Facebook, Twitter, Youtube : quelles sont les communautés de la Commission européenne dans le web social ?

Après une description de la présence des Commissaires européens sur Facebook et sur Twitter, qu’en est-il de la présence des directions générales de la Commission européenne (l’équivalent des ministères en France) sur Facebook, Twitter et Youtube ?

Facebook : les services touchant émotionnellement les citoyens sont les plus « aimés »

Trois DG dépassent les 10 000 Fans sur Facebook, sur un total de 12 pages Facebook pour 32 directions générales :

Avec la page « I Fight Poverty » (Développement et coopération) et ses 6 811 fans, les pages les plus suivies de la Commission européenne sur Facebook indiquent que les citoyens sont intéressés par des sujets chargés d’émotion et d’empathie : enjeux sociaux ou humanitaires.

Par ailleurs, la page Facebook totalement multilingue « Interpreting for Europe » rassemble la communauté des traducteurs-interprètes de la Commission européenne et au-delà.

Twitter : les services informant directement des professionnels sont les plus « followés »

Deux DG dépassent les 5 000 Followers sur Twitter, sur un total de 15 comptes Twitter pour 32 directions générales :

  • EU_EEAS (Service européen de l’action extérieure) ave cplus de 10 000 Followers ;
  • ECFIN (Affaires économiques et financières).

Avec les comptes DigitalAgendaEU (4 327 Followers) et EU_enterprise (3 789 Followers), les comptes les plus suivis diffusent des informations intéressant des professionnels des affaires européennes.

Youtube : une activité inégale de 1 000 vues par vidéos à quasiment 100 000

Seules 4 chaînes Youtube ont été créées par des Directions générales de la Commission européenne pour le meilleur et pour le pire :

Quelles sont les Directions Générales les mieux engagées dans le web social ?

Avec plus de 25 000 Fans sur Facebook et près de 5 000 Followers su Twitter, la Direction générale « Emploi, affaires sociales et inclusion » s’est créée une marque forte « Social Europe ». Les enjeux sociaux d’action pour l’emploi et contre l’exclusion sociale – quoique de second plan dans l’activité de la Commission européenne – intéressent manifestement les citoyens européens.

S’adressant au monde entier du fait de sa mission, le Service européen de l’action extérieure – le ministère des Affaires étrangères de l’UE en quelque sorte – se trouve également bien positionné dans le web social, notamment avec plus de 10 000 Followers sur Twitter.

Ainsi, au total, les Directions générales de la Commission européenne rassemblent plus de 80 000 Fans sur Facebook et deux fois moins, 40 000 Followers sur Twitter.

N.B. : Il est intéressant de noter qu’il s’agit exactement de l’inverse pour ce qui concerne la présence des Commissaires beaucoup plus suivis sur Twitter avec plus de 85 000 Followers et seulement 40 000 Fans sur Facebook.

Présence des Commissaires européens sur Facebook : une plateforme de dialogue avec les citoyens européens ?

Tandis que plus de la moitié des membres de la Commission européenne est actuellement active sur Twitter, leur présence est également importante (40%) sur Facebook, le premier réseau social au monde.

Près de 40% des Commissaires européens – 11 sur 27 – sont présents sur Facebook

Avec 40 000 fans au total (données recueillies le 16 février 2012), les Commissaires européens sont plus de deux fois moins bien implantés sur Facebook par rapport aux plus de 85 000 Followers sur Twitter (données recueillies le 12 février 2012).

9 Commissaires européens présents sur Facebook le sont également sur Twitter, ce qui représente une écrasante majorité des 11 responsables politiques européens inscrits sur Facebook. Néanmoins, pour la plupart, leur présence sur Facebook préexiste celle sur Twitter – seuls quelques Commissaires étaient actifs sur la plateforme de micro-blogging il y a seulement 2 ans. Par ailleurs, le doublonnement de fans entre Commissaires est beaucoup plus réduit que le doublonnement de Followers sur Twitter.

Une présence multilingue et orientée vers le dialogue avec les citoyens européens

Titulaire d’un portefeuille doté en capital sympathie, Kristalina Georgieva, la Commissaire bulgare à la Coopération internationale, l’aide humanitaire et la réponse aux crises est la plus active sur Facebook avec une fan page rassemblant 15 507 fans, soit 38% du total des fans des membres de la Commission. Les publications très régulières (parfois plusieurs par jour), en bulgare ou en anglais et très variées (une large place est donnée aux photos) soulèvent des interactions relativement importantes dès que des photos issues des missions humanitaires ou de gestion de crises sont publiées.

