Chiffres clés des audiences du portail europa.eu

Le portail europa.eu – l’un des sites publics les plus anciens et les plus important dans le monde – est le nom de domaine officiel de toutes les institutions de l’Union européenne. Que faut-il en retenir ?

Les données communiquées par l’UE : 30 millions de visites mensuelles

Dans un appel d’offre en 2011 sur le portail, quelques chiffres ont été communiqués par la Commission européenne, notamment :

  • plus de 7 millions de pages
  • 4 millions de fichiers PDF.

L’audience décrite par la Commission européenne correspond à : « des fonctionnaires, nationaux, des avocats, des universitaires, des journalistes, des étudiants, des chercheurs, des ONG, le monde des affaires, les organisations professionnelles, et autres citoyens intéressés ». Curieusement, les fonctionnaires européens ne semblent pas faire parti de la liste.

Les données publiées par Alexa : 930e site mondial

Alexa, une entreprise spécialisée dans les données en ligne, fournit des chiffres sur le portail europa.eu. Quoique le chiffre de l’audience global ne soit pas connu, la place du portail dans le web mondial indique qu’il fait partir des 1000 premiers sites mondiaux.

Au-delà de la prépondérance logique de la Belgique qui classe europa.eu au 60e rang mondial (pour 7% de l’ensemble de la fréquentation), les autres États-membres se distribuent plus ou moins logiquement selon leur démographie, sans oublier le reste du monde :

  • Espagne : 7,4% du trafic et 299e rang mondial ;
  • Allemagne : 6,1% du trafic et 604e rang mondial ;
  • Italie : 6,1% du trafic et 365e rang mondial ;
  • France : 5,7% du trafic et 638e rang mondial ;
  • Royaume-Uni : 4,9% du trafic et 619e rang mondial ;
  • Pologne : 4,5% du trafic et 426e rang mondial…

Le classement des sites de destination des audiences révèle une hiérarchie des sites de l’UE où la Commission européenne capte 55% du trafic contre seulement 5% pour le Parlement européen :

  • 55.24% du trafic : ec.europa.eu, le domaine de la Commission européenne ;
  • 18.31% : europa.eu, les pages inter-institutionnelles avec notamment la newsroom pour les actualités et le recrutement ;
  • 9.48% : eur-lex.europa.eu, le droit de l’UE ;
  • 5.60% : europarl.europa.eu, le domaine du Parlement européen ;
  • 1.88% : ted.europa.eu, les appels d’offre de l’UE ;
  • 1.81% : consilium.europa.eu, le Conseil de l’UE ;
  • 0,35% : european-council.europa.eu, le Conseil européen ;
  • 0,30% : europarltv.europa.eu, la webTV du Parlement ;
  • 0,11% : ombudsman.europa.eu, le médiateur européen ;
  • 0,07% : open-data.europa.eu…

Les mots clés utilisés par les internautes dans les moteurs de recherche pour accéder aux pages du portail europa révèlent les « marques » de l’UE (principaux programmes, institutions ou législations) : eurasmus, europass, eures, eurostat, euro, eba, digital agenda, reach, life, 2020…

audience_demographics

La description des audiences par Alexa complète la liste de la Commission européenne : comparativement aux moyennes Internet, les utilisateurs ont un niveau d’éducation postuniversitaire et tendance à se composer de personnes de race blanche, plutôt des hommes accédant à europa.eu depuis leur travail.

Au total, les chiffres clés sur les audiences du portail europa.eu décrivent les publics captifs, essentiellement pour des raisons professionnelles, de l’UE en ligne.

A quoi servent les médias sociaux dans la communication européenne ?

Tandis que l’impact et l’intérêt des médias sociaux auprès du grand public demeure limité, le web social pour l’UE représente un ensemble d’opportunités où chaque réseaux social ou plateforme communautaire peut répondre à des attentes de certains publics de l’UE. Quels sont les publics et les médias sociaux pertinents dans la communication européenne ?

Twitter pour communiquer auprès des « opinion formers & leaders » (journalistes, eurobloggers, think tanks)

Twitter est un réseau social particulièrement utilisé par les journalistes européens, les think tanks et les bloggeurs.

Selon l’Eurobaromètre : « Union européenne, journalistes et médias sociaux », le principal usage commun à ces acteurs de l’information concerne le processus global de recherche de sujets d’actualité, de promotion de ces sujets et de collecte de réactions.

