Quel futur pour l’engagement citoyen avec l’Europe ?

Un rapport de la Banque Mondiale, rédigé avec la pandémie de Covid-19 « Emerging Digital Technologies Create New Risks and Value » dresse une série de prédictions technologiques et d’implications pour des pouvoirs publics qui souhaiteraient pratiquer une gouvernance numérique centrée sur les utilisateurs encore plus d’actualité aujourd’hui. Quelles conséquences pour l’engagement citoyen avec l’Europe ?

Adopter le mouvement d’une « gouvernance numérique » centrée sur l’utilisateur

Internaliser des ressources autour des technologies gouvernementales permet non seulement aux équipes employées de fournir des services publics numériques, mais également d’entraîner les pouvoirs publics à améliorer le traitement des questions de politique numérique.

Face aux capacités des fournisseurs de technologies, les pouvoirs publics, notamment l’Union européenne doit accroître ses capacités à promouvoir et conserver en interne des compétences numériques, afin d’acquérir les diverses compétences nécessaires non seulement pour fournir des services publics axés sur l’utilisateur, mais aussi pour savoir comment faire face aux futures innovations.

Lancer des débats publics sur le « score social » pour s’assurer de faire des choix éclairés

Chaque société dispose de points de vue différents sur le compromis entre la vie privée individuelle et les données publiques des individus et des institutions. Les décideurs publics et les dirigeants de la société civile devraient planifier dès maintenant que les systèmes de notation sociale arriveront bientôt, et leur arrivée posera un dilemme politique important avec des niveaux élevés de notoriété publique.

Pour éviter que des décisions profondément éthiques soient prises à la hâte ou en état de crise, des débats publics devraient être menés dès maintenant sur les frontières entre les utilisations acceptables et inacceptables du scoring social via des méthodes participatives telles que les assemblées de citoyens pour s’assurer que les conclusions qui en découlent sont prises en compte, légitimes et prêtes à être traduites en actes.

Le débat public sur les réglementations qui affectent directement les citoyens, telles que la notation sociale, la prise de décision algorithmique et la protection des données, ne devrait pas être limitée aux gouvernements et à l’industrie technologique. Le fait que certains de ces choix réglementaires soient très techniques ne doit pas être utilisé comme excuse pour ne pas engager le public dans ces choix. Les citoyens seront très directement touchés par la réglementation des principales plates-formes et se méfieront fortement de l’intervention du gouvernement dans presque toutes les circonstances.

Élaborer des politiques numériques informées, robustes et légitimes avec des assemblées de citoyens

Compte tenu de la complexité des enjeux et du problème majeur de faire des choix légitimes, les pouvoirs publics devraient résister à la tentation de limiter leurs pratiques d’engagement à des consultations simplistes limitées aux environnements en ligne. Compte tenu des conséquences profondes des décisions prises, tout processus participatif devrait être soigneusement conçu pour promouvoir l’inclusivité et un jugement éclairé.

Pour réduire la suspicion, l’Union européenne pourrait animer des assemblées de citoyens composées de panels de citoyens choisis au hasard qui délibèrent tout au long d’un processus qui implique que les citoyens se renseignent sur la question en jeu, consultent des experts, entendent les différents points de vue sur la question et participent à des discussions afin de présenter des décisions ou un ensemble de recommandations à l’intention des pouvoirs publics.

Veiller à un engagement numérique régulé, inclusif et accessible des citoyens

L’essor des grandes sociétés transnationales de technologie numérique a donné aux gouvernements des maux de tête réglementaires à l’échelle mondiale. Les gouvernements commencent à prendre des mesures pour se mettre à jour et se reconfigurer face à ces géants aux multiples facettes.

Construire des structures réglementaires pouvant intervenir pour améliorer les résultats de l’engagement des citoyens doit constituer une priorité afin de donner aux citoyens de nouvelles façons ultra-fluides de s’engager avec les structures de pouvoir directement à partir des plateformes de médias sociaux via l’ajout d’outils et de fonctionnalités spécifiquement déployés pour briser et combler les divisions.

À l’époque des données, la participation des citoyens au pouvoir et à la prise de décision doit être facilitée via des services accessibles et gratuits réduisant les obstacles pour les organisations de technologie civique et les entrepreneurs d’accéder aux interfaces de programmation d’applications de médias sociaux pour développer plus de solutions qui favorisent l’engagement des citoyens.

