Quels sont les défis et les opportunités de la communication européenne pour reconquérir les citoyens ?

La communication des institutions européennes est un exercice d’équilibriste tant d’un côté, elle doit incarner l’unité d’un projet politique transnational et de l’autre, elle se heurte à des réalités fragmentées : 24 langues officielles, des cultures médiatiques différentes et une défiance croissante envers les élites. Dans ce paysage en mouvement, comment relever les défis d’expliquer des politiques complexes (ex. le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières) sans tomber dans le jargon ; lutter contre la désinformation, notamment sur des sujets sensibles comme les migrations et créer un sentiment d’appartenance chez des citoyens souvent plus attachés à leur État-nation qu’à l’idée européenne ?

Benchmark de quelques stratégies de communication de l’UE

La communication totem et tabou autour du Pacte Vert européen (European Green Deal) : Lancé en 2019, le Pacte Vert est l’archétype d’une campagne « totem » pour l’UE, une recherche de narratif structurant visant à rendre tangible la neutralité carbone pour 2050, idéalement de manière pédagogique et faire du climat un marqueur de l’identité européenne, avec une recette combinant un narratif émotionnel utilisant des symboles forts sur l’urgence climatique et des outils interactifs, comme des simulateurs en ligne permettant aux citoyens de mesurer l’impact de leurs choix quotidiens sur les émissions de CO₂.

Après la mandature largement consacrée au sujet, le Pacte Vert semble devenu tabou, et les priorités semblent de revenir sur certaines dispositions, sans compter une relative infobésité où les messages se concurrencent entre climat, biodiversité, énergie, alimentation et transport, justifiant encore davantage de communication.

Le dispositif typique et fétichiste de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, initiée en réponse aux critiques sur le « déficit démocratique » de l’UE, illustre une Union européenne à la recherche de solution innovante de consultation citoyenne sans précédent visant à résoudre tous les problèmes : redynamiser la participation en impliquant les citoyens dans la co-création des politiques via des panels représentatifs et réenchanter le projet européen en associant à l’UE des valeurs concrètes (santé, justice sociale, participation) plutôt que des traités institutionnels.

Quoique les résultats quantitatifs soient tangibles en termes de recommandations adoptées dans les panels citoyens, dont certaines intégrées dans des propositions législatives, demeurent quelques limites significatives comme la visibilité inégale et les frustrations post-consultation sur comment les idées des citoyens sont utilisées, plaidant pour une phase de restitution plus poussée.

Les campagnes contre la désinformation (#EUvsDisinfo), créé en 2015 par le Service européen pour l’action extérieure afin de combattre les fake news liées à l’UE, notamment celles propagées par des acteurs pro-Kremlin. Quoique le travail d’étiqueter les contenus réduit le partage de contenus faux, l’initiative peine à toucher les publics sceptiques, ceux qu’il s’agit de convaincre, au point qu’il faudrait davantage utiliser l’humour pour décrédibiliser les fake news et déconstruire les mythes.

Défis au regard des meilleures pratiques en communication institutionnelle

Le défi #1 : fragmentation vs. cohérence narrative

La pratique européenne actuelle privilégie la multiplication des campagnes thématiques au risque que les citoyens perçoivent l’UE comme une « machine à slogans », sans fil conducteur émotionnel. Les meilleures pratiques aujourd’hui repose sur une méthode clé de co-conception du storytelling réunissant ONG et représentants des citoyens, pas des focus groups sur mesure, pour valider les messages pour garantir cohérence et inclusion. Pourquoi ne pas créer une « Task force créative » associant artistes et citoyens, chargé d’harmoniser les messages autour d’une métaphore centrale par exemple « L’Europe, notre maison commune ».

Le défi #2 : désinformation vs. crédibilité scientifique

Les innovations européennes actuelles reposent sur des campagnes factuelles (#EUvsDisinfo) ciblant les « fake news », tandis que la meilleure pratique serait que les influenceurs en ligne soient formés pour être en mesure de relayer ou pas des messages en ayant une compétence minimale et la confiance maximale des publics.Pourquoi ne pas recruter et former des « ambassadeurs improbables » : agrigamers, artisans populaires, formés à déconstruire les mythes anti-UE via des formats courts (ex. TikTok live).

Le défi #3 : participation vs. impact tangible

Les dispositifs participatifs européens actuels s’articulent autour de consultations citoyennes (initiative citoyenne européenne, Conférence sur l’avenir, panels citoyens) perçues comme cosmétiques dont l’avis ne pèse pas. Pourquoi ne pas créer un « Fonds pour la promotion de la démocratie » allouant 1 % du budget communication des institutions européennes à des projets citoyens (documentaires, podcasts) co-produits avec des créateurs.

