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Les Années européennes sont-elles un outil de communication efficace ?

Les Années européennes sont des initiatives visant à sensibiliser le plus large public possible à une problématique ou un thème, en vue de faire évoluer les mentalités ou les comportements…

Alors que des manifestations sont organisées dans le cadre de la conclusion de l’Année européenne 2008 du dialogue interculturel (organisation du 17 au 19 novembre dernier d’un colloque intitulé « Nouvelles perspectives du dialogue interculturel en Europe » au centre Pompidou à Paris) et de l’inauguration de l’Année européenne 2009 de la créativité et de l’innovation (organisation le 9 décembre des Assises européennes de l’innovation à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris), une réflexion sur la pertinence des Années européennes s’impose…

Les Années européennes : des campagnes de sensibilisation relativement efficaces pour attirer l’attention des gouvernements nationaux

Décidées par les instances communautaires, les Années européennes s’apparentent à des campagnes de communication. En effet, elles portent tout au long de l’année un thème d’intérêt général à travers 2 outils :

  • l’organisation d’actions d’information à Bruxelles et dans les Etats membres
  • le financement de projets issus de la société civile organisée.

Les Années européennes : des actions d’information aux effets encore limités auprès du grand public

En raison des faibles moyens consacrés (l’achat d’espace est rarement prévu et les budgets sont souvent éclatés entre plusieurs acteurs), les Années européennes ne peuvent être considérées comme des campagnes de communication grand public à proprement parlées. Les actions ont une vocation d’affichage : montrer que l’UE s’intéresse au thème choisi, même si cette dernière ne possède pas de compétences exclusives en la matière.

En tout état de cause, l’opinion publique est rarement au courant des actions entreprises dans le cadre des Années européennes et d’ailleurs, ces actions n’ont guère d’effets durables, l’implication des États membres étant souvent très variables.

Les Années européennes : un outil de communication pour fédérer des réseaux de relais

Les Années européennes financent des projets portés par la société civile organisée. La distribution des subventions reposent sur des appels à projets, dont le nombre d’initiatives restent souvent limitées au regard des enjeux, le plus souvent des micro initiatives émanant de porteurs de projets d’ailleurs souvent rodés à la complexité communautaire.

Ainsi, les institutions communautaires peuvent se constituer un réseau composé d’acteurs non institutionnels qui peuvent se comporter en relais de communication.

Voir la liste complète des Années européennes.

Recherche universitaire : éléments de compréhension du système politico-médiatique européen

Lors d’un colloque au Parlement européen, le 12 novembre : « La citoyenneté européenne et la représentation politique à la veille des élections européennes de 2009 », des universitaires européens ont présenté, à travers deux projets de recherche à l’échelle de l’UE, les relations entre les élites politiques et économiques, les experts, les citoyens et les médias…

DES ENQUÊTES SUR LES CIBLES DE LA COMMUNICATION EUROPÉENNE

L’enquête sur les experts

Les experts jouent un rôle d’information sur les débats politiques européens et la législation communautaire.

L’enquête s’intéresse au phénomène de « validation sociale » des connaissances des experts par les citoyens et les médias ainsi qu’à l’influence des experts dans le processus de décision communautaire.

L’enquête sur les citoyens

L’enquête fournit des données comparatives sur les conceptions de l’identité européenne selon des déterminants individuels liés à l’âge, à l’ethnicité, à la religion, à l’éducation, à l’identification partisane et des facteurs sociétaux tels que la consommation des média, les réseaux sociaux et les échanges au niveau des frontières.

L’enquête sur les « élites »

L’enquête traite pour 80 eurodéputés et 40 PDG de leurs attributs, attitudes, préférences et expériences concernant les enjeux et les politiques de l’UE.

L’enquête sur les médias

Les médias, « le 4e pouvoir » représentent une importante sphère d’interaction entre les élites, les experts et l’opinion publique.

Cette enquête étudie comment le discours des médias construit des thèmes comme la citoyenneté européenne, la gouvernance européenne ou l’identité européenne et comment différents modèles de « fabrique de l’info » conduisent à différentes représentations de l’UE.

DES PROJETS DE RECHERCHE

Le projet “INTUNE” (« Integrated and United »): REPRESENTATION AND ACCOUNTABILITY

Ce projet étudie les changements d’échelle, de nature et de caractéristiques de la citoyenneté européenne en fonction des processus d’approfondissement et d’élargissement et de la gouvernance multi-niveau de l’UE.

Ce projet étudie les conséquences de ces changements sur les orientations politiques des acteurs, notamment en termes d’image et de sentiment par rapport aux identités nationales ou à l’identité multiculturelle européenne.

Le projet “PIREDEU” (« Providing an Infrastructure on Electoral Democracy »): RESEARCH AND ELECTORAL DEMOCRACY

Ce projet s’intéresse aux élections européennes depuis 1979 et s’attache à définir un cadre d’analyse de la démocratie électorale européenne.