L’Union européenne a tout intérêt à développer une présence active sur Twitter le principal média social utilisé par les « opinion formers et leaders » afin de se constituer en source fiable et régulière d’informations contextualisées et sourcées.

Facebook et tout le web social du rich media (Youtube, Flickr, Instagram…) pour communiquer auprès des « entrepreneurs de la cause européenne » (militants, associations , ONG…)

Facebook et tout le web social du rich media (Youtube, Flickr, Instagram…) est particulièrement activés par tous les « entrepreneurs de la cause européenne » qui tentent par ces canaux de sensibiliser le grand public aux affaires européennes.

Tous les contenus publiés sur ces plateformes visent à être largement partagés auprès des citoyens et dans ce cadre l’Union européenne se doit d’assurer une présence qui soit relayés et amplifiés par les « entrepreneurs de la cause européenne ».

Plateformes communautaires et réseaux sociaux sur mesure pour communiquer avec les acteurs décentralisés de l’action publique européenne (gestionnaires de fonds européens)

Innovation la plus aboutie issue des usages du web social, les plateformes communautaires sont des outils particulièrement adaptés pour fédérer et organiser l’activité des acteurs décentralisés de l’action publique européenne.

Plusieurs exemples illustrent les potentiels de ces réseaux sociaux sur mesure :

  • eTwinning se présente comme la communauté des établissements scolaires d’Europe, qui permet selon les chiffres à près de 200 000 enseignants issus de plus de 100 000 écoles d’entrer en contact, de monter des projets collaboratifs (déjà 27 363) ;
  • Regionetwork est une plate-forme de collaboration en ligne pour 2 747 acteurs publics des régions européennes intéressés par la politique régionale de l’UE ;
  • Digital Agenda for Europe est une plateforme collaborative de discussions pour « aider les citoyens européens et les entreprises à tirer le meilleur parti des technologies numériques ».

Ainsi, auprès de publics spécifiques à l’UE – les acteurs de l’information, les « entrepreneurs de la cause européenne » et les acteurs décentralisés de l’action publique européenne – les médias sociaux sont des outils de communication pertinents et efficaces.

Fantasmes et réalités des médias sociaux pour communiquer sur l’Europe auprès des citoyens

Deux enquêtes Eurobaromètre publiée concomitamment apportent un éclairage complémentaire : loin des fantasmes sur la  soi-disant puissance des médias sociaux, la réalité de leur impact auprès des citoyens apparaît… Quelles sont les pratiques des citoyens européens sur les affaires de l’UE dans les médias sociaux ?

Les médias sociaux : une solution très partielle pour informer les citoyens français sur l’UE

Dans un focus français sur les résultats de l’Eurobaromètre Standard 78 / Automne 2012 faussement titré « L’accès à l’information sur les questions européennes : les réseaux sociaux, une solution ? », le détail se révèle beaucoup plus circonspect.

Parmi les sources d’information sur les affaires européennes, Internet est le dernier canal évoqué par les citoyens (10%), face à l’hégémonie traditionnelle de la télévision (54%) loin devant la radio et la presse.

« Si Internet s’avère donc être une source potentiellement utile d’information, les réseaux sociaux ne sont cités que par 8% des Français », selon le rapport. Et ce n’est pas tout, puisque les médias sociaux sont perçus « davantage comme un moyen d’expression que comme une source d’information à proprement parler ».

La conclusion du rapport – diamétralement opposée avec le titre de celui-ci – convient logiquement que « le problème de fiabilité et de confiance (majoritaire dans l’opinion et surtout chez les utilisateurs quotidiens d’Internet) dans l’information venant des réseaux sociaux souligne que ces outils, s’ils peuvent constituer un élément de la réponse à apporter au manque d’information ressenti par une grande majorité des citoyens, ne sauraient en aucun cas, à l’heure actuelle, constituer le seul média de référence pour les questions européennes ».

Les médias sociaux : une activité très limitée pour participer aux affaires européennes

Dans un Eurobaromètre consacré à « l’engagement des citoyens européens dans la démocratie participative », les résultats concernant les médias sociaux corroborent la conclusion timorée quant à leur potentiel auprès des citoyens.