Transformer les défis en leviers

Les institutions européennes disposent des outils pour rattraper leur retard communicationnel, à condition de :

  1. Désacraliser l’expertise : faire de la communication une co-création citoyenne, non un monologue institutionnel.
  2. Piloter par l’émotion, pas uniquement par des indicateurs quantitatifs.
  3. S’inspirer des modèles innovants de participation malgré des contraintes budgétaires.
  4. Faire de l’UE un « storyteller » : remplacer les rapports PDF par des récits incarnés, une « Task force créative » réunissant artistes, scientifiques et citoyens pourrait repenser le storytelling européen tandis qu’elle piloteraitun « Fonds pour la promotion de la démocratie » allouer 1 % du budget communication à des projets citoyens (documentaires, podcasts) co-produits avec des créateurs.
  5. L’hyperlocal n’est pas une option : adopter une approche « glocale », des messages unifiés et déclinés parce que parler transition exige de parler terrain, le cœur de cible devrait être les publics dans les zones non urbaines. Les 450 centres Europe Direct assurant un ancrage local devraient être renforcés.
  6. La transparence doit être proactive : Les citoyens tolèrent l’échec, mais pas l’opacité.

L’UE doit passer d’une communication « par devoir » à une communication « par désir » – où les citoyens ne subissent plus des messages, mais les incarnent.

Comment réinventer la communication de l’UE pour une génération d’idéalistes pragmatiques et d’acteurs sceptiques du changement ?

Le think tank Debating Europe a eu l’excellente idée d’interroger la prochaine génération sur les grandes décisions qui nous devons prendre pour l’avenir de l’Europe. Le rapport « Voices for choices » traduit les positions de ceux qui vont hériter de l’Europe que nous construisons aujourd’hui, grâce aux voix de 2 000 jeunes Européens au Danemark, en France, en Allemagne, en Italie et en Pologne. Comment écouter attentivement, non seulement les chiffres, mais aussi les tendances de fond afin de réétalonner la communication de l’UE pour un monde aux prises avec une complexité sans précédent et une génération connectée à l’authenticité ?

Que nous dit ce rapport ? Un gouffre de scepticisme s’ouvre entre les jeunes Européens et les institutions censées les servir. Responsables politiques, médias traditionnels, tous sont considérés avec suspicion. Ce n’est pas pour autant l’apathie ; c’est plutôt une génération qui exige des preuves, pas des promesses. Ils sont natifs du numérique, saturés d’informations et parfaitement conscients du fossé entre la rhétorique et la réalité. Ce n’est pas non plus une génération désengagée ; elle est engagée différemment. Elle reste attachée aux processus démocratiques, même si elle se méfie des politiciens. Elle est passionnée par l’action climatique, l’équité et la sécurité, même si elle a le sentiment de ne pas être entendue. Ce sont des idéalistes pragmatiques, qui évaluent les problèmes, moins liés aux lignes de parti politique et plus motivés par un impact tangible.

Principaux enseignements des positions autour des politiques publiques européennes

  1. Polarisation et démocratie : La méfiance envers les institutions traditionnelles alimente un désir d’engagement démocratique plus direct. Malgré le scepticisme envers les politiciens et les médias, les jeunes Européens restent attachés aux processus démocratiques et recherchent des moyens pour que leurs voix soient entendues et aient un impact tangible.
  2. Sécurité et résilience : L’autonomie pragmatique est la posture de sécurité souhaitée. Bien qu’ils se sentent relativement en sécurité, les jeunes plaident pour une plus grande indépendance européenne en matière de défense, d’énergie et de technologie, en mettant l’accent sur la résilience plutôt que sur la peur réactive.
  3. Équité et prospérité : L’anxiété économique alimente une demande de croissance inclusive et durable. Face à un avenir financier incertain et à une confiance limitée dans le soutien institutionnel, les jeunes Européens donnent la priorité au logement abordable, aux revenus minimums garantis et au développement des compétences, tout en croyant fermement à la compatibilité de la protection sociale et des initiatives vertes avec le progrès économique.
  4. Climat et durabilité : La frustration de ne pas se sentir entendu alimente une demande d’action climatique authentique et percutante. Bien qu’ils perçoivent le changement climatique comme une menace urgente et qu’ils soutiennent des mesures audacieuses, les jeunes expriment leur scepticisme à l’égard de l’écoblanchiment des entreprises et soulignent la nécessité d’une action démontrable et d’une responsabilité transparente.

Avenir de la communication de l’UE, inspiré par les jeunes Européens

Transparence radicale et voix authentiques : répondre aux aspirations à l’honnêteté et à la vulnérabilité : Les discours lisses glissent. Nous devons démanteler les chambres d’écho et créer des canaux pour un dialogue authentique. Cela signifie :

  • Défendre les voix d’experts : Amplifier les scientifiques, les chercheurs et les experts en la matière en qui ils ont confiance. Laisser les données et les preuves guider, et non les agendas politiques.
  • Récits racontés par les citoyens : Dépasser les messages descendants. Donner aux jeunes les moyens de raconter leurs propres histoires, en montrant l’impact réel des politiques de l’UE à travers leurs expériences vécues.
  • Offrir des accès « non filtrés » : Offrir des aperçus des coulisses. Humaniser les institutions de l’UE en présentant les personnes qui y travaillent, leurs motivations et les défis auxquels elles sont confrontées.

