Quelles sont les évaluations des citoyens des moyens d’expression citoyenne pour communiquer avec l’UE ?

Après les propositions spontanées des citoyens pour communiquer avec l’UE, Virginie Timmerman pour Notre Europe – Institut Jacques Delors a testé des propositions d’actions existantes ou nouvelles auprès des citoyens européens

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1. Accueil très positif dans l’ensemble tout à fait ou assez favorable d’Europe Direct pourtant totalement méconnu

Le service d’information sur le fonctionnement et les politiques de l’UE, comportant un bureau d’information ouvert au public dans chaque grande ville, un site Internet et un service de réponse rapide aux questions posées par téléphone, lettre ou courriel est plébiscité. S’il n’existait pas déjà, il faudrait sur le champ le créer.

2. Accueil très mitigé des débats dans les grands médias sur les orientations de l’UE, entre des citoyens moyens et des spécialistes de ces questions

Du côté positif, participation et interaction mais du côté négatif, doutes quant aux conditions à réunir pour qu’ils soient réussis et « débouchent sur quelque chose » : qualité et représentativité des intervenants et des modérateurs, heure de diffusion, choix des thématiques, neutralité, objectivité, honnêteté, équilibre, diffusion via différents canaux (télévision, Internet).

C’est là tout le jugement que les citoyens portent sur leur télé qui rejailli indirectement sur les « grands débats sur les orientations de l’UE ». Dommage, une occasion manquée.

3. Accueil le plus souvent tout à fait favorable des Eurobaromètres, pourtant quasi totalement ignorés

Intérêt d’une part pour des enquêtes sous forme de consultation citoyenne et d’autre part pour la possibilité de se comparer avec d’autres pays (pour autant que les questions concernent et touchent concrètement les citoyens, et par ailleurs que les résultats soient aisément et rapidement accessibles).

Là encore, s’il n’avait pas été inventés il y a maintenant 40 ans, les Eurobaromètres devraient l’être sur le champ. Au moins, un succès à porter au crédit de la communication de l’UE sur la longue durée.

4. Accueil très mitigé de rencontres de proximité, plusieurs fois dans l’année, des députés européens

Les élus n’ont pas bonne presse, et cette enquête le confirme. Encore plus, les députés européens, avec leurs circonscriptions hors sol gigantesques qui les rendent inaccessibles aux citoyens.

5. Accueil dans l’ensemble positif de l’organisation par la Commission européenne d’une consultation par Internet, ouverte à tous les citoyens, à chaque fois qu’une décision importante doit être prise dans l’UE

Pour une grande majorité, des avantages d’accessibilité, de commodité et de modernité.

Toutefois, des conditions à remplir pour que l’intérêt de principe se concrétise : information nécessaire sur le lancement d’une consultation ; ensuite, information en retour vers les citoyens et prise en compte de leur avis par la Commission.

Des doutes à ces égards, des questions, notamment sur la « logistique » de traitement des informations à mettre en place, atténuent ou conditionnent parfois l’adhésion de ces interviewés.

C’est bien là, en condenser, tout ce qui est présent en termes de fantasmes et de réalités, d’attirance et de répulsion des nouvelles technologies dans la démocratie et la gouvernance contemporaines.

6. Accueil négatif d’organisation de consultations similaires organisées par les gouvernements nationaux

Pour aborder les enjeux européens, les gouvernements nationaux ne sont pas légitimes aux yeux des citoyens européens. A force de blâmer à tort et à travers « Bruxelles », les gouvernements ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. C’est quand même très gênant pour faire la pédagogie nécessaire des réformes.

7. Accueil très positif dans tous les pays ou presque, de manière particulièrement nette dans beaucoup d’entre eux, d’un service interactif, utilisant Internet et les réseaux sociaux, pour recueillir en permanence les avis, les souhaits, les critiques des citoyens sur les orientations de l’UE

À la modernité efficace de consultations par Internet s’ajoute une notion de proximité et d’informalité à la fois dans la forme et dans le contenu de la communication permise par les réseaux sociaux.

Le libellé de la proposition suggère l’idée d’un canal direct et facile de communication avec la Commission – d’autant que le système resterait ouvert en permanence même si aspect très informel et non organisé des expressions émises sur les réseaux sociaux interroge sur la manière dont ce « chaos » pourra être structuré pour permettre une exploitation efficace.

