Archives de catégorie : Communication sur l’Europe

Billets sur la communication européenne des États-membres et de la société civile

Communauté politique européenne : la famille géopolitique européenne entre guerre et paix

L’Institut bruxellois de géopolitique, le think tank créé à l’occasion du lancement de la nouvelle Communauté politique européenne, partage son premier position paper, à l’occasion du deuxième sommet de la CPE, à Chisinau, en Moldavie : « Rapprocher la grande famille européenne : Nouvelles perspectives sur la Communauté politique européenne » rédigé par Hans Kribbe, Sébastien Lumet et Luuk van Middelaar.

Alors que la « guerre européenne » de la Russie contre l’Ukraine réinvente « une nouvelle et plus vive expérience de l’espace géographique », où les Européens sont « contraints de réévaluer l’ordre qui les maintient ensemble, « l’Europe » semble avoir exhumer une incarnation plus ancienne d’elle-même, elle endosse l’ancien manteau diplomatique d’une entité d’États souverains gouvernée par des sommets informels, des normes d’égale dignité et l’importance de la confiance ».

La thèse de l’Institut bruxellois de géopolitique sur la Communauté politique européenne, c’est qu’elle représente une réponse appropriée et opportune à la disparition de l’ordre européen d’après-guerre froide. Le nouveau club permet à ses membres de se réunir et de planifier en tant qu’États souverains des questions difficiles sur la guerre, la paix et l’ordre.

Confronté aux questions du temps présent, l’Europe puise dans son passé, dans les méthodes et les pratiques diplomatiques souvent oubliées qui ont donné naissance au système étatique moderne.

Cette volonté de revenir à ses origines et de réinventer, ou du moins de réajuster, l’ordre étatique européen explique trois caractéristiques essentielles de la Communauté politique européenne :

  1. Son apparent mépris des « résultats tangibles » concrets ou des communiqués officiels. Aussi longtemps que nécessaire, les dirigeants du continent doivent pouvoir se réunir dans des cadres informels et non scénarisés.
  2. Les efforts de l’organisme, même s’ils sont parfois hésitants, pour se tenir à une certaine distance de l’Union européenne.
  3. Son focus impénitent sur les intérêts de sécurité partagés plutôt que sur les valeurs partagées.

Le fait que des États stratégiquement importants ne fassent pas partie de l’Union montre clairement que l’adhésion à l’UE, qu’elle soit réelle ou potentielle, ne définit pas l’Europe. C’est là que réside la raison d’être de la Communauté politique européenne. Elle offre précisément le genre d’arrangement dont le continent a actuellement besoin : pan-européen, flexible, informel, égalitaire et intime dans son esprit.

La nature informelle de la Communauté politique européenne, un organisme apparemment incapable de produire une déclaration commune pourrait être perçue comme un signe de la désunion européenne trop familière. Cependant, ce nouveau forum, plutôt que de formuler de nouvelles politiques, joue un rôle plus fondamental en ravivant un sentiment de corps politique européen.

La Communauté politique européenne est une tentative très politique de mettre à profit ces liens rudimentaires entre les États en s’appuyant sur les principes de la diplomatie qui lui permettent de fonctionner comme un forum d’égaux (en dehors de l’orbite de l’UE), une communauté d’intérêts (à une certaine distance du Conseil de l’Europe) et un lieu de rencontre informel pour les dirigeants (sans bureaucratie).

La Communauté politique européenne est un forum politique européen indépendant qui vise à raviver un sentiment de corps politique européen en dehors des cadres institutionnels existants. Elle offre aux États européens l’opportunité de se rencontrer en tant qu’États souverains et d’aborder des questions d’intérêt commun, sans les contraintes bureaucratiques des institutions européennes.