Dialogue plutôt que diffusion : construire des ponts dans un monde polarisé : Diffuser de l’info ne suffit plus. Nous devons favoriser des conversations significatives qui jettent des ponts entre les divisions et s’attaquent aux causes profondes de la polarisation. Cela nécessite :

  • Créer des plateformes participatives : Développer des plateformes interactives qui facilitent un dialogue authentique, le débat et la co-création de solutions. Penser aux assemblées citoyennes numériques, aux assemblées citoyennes et aux boucles de rétroaction alimentées par l’IA.
  • Adopter la nuance et la complexité : Reconnaître les préoccupations légitimes qui alimentent la polarisation. La communication doit viser à comprendre les différents points de vue, et non à simplement rejeter les voix dissidentes.
  • Investir dans la culture médiatique et l’esprit critique : Doter les jeunes des outils nécessaires pour naviguer dans le paysage informationnel complexe, discerner les faits de la fiction et s’engager dans un discours en ligne constructif.

Communication axée sur l’action : montrer, ne pas se contenter de dire : cette génération est lasse des promesses vides. La communication de l’UE doit être tangiblement liée à l’action et à l’impact. Cela signifie :

  • Mettre en évidence les résultats concrets : Montrer les progrès réels réalisés en matière d’action climatique, de sécurité, d’équité et de prospérité. Se concentrer sur les résultats tangibles et l’impact mesurable sur leur vie quotidienne.
  • Relier les politiques à la pertinence personnelle : Expliquer comment les politiques de l’UE affectent directement les jeunes – leurs emplois, leurs communautés, leur avenir. Rendre l’abstrait concret et pertinent.
  • Appel à l’action et autonomisation : Ne pas se contenter d’informer ; inspirer l’action. Fournir des voies claires pour que les jeunes s’impliquent, apportent leurs idées et deviennent des agents actifs du changement au sein du projet européen.

Exploiter la technologie de manière éthique et efficace : l’IA et les outils numériques ne sont pas l’ennemi ; ce sont des instruments puissants qui peuvent être utilisés à bon escient. Nous devons :

  • Explorer l’IA pour un engagement personnalisé : Utiliser l’IA pour adapter la diffusion de l’information, répondre aux préoccupations individuelles et faciliter des dialogues personnalisés à grande échelle.
  • Exploiter l’IA pour la lutte contre la désinformation : Employer des outils alimentés par l’IA pour identifier et combattre efficacement la désinformation, tout en respectant les principes éthiques et en protégeant la liberté d’expression.
  • Donner la priorité à l’accessibilité et à l’inclusion numériques : S’assurer que tous les canaux de communication sont accessibles à tous les jeunes Européens, quels que soient leur niveau de culture numérique ou leur origine.

Adopter aux contextes : penser global, communiquer local. Une stratégie de communication de l’UE unique et uniforme échouera inévitablement. Elle doit être profondément contextualisé et localisé. Cela signifie :

  • Localiser et adapter les messages de l’UE : Décentraliser activement les efforts de communication non seulement traduire mais surtout adapter le récit européen pour qu’il résonne avec les réalités locales et les nuances culturelles spécifiques à chaque État membre.
  • Investir dans la compréhension approfondie des contextes locaux : Mener des recherches continues et approfondies au niveau national et local pour identifier les préoccupations spécifiques, les paysages médiatiques et les voix de confiance au sein de chaque État membre pour garantir pertinence et impact.
  • Privilégier la subsidiarité et l’appropriation locale : Permettre aux acteurs locaux de s’approprier et tirer parti de l’expertise et de la crédibilité des médias locaux, des leaders communautaires et des influenceurs pour diffuser des messages authentiques et portés par les acteurs du terrain.

Un mandat pour réinventer la communication de l’UE

Les jeunes Européens, bien que sceptiques à l’égard des institutions traditionnelles, ne sont pas apathiques. Leur désir de participation démocratique directe, leur quête pragmatique d’autonomie en matière de sécurité, leurs angoisses concernant une prospérité équitable et leur frustration sur le climat – ce ne sont pas des critiques à esquiver. Ce sont des signaux urgents exigeant un nouveau paradigme de communication qui ne consiste pas à projeter la puissance, mais à reconstruire la confiance, à favoriser le dialogue et à donner à une génération les moyens de façonner son propre destin européen.