Comme pour toutes les propositions reposant sur Internet, on trouve aussi exprimées des remarques sur des publics « exclus » du fait de leur non-accès aux moyens électroniques de communication, et des questions sur le retour d’information aux citoyens et l’utilisation qui aura été faite de leurs contributions – sans mettre en cause toutefois l’intérêt de ce qui est proposé.

8. Accueil très mitigé de campagnes d’information beaucoup plus actives que par le passé pour inciter les citoyens à s’intéresser aux futurs débats et à participer à la prochaine élection européenne

La mise sur pied de ce type de campagnes d’information est généralement reconnue comme souhaitable, en particulier dans la perspective d’élections européennes dont les tenants et aboutissants ne sont pas nécessairement clairs et dont le taux de participation est faible.

Une attente de campagnes informatives « neutres », non-partisanes portant sur l’UE sur un plan général, sur les implications de ses politiques sur la vie des citoyens du pays, sur les enjeux de l’élection et sur les projets politiques en présence.

L’adhésion est toutefois moins forte qu’avec des propositions plus novatrices, c’est l’une des raisons de l’intérêt seulement relatif manifesté par certains pays.

Dommage que l’adhésion ne soit pas plus forte compte tenu du fait que c’est le canal récemment privilégié par la Commission européenne pour communiquer auprès des citoyens européens, dans le cadre du projet-pilote de communication corporate.

Au total, les jugements des citoyens sont « sévères mais justes » sur les moyens de communiquer avec l’UE, quoique le plus frappant soit leur profonde méconnaissance des moyens d’ores et déjà existants.

La communication européenne de l’année 2014 en 12 leçons – Partie 2

2014 aura été marquée au premier semestre par les élections européennes, et donc les enjeux liés à la communication politique et institutionnelle en période électorale pendant le premier semestre et la nouvelle Commission Juncker au second semestre, en particulier les réorientations du service des porte-parole, dans les relations presse auprès des journalistes. Quel est l’article mensuel qu’il ne fallait pas manquer au fil de l’année 2014 ?

Juillet – quel est l’impact de la démocratie participative numérique sur le déficit démocratique de l’UE ?

Comment faire le tour du numérique et de sa capacité à transformer les mécanismes de politiques publiques de l’UE et à déterminer le contenu des législations de l’UE en 3 points :

  • Les mécanismes participatifs de l’UE, très contrôlés par les institutions européennes, n’ont pas d’impact transformatif sur la légitimation des politiques publiques européennes ;
  • L’approche participative de la Commission européenne tend à légitimer ses propositions politiques contre celles des autres institutions de l’UE ;
  • La gouvernance participative mise en œuvre via le numérique a un impact plus important sur le développement d’un espace public européen que les processus participatifs « offline ».

Août – quels sont les chantiers qui attendent la communication européenne à la rentrée ?

4 chantiers se dessinent :

Développer une capacité de communication de l’entité politique « Union européenne » 1/4 : faire en sorte que l’UE soit une puissance « communicante », c’est-à-dire que ce qu’elle a à dire au monde soit intelligible (un gros travail pour simplifier) et audible (un gros travail pour intéresser). Comment procéder ?

Développer une « gouvernance éditoriale », à savoir, le content mastering, le mail mastering et le community mastering 2/4 : c’est-à-dire tout ce qui est conçu, écrit ou dit par les institutions européennes. Que devrait contenir ce contenu pas si facile à définir ?

Développer une formalisation de la politique de communication de l’UE 3/4 : à force de ne pas faire les travaux de fondation, toute construction finit par s’effondrer, et logiquement c’est le risque qu’encoure la communication européenne à ne pas coucher dans un texte ayant un minimum de force contraignante. Encore faut-il savoir quoi inscrire dans le marbre ?

Développer une identité et une appartenance commune à un groupe professionnel de « communicateurs publics européens » 4/4 : la professionnalisation et l’organisation de cette profession au sein d’un groupe cohérent et fluide, devrait être une préoccupation pour tout « communicateurs publics européens » en responsabilité. Mais, que faudrait-il au juste faire ?

Septembre – la réorientation de la communication au sein de la nouvelle Commission Juncker

Deux articles retracent les premiers pas de la nouvelle Commission Juncker en matière de communication européenne.