À ce jour, la plupart des initiatives de technologie civique se sont appuyées sur des modèles de participation volontaires et auto-sélectionnés alors qu’il faut promouvoir l’inclusion d’individus peu susceptibles de participer à des mécanismes basés sur l’auto-sélection.

Dans ce cas, la sensibilisation proactive des individus est impérative lorsque les gouvernements souhaitent solliciter des commentaires simples des citoyens (par exemple, la qualité de la prestation de services, les plaintes) afin d’évaluer ses performances sur une base continue en appelant directement ou en envoyant des SMS aux citoyens pour solliciter leurs commentaires sur les services publics qu’ils ont récemment utilisés.

D’autres mesures peuvent être prises lors de la conception d’outils de participation, notamment l’utilisation réfléchie et intelligente de technologie accessible, limitée aux appareils déjà disponibles et largement utilisés par le public cible.

Garder les choses hautement accessibles du point de vue de l’utilisateur n’exclut pas la possibilité d’utiliser des technologies émergentes, notamment des solutions d’IA pour penser à l’interface utilisateur ou le back-office.

Toute conception technologique inclusive nécessite systématiquement plusieurs cycles de recherches et de tests auprès des utilisateurs à mesure que la solution technologique est progressivement développée. La capacité des gouvernements et des militants à mener des recherches et des tests appropriés avec les utilisateurs constitue une compétence essentielle si l’on veut utiliser efficacement les technologies émergentes pour tirer parti des pratiques d’engagement des citoyens.

Les technologies ne sont aussi bonnes que les institutions et les processus dans lesquels elles sont intégrées. Seules de véritables améliorations institutionnelles pourront faire entrer les institutions dans le 21e siècle afin de récolter les avantages des technologies émergentes.

La véritable victoire pour les citoyens aura lieu lorsque les institutions européennes commenceront à modifier leurs règles pour :

  • Mener des exercices de budgétisation participative ;
  • Abaisser le seuil des initiatives citoyennes ;
  • Mandater des assemblées de citoyens pour permettre la co-conception de législation.

Au final, il est temps de donner aux citoyens une voix contraignante dans les processus décisionnels, de la législation à la prestation de services dans un proche avenir.

Crise et prospective : à quoi ressemblera l’Europe ?

Les résonances avec l’actualité de nos confinements respectifs sont très fortes avec cette émission d’été « Dans 18 ans » où France Culture invitait à réfléchir au monde où ceux qui naissent cette année deviendront majeurs, un monde où les pandémies globales ne faisaient pas partie des hypothèses les plus probables. Après la crise actuelle, quels seront les scénarios prospectifs raisonnablement réalistes pour l’Union européenne ?

Un modèle d’attractivité reposant sur des solutions publiques-privées, selon Estelle Brachlianoff

La DGA du groupe Veolia estime que l’Europe en 2037 aura trouvé son modèle d’attraction grâce aux solutions trouvées pour l’environnement, via des partenariats publics-privés afin de faire vivre le collectif au sein d’une Europe où il fait bon vivre, loin des « modèles » américain ou chinois.

Le sujet de la smart city à l’européenne illustrera une ville du citoyen pour le bien-vivre ensemble évitant la ville contrôlée par les data de Google ou pire la ville du PCC. D’ores et déjà des signes permettent de décrypter une partie de ces solutions : le RGPD pour protéger les données, les villes deviennent des mines à ciel ouvert notamment pour les matières rares et les déchets sont retransformés en ressources, sans parler des impératifs des circuits courts pour l’alimentation, de la qualité de l’air et de l’eau propre dont les innovations actuelles et prochaines amélioreront le quotidien.

Force est de constater la pertinence d’une réflexion prospective autour des partenariats publics-privés, des solutions hybrides que le modèle européen est le seul à savoir vraiment faire fonctionner dans une économie sociale de marché encore plus contemporaine que jamais actuellement. Une piste de sortie de crise à n’en pas douter.

Un humanisme technologique, selon Enrico Letta

L’ancien Président du Conseil Italien et Président de l’Institut Jacques Delors dessine une nouvelle géographie composée de nouvelles structures institutionnelles avec un centre (les pays fondateurs) et une articulation très large (incluant la Nouvelle-Zélande ou le Canada) autour d’un set de règles et de valeurs communes.