Se réapproprier la rédaction du narratif européen : un impératif stratégique et historique

Dans un contexte mondial marqué par le retour de la géopolitique et des rivalités de grande puissance, l’Europe se trouve à un carrefour historique soulignant la nécessité pour les Européens de redéfinir leur place dans le monde. Inspirés par les réflexions de Luuk van Middelaar, “The Return of History to the Present” du Brussels Institute for Geopolitics, il est impératif pour l’Europe de se ressaisir de son narratif stratégique et historique. Comment l’Europe peut-elle renouveler sa compréhension de l’histoire pour renforcer son identité collective et sa capacité d’action ?

Le retour de l’Histoire : une réalité incontournable

Le réveil brutal de l’Europe : Comme le souligne Luuk van Middelaar, « les événements de 1989 ont pu nous faire croire en Europe que (…) nous étions en paix, mais en réalité, ce qui s’est passé était un grand désarmement ». Mais pas seulement un désarmement militaire, bien sûr, en fait, surtout un désarmement de nos armes linguistiques pour nous définir, pour nous décrire comme Européens. La montée des rivalités entre grandes puissances brise cette illusion, marquant un tournant décisif dans l’ère post-guerre froide.

Une nouvelle ère historique : La reconnaissance de cette nouvelle ère historique est cruciale. Selon van Middelaar, « il y a une prise de conscience vague que nous entrons dans une nouvelle ère historique », accompagnée d’un sentiment général de désorientation. Pour naviguer dans cette période incertaine, l’Europe doit développer une boussole temporelle, une histoire qui l’ancre et la guide vers l’avenir.

Repenser l’Histoire : une discipline essentielle

La nécessité d’une pensée de l’Histoire : Le récit historique ne se limite pas à l’accumulation de faits – même si ce travail est plus que jamais nécessaire avec les fake news – elle exige une pensée critique qui nous aide à comprendre les dynamiques du changement historique. Comme le dit Hajo Holborn, cité par van Middelaar « un traitement constructif des problèmes européens actuels appelle une pensée historique, qui est quelque chose de plus que la simple connaissance historique ».

Caractéristiques de la pensée historique :

  1. Les dynamiques du changement : L’histoire nous enseigne que le changement peut être rapide ou lent, nécessitant une vigilance constante face aux transformations inattendues.
  2. La nature du temps : Différencier Chronos (le temps mesuré) de Kairos (le moment opportun) est essentiel pour saisir les moments critiques où l’action est nécessaire.
  3. Ironie et surprise : L’histoire est pleine de surprises et d’ironie, soulignant l’importance de rester flexible et adaptable.
  4. Tragédie : Reconnaître les conflits inévitables entre valeurs positives (comme le dilemme de la paix contre la justice) est crucial pour une compréhension nuancée du monde.
  5. Liberté : Malgré les contraintes du passé, l’histoire offre des possibilités de nouveaux commencements, renforçant notre capacité à agir librement.

Construire un récit politique européen

L’importance d’un protagoniste commun : L’histoire est intrinsèquement politique, impliquant le choix d’un protagoniste qui définit un « nous ». Pour l’Europe, cela signifie construire un récit collectif qui transcende les appartenances nationales tout en respectant les diversités culturelles. Pour Luuk van Middelaar, « Dire « Nous, Européens » n’est pas chose facile pour nous, déchirés comme nous le sommes entre une aspiration universelle et, souvent, une appartenance nationale ».

Écrire notre propre Histoire : Face aux récits imposés par d’autres puissances, l’Europe doit prendre la plume pour écrire son propre récit. Comme l’a fait remarquer Winston Churchill, « l’histoire sera clémente avec moi, car j’ai l’intention de l’écrire ». En définissant un narratif européen, nous pouvons mieux comprendre notre passé, affirmer notre présent et façonner notre avenir.

Le retour des événements historiques impose à l’Europe de réinvestir dans son narratif stratégique en embrassant une pensée historique et en construisant un récit politique afin de renforcer notre identité collective et notre capacité à agir sur la scène mondiale. Il est temps pour les Européens de se ressaisir de leur histoire.

Élections européennes 2024 : quels impacts de l’IA générative dans les campagnes électorales ?

Selon un rapport de la Fondation Kofi Annan et de Democracy Reporting International, l’IA générative (GenAI) s’est immiscée dans les campagnes électorales. Bien que le déluge prédit de désinformation pilotée par l’IA ne se soit pas entièrement matérialisé, le rapport offre des conclusions sans ambiguïté : la GenAI n’est plus une menace hypothétique, mais un outil tangible activement exploré dans la sphère politique, principalement sous la forme d’images synthétiques, souvent déployée par des acteurs politiques populistes pour amplifier des récits préexistants. Le potentiel de manipulation sophistiquée est indéniable, même si son impact à grande échelle lors de ce cycle électoral aura été limité. Le moment appelle la prospective et l’adaptation, pas l’alarmisme…

