Archives mensuelles : mai 2008

Le point de vue de Jacques-René Rabier sur la communication européenne

Dans un entretien à EurActiv, Jacques-René Rabier, le fondateur de ce qui est devenu la DG Communication de la Commission européenne, et ancien collaborateur de Jean Monnet précise sa vision de la communication européenne. Extraits…

Vous venez de participer au Congrès de l’Europe de La Haye, organisé par le Mouvement européen. Cet évènement a essayé de recueillir, filtrer et discuter “60 idées pour l’Europe “, présentées aux Présidents des Institutions européennes. Ce type d’initiative peut-il rendre l’Europe plus démocratique ? Des thèmes vous ont-ils marqué ?

L’initiative est intéressante, moins peut-être parce qu’elle apporte aux décideurs (ou aux chercheurs) que par ce qu’elle incite les répondants à réfléchir, imaginer et…répondre. On retrouve dans ces 60 idées – et plus encore dans le classement qui en a été fait par les participants au Congrès – des thèmes qui sont largement traités par les médias : ce que j’appellerai, sans connotation péjorative, la “rhétorique ambiante”.

Qu’est-ce qui manquait, par exemple : l’avenir imaginé (ou souhaité) pour l’Union européenne à l’horizon 2068, puisqu’il s’agissait, cette année, à La Haye, de rappeler les progrès obtenus depuis 1948.

Vous êtes le fondateur de ce qui est devenu la Direction Générale de la communication de la Commission. Depuis toujours, celle-ci semble hésiter entre information et communication. Quelle approche recommandez-vous ?

Les mots ont une certaine importance…(“Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde”, disait Albert Camus). Information, au sens habituel, c’est donner forme, ou tout au moins une aptitude à prendre connaissance; communication, c’est établir une relation en vue de transmettre quelque chose à quelqu’un. Je n’en fais pas une querelle de vocabulaire, mais, pour simplifier mon propos, je dirais que la communication c’est le tuyau, et l’information ce que l’on veut (ou tout au moins ce que l’on souhaite) faire passer…

A un cours que je donnais en 1965 à l’Institut d’Etudes Européennes de l’Université libre de Bruxelles, j’avais donné comme titre : “L’information des Européens et l’intégration de l’Europe” ; cela signifie que, dans ma conception, l’information n’est pas neutre ; elle annonce les couleurs et, bien sûr, suscite la discussion, en prenant garde de ne pas dériver vers la propagande et l’endoctrinement. Son contenu : des “news”, évidemment, mais aussi des valeurs et des symboles. Toutes les institutions de l’Union européenne devraient contribuer à cette politique d’information du public, et je dirais plutôt des citoyens et citoyennes.

Mais je pense que chaque institution doit agir selon sa propre compétence. Une concertation est évidemment nécessaire ; elle pourrait, par exemple, prendre la forme d’une meilleure utilisation concertée de l’ “Eurobaromètre”. Le Parlement européen devrait, en ce domaine, jouer un rôle beaucoup plus important.

A l’initiative de la Vice Présidente Wallström, la Commission a réagi aux référendums Français et Néerlandais en lançant le Plan D “Dialogue, Débat, Démocratie”. Qu’en pensez-vous? Le nouveau Président du Comité des Régions Luc Van Brande suggère un « quatrième D » : Décentralisation : comment feriez-vous cela ?

“Dialogue, Débat, Démocratie, Décentralisation”: je n’ai rien à ajouter. C’est un beau programme. Encore faut-il du courage pour l’appliquer. La Commission européenne a un rôle capital à assumer, sous le contrôle évidemment du Parlement européen. Elle ne doit pas se défausser de ses responsabilités politiques propres sur les Etats membres, avec lesquels elle doit évidemment coopérer en faisant connaître et en encourageant les meilleures initiatives.

Avez-vous d’autres conseils à donner à Mme Wallström, ou au Directeur Général de la DG Communication, Claus Sörensen ?

Je connais trop les difficultés de la fonction – plus encore dans une Union à 27 que de mon temps – pour me permettre de donner des conseils à mes successeurs. Tout au plus des encouragements…

Dans un an auront lieu les élections au Parlement européen. La tendance à long terme est à la baisse du taux de participation et les études eurobaromètre – dont vous êtes également le fondateur – n’incitent pas à l’optimisme. Comment contrer cette tendance ? Comment porter le débat sur les vrais sujets européens dans les médias et les classes politiques nationales ? Quel rôle peut jouer l’internet dans ce débat ?

La question est vaste. Le Parlement européen a une image relativement bonne, mais sa notoriété et celle de ses activités reste faible. La participation électorale, dans les pays où le vote n’est pas obligatoire, (c’est-à-dire dans la plupart d’entre eux), est peu élevée. La mobilisation des électorats dépend évidemment des partis politiques et des organisations de la société civile.

La principale difficulté, me semble-t-il, c’est que l’on appelle à voter pour un Parlement européen à partir de thèmes principalement – sinon exclusivement – nationaux. Ce qu’il faudrait, c’est ouvrir et nourrir le débat sur les solutions qui pourraient être recherchées et débattues au niveau européen à des problèmes ressentis au niveau national ou régional.

