Exposition universelle de Shanghai : quelle communication pour l’UE ?

Alors que l’exposition universelle de Shanghai qui se déroule du 1er mai au 31 octobre 2010 a ouvert officiellement ses portes au public samedi dernier, l’UE participe pour la 1e fois à une exposition universelle organisée en dehors de ses frontières…

Une exposition permanente sur le thème de « l’Europe intelligente »

Partageant un pavillon avec la Belgique, qui assurera la présidence tournante de l’UE au cours du prochain semestre, l’UE décline la devise générale de l’Expo : « Meilleure ville, meilleure vie » avec une exposition permanente autour du thème de « l’Europe intelligente » afin de mieux faire connaître aux visiteurs les réalisations de l’Europe depuis 60 ans :

  • « Construire l’Europe« : un bref historique de l’UE et de ses valeurs ;
  • « L’Europe ouverte« : un panorama des réalisations économiques et sociales d’une Europe sans frontières intérieures : l’euro, l’espace sans frontières Schengen et le programme de mobilité Erasmus ;
  • « L’Europe verte« : les ambitions de l’UE en matière de protection de l’environnement : la lutte contre le changement climatique, les technologies respectueuses de l’environnement et les solutions pour faire face aux défis environnementaux mondiaux ;
  • « Vivre l’Europe« : une immersion dans le quotidien et l’excitation des villes de l’Europe avec des images et des sons de la vie : traditions culinaires et culturelles, innovations pour le développement durable des villes de l’avenir et intégration des anciennes et nouvelles architecture dans nos villes.

Ainsi, la visite du pavillon de l’UE se donne pour objectif de faire partager « la sensation émotionnelle de ce que c’est que d’être citoyen d’une union riche et diversifiée de 27 pays membres », selon le site de l’UE dédié à l’expo universelle (en anglais seulement).

Un programme de manifestations illustrant la diversité culturelle européenne

Le programme du 9 mai – Journée de l’Europe – à fin octobre offre à tous les visiteurs un large panorama véritablement européen de la culture européenne : danse, marionnettes, théâtre, musique, cinéma, sculpture mais également une Fête de la Science, une semaine consacrée aux langues européennes et, last but not least, le sport avec comme parrain Michel Platini, président de l’Union des associations européennes de football (UEFA).

Une mascotte de 2 personnages « Ou Ou and Meng Meng » accompagne la programmation.

Un financement dans le cadre de la stratégie « Communiquer en partenariat » de 300 000€ est annoncé dans le programme de travail de la DG Communication pour 2010.

Ainsi, par la présence de l’UE via un pavillon à l’Expo Shanghai 2010 et par la mise en avant de la culture comme le plus grand atout de l’UE, l’Union européenne s’affirme par le soft power sur la scène internationale.

Palmarès des eurodéputés français sur Facebook et Twitter

Voici un rapide tour d’horizon de la présence des eurodéputés français sur les deux principaux réseaux sociaux : Facebook et Twitter…

Principaux résultats : une large majorité est présente sur Facebook, un tiers dispose de comptes Twitter

Sur 72 eurodéputés français :

  • 66% soit 48 sont sur Facebook : la très grande majorité à travers un profil, quelques-uns via un groupes ou une fan page (24 n’y sont pas présents) ;
  • 33% soit 24 sont sur Twitter : une petite minorité n’a pas mis à jour son compte depuis la fin de la campagne en juin 2009 (48 n’y sont pas présents) ;
  • 27% soit 20 ne sont présents sur aucun de ces deux réseaux sociaux.

Comparaison en demi-teinte avec le reste des eurodéputés : meilleurs sur Facebook, moins bons sur Twitter

Selon le travail de l’équipe web du Parlement européen : « Writing for (y)EU » dans “How many MEPs use social media? A tentative update” :

Sur 736 eurodéputés :

  • 401 sont sur Facebook, soit 55% : les eurodéputés français sont au dessus de la moyenne européenne ;
  • 230 sont sur Twitter, soit 31% : les eurodéputés français sont sous la moyenne européenne.

Classement par groupes politiques : les élus Verts sont les plus actifs, les élus UMP les moins présents

Groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (Modem) :

  • 3 eurodéputés sont présents à la fois sur Facebook et Twitter : Nathalie GRIESBECK, Robert ROCHEFORT et Corinne LEPAGE, avec le seul « verified account » Twitter de tous les eurodéputés français
  • option Facebook seul pour Marielle DE SARNEZ
  • un member non présent : Sylvie GOULARD

Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne (Parti communiste et Front de gauche)

  • 4 sur 5 sont sur Facebook
  • Patrick LE HYARIC, Directeur de L’Humanité est également sur Twitter

Groupe de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates (Parti socialiste) :

  • 64% sur Facebook
  • 50% sur Twitter, mais quelques comptes abandonnés après la campagne électorale
  • 6 « cumulards » se classant parmi les plus connus : Catherine TRAUTMANN, Harlem DÉSIR, Henri WEBER et Vincent PEILLON