Principales conclusions sur la GenAI lors des élections européennes de 2024

Les préoccupations concernant l’utilisation abusive généralisée de l’IA générative étaient fortes mais aucune utilisation significative et généralisée n’a été observée. Cependant, la GenAI facilement identifiable a été le plus fréquemment utilisée en France, les partis politiques d’extrême droite en France, en Allemagne et en Italie s’avérant être les utilisateurs les plus constants, principalement pour la création d’images synthétiques non étiquetées promouvant des thèmes nationalistes, anti-islamiques et conservateurs. Les plateformes ont eu du mal à détecter et à étiqueter le contenu GenAI, malgré les cadres réglementaires tels que le DSA et les engagements volontaires pris par les plateformes. Les études sur la perception du public ont mis en évidence une faible confiance du public dans l’identification du contenu GenAI, soulignant le besoin urgent d’initiatives d’éducation aux médias. Malgré l’impact limité lors de ces élections, le rapport souligne que la GenAI est un facteur croissant dans le paysage de l’information, nécessitant des stratégies proactives pour atténuer les risques potentiels pour les processus démocratiques.

Transparence et détection sont primordiales, mais pas des panacées

Le rapport souligne les difficultés à détecter le contenu GenAI, même pour les plateformes équipées de technologies avancées. Bien que le règlement sur les services numériques de l’UE et l’AI Act soient des étapes essentielles pour établir un cadre réglementaire, se fier uniquement à la détection et à l’étiquetage est insuffisant.

Il faut développer des outils de détection robustes et évolutifs, tout en reconnaissant leurs limites inhérentes. La transparence, en particulier de la part des acteurs politiques, reste une pierre angulaire de l’intégrité démocratique. Le manquement constant à étiqueter le contenu GenAI, comme observé dans le rapport, est une tendance préoccupante qui exige une plus grande responsabilité et le respect de normes à sanctionner.

La culture médiatique est le fondement de la résilience, mais pas seule

Les conclusions du rapport sur la perception du public sont préoccupantes. La faible confiance du public dans l’identification du contenu GenAI, associée à une connaissance limitée de la technologie elle-même, crée une vulnérabilité que les acteurs malveillants peuvent exploiter. Investir dans la culture médiatique est une stratégie proactive d’autonomisation des citoyens.

Ces initiatives doivent aller au-delà de la simple vérification des faits pour englober les compétences en pensée critique, la vérification des sources et une compréhension de l’écosystème de l’information numérique en évolution. Le « pré-bunking« , mis en évidence dans le rapport, offre une voie prometteuse pour renforcer la résilience cognitive face à la désinformation.

La confiance dans les médias et les institutions est la monnaie ultime mais fragile

Le rapport souligne à juste titre que l’impact de la désinformation pilotée par la GenAI est intrinsèquement lié au niveau de confiance dans les institutions démocratiques et les médias. Dans une ère de paysages d’information fragmentés et d’érosion de la confiance, nos communications stratégiques doivent donner la priorité à la reconstruction et au renforcement de ces fondations.

Cela nécessite un engagement envers l’exactitude factuelle, des pratiques de communication transparentes et un dévouement manifeste à servir l’intérêt public. En renforçant la crédibilité des sources d’information établies et en favorisant un dialogue constructif, nous pouvons créer un environnement moins susceptible d’être manipulé, quels que soient les outils technologiques employés.

Facteurs de risque de la GenAI pour faire basculer une élection ?

Quant aux inquiétudes sur la désinformation et la manipulation de l’opinion publique, pour le professeur Thorsten Quandt, la GenAI aura un impact, mais ne sera pas forcément un « bouleversement » majeur. La confiance dans la démocratie, le système politique et le journalisme traditionnel reste déterminante pour la vulnérabilité d’une société. C’est pourquoi les acteurs populistes cherchent à saper la confiance dans les médias. Le « pré-bunking » s’avère plus efficace que le « débunking » pour renforcer la culture médiatique. La généralisation de la GenAI sur les réseaux sociaux pourrait paradoxalement renforcer la confiance envers les sources d’information fiables. La vulnérabilité à la désinformation est étroitement liée à la structure des systèmes médiatiques. La polarisation idéologique et les liens étroits entre les systèmes politiques et médiatiques augmentent également la susceptibilité à la désinformation. Ainsi, l’impact de la GenAI sur les élections dépendra largement du contexte médiatique et politique dans lequel elle est diffusée.

Focus sur des incidents en France, en Allemagne et en Italie

En France, des comptes TikTok se faisant passer pour des proches fictifs de Marine Le Pen et Marion Maréchal ont utilisé la GenAI avec la génération de fakes en « face-swapping » pour promouvoir des sentiments nationalistes, gagnant des centaines de milliers de vues (plus de 30 000 abonnés et jusqu’à 400 000 likes par vidéo) avant d’être supprimés. Amandine Le Pen, Léna Maréchal, des deepfakes qui entrent en campagne en se sont présentant comme des influenceuses nièces de Marine Le Pen, Amandine Le Pen et Léna Maréchal. De plus, le Rassemblement National et Reconquête ont largement utilisé des images GenAI non étiquetées dans leurs campagnes, se concentrant sur des thèmes nationalistes et anti-immigration. Des acteurs étrangers sont également intervenus, avec une vidéo GenAI de faible qualité imitant un journaliste de France24 pour affirmer faussement que le président Macron avait annulé une visite à Kiev en raison d’un complot d’assassinat, diffusée par des médias pro-russes.