Personnalités politiques, inscrites dans le « paysage national », Michel Barnier pour la France (député français de 1978 à 1993) et Maria Damanáki (députée grecque de 1977 à 1993) disposent d’une communauté de fans relativement importante. Les publications sont exclusivement dans leur langue nationale. Maria Damanáki est la seule à posséder un profil « plein » avec 5 000 fans et une page de 2 195 fans, les 2 étant mi à jour en parallèle.

Commissaires parmi les plus jeunes : Dacian Cioloş (42 ans), Cecilia Malmström (43 ans), Maroš Šefčovič (45 ans), Algirdas Šemeta (49 ans) et Connie Hedegaard (52 ans) et Janez Potočnik (54 ans) sont actifs avec des publications le plus souvent dans leur langue nationale et parfois en anglais.

Enfin, Neelie Kroes, la Vice-Présidente de la Commissaire responsable de l’agenda numérique est immanquablement présente avec près de 4 500 fans.

Ainsi la présence des Commissaires européens sur Facebook – par le choix plus systématique de leur langue nationale et des publications plus portées sur leur activité quotidienne – se classe dans la catégorie des outils de communication personnelle destinée aux citoyens.

Quelle est l’influence de l’UE dans votre vie quotidienne ?

La campagne de communication que lance la présidence danoise du Conseil de l’UE : « Instantanés de votre vie dans l’UE » se révèle intéressante tant par sa conception à front renversé que dans sa réalisation vraiment pluri-média…

Une conception à front renversé : le public, principal acteur de la campagne

Plutôt qu’une énième campagne de communication top-down avec des messages conçus par l’émetteur qui se projette dans la tête des citoyens européens pour extrapoler leurs opinions en vue de déterminer des messages destinés à un public passif, la démarche danoise propose un renversement d’expression.

Ce n’est plus le commanditaire de la campagne de communication qui s’exprime à destination d’un public en position de récepteur, c’est le public qui est invité à s’exprimer au travers d’instantanés illustrant l’influence de l’UE dans leur vie quotidienne.

Par ailleurs, la sollicitation du public – pour ne pas sombrer dans une cacophonie argumentative et linguistique à l’échelle de l’UE – se concentre sur un média universel, la photographie. Et le concours pour que le public choisisse la meilleure photo se compose de catégories (photo la plus artistique/créative/amusante…) totalement éloignées des controverses européennes traditionnelles.

Gageons qu’une telle conception devrait permettre de nouvelles formes d’expression extrêmement signifiantes, quoique non verbalisées. Les premières photos dans la galerie – qui aurait pu disposer d’un moteur de recherche basé sur des tags associés par les auteurs des photos – sont plutôt réussies.

Une réalisation vraiment pluri-média : le numérique, au cœur du dispositif

Lancé au Danemark à l’occasion de rencontres dans des lycées de Copenhague et de Aarhus, où un millier de jeunes ont débattu de diverses problématiques ayant l’UE en toile de fond, le concours photo est accessible en ligne sur un mini site dédié (snapshots.eu2012.dk), une page Facebook et des applications pour smartphones (iOS et Android) qui permettent à la fois de trouver des aides à l’inspiration et de participer à la compétition.

Pour assurer la promotion, une campagne de communication utilisant différents supports, tels que des publicités dans des magazines pour la jeunesse et des cartes postales distribuées dans les cafés, les cinémas, les bibliothèques, les ONG… est menée au Danemark.

Le lauréat dans chaque catégorie recevra une tablette numérique tactile et les différentes contributions seront exposées, sous la forme d’une grande mosaïque, dans les établissements scolaires et les bibliothèques du Danemark.

Avec « Instantanés de votre vie dans l’UE », le Danemark propose une campagne originale au regard de ce qui se pratique en matière de communication européenne pour sensibiliser les jeunes à la construction européenne.

Qu’est-ce qui s’annonce intéressant dans le séminaire « The Next Web and its Impact on Government Communication » ?

Dans le cadre des séminaires organisés de temps en temps par le Club de Venise, ce groupe de coopération interinstitutionnelle informelle en matière de communication européenne, « The Next Web and its Impact on Government Communication » aborde, le jeudi 16 février prochain au Conseil de l’UE, la communication gouvernementale et comment elle est affectée par le paysage numérique, en utilisant des exemples concrets et des études de cas. Qu’est-ce qui s’annonce intéressant ?

