Archives mensuelles : mai 2008

Préparation de la saison culturelle européenne : les originalités du défi culturel

De juillet à décembre 2008, les cultures des vingt-six autres États membres de l’UE seront à l’honneur lors de la Présidence française de l’UE avec la saison culturelle européenne…

La double originalité du défi culturel français

Alors que traditionnellement, le pays qui assure la présidence de l’UE organise à Bruxelles des manifestations artistiques mettant en valeur sa propre culture, la France a décidé d’accueillir en France, au cours de ces six mois de Présidence française, les cultures européennes au travers des différentes disciplines artistiques : cinéma et audiovisuel, littérature, spectacles vivants, arts de la rue, arts visuels, architecture, patrimoine, musiques…

Cette saison culturelle européenne est également inédite dans la mesure où sont proposés pour la première fois au public français des événements culturels qui « mettent en évidence la diversité créatrice de toutes les cultures européennes, ainsi que la force identitaire d’un patrimoine en grande partie commun ».

Les principaux objectifs de la saison culturelle européenne sont ainsi de :

  • contribuer à une meilleure visibilité des artistes et à une meilleure diffusion des œuvres en Europe ;
  • favoriser les échanges et les rencontres entre des artistes européens et français, avec la mise en place de projets “tandem” ;
  • mieux faire connaître les créateurs des nouveaux Etats membres de l’Union ;
  • valoriser la diversité des langues, comme élément constitutif des cultures européennes.

Une mobilisation inédite des ambassadeurs

Un « ambassadeur, chargé de la dimension culturelle de la présidence française de l’Union européenne » a été nommé en Conseil des ministres en décembre dernier. Il s’agit de l’ancien ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres.

Par ailleurs, les ambassadeurs de France en poste dans les pays de l’UE et les pays candidats ont été réunis en séminaire par Bernard Kouchner et Jean-Pierre Jouyet, à Paris, le 19 mai, afin d’évoquer la PFUE et la saison culturelle européenne.

L’éducation nationale à l’heure de la saison culturelle européenne

La France a décidé d’organiser une saison culturelle européenne dans le cadre de sa présidence de l’Union européenne, en invitant symboliquement sur son territoire les cultures de tous les pays européens et en leur apportant une visibilité exceptionnelle. Fruit d’une initiative conjointe des ministères des Affaires étrangères et de la Culture et avec Culturesfrance comme opérateur, la saison culturelle européenne est un défi culturel inédit auquel veut s’associer le ministère de l’Éducation nationale…

Xavier Darcos, le ministre de l’Éducation nationale souhaite associer le public jeune à la saison culturelle européenne en proposant des actions à caractère pédagogique et culturel dans les écoles, collègues et lycées afin de permettre aux élèves de :

  • rencontrer des artistes au travers de projets culturels, artistiques et scientifiques européens,
  • découvrir la diversité de leurs talents,
  • participer à de nombreux événements exceptionnels dans toute la France.

Panorama du calendrier des grandes manifestations

“Théâtre, ciment de l’Europe” : 4 et 5 juillet au Théâtre de la Ville à Paris : colloque et actes artistiques sur la dimension européenne de la création dramatique.

Parcours européens dans les musées en septembre

Tour de France des cinéastes européens : 26 réalisateurs présenteront leurs films en avant-première, de septembre à décembre

Tour de France des écrivains européens : 26 écrivains présenteront leurs nouvelles productions de septembre à décembre

Apprentis à la Cité de l’architecture : découverte les 2 et 3 octobre du patrimoine architectural français par 1 000 apprentis venus des 26 pays de l’Union européenne

Paris-Science au Muséum national d’histoire naturelle Festival international du film scientifique du 8 au 12 octobre

Lancement du site de l’INA : “L’Europe des cultures” en octobre, fresque multimédia des grands événements, des artistes et du patrimoine européens.

Concert de l’Orchestre romantique européen, le 21 octobre

Ville européenne de la science : animations scientifiques, ateliers pédagogiques, au Grand Palais du 14 au 16 novembre

Comment la sécurité énergétique européenne est-elle devenue l’une des principales priorités de la PFUE ?

Retour sur les principales étapes de la mise sur l’agenda de la PFUE de la sécurité énergétique européenne…

Une allocution présidentielle pour fixer la « ligne »

Lors de son allocution télévisée, le 10 février dernier, le président de la République avait présenté les priorités de la PFUE : « travailler sur une stratégie de développement durable, une politique commune de l’immigration, une défense européenne et une refondation de la politique agricole ». Alors que l’immigration est une priorité controversée, que la défense européenne est longue à organiser et que le bilan de santé de la PAC est d’ores et déjà lancé, la stratégie de développement durable se trouve au cœur de la réussite de la PFUE…

La remise d’un rapport au Premier ministre pour dégager des propositions

Afin de faire émerger cet enjeu parmi les enjeux, un rapport « Sécurité énergétique et Union européenne : propositions pour la Présidence française » de la mission de réflexion sur l’énergie présidée par Claude Mandil, ancien directeur de l’Institut français du pétrole et directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie jusqu’en septembre 2007, a été remis au Premier ministre le 21 avril 2008.

