Archives annuelles : 2008

Entre expert et politique : qui détient la légitimité pour communiquer ?

En contrepoint de la querelle sur le choix du futur président du Conseil européen : Tony Blair, le flamboyant Britannique, Jean-Claude Juncker, le sage de Luxembourg, Anders Fogh Rasmussen, l’outsider danois, et d’autres encore… un autre débat parcourt la sphère publique. Une tension existe au sein des acteurs institutionnels pour déterminer l’acteur légitime pour communiquer. Qui de l’expert ou du politique détient cette légitimité dans la prise de parole ?

L’expert, qui se sent libre de toute pression, a le temps d’aller voir ce qui marche ailleurs et a le sentiment de servir en présentant ce qu’il estime être le meilleur. Sa prise de parole correspondrait ainsi au point de vue du souhaitable.

Dans le cadre du choix du futur président du Conseil européen, la figure de l’expert correspondrait à l’image du « chairman » chargé de coordonner les travaux et doté d’une visibilité limitée.

Le politique, qui est aux prises avec les réalités, a la rude tâche d’évaluer la dose de réformes qu’un peuple, à un instant donné, est capable de supporter. Sa prise de parole correspondrait davantage à ce qui est de l’ordre du possible.

Dans le cadre du choix du futur président du Conseil européen, la figure du politique correspondrait à l’image du « leader » offensif, incarnant l’Union auprès des citoyens. Ce leader pourrait aussi bien être de culture anglo-saxonne, atlantiste et libéral social que plus proche des idées françaises d’une Europe protectrice à l’égard de la mondialisation.

Alors, entre le discours du souhaitable et du possible – entre les figures du président chairman ou leader – lequel doit être privilégié, notamment au sein d’une Union européenne, où le projet politique demeure problématique ?

Education civique : lutter contre la méconnaissance de l’UE dès le plus jeune âge

La méconnaissance de l’Union européenne doit se traiter – très en amont – lors de l’apprentissage de la citoyenneté à l’école. Voici un panorama des sites Internet, supports et soutiens pour enseigner l’Europe aux enfants…

Europago : un site réalisé par la Commission européenne pour « apprendre l’Europe en s’amusant »

Différents jeux interactifs permettent de mieux connaître les institutions et les politiques communautaires. La création de même que les technologies utilisées mériteraient un léger rafraichissement.

Les petits citoyens : un site d’éducation civique pour les enfants de 7 à 11 ans

Un Espace de découverte sur l’Europe proposait des présentations par État membres.

Touteleurope« La clé de l’Europe »pour tout public à partir de 12 ans 

Une présentation de l’essentiel de la construction européenne et de ses réalisations proposait :

  • Des réponses aux questions et réflexions fréquemment entendues sur l’Europe ;
  • Description de la construction européenne et de ses actions.

FranceTVéducation : une animation dédié à l’Europe

Des présentations adaptées pour les enfants de 7 à 11 ans et des ressources pédagogiques pour les enseignants, un glossaire et un quiz en partenariat avec le Ministère délégué aux affaires européennes font de cette animation une belle présentation de la construction de l’UE ainsi que de ses rouages pour un jeune public.

Eclairage sur le Secrétariat Général aux Affaires européennes (SGAE), le garant de la cohérence française dans l’Union européenne

Quels sont les missions du SGAE ? Quel sera son rôle au cours de la Présidence française de l’Union européenne ?

Gilles Briatta, le secrétaire général aux Affaires européennes présente son administration de mission placée sous l’autorité directe du Premier ministre.

Les principales missions de cette institution davantage animée par un rôle de coordination que de conception sont :

  • la coordination interministérielle sur les questions européennes,
  • le conseil et l’expertise sur l’avenir de l’Union européenne,
  • l’application du droit communautaire,
  • l’information du parlement français et des membres français du parlement européen,
  • la diffusion de l’information aux ministères,
  • le suivi de la présence française dans les institutions européennes.

Depuis 1948, « c’est l’organisme qui en France, coordonne toutes les positions françaises concernant les affaires européennes avant qu’elles soient exprimées à Bruxelles. Ceci assure à la France le moyen d’avoir une politique européenne cohérente quels que soient les sujets abordés », souligne Gilles Briatta.

Au cours de la Présidence française de l’Union européenne, le SGAE « continuera, plus que jamais à assurer la cohérence des positions exprimées en tenant pleinement compte de notre rôle de président ».

Curiosphere.tv – l’éducation en images – notamment sur l’Europe

France 5 investit Internet à travers curiosphere.tv (transformer en 2012 en education.francetv.fr), un média à vocation éducative généraliste.

Cette webTV a pour mission à travers plus de 600 vidéos d’« offrir aux médiateurs éducatifs les meilleurs contenus audiovisuels afin de favoriser l’éducation citoyenne des jeunes et leur accès à la culture ».

Parmi les nombreuses vidéos, à signaler une série sur les pères fondateurs de l’Europe.

Une autre manière de s’informer et de se cultiver sur l’Europe d’hier et de demain.

Etat des lieux de la citoyenneté de l’Union

Alors que l’on ne cesse de parler dans les médias, de l’impératif « L’Europe doit se rapprocher des citoyens », quel état des lieux peut-on dresser pour la citoyenneté de l’Union…

La Commission européenne a adopté cette semaine son cinquième rapport sur la citoyenneté de l’Union européenne. Ce document dresse un état des lieux de l’opinion publique et des progrès réalisés en matière de citoyenneté.

État de l’opinion publique

Selon un sondage sur la citoyenneté de l’Union paru dans le Flash Eurobaromètre de 2007 :

  • 90% des Européens savent qu’ils sont à la fois citoyens de l’Union et ressortissants d’un État membre ;
  • 31 % des personnes interrogées dans les 27 pays de l’UE s’estiment «bien informées» de leurs droits en tant que citoyens de l’Union européenne.*

Ces résultats montrent que la Commission devrait renforcer et améliorer les moyens utilisés pour informer le citoyen européen de ses droits.

État des droits du citoyen

Le noyau dur des droits du citoyen sont :

  • le droit de circuler et de séjourner librement dans l’UE,
  • le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales et européennes dans l’État membre de résidence,
  • le droit à la protection diplomatique et consulaire dans les pays tiers,
  • le droit de pétition devant le Parlement européen (PE),
  • le droit de s’adresser au Médiateur.

L’enjeu d’une Europe citoyenne – tant annoncée par les responsables politiques – repose sur une connaissance pleine et entière par les Européens de leurs droits.