Interrogés sur leur pratique en matière de démocratie participative, les citoyens européens indiquent que les pétitions (papier ou en ligne) sont la principale voie par laquelle ils cherchent à directement influencer le processus décisionnel politique. Et pourtant, seulement un tiers (34%) des citoyens européens disent qu’ils ont signé une pétition dans les deux dernières années. Toutefois, la proportion de personnes qui ont fait cela varie considérablement, passant de 53% au Royaume-Uni à 7% à Chypre.

Sinon, l’engagement des citoyens européens dans les médias sociaux se traduit par l’expression d’opinion en ligne pour 28% d’entre eux.

Certes, il ne faut pas en conclure que les médias sociaux sont inutiles et dérisoires pour communiquer sur l’Europe auprès des citoyens. Mais, il est clair qu’une juste place – à affiner en fonction des sociétés en Europe – doit leur être accordée pour sensibiliser le grand public aux affaires européennes.

Actualité du corps de presse des journalistes accrédités auprès de l’UE à Bruxelles

Lors d’un point presse au Conseil de l’UE mercredi 6 mars au matin (voir #briefingcouncilpressoffice sur Twitter), quelques informations relatives à une enquête menée par un chercheur français auprès du corps de presse des journalistes accrédités auprès de l’UE à Bruxelles ont été diffusées…

1024 journalistes représentant 533 médias et 68 pays : 46% de la presse écrite, 30% de l’audiovisuel, 10% des agences de presse et 6% d’Internet

Cette première information numérique sur le corps de presse à Bruxelles vient rassurer après une sévère alerte en 2010, lorsque le nombre de journalistes accrédités était réduit à « 847 journalistes et 237 techniciens du secteur audiovisuel au 2 février 2010 contre 1 006 et 320 l’année dernière (en 2009) ».

Autrement dit, les journalistes accrédités auprès de l’UE ne sont plus aussi nombreux que lors du pic historique en 2005 (année de l’élargissement aux pays d’Europe centrale et orientale) avec 1 300 cartes de presse, mais pour autant, la crise de l’euro a semble-t-il contribué à rétablir une partie de l’intérêt des médias à l’UE, qui semblait s’être dissipé.

Évolutions : moins d’emplois stables, plus de femmes, de temps partiels et de freelances

Un regard sur la composition du corps de presse accrédités auprès de l’UE permet de dégager plusieurs tendances peu rassurantes : les emplois à temps plein de correspondants permanents sont en baisse face à la progression de journalistes à temps partiel et surtout freelances.

La conséquence serait une baisse de la qualité des contenus, d’autant que l’Association de la presse internationale (API) signale une hausse des pratiques de plagiat dans la presse, dues notamment à l’accès aisé à l’information brute mise à la disposition par les institutions et à la réticence à l’investissement des médias.

Tendance : les porte-parole « deviennent des journalistes »

Ce qu’il faut entendre par cette déclaration lors du point presse, c’est que les porte-parole font de plus en plus partie des papiers des journalistes, qui les sollicitent pour commenter et compléter les informations techniques issus des institutions.

D’ailleurs, les journalistes eux-mêmes tendent à s’interviewer les uns les autres, ce qui révèlent des disfonctionnements dans la capacité des institutions à faire passer leurs messages.

Principale conclusion de cette étude qui n’est pas encore disponible en ligne : les informations brutes des institutions européennes sont de plus en plus accessibles en ligne mais le pluralisme de la presse et les conditions de production de l’information par les journalistes régresse.

Eurobaromètre : quelle est l’opinion et l’action des citoyens européens en matière d’engagement dans la démocratie participative ?

Au-delà de quelques enquêtes qualitatives de chercheurs, la démocratie participative en pratique dans l’UE demeure méconnue. Une enquête Eurobaromètre examine l’opinion des citoyens européens en matière de décisions politiques pouvant être influencées par leurs propres actions et par les organisations non gouvernementales (ONG)…

Perceptions des citoyens européens concernant les ONG : influence locale et nationale importante et moindre à l’échelle européenne

La première partie examine les points de vue des citoyens sur les ONG pour savoir si ces groupes ont le pouvoir d’influencer la prise de décision politique, s’ils partagent les intérêts et les valeurs des citoyens, et si les citoyens européens ont besoin de ces types d’organisations.