D’une part, les ajustements organisationnels ne sont pas mineurs puisque la communication est à la fois confortée par son rattachement direct auprès du président et fragilisée par ses amputations liées à la distribution de subventions :

  • Le président de la Commission est dorénavant directement responsable de la communication
  • La DG Communication est dorénavant amputée de ses subventions aux médias et aux think tanks et associations

D’autre part, les réorientations stratégiques de la communication avec la politisation des prises de parole et la participation rationnalisée en ligne – correspondent à une direction relativement consensuelle et attendue par les principaux acteurs :

  • Réorientation de la prise de parole officielle : vers plus de politique dans les médias
  • Réorganisation de la présence en ligne : vers plus de dialogue avec les citoyens

Octobre – la nouveauté de la communication sous Juncker : les relations avec les médias

Plusieurs articles se complètent pour dessiner le trait d’une nouvelle approche des relations avec les médias :

Novembre – quelles sont les utopies de la communication européenne ?

Les utopies idéalistes

  • Le « storytelling » : un nouveau narratif pour l’Europe, la puissance explicative des arts et des sciences
  • Le « soft power » : une diplomatie publique de l’UE, la force douce de la culture et du sport
  • Le dialogue citoyen : une interaction entre l’UE et les citoyens, le discours de la Commission européenne sous Reding

Les utopies pragmatistes

  • La publicité de l’Europe : une campagne TV, l’impact des émotions sur les opinions
  • L’espace public européen : le terreau d’un embryon de scènes et d’acteurs européens
  • La politisation de l’UE : l’espoir d’un programme politique mobilisant des financements

Décembre – quelle est la stratégie de communication digitale de la Commission européenne aujourd’hui et demain ?

La stratégie de rationalisation de la présence en ligne de la Commission européenne :

  • 1 plateforme unique régulièrement actualisée
  • 6 tâches prioritaires
  • 14 clusters prioritaires

La stratégie de socialisation de la présence en ligne de la Commission européenne :

  • 27 Commissaires sur Twitter, 17 sur Facebook et 11 « bloggeurs »
  • Présence « corporate » de la Commission européenne : de 1.5 million sur Google+, 400.000 sur Facebook, 300.000 sur Twitter et 180.000 sur LinkedIn.

La « transversalisation » de la communication en ligne au sein de la Commission européenne représente le principal challenge pour les prochaines années, et à fortiori vers une communication en ligne unifiée avec les autres institutions européennes.

La communication européenne de l’année 2014 en 12 leçons – Partie 1

2014 aura été marquée par les élections européennes, et donc les enjeux liés à la communication politique et institutionnelle en période électorale. Quel est l’article mensuel qu’il ne fallait pas manquer au premier semestre 2014 ?

Janvier – le temps des prévisions avec « les grandes tendances de la communication européenne »

Deux tendances peuvent être retenues en raison de l’importance qu’elles ont pu prendre :

  • Le « problème » de la communication de l’UE : de moins en mois jugé en aval (techniques/outils) mais de plus en plus critiqué en amont (actions et messages). Autrement dit, le « problème » de la communication de l’UE ne tient pas tellement à ce que le disque soit rayé, mais au fait qu’il devient impérieux de changer de disque.
  • Les « grandes » élections législatives nationales : quasiment des élections aussi européennes que les élections européennes. La plus grande européanisation conduit à des « hyper-élections » – comme on peut parler d’hyper-texte – concourant à renforcer les lectures croisées entre pays européens.

Février – comment évaluer les médias de la communication européenne ? 

Le « pitch elevator » – ces fameuses 30 secondes pour faire passer une idée dans l’ascenseur – concernant la communication européenne peut se trouver dans la description des médias de la communication européenne :

  • Paid media de la communication européenne : une double spécificité (handicap politique légitime et technique beaucoup moins justifiable) peu efficace en termes d’exposition de l’image de l’UE ;
  • Earned media de la communication européenne : une capacité inégale (entre les journalistes européens et les autres) à influer sur l’activité des médias, et globalement sous exploitée ;
  • Shared media de la communication européenne : un engagement hyper-conditionné en fonction des attitudes (une sorte de compétence minimale qui bloque l’accès) et des opinions (une sorte d’extrême maximaliste dans un sens ou dans l’autre) sur l’UE ;
  • Owned media de la communication européenne : une action rationalisée sous le poids conjugué des évolutions techniques/technologiques et des pressions budgétaires pour porter les messages de l’UE.

Que retenir de l’évaluation des médias de la communication européenne ?