Cette Europe donne du sens à l’existence grâce à ce qui rend l’Europe unique dans le monde : la prise en compte de la personne, ce qui signifie d’une part, un humanisme technologique et d’autre part, une éducation qui redonne des chances à tous pour contrer les inégalités et transmettre l’expérience européenne, via un Erasmus obligatoire, comme seul antidote au populisme. La capacité d’intégrer les migrants est également perçue comme la seule solution face à la dénatalité et au vieillissement des sociétés européennes.

Cette vision d’un humanisme technologique prend une dimension tout à fait remarquable à la lumière des modèles et contre-modèles de gestion de crise du Covid19, en particulier le danger du totalitarisme technologique venu de Chine. La réflexion de Yuval Noah Hariri sur le monde après le Coronavirus est une lecture indispensable pour comprendre les enjeux de ce sujet.

Exercices de prospective en explorant les intersections entre les tendances technologiques et sociétales et leur impact sur la société, la politique et la gouvernance

Le think-tank interne à la Commission européenne, l’European Political Strategy Centre (EPSC) s’est également exercé  en novembre 2018 à dessiner des scénarios possibles pour le futur de l’Europe :

  • Des sociétés fragmentées, des démocraties en déclin autour d’économies de l’exode, de la récession et de faible innovation ;
  • Des technologies socialement responsables, des citoyens responsabilisés et unis autour d’une économie de l’empathie : les revenus vont vers l’éducation, les soins et les divertissements ;
  • Un autoritarisme numérique en hausse où une économie de précision (hyper-surveillance, optimisation) ou des high tech dominent par les plateformes.

Les lendemains de pandémie dans les Etats-membres de l’UE d’ici quelques temps seront véritablement des révélateurs qui accélèreront le déploiement de ces scénarios théoriques, largement conditionnés par les resources qui seront encore disponibles et les décisions politiques à l’échelle européenne. Le 2e scénario d’une économie de l’empathie serait évidemment le plus désirable.

Au final, réfléchir au futur de l’Union européenne, au modèle et à la raison d’être du projet européen, même au coeur d’une crise sans précédent, est un exercice de lucidité salutaire.

Communication européenne de crise : comment l’Europe s’en sort ?

Au cœur de la pandémie de Coronavirus ces derniers jours, l’Europe a également été frappée dans sa communication. Revenons sur les principales séquences et ce que l’on peut en retenir…

Le seuil des 100 jours : le déficit d’incarnation

La crise sanitaire surgit en Europe au moment de l’échéance superficielle des 100 jours de la nouvelle présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et plus largement des nouveaux dirigeants tant au Parlement européen avec David Sassoli, qu’au Conseil européen avec Charles Michel, qu’à la Banque centrale européenne avec Christine Lagarde.

Que retenir sinon que ces différentes personnalités, à l’aune de la crise, n’étaient pas encore pleinement rentrées dans leur fonction, qu’elles n’incarnaient pas encore avec suffisamment d’assurance et d’ascendance leurs rôles, qu’elles n’étaient pas encore devenus « sorciers » des symboles européens difficiles à maîtriser. Ce déficit d’incarnation ne sera pas sans conséquence pour la suite.

L’effet de sidération : le souffle coupé

L’enchaînement des décisions sanitaires et économiques de la part des différents États-membres de l’UE a laissé peu de temps et d’opportunité aux autorités européennes pour sinon anticiper tout du moins réagir. Cette impression de trainer toujours avec un train de retard dans les annonces ne concernent pas seulement les autorités nationales, mais à fortiori les institutions européennes.

Lors de cette séquence cruciale, les dirigeants de l’Union européenne ne sont pas parvenus à mobiliser des messages de solidarité européenne. Aucun acte symbolique d’union n’est parvenu à s’imposer dans l’urgence. Aucun discours ou messages de mobilisation n’est parvenu à imprimer dans les médias. Est-ce forcément une fatalité ?

Les premiers mots : la carence d’émotion

Les premiers mots ont plutôt frappé par leur amateurisme et absence d’empathie : d’un côté, la présidente de la BCE déclare que son action ne vise pas à corriger les spreads, ces écarts entre les taux d’emprunt des États-membres sur les marchés financiers alors que l’Italie est en danger ; tandis que la présidente de la Commission européenne vante les mérites du marché commun alors que les chiffres des victimes commencent à s’accumuler. Les réflexes n’ayant pas été testés, répétés hors crise, ne sont pas les plus appropriés à une situation tellement inédite.