Des débats sur une plateforme Internet entre parlementaires de divers pays et d’une même tendance politique pourraient être utiles. On pourrait aussi, dans les pays où les élections européennes se font au scrutin de liste, suggérer aux partis qui en auraient le courage et sauraient en valoriser l’initiative d’introduire sur leur liste un nombre non négligeable de candidats d’autres nationalités.

Avez-vous des questions à suggérer pour des prochaines éditions de l’Eurobaromètre ? Etant donné la sensibilité de certaines questions et la difficulté pour les institutions d’en publier les résultats, pourquoi ne pas encourager des instituts de sondage privés, associés à des médias, de réaliser leur propres enquêtes comme c’est déjà le cas au plan national ?

Voilà une question toute trouvée pour l’ “Eurobaromètre”, à poser aux personnes qui se disent inscrites et disposées à voter pour l’élection du Parlement européen : “Je ne vous demande pas pour quelle liste vous allez probablement voter, mais si, sur cette liste, figuraient, par exemple, plusieurs candidats d’une autre nationalité européenne que la vôtre, seriez-vous très pour, plutôt pour, plutôt contre, très contre, ou est-ce que cela vous serait égal ? “. (Dans une autre partie du questionnaire, on demande aux personnes interrogées de se positionner sur la dimension “droite-gauche”, ce qui éclaire l’analyse).

On pourrait même “pimenter” le questionnaire en demandant à ceux qui auront répondu positivement : “Y a-t-il néanmoins des candidats de votre tendance politique, mais d’une autre nationalité européenne que la vôtre, pour qui vous ne voteriez pas certainement ? Si oui, de quelle nationalité s’agit-il ?”.

Les responsables actuels de l’ “Eurobaromètre” n’aiment pas ce genre de questions “pimentées”, par exemple celle qui n’a plus été posée depuis 1997 sur la confiance entre les peuples… Manque de courage? Il en a pourtant fallu, en 1950, cinq ans après la fin de la guerre, pour proposer d’unir Français, Allemands, Italiens et “Bénéluxiens” dans la première “Communauté européenne”… Et ce n’était pas une question dans un sondage !

Il me semble que des médias pourraient demander à la Commission européenne la possibilité de poser dans un “Eurobaromètre”, à leur charge et sous leur responsabilité éditoriale, des questions “européennes” légèrement “pimentées”, mais il me semble que ce serait plutôt au Parlement européen de prendre l’initiative de telles questions, éventuellement en liaison avec des chercheurs universitaires intéressés.

Périodiquement, on entend des appels à créer de “vrais média de masse pan-européens”? Qu’en pensez-vous ?

Médias de masse pan-européens ? Certaines tentatives ont été faites. Aucune n’a encore réussi . Question de langues , évidemment, mais aussi de contenu… “Salut aux chercheurs d’aventure ! “, pour reprendre un propos historique !

Pour lire l’intégralité de l’entretien.

Priorités gouvernementales et attentes de l’opinion française autour de la PFUE

Confrontation entre les priorités gouvernementales de la présidence française de l’UE et les attentes de l’opinion publique en France…

Les priorités gouvernementales de la PFUE

Développement durable et énergie

Engagements précis de lutte contre les gaz à effet de serre et renforcement de la crédibilité de l’UE dans les négociations internationales sur le climat. Objectifs annoncés de renforcement de l’indépendance énergétique et de sécurisation/diversification de l’approvisionnement énergétique.

Immigration

Création d’un « pacte européen sur l’immigration et l’asile » pour affirmer que les Etats membres de l’UE renoncent aux régularisations massives et organisent de concert une immigraiton de travail.

Défense

Relance de l’Europe de la défense et augmentation des budgets européens associés à la rénovation de l’OTAN

PAC

Réforme de la PAC selon les principes suivants : assurer l’indépendance et la sécurité alimentaire de l’Europe, contribuer aux équilibres alimentaires mondiaux, préserver les équilibres des territoires ruraux et participer à la lutte contre les changements climatiques et l’amélioration de l’environnement.

Les thèmes de la PFUE vus par l’opinion

S’agissant des domaines prioritaires pour l’avenir, les personnes sondées par IFOP pour Touteleurope.fr en janvier 2008 ne valident pas toutes les priorités de la présidence française : l’énergie, l’Europe de la défense, la réforme de la PAC recueillent pour leur part moins de 10% des choix. En revanche, l’environnement et le développement durable (27%) sont identifiés par les Français comme des priorités.

Par ailleurs, selon l’Eurobaromètre n°68, les Français estiment que les enjeux liés à l’environnement, à la recherche scientifique et à l’immigration doivent être traités de préférence au niveau de l’UE et non des Etats membres.

Ainsi, gouvernement et citoyens ne partagent pas tous les enjeux à l’agenda de la PFUE…

La promotion du multilinguisme de l’UE s’organise en France

Annoncée lors de l’Assemblée générale des Nations Unies et lancée par l’UNESCO, 2008 est l’Année internationale des langues. Déclinée de cette initiative, l’UE choisit 2008, comme Année européenne du dialogue interculturel. Ainsi la promotion du multilinguisme de l’UE revêt une importance toute particulière….

