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Programme Paroles d’Européens : organisation des « Journées civiques européennes »

Dans le cadre du programme de débat public « Paroles d’Européens ! » organisé dans le cadre de la Présidence française de l’Union européenne se tiennent les 4, 5 et 6 septembre 2008 à la Rochelle « les Journées civiques européennes « Mobilité, Dialogue, Participation : vers une citoyenneté européenne active » ».

Cet événement de la société civile (organisé par le Forum Civique Européen avec le soutien de la Commission européenne) vise à rassembler des citoyens, des responsables associatifs et des acteurs clés (collectivités territoriales, institutionnels nationaux et européens) des 27 Etats membres de l’UE afin de défendre une citoyenneté européenne active et participative, via 3 ateliers :

  • Promotion de la citoyenneté européenne active par la mobilité (voyage et jumelage) des Européens ;
  • Promotion de la citoyenneté européenne par le dialogue interculturel (2008 est l’Année européenne du dialogue interculturel) et par le dialogue civil, autrement dit le dialogue au sein de la société civile organisée (syndicats, associations, ONG…) ;
  • Promotion de la citoyenneté européenne par la participation : dans l’éducation, le moteur de la citoyenneté ; par le sport, l’école de la citoyenneté, avec les élections européennes…

La porte étroite de la participation citoyenne à la construction européenne

Afin de relancer la construction européenne, chacun s’accorde à reconnaître que l’adhésion citoyenne est primordiale. Comment faire pour susciter cette adhésion citoyenne à l’Europe ?

L’échec des solutions institutionnelles

Depuis quasiment une décennie, on nous a expliqué que tous les problèmes européens seraient résolus par l’adoption d’un nouveau traité. Pourtant, cette voie ne semble pas praticable, notamment en raison de :

  • la technicité des textes limitant la lisibilité et par voie de conséquence l’adhésion ;
  • l’impraticabilité des référendums de ratification en France, en Irlande, aux Pays-Bas…
  • l’illusion de considérer qu’il serait possible de résoudre l’ensemble des difficultés à travers un seul texte ;
  • la confusion entre décisions « du politique » sur l’organisation et le fonctionnement des institutions communautaires et décisions « de politique » dans le cadre des élections au Parlement européen.

La solution de l’implication participative des citoyens

L’enjeu de l’adhésion citoyenne à la construction européenne ne peut être gagné que par la participation active des Européens. Outre les nombreuses consultations des parties prenantes et du grand public organisées sur des sujets spécifiques, l’Union a besoin d’une prise de conscience et d’un débat politiques plus larges si elle veut renforcer sa légitimité.

Pour autant, l’implication participative des citoyens ne s’improvise pas. Le débat citoyen doit être organisé afin de poser les problèmes et d’orienter leur résolution par des actions concrètes, de long terme et dans la vie quotidienne. Il s’agit d’une voie exigeante pour les responsables politiques et pour les citoyens que certains programmes communautaires ou nationaux mettent en œuvre.

Dans les prochains jours, nous présenterons les initiatives suivantes en faveur d’une participation citoyenne à la construction européenne :

Initiatives illustrant une citoyenneté européenne numérique

Voici un bref tour d’horizon d’initiatives citoyennes sur Internet à l’échelle de l’Europe illustrant l’émergence d’une citoyenneté européenne non plus seulement de contestation mais aussi de proposition…

« Who do I call? »

Pétition en ligne pour fusionner les postes du futur Président du Conseil européen et du Président de la Commission pour en faire le « Président de l’Union européenne ».

Inspirée de la boutade du Secrétaire d’État américain Henri Kissinger « pour exprimer sa difficulté à identifier un interlocuteur unique au sein des institutions européennes : “Who do I call if I want to call Europe?” ».

« Females in Front : femalesinfront.eu »

Pétition en ligne lancée par l’eurodéputée danoise Christel Schaldemose pour qu’au moins une femme soit nommée à l’un des futurs postes clés de l’Union européenne (il y a 250 millions de femmes en Europe). Mise en ligne début juin. Déjà plus de 26 550 signatures.

Pétition pour des services publics de qualité en Europe : petitionpublicservice.eu

Lancée par la Confédération européenne des syndicats (CES). Près de 526 000 signatures.

« Who’s your candidate : who-is-your-candidate.eu »

Pétition en ligne « pour que le prochain Président de la Commission soit élu de façon transparente et démocratique ». Projet soutenu notamment par le Mouvement européen et des associations fédéralistes. Plus de 700 soutiens.

« Que fait l’Europe ? : quefaitleurope.fr »

Dessin animé humoristique accompagné d’un site avec un forum pour montrer que l’Union Européenne c’est aussi une foule de réalisations concrètes pour le bien de ses citoyens. Initiative financée par la Commission européenne dans le cadre de la campagne « Speak up Europe ».

Une invitation à signer ces pétitions afin de participier à l’émergence de cette citoyenneté européenne « numérique ».