Sessions du matin : tendances numériques et impacts sur la communication publique

Au cours de la matinée, le discours d’ouverture de Reijo Kemppinen, le directeur général presse, communication et transparence au Secrétariat du Conseil sera à écouter avec attention tant en raison de son parcours personnel (ancien journaliste, ancien porte-parole de Romano Prodi, président de la Commission européenne) que de ses dernières interventions (discours de clôture à EuropCom et interview à Euractiv).

Par ailleurs, les débats modérés par le journaliste Damien Van Achter : « Développeur éditorial chez OWNI » devraient être instructifs pour ce qui concerne la communication européenne, avec notamment :

  • Zvonimir Frka-Petešić, le directeur de la campagne de communication de l’UE sur le référendum européen en Croatie ;
  • Karolina Wozniak, la coordinatrice media sociaux au Parlement européen qui prévoit une présentation sur les usages des médias sociaux lors des futures élections européennes en 2014.

Sessions de l’après-midi : comportements et attentes des e-citoyens et services publics en ligne

Les tables rondes prévues dans le programme l’après-midi se concentreront sur les services publics numériques :

  • gouvernement et réseaux sociaux : comment le web social favorise une culture interne de la collaboration et le partage d’information ;
  • service public de l’avenir : comment mieux interagir et servir les citoyens ? applications mobiles et tactiles, open-data, géolocalisation…

« The Next Web and its Impact on Government Communication » s’annonce comme un événement –piloté par Aurélie Valtat, responsable de la communication web au Conseil de l’UE – à ne pas manquer.

Porte-parole de la Commission européenne : plus de la moitié sur Twitter

Tandis que l’attention médiatique (cf. dépêche AFP : « Avec Twitter les commissaires européens goûtent au plaisir du parler vrai ») est portée sur la présence dorénavant majoritaire des Commissaires sur le réseau de micro-blogging avec l’inscription du 14e Commissaire européen Androulla Vassiliou @VassiliouEU, l’activité charnière des porte-parole de la Commission européenne, eux-mêmes très présents sur Twitter, ne doit pas être négligée dans la communication européenne…

Le service du porte-parole, une activité charnière dans la communication de la Commission européenne

Au sein de la Direction générale de la communication, le service du porte-parole représente environ 10% des effectifs de la DG COMM avec une centaine de fonctionnaires, dont 40 porte-parole, selon la liste établie au 1er février 2012. Ce service occupe une place importante, à plus d’un titre :

  • place stratégique dans la communication de la Commission européenne, puisqu’il s’agit des quasi seuls personnels habilités à s’exprimer au nom de l’institution ;
  • place transversale au sein de l’organigramme à l’interface avec les autres directions générales, puisqu’il s’agit des quasi seuls personnels informés de toutes les initiatives de l’institution ;
  • position cardinale auprès des relais d’opinion, tant auprès des médias traditionnels que dans les médias sociaux, puisqu’il s’agit des quasi seuls personnels centralisant les échanges avec les journalistes et les inscrits sur Twitter.

Les porte-parole sur Twitter, une présence balbutiante dans la communication de la Commission européenne

Avec au total, 22 comptes Twitter chez les porte-parole pour 4 665 Tweets et 15 686 Followers à ce jour, la présence des porte-parole sur Twitter est encore balbutiante :

  • le porte-parole le plus suivi : « ECspokesKoen » est très logiquement le chef du service du porte-parole de la Commission européenne ;
  • le porte-parole le plus actif : « ECspokesRyan » est assez logiquement le porte-parole de la Commissaire Neelie Kroes, responsable de l’agenda numérique et disposant d’un compte Twitter de plus de 35 000 Followers.

Comment améliorer la présence des porte-parole sur Twitter ?

Afin de pleinement déployer la présence de la Commission européenne sur Twitter, les porte-parole auraient intérêt à mieux se faire connaître des acteurs présents en ligne (institutionnels, journalistes, bloggeurs…) via la pratique du Following.

Par ailleurs, les porte-parole de la Commission européenne devraient également mieux se coordonner avec les équipes médias sociaux des Commissaires et des directions générale afin que les infos circulent davantage entre les comptes @EUCommissaireX/Y ; @DGtruc/bidule et @ECspokemachin/chose.

Enfin, les porte-parole de la Commission européenne auraient tout intérêt à développer des listes de comptes classées par thèmes, à inclure dans leur veille en ligne des sujets de conversation relatifs à leur politique publique européenne.

L’arrivée des porte-parole de la Commission européenne – concomitante à la présence des Commissaires –se généralise, il convient maintenant de mieux l’organiser.