La Communauté politique européenne peut déjà être un centre névralgique et un catalyseur de l’action collective, l’ »ambiance » dominante des objectifs généraux tels que renforcer la sécurité et la résilience énergétiques peut être transformé en action en utilisant l’occasion pour convenir de projets communs au niveau bilatéral ou multilatéral

Une plus grande action de l’EPC pourrait également découler de l’influence des institutions financières internationales via la Banque européenne pour la reconstruction et le développement ou la Banque européenne d’investissement.

La volonté politique de soutenir la nouvelle communauté dépendra des nombreuses menaces de sécurité et crises affectant les intérêts stratégiques du continent, suggérant la nécessité d’un organisme paneuropéen visant à renforcer la résilience du continent pour jouer un rôle important dans la sécurisation de l’avenir de l’Europe.

La Communauté politique européenne rappelle aux Européens un art diplomatique et une diplomatie d’État plus anciens, souvent oubliés, qui pourraient un jour devoir être mobilisés pour mettre fin à la guerre, voire pour instaurer la paix.

Et sous l’angle de la communication européenne, que peut-on attendre de la Communauté politique européenne ?

  1. Renforcement de la visibilité : La réunion de la Communauté politique européenne offre une occasion de mettre en avant l’importance et la pertinence de mettre à l’agenda des discussions relatives à l’avenir de l’Europe. Les dirigeants européens peuvent utiliser cet événement pour communiquer de manière claire et cohérente sur leurs objectifs, leurs valeurs et leurs actions.
  2. Cohésion et unité : La réunion permet aux dirigeants européens de démontrer leur engagement envers une famille européenne unie et de renforcer la cohésion entre les États-membres de l’UE et les autres États européens. La communication lors de la réunion doit souligner l’importance de travailler ensemble pour relever les défis communs et promouvoir l’harmonie entre les nations européennes.
  3. Annonces et initiatives communes : La réunion peut être l’occasion de présenter des annonces et des initiatives communes qui illustrent la coopération et la solidarité au sein de la Communauté politique européenne. Ces annonces peuvent concerner des domaines tels que la sécurité, l’économie, les énergies ou les droits de l’homme.
  4. Communication vers le grand public : La réunion de la Communauté politique européenne peut servir de plateforme de communication auprès du grand public. Les dirigeants européens peuvent utiliser cette occasion pour expliquer les enjeux de l’Europe d’aujourd’hui, engager un dialogue dans la presse à destination des citoyens et partager leur vision de l’avenir de l’Europe. Une communication claire et accessible est essentielle pour susciter l’intérêt et l’adhésion.
  5. Influence et rayonnement international : La réunion peut également être l’occasion de renforcer l’influence et le rayonnement international de l’Europe. Les dirigeants européens peuvent profiter de cet événement pour communiquer sur la position de l’Europe sur la scène mondiale et promouvoir les valeurs européennes à l’échelle internationale.

Comment l’Union européenne lutte contre la propagande ?

Dans « Les politiques européennes de lutte contre la propagande », Marie Robin pour la Fondation Robert Schuman décryptent les armes communicationnelles et narratives pour faire avancer leurs propagandes dans un conflit et sur la scène internationale, l’invasion de l’Ukraine par la Russie étant accompagnée d’opérations d’influence, de désinformation et de propagande, la plupart antieuropéennes. L’Union européenne directement concernée par les discours de propagande tente donc de développer des stratégies de lutte contre les contenus propagandistes et leurs effets…

Fausses nouvelles et propagande, un problème pour la démocratie en Europe

66% des citoyens en Europe déclarent lire ou entendre des fausses nouvelles au moins une fois par semaine, nous « subissons une pression grandissante et systématique pour faire face aux campagnes de désinformation et d’informations trompeuses et à la propagande contre la notion même d’information objective ou de journalisme éthique, en ne diffusant que des informations partiales ou servant d’instrument au pouvoir politique, et qui nuisent également aux valeurs et aux intérêts démocratiques ».

