Archives par étiquette : Parlement européen

Benchmark des plateformes de données sur l’activité parlementaire des eurodéputés

S’appuyant sur toutes les données relatives à l’activité parlementaire issues du site du Parlement européen, des informations intégralement publiques mais relativement inaccessibles et illisibles, plusieurs plateformes (à but non lucratif, non partisan et en anglais) essaient de donner aux citoyens européens de nouveaux outils et synthèses pour comprendre et analyser le travail de leurs représentants européens…

Finalité des plateformes de données sur l’activité des eurodéputés : la trousse à outils de la démocratie représentative européenne

En archivant et synthétisant les différentes activités législatives des élus européens, plusieurs plateformes rendent accessibles et compréhensibles plusieurs données clés :

  • composition du Parlement européen par pays, par groupes politiques et par commissions ;
  • taux de fréquentation aux sessions, taux de participation aux votes et votes sur chaque texte pour chacun des membres du Parlement européen ;
  • visualisation de données relatives aux textes adoptés ou rejettés par pays, groupes politiques, commissions, types de politiques publiques et parlementaires.

Originalité de chaque plateforme de données sur l’activité des eurodéputés : des graphiques, des tendances et des commentaires

Au-delà de ces outils permettant de facilement trouver et comparer des informations, chaque plateforme existante propose des fonctionnalités instructives tant par leur lisibilité sous forme de graphique ou par leur intelligibilité de tendances imperceptibles :

  • EPvote.eu, réalisé par noise.in.the.wires, se présente comme le plus synthétique et se distingue par une rubrique sur les tendances politiques (tous les textes votés sont classés par grandes thématiques de politiques publiques et analysés en fonction de leurs résultats : pour/contre/abstention).
  • VoteWatch.eu, parrainé par l’Open Society Institute, Burson-Marsteller et ElectionMall.com, se veut plus analytique avec des informations par eurodéputés et sur la participation par sessions des groupes politiques.
  • It’syourParliament.eu, lancé aujourd’hui par Buhl & Rasmussen, se montre le plus ouvert aux réactions des internautes avec un système de vote sur les textes adoptés ou rejetés ou sur les eurodéputés ainsi qu’un module de dépôt de commentaires, sans oublier un compte Twitter.

Ainsi, quoique ces plateformes risquent de demeurer relativement inconnues du grand public, les données euro-parlementaires sont dorénavant accessibles en toute transparence.

Publication de l’Euro-Kit, un guide sur le Parlement européen pour les ministres et les parlementaires

Le Secrétariat d’Etat chargé des Affaires européennes diffuse un « Euro kit » « sur les nouvelles prérogatives (politiques, budgétaires et législatives) dont le Traité de Lisbonne dote le Parlement européen » à l’ensemble des membres du gouvernement et aux parlementaires…

Outil à la fois pédagogique et stratégique

Sur la plan stratégique, l’« Euro Kit » doit permettre de se familiariser avec l’environnement institutionnel et politique du Parlement européen, afin d’y renforcer l’influence française.

Sur le plan pédagogique, l’« Euro Kit » comprend des fiches pratiques qui présentent les rouages du Parlement Européen

Fiche n°1 : La Présence française au Parlement Européen : qui sont les élus français ?

Trombinoscope des 72 français sur les 736 eurodéputés (circonscription électorale, groupe politique et commission parlementaire)

Fiche n°2 : Quelles sont les forces politiques du Parlement Européen 2009-2014 ?

Répartition par Etats-membres et par groupes politiques de la 7e législature du PE et présentation de la conférence des Présidents

Fiche n°3 : Comment travaille le Parlement Européen ?

Chiffres clés sur les langues de rédaction des documents au PE :

  • 45.95% en anglais
  • 17.95% en français
  • 8.28% en allemand

Fiche n°4 : Comment les parlementaires sont-ils informés des positions françaises ?

Annuaire des chargés de mission « Parlement européen » des ministères

Types de notes à la disposition des parlementaires élaborées aux différentes étapes de la procédure parlementaire :

  • note de cadrage : la position des autorités françaises sur le texte de la proposition législative, telle que transmise au PE par la Commission européenne ;
  • notes de commission : la position des autorités françaises sur les propositions d’amendements de la commission parlementaire compétente.
  • notes de plénière : la position des autorités françaises sur les propositions d’amendements de compromis, soumis au vote des parlementaires lors des sessions plénières.