En Allemagne, l’Alternative für Deutschland (AfD) a principalement utilisé la GenAI sur Facebook, déployant des images pour alimenter des sentiments anti-migrants et la nostalgie d’une Allemagne ethniquement homogène. Des branches régionales de l’AfD ont partagé des images de jeunes inexistants approuvant le parti et des contenus provocateurs comme une image de « fête allemande du barbecue » partagée pendant le Ramadan, dont aucune n’était étiquetée comme générée par l’IA.

En Italie, Matteo Salvini et son parti, la Lega, ont été identifiés comme des utilisateurs importants de la GenAI, déployant au moins 19 publications dans le cadre de leur campagne « Più Italia, Meno Europa » (Plus d’Italie, Moins d’Europe). Ces images, diffusées sur Facebook, X et Instagram, ont promu des opinions nationalistes et eurosceptiques, utilisant parfois des images controversées pour critiquer la gestation pour autrui et d’autres fois évoquant des sentiments anti-islamiques. Ni la Lega, ni les plateformes n’ont étiqueté ce contenu GenAI.

Perspectives pour une approche collaborative et adaptative

L’avenir de la communication électorale à l’ère de la GenAI exige une approche multidimensionnelle, collaborative et adaptative visant à :

  • Renforcer les cadres réglementaires : Mettre en œuvre vigoureusement les DSA et AI Act et évaluer en permanence son efficacité pour relever les défis évolutifs de la GenAI.
  • Favoriser l’innovation de détection et de vérification : Soutenir la recherche et le développement de technologies de détection et de vérification de l’IA, tout en reconnaissant le jeu du chat et de la souris en cours avec les acteurs malveillants.
  • Investir dans la culture médiatique : Développer et déployer des programmes complets de culture médiatique dans toutes les catégories démographiques, en mettant l’accent sur la pensée critique et la résilience numérique.
  • Promouvoir des pratiques éthiques en matière d’IA : Encourager l’auto-régulation et l’adoption de lignes directrices éthiques par les acteurs politiques, les entreprises technologiques et les développeurs d’IA.
  • Construire une collaboration intersectorielle : Faciliter le dialogue et la coopération entre les décideurs politiques, les plateformes, les organisations médiatiques, la société civile et le monde universitaire afin d’élaborer des stratégies coordonnées.

Les élections européennes de 2024 peuvent servir de signal : la GenAI remodèle durablement le paysage de l’information. Notre défi, et notre opportunité, résident dans l’exploitation de son potentiel tout en atténuant ses risques en embrassant un engagement de toutes les parties-prenantes envers les valeurs démocratiques afin de franchir la frontière générative en garantissant que les communications lors des campagnes électorales restent dignes de confiance dans les années à venir.

Panorama du marché de l’information européenne : dépasser la bulle bruxelloise des médias européens vers l’agora européenne

Au-delà des bourdonnements familiers à la « bulle bruxelloise », l’écosystème médiatique européen, carrefour complexe d’ambitions politiques, d’enjeux économiques et de mutations technologiques oscille entre le marché des informations pointues pour des publics de décideurs, de diplomates, d’experts et de lobbyistes et l’impératif démocratique d’informer des citoyens européens. Comment rendre l’information européenne accessible au citoyen lambda, souvent éloigné des arcanes communautaires et pourtant directement impacté par les décisions prises à Bruxelles ?

Problématiques de l’information européenne

Dans un contexte de défiance croissante envers les médias traditionnels, exacerbée par la montée en puissance du « journalisme citoyen » non professionnel parfois instrumentalisé sur les réseaux sociaux – à l’image des dérives observées sur la plateforme X d’Elon Musk –, la crédibilité et la légitimité de l’information européenne sont plus que jamais en jeu.

Parallèlement, la question du modèle économique des médias européens se pose avec acuité. Entre la dépendance à la publicité, la recherche d’abonnements professionnels, la diversification vers l’événementiel ou les services spécialisés, et la difficile conquête d’un public plus large sur les plateformes, les acteurs médiatiques sont confrontés à une équation complexe. Comment assurer la viabilité économique d’une information européenne de qualité, indépendante et multilingue, tout en relevant le défi de la désinformation et en s’adaptant aux nouvelles pratiques de consommation médiatique des jeunes générations, massivement présentes sur les réseaux sociaux ?