La principale menace identifiée quand il s’agit de propagande en Europe a trait à la propagande antieuropéenne du Kremlin, vue comme un potentiel risque de « rideau de fer informationnel » : narratifs et armes de propagande pour justifier sa guerre contre l’Ukraine tout en diffusant des récits anti-européens potentiellement déstabilisateurs.

La propagande chinoise est principalement dénoncée non pas pour ses propres intérêts directs, mais comme relais et soutien du Kremlin au sein de l’Union.

L’extrême droite, appartenant aux mouvances suprémacistes, néonazies et/ou conspirationnistes, souvent inspirées des mouvements QAnon aux États-Unis, diffuse des discours haineux, extrémiste et violent anti-immigration, antiféminisme, conspirationnisme, antisémitisme et anti-élite. Les groupes d’extrême droite diffusent des contenus anti-démocratiques, visant à déstabiliser la cohésion européenne et à promouvoir des visions strictes des frontières.

Lutter contre les contenus de propagande, terroristes ou non, destinés à déstabiliser l’Union européenne ou ses États membres

Garantir des principes fondateurs : liberté des médias, accès à l’information, liberté d’expression, pluralisme des médias.

Identifier et connaître avant de lutter contre les contenus de propagande : saisir, comprendre et analyser, l’Union européenne cherche à agir en tant que « forum de coordination » entre les États membres, favorisant le partage d’informations, l’échange de bonnes pratiques tout en développant, à l’échelle supranationale, des initiatives de recherche et de renseignement destinées à saisir ces contenus.

Empêcher la diffusion de contenus de propagande non-terroristes, c’est-à-dire suspendre la diffusion de certains médias, comme les chaînes russes TV RT ou Sputnik dans les États membres.

Idéalement, supprimer les contenus dans une temporalité rapide afin d’en éviter la viralité. interdire les médias qui diffusent des contenus de propagande et empêcher le recrutement par des acteurs propagandistes étrangers de relais d’influence au sein de l’Union.

Contrer ne peut se faire avec les armes des adversaires sous forme de contre-propagande, l’Union européenne privilégie plutôt de déconstruire (debunker) et de promouvoir des voix modérées

« Debunker la désinformation » passe dès 2015 par une Task force de communication stratégique dans le voisinage oriental (East StratCom Task Force) via le site EUvsDisinfo pour « expliquer et dénoncer les récits de désinformation et sensibiliser à l’impact négatif de la désinformation provenant de sources pro-Kremlin. »

Refuser de faire de la contre-propagande, c’est montrer le faux et exposer les mensonges proposés dans les discours de propagande, réfuter et diffuser des informations utour des valeurs démocratiques et des politiques publiques proposées par l’Union européenne

Former pour mieux lutter contre les informations partiales ou erronées véhiculées par les discours de propagande ou de désinformation, l’Union européenne promeut un journalisme de bonne qualité en soutien à la liberté des médias et en renfort des médias indépendants

Potentiels défis de la responsabilité commune à l’Union européenne et aux États membres

« Si tout le monde est responsable, alors peut-être qu’in fine, personne ne l’est », la dualité, louable en principe peut néanmoins se révéler un obstacle en certaines occasions et conduire à de potentielles injonctions contradictoires.

Le choix de l’Union européenne de promouvoir un discours positif n’est pas sans obstacle dans un contexte de montée du populisme dans plusieurs États membres mettant en cause le caractère fondamentalement démocratique de l’UE.

Contrer les accusations de technocratie ou de prise de décision made in Bruxelles, c’est la mission des institutions européennes, de rendre leur fonctionnement, et les mesures adoptées, accessibles et compréhensibles pour les citoyens.

Contrer les discours anti-européens dans et en dehors de l’Union européenne passe, avant tout, par le renforcement du projet européen, de la cohésion entre ses États membres et de son accessibilité auprès de tous les Européens.