Ce projet étudie ainsi la participation électorale et le comportement de vote (cf. les votants), les évolutions de la communauté européenne (cf. les candidats), de la sphère publique européenne (cf. les médias) et les préférences des citoyens en matière d’orientation politique (cf. les partis politiques).

Quelle stratégie de communication européenne à destination des jeunes ?

Les Jeunes et l’Europe : quel diagnostic peut-on dresser de la relation entre les jeunes et l’UE (forces/faiblesses, opportunités/menaces) en vue de proposer une stratégie de communication destinée à valoriser l’action de l’Union européenne en faveur des jeunes ?

Quels sont les constats sur les jeunes et l’Europe ?

Malgré leur attachement à l’idée européenne, les jeunes méconnaissent les actions menées par l’UE :

  • les jeunes sont attachés à l’Europe,
  • ils ont de fortes attentes,
  • ils considèrent que l’Europe produit peu de résultats,
  • ils ont une attitude de retrait face à la politique.

Les actions de l’UE n’ont pas été appropriées par les jeunes :

  • pas de stratégie de communication globale à l’échelle européenne,
  • des modes de communication trop institutionnels.

Les jeunes constituent un public spécifique mais hétérogène.

Quels sont les résultats de l’Eurobaromètre spécial « Les Jeunes et l’Europe » (février/mars 2006) ?

Une perception globalement optimiste de la construction communautaire

Une vision de l’Union européenne comme communauté de valeurs et espace de vie (et non comme construction institutionnelle et espace économique)

Une impression de ne pas être associé à la construction européenne

Une volonté d’implication : le désir de la citoyenneté active et le souhait d’une Europe des résultats et du débat

Quels sont les résultats du sondage Ifop pour Touteleurope « Les jeunes et la mobilité en Europe : représentations, souhaits et pratiques » (novembre 2008) ?

Les avantages perçus de la mobilité en Europe pour les jeunes

  • Découvrir d’autres cultures et coutumes nationales 38%
  • Disposer d’atouts utiles à sa carrière professionnelle 21%
  • Apprendre une autre langue que le français 20%

Les obstacles à la mobilité des jeunes en Europe :

  • Le coût que représente l’installation dans un autre pays 53 %
  • La barrière de la langue 19%

Le niveau d’information au sujet de la mobilité des jeunes en Europe

  • Bien informé 26%
  • Mal informé 74%
  • Le sentiment d’information augmente cependant avec l’âge. (19% pour les 15-18 ans, 34% chez les 21-24 ans)

Quelle est l’état de la réflexion sur l’action publique européenne à destination des jeunes en France ?

Dans la Note de veille n°116 du Conseil d’Analyse Stratégique de novembre 2008, : « Le soutien de l’État à la mobilité européenne des jeunes : un rôle plus que subsidiaire », Yves Bertoncini estime qu’au vu du constat que l’UE n’a qu’une compétence d’appui en matière de mobilité européenne des jeunes, les États membres, et en particulier la France, disposent des ressources et devraient s’engager plus fortement pour la favoriser.

Dans un rapport public visant justement à « Encourager la mobilité des jeunes en Europe » de septembre 2008, commandé par Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, les principaux enseignements sont :

  • Les avantages d’une mobilité européenne ne sont pas solidement établis et doivent mieux l’être.
  • Stimuler à la fois la demande de mobilité (par les jeunes) et l’offre de mobilité, émanant des adultes (famille, personnel encadrant, établissements), soutenus par les pouvoirs publics.
  • Soutenir la mobilité des jeunes à des fins de citoyenneté européenne ne passe pas seulement par des expériences de formation, mais doit aussi conduire à favoriser les courts séjours.
  • Une meilleure gestion du soutien public à la mobilité des jeunes via un partenariat UE/État/collectivités locales et la mise en place de guichets uniques pour l’information et l’attribution des aides.

Quelle est la conviction du secrétaire d’Etat aux Affaires européennes ?

Selon Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, sur Touteleurope, il faut renforcer la communication et l’information sur les programmes européens destinés aux jeunes. Pour lui, il est essentiel de « décentraliser l’information pour que celle-ci soit plus près du terrain, et des jeunes notamment ».

Quel positionnement pour une stratégie de communication destinée à valoriser l’action de l’Union européenne en faveur des jeunes ?