Enfin, la question de la diversité – linguistique, culturelle, mais aussi sociale et professionnelle au sein des rédactions – apparaît comme un enjeu crucial pour garantir la pertinence et la crédibilité de l’information européenne auprès de publics pluriels. Un paysage médiatique trop homogène, trop centré sur une perspective unique, risque de renforcer le sentiment de déconnexion entre Bruxelles et les citoyens. Comment esquisser des pistes pour un avenir où l’information européenne ne soit plus confinée à une « bulle », mais irrigue une véritable « agora » citoyenne, éclairée, engagée et diverse ?

Le pouvoir des médias dans la « bulle bruxelloise » et ses limites : des chambres d’écho ?

Politico Europe, Euractiv ou dans une moindre mesure EUobserver incarnent la force d’une couverture spécialisée et approfondie des affaires européennes, comme les rubriques spécialisées de médias comme le Financial Times, Bloomberg ou The Economist, souvent en anglais, s’adressant à un public professionnel.

Cependant, cette force est aussi une limite, notamment en termes de modèle économique. Ces médias, souvent financés par des abonnements professionnels (comme pour Politico Europe et Contexte en France), de la publicité ciblée, l’organisation d’événements et la vente de données dépendent fortement de ce public restreint.

Ces « médias de la bulle » peinent souvent à trouver un écho auprès d’un plus grand public européen, risquant de créer une chambre d’écho, déconnectée des préoccupations et des réalités des citoyens à travers le continent. La dépendance à un public professionnel restreint peut fragiliser ces modèles économiques à long terme.

L’essor des modèles hybrides et des newsletters : une voie vers une plus large portée ?

Le paysage médiatique européen est dominé par le modèle des pure players numériques, ces médias de niche comme The Parliament Magazine, EU Reporter, Voxeurop, B2-Bruxelles2 (défense), Eunews ou Investigate Europe qui tirent parti des plateformes en ligne pour une diffusion plus large tout en conservant des éléments des médias traditionnels, démontrant l’agilité et l’accessibilité de l’information en ligne. Le modèle économique de ces acteurs numériques repose souvent sur un mix de publicité en ligne, d’abonnements, de financements de projets européens et, pour certains, de dons en particulier pour les acteurs non-lucratifs. Ce virage numérique offre un immense potentiel pour s’affranchir des limitations géographiques et atteindre des publics plus diversifiés.

Les newsletters deviennent des outils de plus en plus puissants pour une communication ciblée, offrant un contenu personnalisé directement aux personnes intéressées. De la newsletter de Politico Europe « Brussels Playbook » l’exemple parfait visant à définir l’agenda quotidien du monde politique européen à d’autres newsletters indépendantes comme La Matinale Européenne (FR and IT) avec David Carretta & Christian Spillmann ou The Parliament, The European Correspondent ou The Battleground.

Les newsletters répondent à des intérêts de niche et établissent des relations directes avec les lecteurs. Cependant, la monétisation des newsletters reste un défi, oscillant entre modèles gratuits financés par la publicité ou le sponsoring, et modèles payants par abonnement, souvent plus viables à long terme mais limitant la portée.

Le potentiel du storytelling audio avec les podcasts

Si le format texte reste dominant, l’essor plus récent des podcasts est indéniable pour offrir des formats engageants et conversationnels pour explorer en profondeur les affaires européennes. Outre les plus anciens déjà bien installés comme EU Confidential par Politico Europe, EU Scream de James Kanter, Euronews héberge 9 podcasts en 3 langues, dont Radio Schuman et Euractiv développe Today in the EU et France 24 L’Europe dans tous ses Etats. Du côté de projets plus récents, sans exhaustivité, EU Bubble Insider de Krzysztof Bulski, Long Story Short d’Evi Kiorri, The Europeans avec Katy Lee & Dominic Kraemer, Eurointelligence avec Wolfgang Munchau et Trait d’Union d’Audrey Vuertaz.

C’est un domaine crucial pour développer des formats accessibles et engageants pour un public plus large, en particulier les jeunes générations. Ils offrent des opportunités de storytelling créatif, humanisant des questions européennes complexes et favorisant une connexion émotionnelle. L’enjeu est de trouver des modèles de monétisation adaptés, qui peuvent être plus coûteux à produire que du texte, mais potentiellement plus attractifs pour les annonceurs et les abonnés.

Le défi persistant du plurilinguisme : la traduction ou la localisation ?

Outre le manque de médias non anglophones dans la couverture de l’actualité des institutions européennes, puisque l’anglais est la lingua franca de la bulle bruxelloise, se pose la question de l’ouverture à d’autres univers linguistiques. Le modèle économique des médias multilingues est intrinsèquement plus complexe et coûteux.

Faut-il envisager des logiques de traductions pour proposer une plateforme multilingue, nécessitant des ressources pour la traduction, l’adaptation et la gestion de différentes versions linguistiques sans commune mesure avec l’autre option ? Voxeurop parvient à traduire ses contenus dans plusieurs langues tandis que la revue de presse d’Eurotopics est disponible en plusieurs langues pour mettre en lumière des points de vue divers à travers l’Europe.