Vers nouvelle doctrine économique européenne

Décryptage du discours du Président de la République à La Haye le 11 avril dernier, dessinant les contours d’une nouvelle doctrine économique européenne, pour protéger les intérêts et valeurs françaises et européennes, pour demeurer souverains, pour mener à bien la transition climatique, pour créer des emplois et de la croissance et préserver notre modèle social…

Querelle de forme et débat de fond

Le narratif préféré des Européens, c’est que l’Union européenne est toujours censée sortir grandie des crises ; mais là, avec l’agression russe en Ukraine, les cartes sont rebattues et l’incertitude est totale. Le temps n’est plus au « business-as-usual » où chaque protagoniste joue son rôle d’acteur pour ou contre l’Europe.

Le concept de « souveraineté européenne » placé au centre du projet politique présidentiel est une fausse controverse mais un vrai point de friction très largement critiqué en France et en Europe.

Le philosophe-roi, dont on sait qu’il ne s’agit pas d’une bonne idée, tente une nouvelle fois de convaincre de la pertinence de son idée, en s’appuyant sur Spinoza et son Traité théologico-politique : « « Le droit est défini par le pouvoir de la multitude. C’est ce que l’on appelle la souveraineté ». (…) Pour être soi-même, il faut être souverain, identité et souveraineté sont intrinsèquement liées (…) défendre sa souveraineté n’implique pas de s’éloigner de ses alliés, mais uniquement de pouvoir choisir ses partenaires et de façonner sa destinée plutôt que de n’être que le simple témoin de l’évolution dramatique du monde ».

La pandémie et la guerre nous ont fait comprendre que pour préserver l’identité européenne, il nous fallait réduire notre niveau de dépendance. Une nouvelle doctrine globale en matière de sécurité économique doit nous protéger, préserver notre identité et nous permettre de définir de manière autonome nos modèles actuels et futurs.

Compétitivité et intégration européenne

Promouvoir son identité et défendre, à long terme, le modèle européen ne peut se faire sans être en mesure de produire les solutions les plus performantes, s’assurer d’innover sur un marché ouvert afin de rester un continent de producteurs et pouvoir prendre des décisions pour nous-mêmes; ce qui requiert des talents et des compétences, implique de veiller à ce que la population soit formée et dispose des capacités nécessaires pour s’adapter à l’environnement actuel.

Nous avons besoin d’une Europe et d’une intégration renforcées de nos marchés, qui constitue la chance, la force de l’Europe ; le financement de nos économies – les talents et le capital – est essentiel dans un monde en pleine innovation, il faut une Union des marchés des capitaux.

Politique industrielle européenne

Le manque d’équilibre entre le marché et l’intervention publique, nous place dans une situation de trop forte dépendance et nous permet pas de peut créer notre propre industrie à zéro émission nette, notre propre industrie des semi-conducteurs ou encore notre politique industrielle agricole.

Notre politique industrielle européenne doit réunir les problématiques industrielles, les enjeux climatiques et l’autonomie décisionnelle en vue de la création de valeur économique en Europe ainsi que du financement de notre modèle social. Sans production, pas de justice.

Protection des intérêts stratégiques de l’Europe

Protéger les intérêts de nos actifs stratégiques contre des actions hostiles ou des pratiques distortives permettant de bloquer ou d’interdire les participations ou les acquisitions étrangères dans certaines entreprises stratégiques marque un véritable tournant idéologique afin de protéger les infrastructures essentielles et la cybersécurité.

Assurer la prévention des contenus numériques, dans les domaines de l’éducation et de la culture se traduit par la protection de nos réseaux sociaux, de nos intelligences artificielles et de toutes ces innovations qui nous exposent à un réel danger et qui peuvent nuire à l’éducation de nos enfants et au fonctionnement de notre démocratie.