Les objectifs

  • sensibilisation du public à l’importance de l’apprentissage des langues,
  • promotion de la diversité linguistique et culturelle de l’Europe,
  • encouragement de l’apprentissage des langues tout au long de la vie.

Les actions

Pilotée – via CulturesFrance et l’agence de relation presse Edelman Paris retenue – par le Ministère des Affaires étrangères et européennes et le Ministère de la Culture et de la Communication, la promotion du multilinguisme passe par l’organisation de la « Journée européenne des langues », le 26 septembre prochain.

Cet événement, qui s’inscrit à la fois dans le cadre de la Présidence française de l’Union européenne et de la saison culturelle française, comporte notamment comme point d’orgue les « États généraux du multilinguisme », qui se tiendront en Sorbonne et comme prolongement populaire, de nombreuses « Fêtes des Langues » organisées en région par les différentes académies.

L’Education nationale à l’heure de la PFUE

Le ministre de l’Éducation nationale souhaite que la PFUE soit l’occasion de mettre en valeur l’ouverture européenne des établissements scolaires et de démontrer la réalité de l’Europe dans le système éducatif…

Les objectifs

La PFUE sera l’occasion pour le ministère de l’éducation nationale de :

  • faire progresser la construction de l’espace européen de l’éducation et de la formation professionnelle ;
  • faire découvrir les systèmes éducatifs des autres pays européens ;
  • faire mieux connaître dans l’ensemble du système d’éducation les enjeux et les réalisations de l’Union européenne dans ce champ ;
  • faire découvrir les cultures des États membres de l’Union européenne à travers des rencontres et des échanges culturels.

Les thèmes

Les thèmes prioritaires définis par le ministère de l’Éducation nationale pendant la PFUE sont :

  • l’orientation,
  • la scolarisation des élèves handicapés,
  • l’apprentissage des sciences,
  • la gouvernance des établissements,
  • et les indicateurs de performance.

Des événements à Paris (5 conférences) et en province sont prévus.

Les actions dans les établissements

Sur le terrain, les établissements scolaires sont invités à mettre en place des actions pédagogiques pour les élèves :

CAHIER DE VACANCES : pour les écoliers et les collégiens, téléchargeable sur le site du gouvernement.

LA RENTRÉE AUX COULEURS DE L’EUROPE : du 2 au 5 septembre, pavoisement des établissements, signalétique dans les langues vivantes européennes enseignées dans l’établissement, événementiel spécifique, information aux élèves et aux parents.

ASSISES DU MULTILINGUISME : états généraux du multilinguisme en Sorbonne le 26 septembre ; des fêtes des langues seront organisées en académies.

SEMAINE DE L’EUROPE : dans les écoles, les collèges et les lycées, du 20 au 24 octobre 2008 : faire vivre les enseignants et les élèves à l’heure de l’Europe des 27 en intégrant des thématiques européennes aux enseignements et en ouvrant certaines activités pédagogiques ou éducatives à la dimension européenne

FÊTE DE LA SCIENCE EUROPÉENNE : du 14 au 23 novembre, thème : la science dans la société en Europe avec valorisation des coopérations scientifiques, organisation de rencontres autour des métiers de la Recherche et du Développement en Europe pour susciter des vocations chez les jeunes, invitation aux échanges entre le monde des sciences et les citoyens pour montrer comment les applications de la recherche peuvent répondre à des besoins liés à notre quotidien et comment les interrogations citoyennes peuvent influer sur les orientations prises par les décideurs.

LES RENDEZ-VOUS DE L’HISTOIRE : 11ème édition sur “Les Européens”, à Blois du 09 au 12 octobre 2008 et en contrepoint un cycle de 27 leçons d’histoire prononcées par 27 grands historiens originaires des 27 pays de l’Union.

En outre, des opérations récurrentes telles que la “Fête de la science”, “la Journée des Langues”, “Lire en fête”, la “Semaine du goût”, le “Goncourt des lycéens”, pourront à cette occasion être “habillées aux couleurs de l’Europe”.

Des “kiosques Europe” pourront être mis en place dans les établissements afin de valoriser les projets européens existants ou envisagés dans l’établissement et de développer très largement l’information sur l’ensemble des programmes européens destinés à encourager la coopération et la mobilité européenne (Comenius, Léonardo, Erasmus, Grundtvig).

Vers un droit d’accès à l’Internet haut débit pour tous les Européens

En visite au Parlement européen à Strasbourg le 20 mai, Luc Chatel, secrétaire d’État à l’Industrie et à la Consommation propose de créer, dans le cadre de la PFUE, un droit d’accès au haut débit, à un prix abordable, sur l’ensemble des territoires européens, selon des modalités adaptées aux spécificités des États membres.

Reposant sur la combinaison de différentes sources de financement (privé, public, national ou local), ce droit d’accès au haut débit aurait pour objectif de répondre aux besoins d’inclusion numérique des citoyens européens et d’achèvement de la couverture territoriale en haut débit.