La phase d’indétermination : des récupérations précipitées

Face à des séquences d’annonces aussi denses, l’indétermination est logique, rationnelle : l’Union européenne sera-t-elle une partie de la solution ? Les dirigeants européens sauront-il tirer les enseignements sur les systèmes de santé et le reste… Bref, la multiplication des informations ne doit pas nous empêcher de se dire qu’il y aura une suite, qu’il s’agit d’y réfléchir, de se forger des idées nouvelles au contact de cette nouvelle réalité.

Le travers des débats européens a pris là encore trop vite le dessus. Les forces anti ou pro européennes n’ont pas attendues très longtemps pour accuser l’Europe de tous les maux ou d’en attendre de résoudre toutes les carences. Ce petit jeu malsain de récupération, chacun tirant la couverture n’aura pas contribué à faire évoluer les opinions sur l’Europe. Il faudra donc y revenir pour travailler les opinions, mais ce sera plus difficiles de convaincre.

Les décisions : l’ampleur des totems et tabous

En une semaine, l’Union européenne est finalement parvenue à des décisions qui étaient discutées, disputées depuis des années, et qui apparaissaient, selon les visions des uns et des autres tant comme des totems ou des tabous. Que l’on songe à la suspension du Pacte de stabilité (et la règle des 3% de déficit), à la fermeture des frontières extérieures et intérieures de l’espace Schengen ou du trillion d’euros que la banque centrale européenne annonce qu’elle dépensera, sans compter les fonds d’urgence et toutes autres mesures de circonstances.

Quelles seront les conséquences à plus long terme de la crise actuelle sur l’Union européenne ?

Budget de l’UE : quand la communication européenne devient oxymorique

Prenons prétexte du sommet européen sur la prochaine programmation budgétaire de l’UE, pour observer la progression paradoxale de l’Europe, qui ne doit cesser de nous interroger…

Des similitudes centrifuges

Quand l’Europe se saisit de nouveaux sujets de préoccupation des Européens pour davantage répondre aux attentes présumées ou recueillies dans les enquêtes d’opinion, les affaires européennes en viennent à aborder des questions où les opinions politiques et les préférences personnelles sont très différentes voire divergentes entre Européens. La construction européenne progresse ainsi sur des sols mouvants ou des pans de la société s’européanisent au détriment d’une unité européenne, qu’il faut bien admettre demeure largement fantasmée.

La vie politique européenne conduit les forces politiques à devenir des forces géopolitiques où les idées représentent autant des options dans chaque société que des choix sociétaux ancrés dans la géographie européenne. Pour illustrer les choses très vite, les conservateurs « occidentaux » qui se cherchent un second souffle dans l’UE s’inspirent et s’appuient sur des « modèles orientaux » très implantés en Hongrie ou en Pologne ; une avancée insoupçonnée de l’Europe. La présence/absence des Verts dans les pays européens est également révélatrice.

Les questions sociétales sont aussi influencées par des avancées qui ne viennent pas toujours des démocraties apaisées « modèles » d’Europe du Nord ; une autre voie impénétrable de l’européanisation des sociétés européennes existe.

Des divergences centripètes

De même, les conditions observables dans les sociétés européennes, qui devraient constituées des remparts, des douves infranchissables se révèlent des occasions de cheminement conjoint inattendu de l’Europe.

Au-delà du quotidien de la vie parlementaire européenne qui rassemblent des forces politiques sur une base transnationales pour toutes les familles politiques, en dépit d’une intuition initiale rétrograde d’impossibilité ontologique ou logique, d’autres développements doivent s’étudier.

La lutte contre les changements climatiques offrent un renversement puisque le combat divise davantage le monde des adultes que les jeunesses qui s’unissent pour agir à leur échelle et avec leur moyen.

Autre exemple, les stigmates de l’histoire qui laissent des traces encore vives dans les sociétés européennes devraient réduire les dialogues interculturels qui pourtant progressent, pas sans difficulté, vers un devoir de mémoire commun et des lectures complémentaires plutôt que rudimentaires des héritages.

Pour conclure, alors que le prochain budget pour l’avenir des politiques publiques européennes plafonne, et que l’absence d’ambition s’étale en plein jour au cours des nuits de négociations infructueuses, pourquoi les questions les plus consensuelles qui rassemblent les Européens semblent moins investies tandis que les enjeux plus polémiques, plus épidermiques occupent beaucoup les esprits ?

Encore faut-il qu’il y eût une communication et qu’elle fût européenne…

Faire le point sur la communication européenne aujourd’hui, dans ce billet d’humeur, est un exercice salutaire plutôt douloureux, car pour paraphraser le mot du général de Gaulle sur le dernier président de la IIIe République Albert Lebrun « Comme chef d’État, deux choses lui avaient manqué : qu’il fut un chef, qu’il y eut un État ». C’est bien là tout le problème !

