat de gestion avec les États membres

Fort des résultats des Eurobaromètres indiquant que :

  • les gouvernements assument la responsabilité principale pour informer les citoyens des activités de l’UE et de leurs incidences sur leur vie quotidienne ;
  • les gouvernements assument la responsabilité principale pour la prise en compte de l’avis des citoyens concernant l’UE.

Le « partenariat de gestion » devient l’outil principal pour mener des initiatives conjointes entre l’Union et les États membres afin de :

  • démultiplier la visibilité et l’efficacité des actions de communication européenne ;
  • diminuer les coûts par la mise en commun de ressources humaines et financières et éviter les chevauchements ;
  • adapter la communication aux circonstances locales et la relier aux ordres du jour politiques nationaux.

Partenariat de collaboration avec la société civile

Dans une résolution « Dialogue actif avec les citoyens sur l’Europe » adoptée en session plénière mardi 24 mars 2009, le Parlement européen « estime que les institutions de l’Union et les États membres devraient coordonner leurs efforts de communication et instaurer un partenariat avec la société civile afin d’exploiter toutes les synergies possibles ».

Le « partenariat de collaboration » deviendrait l’outil principal pour mener des initiatives conjointes entre l’Union ou les États membres et les acteurs de la société civile afin de :

  • faciliter les synergies à l’occasion d’actions de communication,
  • faciliter les échanges d’informations et de bonnes pratiques en matière de communication européenne.

Ainsi, la tendance à communiquer sur l’Europe en partenariat ne cesse de s’approfondir au bénéfice d’un espace public européen harmonisé mais au détriment de prises de parole hétérodoxes ou iconoclastes.