Réciprocité

Les marchés ne peuvent plus se réguler d’eux-mêmes, la réciprocité sera particulièrement importante pour la nouvelle génération d’accords commerciaux à la fois :

  • soutenable avec la lutte contre les changements climatiques et le respect des engagements en faveur de la biodiversité ;
  • équitable et équilibré pour éviter tout effet préjudiciable sur l’économie de l’Union européenne, notamment dans les secteurs les plus sensibles ;
  • clarifiant les intérêts stratégiques de l’accord pour l’Union européenne comme l’accès privilégié aux matières premières essentielles ou la diversification des fournisseurs dans les secteurs clés.

Coopération

Établir une série de coopérations destinées à renforcer et étendre nos règles et instruments multilatéraux afin de porter notre modèle européen au niveau international :

  • revitaliser et étendre le cadre multilatéral de l’Organisation Mondiale du Commerce pour un monde ouvert et plus durable ;
  • respecter un haut niveau d’exigence en termes de valeurs, comme la lutte contre la déforestation ou le travail forcé.

Cette nouvelle doctrine économique concilie la création d’emplois, le financement de notre modèle social, la lutte contre les changements climatiques ainsi que le renforcement de notre autonomie décisionnelle afin de préserver nos valeurs et notre modèle européen, qui repose sur l’humanisme, la liberté et la solidarité, une nécessité pour vivre en tant qu’Européens.

EuropCom 2023 : Communiquer la démocratie, communiquer l’Europe

Rendez-vous incontournable des professionnels de la communication européenne, la communauté EuroPCom se retrouve les 26-27 juin 2023 pour réfléchir aux questions majeures en rapport avec le thème, cette année, de la conférence sur la démocratie européenne, selon le programme

Risques et périls de la communication européenne au regard des dangers

Lutter contre désinformation et influences de la technologie sur la démocratie est le thème inaugural qui pose de nouvelles responsabilités en tant que communicateurs européens.

Renforcer la résilience face à la manipulation des informations liées aux élections fait l’objet d’un laboratoire d’idées sur la détection et la réponse à la désinformation avant les élections européennes.

Combler le fossé entre l’UE et les collectivités locales, en montrant les meilleures pratiques réussies d’activités de communication au niveau local et régional.

Défis et opportunités pour la communication européenne au regard des best practices

Améliorer l’éducation aux médias, puisque l’influence des médias d’information traditionnels diminue tandis que les médias sociaux prennent en partie le rôle d’établissement de l’agenda et de contrôle d’accès menaçant l’avenir pour un journalisme de qualité dans une société où les gens restent dans leurs chambres d’écho de l’information. Dans le plan d’action européen pour la démocratie 2019-2024, l’éducation aux médias des citoyens agit sur leur capacité à évaluer de manière critique le contenu des médias et à lutter contre la désinformation.

Segmenter l’audience comme stratégie de communication réussie, pour que la communication sur les politiques publiques européennes ait un sens, il s’agit d’engager auprès des citoyens à un niveau personnel. Les résultats d’une segmentation d’audience paneuropéenne, la première du genre, réalisée en 2022 par Ipsos pour la DG COMM de la Commission européenne, a identifié six segments basés sur les valeurs et les attitudes politiques des citoyens (vs une segmentation traditionnelle socio-démographique) pour les stratégies de messages et d’achat de médias.

Impliquer les citoyens, engager les citoyens à faire entendre leur voix et leur permettre de prendre des décisions éclairées devient un pilier de la démocratie européenne afin de répondre différemment aux enjeux institutionnels et politiques aux échelles nationales et européennes tout en assurant que tous les différents groupes de personnes sont entendus.

Renforcer la démocratie européenne avec la participation citoyenne et la démocratie délibérative tels que panels de citoyens ou dialogues citoyens permanents ne sont pas simplement des mots à la mode mais des exemples concrets de la manière d’accroître la participation et l’appropriation citoyennes de la démocratie européenne.

Améliorer l’engagement civique avec des outils numériques et des données ouvertes utilisés pour le crowdsourcing et la co-création dans l’élaboration des politiques publiques comme par exemple la solution de données ouvertes TrackMyEU et les nouvelles plateformes de médias sociaux open source développées par le Contrôleur européen de la protection des données favorisent la transparence et responsabilisent les citoyens.