  • Paid media = déficit d’efficacité
  • Earned media  = potentiel inexploité
  • Shared media  = nouveauté hyper-segmentée
  • Owned media = rationalisation non-mutualisée 

Mars – la novation en communication politique européenne avec le bilan des « primaires » européennes ?

D’un simple vote des congressistes à bulletin secret pour la droite libérale (ALDE) ou conservatrice (PPE) à des primaires interne pour la gauche (S&D) voire ouverte et en ligne pour les Verts, le jeu des « primaires » internes aux partis politiques européens a permis de faire émerger quelques figures : forte visibilité de Schultz dans les médias et bonne performance de Tsipras en ligne.

Autre enseignement, le plus évident, la précocité du choix du candidat contribue de manière décisive à la possibilité de constituer un capital médiatico-politique.

Avril – quand la nouvelle stratégie de communication audiovisuelle de la Commission européenne consiste à « braconner » sur les terres des professionnels de l’information

L’évolution de la stratégie audiovisuelle de la Commission européenne consiste à inclure dorénavant le grand public dans les prestations audiovisuelles.

La conséquence est que des « produits audiovisuels et multimédia » de l’UE seront de facto concurrents des productions des professionnels des médias d’information.

La communication de l’UE se substitue à l’information européenne, en faisant en sorte de toucher, seule, directement, les citoyens européens.

Une destruction de valeur, liée à une confusion néfaste tant pour l’information que pour la communication.

Mai – élections européennes : dépôt de bilan de l’information et de la communication sur l’UE ?

Les échecs d’une information européenne sur l’UE pendant la campagne électorale européenne dans les médias :

  • A l’échelle de l’UE, des médias européens sans journalistes : le paysage médiatique d’une information européenne sur l’UE n’a pas percé à l’occasion de ces élections européennes – les quelques médias européens demeurent marginalisés à une cible élitaire ;
  • A l’échelle des Etats-membres, des journalistes européens sans médias : les médias nationaux, demeurent non seulement dominants mais également très peu ouverts aux enjeux européens – les quelques journalistes spécialisés dans les affaires européennes sont plus que jamais marginalisés dans leur rédaction.

Les défauts de la communication politique européenne :

  • La campagne des « Sptizenkandidaten », i.e. la compétition des partis politiques européens pour la présidence de la Commission européenne, n’est pas parvenue à s’adresser très loin au-delà des milieux européens ;
  • Les campagnes nationales s’articulant le plus souvent autour des changements à apporter à la construction européenne ne pouvaient que favoriser les positions les plus tranchées.

Juin – quand moins rime avec mieux

Double bonne nouvelle pour la communication de l’UE :

  • Stratégie pro-active et réactive auprès des médias : baisse du nombre de communiqués de presse. Pour la première fois, l’objectif ne consiste plus à dépasser ce volume invraisemblable de 14 communiqués de presse en moyenne par jour ouvré.
  • Stratégie de rationalisation de la présence web : baisse du nombre de sites et de pages sur europa.eu. Fini le portail le plus vaste au monde, les objectifs sont revus à la baisse – et c’est tant mieux – avec 50% de sites en moins et 30% de pages en moins sur les sites conservés.

Juillet – quelles leçons pour la campagne de communication du Parlement européen sur les élections européennes ?

Une stratégie de communication « Cette fois, c’est différent » autour des Spitzenkandidaten institutionnellement risquée mais politiquement gagnante :

Fallait-il que l’institution, théoriquement neutre, s’engage à ce point à travers la campagne de communication « cette fois, c’est différent » dans le jeu politique entre les institutions européennes ?

Ou plus précisément fallait-il que l’engagement de l’institution se traduise par l’instrumentalisation de la campagne de communication qui est normalement censée lutter contre l’abstention et qui s’est transformée en promotion d’une orientation politique manifestement à son propre bénéfice ?

En revanche, un matériel de campagne (choix du slogan et des supports) et un déploiement des actions de communication moyennement convaincant, avec notamment un surinvestissement dans les médias sociaux, dont l’impact sur les citoyens dans le cadre d’une mobilisation électorale reste encore incertain.

Comment les citoyens s’expriment sur l’information et la communication autour de l’UE ?

Après une discussion sur l’information et la communication autour de l’UE avec un groupe de citoyens représentatifs, Virgine Timmerman et Daniel Debomy en dresse la synthèse

Quels moyens d’expression sur l’UE pour les citoyens ?