Positionner la campagne sur les valeurs de l’Europe plutôt que sur les programmes européens en faveur des jeunes :

  • L’Europe se mobilise pour l’insertion des jeunes sur le marché de l’emploi
  • L’Europe comme communauté d’échanges
  • L’Europe solidaire qui aide les pays en développement
  • L’Europe s’engage pour protéger l’environnement
  • L’Europe lutte contre les discriminations

Positionner la campagne sur un registre participatif afin de répondre à la volonté d’implication des jeunes, qui ne veulent pas être les simples bénéficiaires de dispositifs existant, mais des acteurs du projet européen :

  • Mettre en avant les messages plutôt que leur émetteur
  • Associer les jeunes à l’élaboration de la campagne
  • Décrisper les représentations négatives associées aux institutions avant de communiquer sur les actions
  • Diffuser les valeurs partagées par l’UE à travers la promotion des programmes communautaires
  • Positionner les jeunes comme des citoyens actifs de l’UE
  • S’appuyer sur des supports innovants et contributifs

Réflexion sur les registres de la communication européenne

Afin de communiquer le plus efficacement auprès des citoyens européens, la communication européenne doit déployer plusieurs « registres » de communication permettant de segmenter les messages et les cibles…

Le registre politique de la communication européenne : la controverse européenne

Portée exclusivement par les responsables politiques, la communication « politique » européenne doit permettre de :

  • Poser les enjeux de la construction européenne,
  • Dialoguer sur les priorités des politiques européennes,
  • Orienter les décisions sur les actions européennes.

La communication « politique » européenne s’active lors des phases électorales et tout particulièrement lors du scrutin européen.

Le registre institutionnel de la communication européenne : les valeurs européennes

Portée essentiellement par les acteurs publics, communautaires ou nationaux, la communication « institutionnelle » européenne doit permettre de :

  • Présenter les valeurs de la construction européenne,
  • Présenter les institutions communautaires et leur fonctionnement,
  • Présenter les politiques européennes et leurs financements.

La communication « institutionnelle » européenne s’inscrit dans la durée pour mettre à la disposition des Européens (citoyens, entreprises, associations…) toutes les informations relatives à l’action publique européenne.

Le registre pédagogique de la communication européenne : la proximité avec les citoyens

Portée par de multiples acteurs publics (les réseaux des institutions de l’UE dans les Etats membres, les services déconcentrés de l’Etat, les relais d’information locaux) ou privés (les associations, les fondations, les think tanks), la communication « pédagogique » européenne doit permettre de tisser des liens de proximité avec le citoyen européen :

  • Auprès des jeunes, notamment à l’école,
  • Auprès des relations d’opinion, notamment par des colloques, des conférences et des publications (cf. le réseau de conférenciers de la Commission européenne Team Europe),
  • Auprès des citoyens, notamment par événements, par des communautés réels ou virtuels reposant sur un intérêt commun.

La communication « pédagogique » européenne tend à se développer notamment par les partenariats de communication entre les institutions communautaires et les Etats membres et par l’activation de relais de proximité.

Conclusion : la communication européenne entre standardisation et différenciation

L’enjeu de la politique de communication consiste à porter un message européen harmonisé reposant sur un équilibre entre une standardisation nécessaire à l’échelle d’un continent et d’une union composée de 27 États membres et une différenciation légitime pour toucher 450 millions d’Européens.

Vaste campagne de communication TV et web sur l’Europe en France

Alerté par les vagues successives de sondages européens, les Eurobaromètres, de la méconnaissance profonde par les Français des bénéfices apportés par l’Europe, le gouvernement français, la Commission européenne et le Parlement européen se sont associés autour de nouveaux objectifs d’information sur l’Europe en France.

Pour la première fois ensemble en direction du grand public sur les réalisations concrètes de l’Europe, les ministères qui gèrent les programmes européens en France lancent une vaste campagne commune d’information qui vise à mieux faire connaître les programmes offerts par l’Europe à ses citoyens. Il s’agit de montrer que l’engagement de l’Europe est quotidien avec des actions et des opportunités auprès de toutes les tranches de la population : associations, étudiants, entreprises, volontaires, chômeurs…

La campagne se compose d’un volet grand public avec une série de programmes courts diffusés à la TV et relayés par un site Internet et d’un volet exclusivement sur le web à destination d’une part, des jeunes de 15 à 25 ans et d’autre part, des élus locaux…

Une campagne TV grand public sur les programmes européens, intitulée « J’avance avec l’Europe »

Objet : une série de treize 13 programmes courts diffusés du 27 octobre au 30 novembre sur TF1, M6 et RFO aux heures de forte audience.

Objectif : montrer la complémentarité des programmes européens avec les politiques nationales en faveur de l’emploi, de l’insertion et de la formation professionnelle, de l’aménagement du territoire, du développement rural et de la mobilité des jeunes.

Un site d’information relais, « Avec l’Europe » : avecleurope.fr

Permet de visionner l’ensemble des programmes courts, présente l’action de chacun des programmes et fonds européens, et renvoie vers leurs sites dédiés pour des informations complémentaires.

Un site participatif pour les 15-25 ans « Les Euronautes »

Réalisé pour venir en aide et informer les jeunes souhaitant vivre à fond leur citoyenneté européenne. Selon Studyrama, « il est ludique, pédagogique et offre une approche interactive permettant les échanges ».

Un site collaboratif pour les élus locaux, « Place d’Europe »

S’adresse exclusivement aux élus locaux, offre une valorisation des initiatives européennes en faveur des collectivités territoriales et se veut également collaboratif avec un partage d’expérience et de bonnes pratiques.