Pour une large majorité des Européens, les ONG peuvent influencer la décision politique à l’échelle locale (75%) et nationale (70%) et dans une moindre mesure à l’échelle de l’UE (53%). A l’échelle de l’UE, 41% des gens sont d’accord que les citoyens européens n’ont pas besoin de ces types d’organisations, et qu’ils ont d’autres moyens (non cités) d’influencer les décisions politiques.

S’agissant de la confiance des Européens dans les ONG, 59% partagent, au niveau de l’UE, les valeurs ou intérêts de certains de ces organismes, et qu’ils leur font confiance pour influencer de la bonne façon les décisions politiques européennes.

Tandis qu’au moins deux tiers de la population dans tous les États membres estiment que les ONG peuvent influencer les décisions locales ou nationales, seulement un petite majorité (53%) estime que ces organisations peuvent influencer la prise de décision au niveau de l’UE :

  • les citoyens les plus confiants dans l’influence des ONG à l’échelle de l’UE : Roumanie (71%), Portugal (68%), Luxembourg et Danemark (66%) ;
  • les citoyens les moins confiants dans l’influence des ONG à l’échelle de l’UE : Grèce (49%), Allemagne (48%) et Pays-Bas (48%).

Efficacité de différentes manières d’influencer les décisions politiques : les votes locaux et nationaux influencent plus que le vote européen

Dans la deuxième partie, les questions portent sur l’efficacité perçue des divers moyens d’influencer les décisions politiques, notamment le vote aux élections locales, nationales et européennes et l’influence des ONG.

Alors que près de 70% des citoyens européens croient que le vote local / régional ou national est un moyen efficace d’influencer les décisions politiques, près de 50% pensent que le vote aux élections européennes est efficace. Une majorité dans les 27 États membres pense que le vote aux élections locales est un moyen efficace d’influencer les décisions politiques. Cette majorité est unanime dans tous les pays, à l’exception de la Slovénie s’agissant du vote à l’échelle nationale.

Concernant les élections européennes, dans 19 États membres une majorité (54%) pense que le vote est un moyen efficace d’influencer les décisions politiques :

  • les citoyens les plus confiants dans l’efficacité du vote aux élections européennes : Roumanie (71%), Malte (69%) et Italie (65%) ;
  • les citoyens les moins confiants dans l’efficacité du vote aux élections européennes : Lettonie (32%), République tchèque (39%), Royaume-Uni (40%) et Slovénie (40%) ;
  • les citoyens sont également divisé aux Pays-Bas (49% chacun).

Engagements des citoyens pour influencer les décisions politiques : les pétitions et l’expression en ligne plus répandus que l’adhésion à une ONG ou la participation à des débats, à fortiori européens

La troisième et dernière partie porte sur l’engagement des citoyens dans la prise de décision politique. Les citoyens cherchent-ils à exprimer leurs points de vue en signant des pétitions ou en communiquant via les médias sociaux ? Quel est le niveau de participation dans les ONG et autres associations, comme les syndicats ?

Les pétitions sont la principale voie par laquelle les citoyens cherchent à directement influencer le processus décisionnel politique. Et pourtant, seulement un tiers (34%) des citoyens européens disent qu’ils ont signé une pétition (papier ou en ligne) dans les deux dernières années. Toutefois, la proportion de personnes qui ont fait cela varie considérablement, passant de 53% au Royaume-Uni à 7% à Chypre.

Les autres formes relativement populaires d’engagement sont l’expression d’opinion en ligne, notamment dans les médias sociaux (28%), l’expression de ses opinions auprès d’un élu local (24%), et la participation à un débat public au niveau local ou régional (18%).

Relativement peu de citoyens disent qu’ils ont exprimé leurs points de vue sur des questions publiques avec leur représentant élu au niveau de l’UE (4%) ou qu’ils ont pris part à un débat public au niveau de l’UE (1%).

Dans tous les États membres sauf deux (Lettonie et République tchèque), une majorité pense qu’être membre d’une ONG est un moyen efficace d’influencer les décisions politiques. La plupart des Européens en général ne sont pas membres d’une ONG ou d’une association. Un cinquième des répondants (20%) sont membres d’une organisation ayant un intérêt spécifique (économique, social, environnemental, culturel ou sportif), tandis 16% sont membres des syndicats.

En conclusion, les citoyens de l’Union sont toujours moins optimiste lorsqu’il s’agit de leur capacité d’influence sur les décisions politiques par leur vote aux élections européennes ou via l’action des ONG à l’échelle de l’UE.