Réforme du comité éditorial du site EUROPA : vers un renforcement de la cohérence rédactionnelle de la communication de la Commission européenne

Le site EUROPA a été lancé en février 1995. Aujourd’hui, avec plus de six millions de documents, il est l’une des plus grandes bases d’information au monde. Il est consulté quotidiennement par 500 000 internautes.

Actuellement, parmi les objectifs du site EUROPA – principalement orienté vers l’information des citoyens européens – figure la mission de « faire connaître les positions de la Commission à un public le plus large possible ».

Afin d’améliorer la qualité de cette mission, rendue difficile par la multiplication des communicants au sein des différentes entités de la Commission, la DG Communication prévoit de réorganiser le comité éditorial du site.

Ainsi, un «rédacteur EUROPA» serait chargé de la gestion d’EUROPA afin de veiller à la cohérence rédactionnelle, linguistique et graphique, ainsi qu’à la cohérence de l’image et de l’identité.

Le rédacteur serait assisté par un comité de rédaction EUROPA, composé de communicants des différentes DG de la Commission.

Enfin, toutes les DG et les représentations dans les Etats-membres désigneront un rédacteur Internet permanent, qui sera le point de contact direct et unique entre le rédacteur EUROPA, le comité de rédaction et les unités de communication des différentes DG et représentations.

Une nouvelle structure qui devrait renforcer la cohérence de la « ligne éditoriale » du site EUROPA.

Le français est moribond à la Commission européenne

Dans le quotidien Libération, le correspond à Bruxelles, Jean Quatremer note que « la dérive anglophone de la Commission européenne s’accélère ».

En moins de dix ans, le français est devenu une langue minoritaire au sein de l’exécutif européen, seuls 14% des documents sont encore rédigés en français. Pire, la communication externe de la Commission se fait presque uniquement en anglais.

Au mépris de la règle non écrite de l’équilibre entre les nationalités, le service du porte-parole, dirigé par l’Allemand Johannes Laitenberger, est devenu un vrai bastion anglophone. Sur 36 porte-parole, 9 sont britanniques et 4 irlandais, soit un tiers d’«English native speaker» !

Un tel déséquilibre linguistique n’a pas de précédent. Jean Quatremer remarque d’ailleurs qu’un porte-parole parlant ou écrivant mal le français pourra être recruté sans problème alors qu’un tel handicap en anglais est un obstacle définitif. A Paris, on se dirait «préoccupé» par ce déséquilibre.

Lancement prochain d’une radio européenne

Dans le cadre de la stratégie de communication de la Commission européenne, un projet de radio européenne sera financé en 2008 pour diffuser des informations sur les affaires européennes…

Prévu pour avril 2008, le programme radio à destination des populations de l’UE consistera à diffuser un bulletin quotidien d’information de 30 minutes sur les ondes des 16 stations partenaires : Deutsche Welle, Radio France Internationale, Radio Netherlands Worldwide, Polskie Radio, Radio Punto, etc…

Ces émissions seront produites en cinq langues (allemand, anglais, espagnol, français et polonais) et traduites en cinq autres langues (bulgare, grec, hongrois, portugais et roumain). Les Allemands assureront la coordination éditoriale, les Français la gestion financière et les Néerlandais réaliseront le site web.

Le coût total de cette opération n’est pas connu, mais la Commission débourse 5,8 millions d’euros par an. Les principaux postes budgétaires (personnels et studios) sont largement pris en charge par les radios participantes.

Europe Direct, une assistance par téléphone ou e-mail au service des Européens

Comment l’Union européenne lutte-t-elle contre le déficit d’information des citoyens ? Avec Europe Direct, le service d’assistance qui répond à leurs questions et est à l’écoute de leurs préoccupations…

Europe Direct a été lancé en 1998 et a reçu son 100 000e appel le 13 novembre dernier.

Tout citoyen de l’UE peut appeler dans n’importe quelle langue officielle de l’UE, il ou elle recevra une réponse dans un délai de 3 jours ouvrables en moyenne. Pour les questions plus complexes, un expert du domaine concerné peut être consulté. En 2007, un nombre considérable de questions portaient sur les problèmes du marché intérieur (comme les déplacements, le travail et les études à l’étranger) et les institutions de l’UE en général.

Le profil de l’utilisateur du service Europe Direct va de celui de l’étudiant qui prépare un mémoire à celui du pensionné qui cherche des informations sur des questions de retraite dans un pays autre que le sien. Les exploitants de petites et moyennes entreprises (PME) s’informent des conditions de financement pour démarrer ou agrandir leur entreprise, tandis que les professionnels se documentent sur les directives et règlements de l’UE.

Perspectives de la communication européenne pour 2008

Que peut-on envisager comme tendances pour la communication européenne en 2008 ?

Pour 2008, on peut considérer que l’enjeu principal de la communication européenne demeure inchangé : la communication européenne doit conserver son objectif de rapprocher les citoyens de l’Europe.

Avec l’échec du référendum sur le projet de Constitution européenne en France et en l’absence de « plan B », la Commission européenne a mis en place, en 2005, un plan D comme Démocratie, Dialogue et Débat, dont l’objectif est à d’impliquer les citoyens dans la réflexion sur l’avenir de l’Europe.

En 2008, le temps est venu de passer à des actions plus opérationnelles. A cet effet, la Commission pourrait mettre en place un plan, orienté davantage vers une implication plus concrète des citoyens dans la construction de l’Europe locale et quotidienne. Ce plan « A » fonde sa stratégie sur une triple exigence :

  • vaincre l’Appréhension des citoyens à l’égard de l’Europe,
  • favoriser l’Appropriation des sujets européens pour, enfin,
  • susciter un sentiment d’Adhésion à l’Europe.

La Présidence française de l’UE pourrait s’inspirer de ce plan pour relancer le projet européen au travers d’une campagne de communication permettant à la fois de recueillir les remarques des citoyens et de les informer sur les institutions et politiques européennes. Cette démarche permettrait de modifier en amont l’orientation des actions européennes et d’augmenter l’adhésion en aval des citoyens.