Donner son avis et faire entendre sa voix (pour approuver ou contester) n’appelle pas une réponse aisée mais surprend, voire déconcerte peu ou prou partout en Europe.

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Après réflexion, les citoyens évoquent quelques moyens d’expression citoyenne, par ordre d’importance :

1. Le vote (aux élections du Parlement européen ou aux élections nationales ou bien à des référendums) n’est pas d’emblée présent à l’esprit, quasi absent de quelques États Membres récents, à l’inverse, seul ou presque en Allemagne et en France.

2. La prise de contact avec des représentants des institutions européennes et/ou nationales (rencontres possibles avec des députés européens ou d’autres personnalités, visite à un bureau de représentation, envoi de lettres ou de messages électroniques).

3. La participation à des consultations électroniques organisées par les gouvernements nationaux ou les institutions européennes, et l’interpellation aux gouvernements nationaux.

4. Des moyens d’expression collectifs : les manifestations et les pétitions.

5. D’autres moyens : attirer l’attention des médias et particulièrement de la télévision, avoir des relations « haut-placées », se présenter comme candidat aux élections européennes, et enfin, faire un recours auprès des cours internationales de justice.

Quels sont les obstacles à l’expression citoyenne ?

Les moyens d’expression ont un caractère assez théorique, très peu réellement utilisés en raison de nombreux obstacles à l’expression citoyenne, perçus comme importants et souvent décourageants :

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1. La passivité, liée à l’absence présumée de volonté des institutions d’écouter les citoyens et de prendre en compte leurs avis, et les doutes « que cela puisse servir à quelque chose ».

2. Le sentiment de la faible influence de son pays et de ses représentants dans les instances de l’UE, dans les petits et/ou nouveaux États membres.

3. Une image floue et souvent assez négative des députés européens : inconnus pour la plupart, considérés ici ou là comme peu représentatifs, parfois comme politiciens « de seconde zone », en tous cas comme déconnectés de la vie des citoyens.

4. La difficulté particulière à appréhender les questions complexes de politique européenne.

5. Sur un plan pratique, l’ignorance des lieux ou des outils d’expression citoyenne, pour s’adresser à une UE vue comme gigantesque et lointaine.

6. Le manque d’intérêt pour les questions européennes et un manque de confiance dans les institutions en comparaison à l’influence des lobbys.

Comment s’informent les citoyens sur l’UE ?

Les citoyens recourent aux médias de masse et sont plutôt passifs.

sources_information_citoyens_UEDans la majorité des pays, les médias traditionnels sont cités en premier, alors que pour le reste des pays, Internet est la première source d’information sur l’UE. La télévision domine les autres supports dans un pays sur deux.

Dans la plupart des nouveaux États membres, Internet est davantage mentionné et avec des précisions fréquentes sur divers modes d’usage (visites sur les sites Internet des journaux nationaux, les moteurs de recherche et les médias sociaux).

À l’inverse, dans les anciens États membres, Internet est peu évoqué ou il ne l’est guère que par une minorité d’interviewés plus jeunes ou particulièrement versés dans son usage de par leur formation ou leurs activités professionnelles.

Parmi les autres sources parfois mentionnées : l’université pour les jeunes ; des sources spécialisées, consultées à titre professionnel ; plus souvent, le « bouche à oreille » ; ou encore « l’expérience personnelle » issue de voyages, de rencontres avec d’autres Européens.

Les citoyens se sentent-ils bien informés ?

Le regard porté sur la qualité et la crédibilité des médias est souvent sombre ou même très sombre.

Globalement, rares sont ceux qui ont le sentiment d’être (raisonnablement) bien informés sur l’UE – et encore plus ceux qui pensent disposer d’une vision d’ensemble cohérente de ce qu’est et fait l’Union.

La critique est assez généralisée envers les médias de masse. Les causes de mécontentement sont l’impression que les sujets européens sont peu couverts, que leur traitement est biaisé, que l’information est « filtrée » par les préférences politiques des journalistes ou la ligne politique du journal, ou même directement influencée par les hommes politiques et les lobbys ayant des relations avec certains médias et journalistes, la médiocre qualité de la couverture des sujets, ou la tendance à rechercher le sensationnalisme et à ne s’intéresser « qu’au négatif » dans l’UE.

Quelles sont les attentes pour une meilleure expression citoyenne ?