Groupe des Verts/Alliance libre européenne : (Europe Ecologie) : les élus les plus actifs

  • 12 sur 15 sur Facebook (proportionnellement les plus nombreux)
  • 8 sur 15 sur Twitter
  • 6 sur 15 « cumulards » (proportionnellement les plus nombreux) : Sandrine BÉLIER, Daniel COHN-BENDIT, Karima DELLI, Eva JOLY (compte Twitter seulement réservé), Hélène FLAUTRE, Yannick JADOT et Michèle RIVASI

Groupe du Parti Populaire Européen (UMP) : quoique la 1e force politique avec 29 membres, les élus les moins présents :

  • 10 soit 34% n’assurent aucune présence (un record absolu et relatif)
  • 62% sur Facebook
  • 17% sur Twitter
  • 4 cumulards : Damien ABAD, Christophe BÉCHU, Philippe JUVIN et Pascale GRUNY

Non inscrits : 2/3 sur Facebook, mais présence périphérique aux affaires européennes

Les données brutes recueillies sont disponibles en téléchargement pour affiner les résultats au fil du temps :

Que peut la communication européenne pour que les citoyens se sentent plus européens ?

Il ne faut pas perdre de vue que la construction européenne est récente, puisqu’elle se mesure à l’aune d’une vie humaine : 60 ans, si l’on prend la déclaration Schuman comme point de départ…

Résister à la rhétorique politicienne du consensus et de l’inéluctable des États

La construction européenne est d’abord et avant tout une volonté des États et non des citoyens. Pour que les citoyens se sentent davantage européens, il faut que la présentation de la construction européenne ne soit plus dominée par le discours des États.

Selon Éric Dacheux « L’impossible défi. La politique de communication de l’Union européenne », la construction européenne est souvent présentée comme « inéluctable » par les États. La tactique de l’inéluctable consistant à présenter la construction européenne comme la seule possibilité des peuples de l’Europe, l’aboutissement inévitable d’un cheminement continu vers une Europe unie et indivisible doit donc être combattue.

Pourquoi les citoyens s’intéresseraient-ils à l’UE si elle est inéluctable, policée et consensuelle ?

Résister à l’absence d’Europe dans les médias à l’ère du fast news et de l’infotainement

Face au danger du discours politique, on pourrait se dire que l’information, le travail des médias sur l’Europe pourrait compenser. Mais, non seulement les médias ne peuvent pas précéder les politiques – ils ne sont que l’expression d’une réalité – mais l’information européenne est également dans l’impasse.

Depuis les années 70, le développement des faits divers, des « fast news » fait que l’information sur l’UE est une victime collatérale d’une telle transformation de l’information puisqu’il n’y a pas de faits divers dans l’information européenne.

Par ailleurs, les citoyens se disent mal informés mais ils ne lisent quasiment plus. Il y a un problème de formation des citoyens. Ils ne cherchent plus de l’info mais de l’infotainment. Et finalement, l’information européenne – complexe et lointaine – se retrouve de nouveau bloquée.

Résister au confort de l’entre-soi et au doux rêve de grand soir démocratique

En résumé, cela fait 60 ans que les États font l’Europe et que les médias n’en parlent pas mais ce n’est une réalité pour les citoyens que depuis peu avec l’arrivée de l’euro dans leurs mains.

Le mouvement que les États estiment être dans leur intérêt à long terme de poursuivre doit tenter de donner une place de premier ordre aux citoyens avec l’introduction à terme – peut être très long terme – d’une démocratie de premier degré. Cette grande démocratie européenne n’est pas pour demain puisque l’espace public européen n’existe pas et ne se force pas.

L’Europe est élitiste et sans rester dans le chaud confort de l’entre-soi, c’est à partir de ce socle restreint que doit s’élargir la base des citoyens se sentant européens, sans attendre un quelconque grand soir démocratique.

Ainsi, c’est par ces actes de résistance que la communication européenne pourra essayer que les citoyens se sentent plus européens.

« Waltzing Matilda », le blog des communicants web de la Commission européenne

Accompagné de la traditionnelle mention « les points de vue et idées sont celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle de la Commission européenne » tout en disposant de la charte des blogs de la Commission européenne, ce blog

Inspiré du blog collectif « Writing for (y)EU » de l’équipe web du Parlement européen

Sans doute inspiré du blog collectif « Writing for (y)EU » de l’équipe web chargée de l’administration du site officiel du Parlement européen, dont les objectifs sont de :

  • parler de la réalité du travail des communicants du Parlement européen : leurs plans et projets, leurs difficultés et défis ;
  • raconter la vie dans le Parlement européen passée sous silence sur le site officiel ;
  • examiner les campagnes de communication web à l’échelle mondiale : les leçons et les possibilités ;

Positionné comme le blog de l’équipe web spécialisée dans les médias sociaux de la Commission européenne

« Waltzing Matilda » sera principalement rédigé par la section « médias sociaux » de l’équipe web de la DG COMM de la Commission européenne, avec comme objectifs de :

  • examiner avec « étonnement, surprise et un œil critique les évolutions et les révolutions dans le monde des médias sociaux » ;
  • « explorer des idées, partager des doutes, chercher des conseils » sur la façon dont les administrations européennes devront communiquer sur les médias sociaux ;
  • « apprendre comment la Commission peut utiliser les médias sociaux pour communiquer avec les citoyens ».