S’agit-il de développer des rédactions localisées principalement dans les capitales européennes pour adapter la production de l’information à une échelle nationale en intégrant les biais culturels et les traits spécifiques nationaux, sur le modèle de Politico à Paris (déjà 27 journalistes), Berlin et Londres ; ou de Contexte, média d’origine française très présent à Bruxelles ?

L’avenir de l’information européenne doit embrasser le multilinguisme non pas comme un fardeau, mais comme un atout afin de puiser dans la richesse des cultures et des perspectives européennes, de favoriser un dialogue authentique et de garantir que l’information de l’UE soit accessible à tous les citoyens dans leur propre langue. Des partenariats et des modèles économiques innovants seront nécessaires pour soutenir le développement de médias européens véritablement multilingues et viables.

Au-delà de la diffusion de l’information : favoriser l’engagement citoyen et le dialogue

L’information ne consiste plus seulement à diffuser des messages ; il s’agit de créer des espaces d’interaction, de participation et de co-création. Pour toucher les nouvelles générations, il est impératif d’investir les réseaux sociaux et d’adapter les formats et les narrations. Une partie de l’avenir réside dans l’autonomisation des citoyens : de consommateurs à participants actifs en explorant des approches innovantes :

  • Formats live interactifs : développer des formats s’appuyant sur l’IA pour permettre aux citoyens de discuter en direct des questions européennes, de partager leurs points de vue et de dialoguer avec des avatars de journalistes ou décideurs européens.
  • Gamification et expériences immersives : utiliser des formats innovants pour rendre l’information de l’UE plus engageante et accessible, en particulier pour les jeunes publics, en tirant parti des codes et des plateformes qu’ils utilisent.
  • Sensibilisation à la culture médiatique : doter les citoyens des compétences de pensée critique nécessaires pour naviguer dans le paysage informationnel complexe et distinguer les sources crédibles de la désinformation.

Assurer la diversité des journalistes, reflet de la diversité des audiences

Un enjeu crucial pour la crédibilité et la pertinence des médias européens est de garantir la diversité au sein des rédactions. Des journalistes issus de différents horizons culturels, sociaux, géographiques et linguistiques apporteront des perspectives plus riches et nuancées, permettant de mieux refléter la diversité des audiences européennes. 

Cette diversité est essentielle pour éviter l’écueil d’une information européenne perçue comme déconnectée des réalités vécues par les citoyens. Elle permet également de mieux comprendre et traiter les enjeux européens sous différents angles, en évitant une vision trop homogène ou biaisée. Les médias européens doivent activement promouvoir la diversité dans leurs recrutements et leurs pratiques journalistiques.

Rendre l’information européenne accessible et attractive

Politico Europe a réussi à rendre l’information européenne plus attractive et exclusive pour les décideurs en créant un lien entre le monde politique et la sphère économique. Leur recette : un ton incisif et direct, une couverture axée sur le pouvoir et les politiques, un format professionnel et engageant et une forte présence numérique.

L’enjeu est de s’inspirer de cette approche pour rendre l’information européenne plus accessible et pertinente pour un public plus large, avec une information accessible et attractive capitalisant sur les codes et les formats adaptés, en vulgarisant le jargon européen, et en montrant l’impact concret des politiques européennes sur la vie quotidienne des citoyens. Le défi est de trouver le juste équilibre entre information de qualité et accessibilité, sans sacrifier la rigueur et la profondeur de l’analyse.

Une vision pour une agora européenne véritablement inclusive

L’avenir de l’information européenne ne consiste pas seulement à s’adapter aux nouvelles technologies ou aux formats innovants. Il s’agit de dépasser une approche descendante et centrée sur Bruxelles et de construire une véritable agora européenne – un espace dynamique et inclusif où :

  • Des voix diverses sont entendues et valorisées : dépasser la domination de l’anglais et adopter le multilinguisme comme principe fondamental.
  • L’information est accessible et engageante : tirer parti des plateformes numériques, des formats audiovisuels et du storytelling innovant pour atteindre un public plus large.
  • Le dialogue et la participation sont encouragés : créer des espaces permettant aux citoyens de s’engager sur les questions européennes, de partager leurs points de vue et de contribuer au projet européen.
  • Le journalisme de qualité et indépendant est soutenu : reconnaître le rôle crucial d’un écosystème médiatique dynamique et diversifié pour garantir la transparence, la responsabilité et un débat public éclairé.
  • La diversité des journalistes est promue : assurer que les rédactions reflètent la diversité des sociétés européennes pour une information plus pertinente et crédible.
  • Des modèles économiques viables et diversifiés soutiennent cette information européenne de qualité et accessible à tous.

Pour concrétiser cette vision, il faut des volontaires inspirés et inspirant pour expérimenter et libérer le potentiel d’une véritable agora européenne cette espace vibrant de dialogue, de compréhension et d’un avenir partagé entre nous.