Autres documents adressés également aux parlementaires :

  • dossiers exposant l’état des travaux et les positions françaises sur les principaux sujets d’actualité européennes au début de chaque présidence du Conseil de l’Union ;
  • réponses des autorités françaises aux livres verts, et autres consultations engagées par la Commission européenne.

Fiche n°5 : Quels sont les nouveaux pouvoirs du Parlement européen avec le traité de Lisbonne ?

Contrôle politique sur la Commission européenne

Intervention dans les procédures législative et budgétaire

Fiche n°6 : Quels sont les nouveaux pouvoirs des parlements nationaux ?

Une meilleure information : transmission directe des documents des institutions européennes

La surveillance du respect du principe de subsidiarité :

  • via un mécanisme d’alerte précoce (si 1/3 des parlements nationaux pour, laors la Commission doit réexaminer sa proposition)
  • via un mécanisme renforcé de contrôlé de subsidiarité et de proportionnalité (si 55% des parlements nationaux contre, alors la Commission européenne retire sa proposition)
  • via des recours devant la CJCE

La faculté de s’opposer à certains changements de procédure.

Ainsi, selon FranceDiplomatie, les changements introduits par le Traité de Lisbonne devraient être mieux connus des responsables politiques.

Nomination d’une nouvelle directrice générale de la communication du Parlement européen

Institution chargée de représenter les citoyens de l’Union, le Parlement européen vient de nommer Juana Lahousse-Juarez directrice générale de la communication. Elle succèdera à partir de mars 2010 à Francesca Ratti, nommée secrétaire générale adjointe…

Une interprète de carrière à la tête de la stratégie de communication du Parlement européen

Née en 1952 et diplômée d’une Licence en interprétation, Juana Lahousse-Juarez est interprète-fonctionnaire au Parlement Européen depuis 1986.

Depuis le 1er février 2007, elle était directrice générale de la traduction (23 langues officielles dans l’UE) et de l’édition (imprimerie, distribution, intranet).

Une communicante confirmée pour diriger la Direction générale de la communication du Parlement européen

Entre 1998 et 2007, Juana Lahousse-Juarez a déjà exercé ce poste au sein de l’ancienne DG Information avec la responsabilité des :

  • Bureaux d’Information du Parlement européen dans les Etats membres ;
  • Unités Evénements, Visites et Séminaires et Courrier du Citoyen.

Dorénavant, Juana Lahousse-Juarez aura la responsabilité suivant l’organigramme de l’actuelle DG Communication du PE des 3 directions suivantes :

  • Direction A : Direction des médias
  • Direction B : Direction des bureaux d’information
  • Direction C : Direction des relations avec les citoyens

Séquence contradictoire rendant le Parlement européen inaudible sur la protection de la liberté de la presse

Entre remise traditionnelle depuis 1988 du Prix Sakharov pour la liberté de pensée à Mémorial, une organisation qui défend les droits de l’Homme en Russie et rejet d’une résolution certes partisane mais visant à « garantir, sauvegarder et promouvoir la liberté de l’information ainsi qu’un degré convenable de pluralisme des médias », en l’espace de quelques jours, la position du Parlement européen sur la protection de la liberté de la presse est devenue particulièrement inaudible…

Acte 1 : rejet d’une résolution proposant une directive « sur la concentration des médias et la protection du pluralisme »

Dénoncé par Jean Quatremer comme « un jour noir pour la liberté de la presse », les députés européens ont rejeté, mercredi 21 octobre, une résolution présentée par les démocrates et libéraux de l’ADLE, les socialistes, les Verts et la gauche radicale de la GUE demandant à la Commission européenne de publier « une communication sur la protection du pluralisme et la concentration des médias en vue de l’adoption, sans délai, d’une directive ».

Acte 2 : remise du Prix Sakharov pour la liberté de pensée

Salué par l’Express comme la « reconnaissance des organisations de défense des droits de l’homme en Fédération de Russie », le prix Sakharov 2009 du Parlement européen est attribué, jeudi 22 octobre, à l’organisation Memorial, qui défend les droits de l’homme dans les pays post-soviétiques.