Le principal responsable du blog sera Bert Van Maele, chef de la section « médias sociaux et promotion » au sein du département web de la DG COMM de la Commission européenne, depuis juin 2007 sur des problématiques web au sein de la DG Communication.

Ainsi, après les blogs personnels de Dick Nieuwenhuis, fonctionnaire européen travaillant sur la communication des politiques extérieures de l’UE ou Martin Westlake : martinwestlake.eu, ancien dircom et actuel secrétaire général du Comité économique et social européen, souhaitons la bienvenue au premier blog de communicants de la Commission européenne !

Coulisses de Bruxelles et Euractiv.fr : quelles sont les recettes du succès en matière d’information sur l’Europe ?

Avec 1 529 articles publiés, qui ont suscité 108 491 commentaires et 11,5 millions de pages « vues », le blog « Coulisses de Bruxelles » tenu par le journaliste Jean Quatremer vient d’être couronné à la première place au Top des Blogs, catégorie « Politique et Société » au mois d’avril.

Avec 40 000 visiteurs uniques par mois, 14 000 abonnés aux newsletters, et 2 500 abonnés à Twitter, Euractiv.fr, le portail français spécialisée sur l’actualité législative et politique européenne vient de réaliser une importante refonte graphique au mois d’avril.

Deux interviews récentes de Jean Quatremer sur Le Post et de Jean-Christophe Boulanger, directeur d’Euractiv.fr à Touteleurope permettent de décrypter les recettes du succès en matière d’information sur l’Europe…

D’abord, il faut publier gratuitement des news de qualité sur les affaires européennes

Afin de toucher un large lectorat, la 1e condition du journalisme européen consiste à « occuper un espace que les médias traditionnels ont plus ou moins déserté » : offrir une information spécialisée sur l’actualité législative et politique européenne.

Pour Jean Quatremer, le correspondant à Bruxelles du journal Libération, l’objectif est d’« apporter des news, car je suis sur place. C’est un journal que je fais. (…) Que ce soit gros ou petit, tout vaut au minimum un post. Tout est un sujet d’écriture. Ça m’oblige presque à être un agencier plus qu’un journaliste de presse écrite ».

Pour Euractiv.fr, le portail français d’une réseau aujourd’hui présent dans 11 pays, l’objectif est d’« offrir un point de vue français sur les questions européennes : parler avec des références françaises, expliquer les positions des acteurs français : entreprises, politiques, associations… (…) et suivre plus spécifiquement la mise en œuvre des textes européens dans le droit français ».

Ensuite, il faut proposer un positionnement cohérent sur le traitement des enjeux européens

Afin de fidéliser un public intéressé, la 2e condition du journalisme européen repose sur un contrat de lecture clair, correspondant à des attentes précisément identifiées.

Pour Jean Quatremer, le positionnement du blog d’un ton résolument indépendant est éminemment politique puisque sa création répond à l’échec du référendum sur la constitution européenne en 2005 : « les pro-européens n’avaient pas compris encore que tout ça se jouait aussi sur le Net. (…) Il y avait alors une désertion des journalistes professionnels ».

Pour Euractiv.fr, le positionnement du portail d’un ton indifféremment neutre est a-politique afin de répondre aux attentes des acteurs économiques qui, « dans le cadre de leur travail, ont besoin de s’informer sur les textes législatifs européens en préparation, les positions des acteurs sur ces textes ».

Enfin, il faut animer professionnellement dans la durée le site autour de l’actualité européenne

Afin d’impliquer une audience captive, la 3e condition du journalisme européen vise à nourrir et entretenir une relation de confiance reposant sur la satisfaction avec professionnalisme des attentes préalablement identifiées.

Pour Jean Quatremer, cela repose sur son implication pour entrer et animer la conversation, ce « que veulent les gens : la discussion avec le journaliste » : « c’est ça le 2.0. Il faut expliquer, se justifier. Quand la discussion est intéressante, je réponds, et il y a débat. Il faut être là pour réagir, pas que pour balancer un papier. Parfois c’est assez violent. Mais les lecteurs fidèles aiment ça ».

Pour Euractiv.fr, cela s’appuie sur la diffusion dorénavant quotidienne d’une newsletter d’information ainsi qu’un fil Twitter continu afin de s’inscrire dans une logique de breaking news fournissant en quasi temps réel une information vérifiée et contrôlée prêt à l’emploi pour les professionnels.

Ainsi, qu’il s’agisse d’un blog d’opinion tenu par un journaliste chevronné ou d’un portail de presse professionnelle a-politique, la clé consiste à produire une information en propre afin d’être une « source » légitime sur les affaires européennes.