Espoirs et réalités d’une citoyenneté européenne numérique

Face à la désaffection citoyenne à l’égard de la participation politique ainsi que de la construction européenne, Internet représente le vecteur possible d’un renouveau de la citoyenneté, notamment européenne.

Espoirs venus d’Amérique : Internet dans les élections présidentielles

Dans une tribune dans Les Échos, le conseiller presse et communication du président de la République, Franck Louvrier analyse l’usage d’Internet dans la campagne électorale américaine : « la campagne d’Obama a fait d’Internet un média d’information et un outil de mobilisation. En donnant à la campagne en ligne une traduction concrète hors-ligne, elle a surtout permis de révéler, derrière l’internaute anonyme, le citoyen engagé. ».

Réalités selon la recherche scientifique

Dans les Cahiers français n°316, le professeur Thierry Vedel analyse les nouvelles dimensions de la citoyenneté : « Internet et ses usages citoyens » :

1. La citoyenneté de la transparence : « le citoyen éclairé s’informe » à travers une circulation descendante de l’information (site institutionnel, WebTV, liste de diffusion)

  • Avantages : faible coût de stockage et de distribution de l’information. Possibilités de recherches personnalisées. Actualisation.
  • Problèmes : Dégradation du modèle vers la fourniture d’informations pratiques. Surabondance de données inhibant la connaissance.

2. La citoyenneté du débat : « le citoyen discute et se confronte aux autres » à travers une circulation transversale de l’information (forums, groupes, pages perso)

  • Avantages : Communication directe qui transcende les clivages sociaux, organisationnels, géographiques et crée de l’identité. Réduction des coûts de la mobilisation.
  • Problèmes : Inégalités de participation. Prépondérance de l’expression sur le dialogue. Passage du débat à la décision.

3. La citoyenneté de la consultation : « le citoyen décide » à travers une circulation montante de l’information (courrier et vote électroniques)

  • Avantages : Accès rapides, directs et plus informels aux élus. Consultations des citoyens moins coûteuses.
  • Problèmes : Capacités inégales à la formulation de demandes. Sécurité, confidentialité, authenticité des communications.

Alors, quid d’une citoyenneté européenne numérique ?

Lors des Etats généraux de l’Europe, à Lyon le 21 juin dernier, s’est tenu un atelier-débat consacré au rôle d’Internet dans l’espace public européen.

Selon Benoît Thieulin, fondateur du site touteleurope.fr, « il faut relativiser le poids du débat public en ligne fait d’une minorité de citoyens très actifs et politisés ; organisée de manière affinitaire, par communautés et par centres d’intérêt ».

Néanmoins, Internet peut favoriser une politisation souhaitable du débat européen à travers :

  • l’émergence de réseaux citoyens transnationaux de confrontation d’idées ;
  • l’organisation des partis politiques à l’échelle européenne.

Ainsi, pour reprendre les propos de Fernando Navarro, du magazine Café Babel, alors que jusqu’à présent, « l’Europe a fonctionné sur le mode du consensus » ; désormais, avec la citoyenneté européenne numérique, « l’Europe pourra se construire avec davantage de controverse ».

Quelle relation entre l’UE et les citoyens européens ?

A la suite de l’échec du référendum de ratification du traité de Lisbonne en Irlande et avec le lancement de la Présidence française de l’UE, la question de la relation entre les citoyens européens et l’UE est au cœur de l’actualité. Quelle doit être la nature de cette relation ?

L’impasse du rapprochement des citoyens et de l’Europe

Afin de remédier à la crise de la construction européenne, les responsables politiques français proposent de fixer un nouvel impératif à l’Union européenne : « se rapprocher des citoyens ».

Certes, l’objectif de faire la pédagogie des institutions et des actions de l’Europe est tout à fait utile et nécessaire. Mais, l’adhésion actuellement contestée à l’Europe ne s’obtiendra pas seulement par ce biais.

De plus, la stratégie consistant à vouloir rapprocher l’UE et les citoyens – déjà entreprise avec les représentations de la Commission dans les États membres et les « Infos Point Europe » – risque de créer des frustrations, parce que les attentes contradictoires des citoyens européens ne pourront pas être toutes satisfaites.

In fine, il existe toujours une distance entre le « pouvoir » national ou communautaire et la « base » citoyenne.

La voie de la participation des citoyens à l’Europe

Les responsables politiques, profitant de la PFUE puis des élections européennes devraient proposer un nouveau projet à l’Union européenne, afin que les médias puissent s’en saisir et que les citoyens puissent en débattre.

Ce projet semble se dessiner autour de l’enjeu de la défense des intérêts des Européens dans la mondialisation en faisant de l’UE un régulateur en matière d’environnement, d’énergie, de recherche…

Ainsi, il ne s’agirait pas de définir une participation citoyenne sui generis pour l’Europe, mais plutôt d’inscrire la dimension européenne aux droits et obligations des citoyens au travers de deux axes stratégiques : renforcer la participation civique aux élections européennes et favoriser les émissions radio/TV/web autour du projet européen.