Sans même parler du Prix du journalisme – créé l’année dernière par le Parlement européen pour « récompenser des journalistes qui apportent une contribution à des questions importantes au niveau européen ou à la promotion d’une meilleure compréhension des institutions ou des politiques de l’UE » – qui soulève un sérieux malaise sur l’accommodement de la liberté de la presse, du pluralisme des médias et de l’indépendance du reportage avec des indemnités pécuniaires pour service rendu par des journalistes…

La dernière séquence contradictoire se révèle hasardeuse pour un Parlement européen devenu inaudible sur la protection de la liberté de la presse avec une distinction pour les défenseurs des droits de l’homme en Russie et une inaction pour les concentrations et le contrôle politique ou industriel des médias en Europe.

En quoi la nouvelle composition politique du Parlement européen permettrait un meilleur traitement médiatique des débats au sein de cette assemblée ?

Au-delà des réflexions nécessaires sur l’inquiétant recul continu de la participation électorale depuis les premières élections en 1979, Il semble important de s’intéresser aux conséquences institutionnelles et médiatiques des résultats du scrutin européen de juin 2009…

Les résultats du scrutin de juin 2009 : victoire des partis modérés sur les partis d’extrême

Le scrutin se caractérise par un relatif renforcement de la droite et du centre droit par rapport à la gauche :

  • en 2004, victoire de la droite et du centre droit dans 14 États membres et la gauche dans 11
  • en 2009, la droite et le centre droit sont victorieux dans 20 États membres et la gauche dans 7 (Slovaquie, Malte, Danemark, Grèce, Roumanie, Suède, Estonie).

Le scrutin se caractérise également par une relative stagnation des extrêmes (les partis d’extrême droite atteignent un résultat à 2 chiffres dans 8 États membres : Belgique, Pays-Bas, Hongrie, Finlande, Autriche, Danemark, Bulgarie et Italie).

Ainsi, suivant un premier niveau de lecture du scrutin, « face à la crise économique, les Européens ont majoritairement exprimé leur confiance aux forces modérées qui proposaient des réponses européennes aux problèmes », selon la lettre n°399 du 15 juin de la Fondation Robert-Schuman.

Vers une radicalisation des clivages entre les groupes exigeants et les groupes réticents

Quelle que soit la recomposition du paysage politique en Europe, pour prendre un second niveau de lecture du scrutin proposé par Gaëtane Ricard-Nihoul, secrétaire générale de Notre Europe dans « Elections européennes : cinq réflexions pour susciter le débat », « un clivage assez profond semble donc s’installer entre :

  • les Européens exigeants quant à leur représentation à Bruxelles : « ils n’acceptent plus que l’action européenne soit prise en otage par les querelles nationales et qu’il y ait un décalage entre discours et réalité des actes ».
  • les Européens réticents quant à l’intégration européenne : « leur position se renforce par la montée des partis d’extrême droite qui instrumentalisent l’euroscepticisme et par l’exploitation par les eurosceptiques du discours sur le caractère non démocratique de l’UE ».

Conclusion de Gaëtane Ricard-Nihoul, « il faut donc s’attendre à une prochaine législature où les positions se radicalisent quant à la perspective de l’intégration politique de l’UE ». Il s’agit d’un point de vue assez proche de Jean-Dominique Gillani, président de la Fondation Robert-Schuman dans une tribune « Ce que permettra la nouvelle physionomie du Parlement de Strasbourg » dans Le Figaro du 9 juin : « De nouvelles alliances sont possibles pour trouver des majorités sur les textes en discussion. Le rôle pivot du centre droit n’est pas contesté. Il lui permet l’expression d’une nouvelle vision de l’Union, plus politique, plus offensive… ».

Vers une médiatisation des débats parlementaires européens

Selon Gaëtane Ricard-Nihoul, « ‘cette cristallisation du débat sur la nature et la perspective politique de l’Union serait sans doute bienvenue :

  • pour attirer les médias qui aiment la polémique vers le Parlement européen ;
  • pour rendre les options politiques défendues par celui-ci plus lisibles pour le citoyen ;
  • pour mettre au grand jour des divergences fondamentales entre forces politiques et Etats membres, trop souvent mises sous le boisseau.

Avec cette nouvelle configuration politique au Parlement européen, les nouveaux eurodéputés pourraient être davantage présents dans le débat public à condition qu’ils se conforment davantage aux critères de sélection médiatique, notamment :

  • meilleure personnalisation des courants idéologiques à travers des leaders identifiés par les médias ;
  • meilleure spectacularisation des arguments politiques à travers des prises de parole calibrées pour les médias.

Ainsi, les résultats du scrutin impliquent une nouvelle composition politique du Parlement européen qui pourrait également induire un meilleur traitement médiatique des débats au sein de cette assemblée.