Afin de pouvoir mieux et plus fréquemment utiliser les différents moyens d’expression citoyenne, une grande partie des citoyens aimeraient cependant être mieux informés et souhaiteraient que la communication européenne réponde à :

1. Un besoin de grande proximité : contacts avec des responsables communautaires en des lieux proches de chez eux (mairies, réunions de quartier, bureaux d’information ouverts au public).

2. Le souhait que les institutions européennes et leurs représentants utilisent plus fréquemment Internet et les réseaux sociaux afin de consulter les citoyens, de recueillir leurs avis, de recevoir des pétitions, d’organiser des débats…

3. Une demande de forte interactivité et des échanges plus nombreux dans l’utilisation des différents moyens.

Au total, le tableau de l’information et de la communication européennes est relativement noir, avec des citoyens peu intéressés, peu mobilisés et globalement indifférents ou critiques.

Résorber la fracture démocratique de l’Union européenne, le nouvel « impératif catégorique » de la communication européenne ?

Dans une note pour la Fondation Robert Schuman « Résorber la fracture démocratique dans l’Union européenne », Julien Zalc, Consultant pour TNS opinion dresse un « état des lieux de la perception par l’opinion publique de la démocratie dans l’UE ». Selon lui, la très forte défiance actuelle pose la question de la légitimité démocratique. L’impératif pour la communication de l’UE serait de réduire cette fracture démocratique et de recréer du lien avec les Européens. Comment ?

Mieux faire connaître les initiatives-passerelles pour rapprocher les citoyens de leurs institutions

Julien Zalc mobilise la démocratie participative européenne, au secours du projet européen, permettant de répondre à la demande des Européens d’être davantage écoutés et d’accroître leur rôle dans les prises de décisions.

1. L’initiative citoyenne européenne est mal connue des Européens. Pourtant, après explication, elle est jugée positivement.

2. Les dialogues citoyens de l’Année européenne des citoyens pour montrer que l’UE est à l’écoute, quasiment personne n’en a jamais entendu parler. Là encore, les citoyens approuvent.

3. La nouvelle désignation du Président de la Commission lors des dernières élections européennes : seulement 5% du corps électoral s’y serait vraiment intéressé, selon Euractiv. Néanmoins, une majorité des citoyens y est favorable. Les Européens souhaitent même à 70% que le futur Président de la Commission européenne soit directement élu par les citoyens.

Répondre aux attentes d’amélioration du fonctionnement de la démocratie dans l’UE

Julien Zalc formule plusieurs pistes pour réduire le fossé entre l’Union et ses citoyens :

1. Une information plus claire, plus efficace

La priorité de la communication européenne consiste à la fois à :

  • donner un message plus clair à l’UE, un message qui soit compréhensible par le plus grand public ;
  • sélectionner le média qui permet de toucher le plus grand nombre, à savoir la télévision, sans pour autant négliger Internet.

2. Davantage d’interaction avec les citoyens

L’UE doit également répondre à la forte demande d’interaction, que permet les réseaux sociaux.

3. Donner un visage à l’Union européenne

Pour casser l’image d’une UE lointaine, complexe, voire obscure, il faut permettre aux Européens de « mettre des visages sur l’Europe » et donc faire connaître les dirigeants européens aux citoyens, avec un « tour d’Europe médiatique » de Jean-Claude Juncker.

Après le #Luxleak, l’idée que l’image de Juncker puisse redorer celle de l’UE n’est plus aussi évidente même si les bénéfices seraient nombreux : permettre de recréer du lien entre l’UE et les citoyens ; combattre l’image d’une UE opaque, voire mystérieuse ; ou encore renforcer la force et la portée du discours européen.

4. Tenir les engagements pris, et renforcer la transparence

Dernière recommandation, la plus sensible. Pour être crédibles, les initiatives européennes de démocratie participative devraient s’appliquer de manière systématique. L’UE doit tenir ses promesses et ses engagements, pour tous, et dans tous les cas, qu’elles aillent, ou non, dans le sens des intérêts des institutions européennes et des Etats-membres.
Pour combattre les eurosceptiques et les europhobes, l’UE se doit d’être exemplaire et de tenir les engagements qu’elle prend.

En conclusion, Julien Zalc estime que la communication de l’UE va dans la bonne direction, mais souffre d’un manque de notoriété qui nuit à son efficacité. En somme, la communication de l’UE ne nuit pas tant de la faiblesse non prouvée de sa stratégie, que de celle criante de ses moyens.