Dépôt de bilan pour la communication de l’Europe ?

Pourquoi ? Parce que la « fracture européenne » titre d’un excellent rapport parlementaire en 2005 de Michel Herbillon est plus que jamais d’actualité et s’est même renforcée par les deux bouts de la ligne :

  • Recul du côté émetteur : la présence de plus en plus sporadique de l’UE comme locuteur dans le débat public, les campagnes de communication se réduisent, les portes-paroles se raréfient dans les médias, les événements se limitent aux happy-few des auto-entrepreneurs de la cause européenne ;
  • Recul du côté récepteur : l’écoute de plus en plus réduite des citoyens comme auditeur, faute de place pour l’Europe dans les médias, notamment l’audiovisuel public, parent pauvre de l’information européenne de notoriété publique.

La communication européenne est victime du « syndrome de la grenouille cuite », à petit feu, la grenouille finit tout simplement par cuire et mourir. De fait, à mesure que les moyens, les opportunités, les événements, les temps forts se réduisent petit à petit, la communication de l’Europe en est réduite à la portion congrue, sans crier gare.

On savait depuis l’excellente série Borgen qu’« à Bruxelles, personne ne vous entend crier ». On doit savoir qu’il en est de même dans les Etats-membres en matière d’affaires européennes. Les résultats lilliputiens de la présence médiatique de l’Union européenne dans les Journaux Télévisés français le confirment trop hélas.

Alors que faire ?

Construire des problèmes, c’est la seule solution !
Pourquoi ? Parce qu’il refédérer un public autour de problématiques à résoudre

Sans doute contre-intuitif, le premier remède est qu’il faut poser des problèmes. Auprès de l’opinion publique, il s’agit d’instruire à charges et à décharges, de faire des plaidoyers et des réquisitoires pour réinstaller le sujet « Europe » dans les imaginaires, dans l’univers des possibles.

Refaire parler d’Europe à tort et à raison est le seul moyen de reconstruire une audience, un public au sens d’un ensemble de personnes qui partagent un problème, qui se réunissent pour chercher des solutions communes afin de permettre à terme que l’Europe apparaisse comme une éventuelle solution permettant de résoudre nos difficultés.

Quitter l’esprit de sérieux, c’est sérieusement nécessaire
Pourquoi ? Parce le trop plein d’arguments tue le message – populariser l’Europe, c’est parvenir à simplifier

Deuxième étape de la convalescence, il convient de revoir la manière dont on parle d’Europe, si l’on veut qu’elle redevienne un sujet populaire au sens plein du terme. Cela nécessite que l’on quitte les propos doctes, professoraux et sentencieux mais surtout que l’on abandonne l’esprit de sérieux qui rend l’Europe soporifique.

Rendre l’Europe accessible, « concernante » comme disent les journalistes, « inclusive » selon les pouvoirs publics doit passer par une nouvelle langue simple, une libération de la parole. En somme, une révolution culturelle joyeuse comme préalable à toute forme de réapparition de l’Europe par le public avec un langage du quotidien à rebours du jargon technocratique.

Réfléchir au futur, c’est urgent
Pourquoi ? Parce que la bonne stratégie de communication pour l’Union européenne découle d’une prospective raisonnablement optimiste

Le dernier temps de la conversion porte sur le « fond de sauce », la recette qui donnera du goût et de l’appétit : une vision attractive du projet européen, de sa trajectoire actuelle et future en toute simplicité, qui repose sur un exercice de projection qui donne envie de poursuivre l’aventure, qui donne envie d’écrire les prochaines saisons autour de nouveaux scénarios et de nouvelles personnalités.

Essayer d’attirer de nouveau l’attention et de susciter l’intérêt des Européens ne peut se faire qu’avec une ligne narrative directrice, un schème scénaristique basique qui réinscrivent les succès réalisés et les conquêtes à atteindre dans un ensemble somme toute évident, intuitif, indispensable.

Au total, n’oublions pas que rien de ce qui apparaît comme simple ne l’est en réalité, les choses les plus réussies sont les plus construites sans négliger surtout les efforts – et donc les moyens – permettant d’y parvenir. Même si l’Union européenne n’a encore été suffisamment pensée, il convient pourtant maintenant de la communiquer ?