Selon l’auteur du rapport, l’amélioration de la sécurité des approvisionnements énergétiques de l’UE comporte deux aspects :

  • des réponses internes à l’Union européenne : renforcement des économies d’énergie, mise en place de dispositifs européens d’urgence en cas de crise d’approvisionnement, réalisation d’investissements,
  • la définition d’une politique de sécurité énergétique commune à l’UE afin de faciliter les relations énergétiques avec les pays.

La communication du ministre d’Etat en Conseil des ministres pour institutionnaliser les « ambitions » françaises

Le 21 mai, le ministre d’État, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire, Jean-Louis Borloo, a présenté une communication, au Conseil des ministres sur la sécurité énergétique européenne.

Dans le cadre de la stratégie de développement durable évoquée par le président de la République et dont les objectifs sont :

  • garantir la sécurité de l’approvisionnement de l’UE,
  • améliorer la compétitivité des économies des États membres,
  • contribuer à la lutte contre le changement climatique.

Jean-Louis Borloo veut porter la réussite du Grenelle de l’Environnement à l’échelle européenne et notamment les ambitions suivantes pour l’avènement d’une véritable sécurité énergétique européenne :

  • maîtriser la consommation énergétique,
  • faire de l’Europe un espace énergétique unifié,
  • parler d’une seule voix avec les grands pays producteurs.

L’intervention du secrétaire d’Etat aux Affaires européennes pour accompagner l’engagement des pouvoirs publics

Le 28 mars, clôturant un colloque sur « La renaissance du nucléaire, un enjeu pour l’Europe », le secrétaire d’Etat aux affaires européennes a précisé que la sécurité d’approvisionnement énergétique serait l’un des grands axes de la PFUE.

Think Global, Act European : le colloque des think-tanks dans la préparation de la PFUE

En parallèle des rencontres organisées dans le cadre du programme « Parlons d’Europe » dont l’objectif est de renforcer la dimension citoyenne de la PFUE, treize think-tanks européens se mobilisent pour la première fois pour contribuer à la réflexion sur les priorités de la PFUE…

Réunis lors d’un colloque, organisé vendredi 23 mai afin de présenter la parution du rapport Think Global – Act European – une référence au slogan de David Brower le fondateur des Amis de la Terre – les think-tanks proposent à la fois un projet d’ensemble pour répondre aux défis globaux et une action européenne résolue pour faire de l’UE un acteur global.

Dans une tribune « Les Français sont-ils prêts à porter la voix des Européens ? », dans Le Figaro, la directrice Europe de la Fondation pour l’innovation politique, Elvire Fabry et la secrétaire générale de Notre Europe, Gaëtane Ricard-Nihoul relayent le message des treize think-tanks européens. « Le succès de sa présidence se mesurera avant tout au degré d’écoute qu’elle saura accorder à ses partenaires européens et à son talent de facilitateur des décisions. Elle doit, pendant six mois, porter la voix des 27 États membres. Une grande responsabilité et un formidable exercice d’humilité. »

Vers une politique européenne du sport : l’opportunité des agendas

Alors que 60 % des Européens pratiquent une activité sportive et que l’on dénombre 700 000 clubs sportifs dans les 27 pays membres de l’UE, le sport n’était pourtant pas reconnu comme un élément important pour la cohésion sociale, la santé ou l’éducation avant le nouveau Traité de Lisbonne.

Désormais reconnu par le traité de Lisbonne (art.149), le sport prend une dimension européenne. Ainsi, la Commission européenne publie un Livre blanc sur le sport en juillet 2007 auquel les députés européens ont répondu avec le rapport de Manolis Mavrommatis (PPE-DE, EL) dont les revendications sont notamment de renforcer la lutte contre le dopage et les discriminations raciales ou sur la base des nationalités des joueurs.

Prochainement, avec les présidences françaises de l’UE et de l’Union européenne de football au 2nd semestre, le président de la Ligue de football professionnel et vice-président de la Fédération française de football, Frédéric Thiriez considère dans Le Figaro que la construction d’un « modèle sportif européen » peut avancer.

Par conséquent, la conjonction des agendas fruit de l’avancée du traité de Lisbonne, de la volonté conjointe de la Commission européenne et du Parlement européen ainsi que des présidences françaises permettrait la mise sur agenda d’une politique européenne du sport orientée vers les enjeux sociaux, culturels, éducatifs et luttant contre « les effets dévastateurs de la soumission du sport à la loi du marché ».