Expérimenter la démocratie différemment que ce soit sous l’angle de la diversité, de l’inclusion et de la cohésion sociale ou encore grâce à la liberté d’expression contre les sentiments avec la satire dans les démocraties modernes, avec Fabio Mauri « Directeur général à la DG MEME » (une fonction parodique).

Faire campagne à l’aune des élections européennes

Activer les électeurs avant les élections européennes afin de parvenir à des stratégies favorisant une participation active aux processus démocratiques et surtout toucher les primo-votants.

Toucher les citoyens de manière engageante et massive en amont des élections ou d’autres moments démocratiques importants via des initiatives d’engagement citoyen, des campagnes participatives à double sens menées par JEF Europe et Make.org qui s’appuient sur une longue expérience en matière d’éducation civique et d’engagement pour apporter une démarche permanente : EurHope, une plateforme interactive en ligne pour sensibiliser aux élections européennes et créer un dialogue entre les jeunes de nombreuses régions européennes.

Rendez-vous les 26-27 juin 2023 !

Tendances et dynamiques politiques dans l’Union européenne : perspectives pour les élections européennes de 2024

Un an avant les prochaines élections européennes de2024, quelles sont les tendances et dynamiques politiques liées aux projections des dynamiques électorales à anticiper de l’impact des résultats du scrutin sur la répartition du pouvoir au sein des institutions européennes ?

Une reconduction de la coalition centriste, plus à droite ?

Selon une étude de Matrix.eu, dans l’ensemble, la tendance à la baisse des parts de vote des groupes centristes PPE, S&D et Renew, observée depuis 2009, devrait se poursuivre lors des prochaines élections européennes. Les deux groupes les plus importants, PPE et S&D – qui travaillaient exclusivement en coalition dans les mandatures antérieures à l’actuelle – n’obtiendraient qu’un bon 40 % des sièges.

Dans le cadre de la coalition actuelle des trois groupes centristes réunis, les résultats anticipés déboucheraient sur une majorité étroite d’environ 56 % de tous les sièges – sans qu’il n’y ait une majorité de sièges ni à gauche ni à droite du spectre de ces partis. Cependant, en raison du renforcement des conservateurs et des députés européens non affiliés de droite, le spectre politique du Parlement européen serait susceptible de se déplacer davantage vers la droite.

Ce changement de pouvoir aura également un impact sur le positionnement du Parlement européen dans des domaines politiques clés comme les réglementations industrielle ou environnementale ou sociale, le prochain parlement plaidera à l’avenir pour une approche plus orientée vers les recommandations pro-marché des acteurs économiques.

Les majorités au Parlement européen seront encore moins claires après les élections de 2024, posant des défis majeurs aux parties prenantes qui souhaitent faire valoir leur position dans le processus législatif européen.

Un renouvellement inédit des eurodéputés et du personnel politique européen ?

Dans une autre étude de Matrix.eu, les projections tableraient sur un minimum de 55% de nouveaux arrivants au prochain Parlement européen, un niveau de renouvellement très élevé.

En effet, un tiers des députés européens devraient perdre leur siège en raison de changements électoraux (par exemple, leurs partis perdront des sièges lors des prochaines élections). De plus, d’autres députés seront changés en raison du roulement dans les rangs des partis établis. Enfin, le nombre réel pourrait même être plus élevé en raison d’un autre phénomène : la dynamique, qui fait qu’aux élections européennes, les partis fraîchement créés gagnent du terrain dans les sondages à mesure que nous nous rapprochons des élections, envoyant de facto de nouveaux élus siégés au Parlement européen.

Cette proportion élevée du renouvellement des députés européens a des implications importantes (à la fois des risques et des opportunités) pour les parties prenantes, car la plupart des nouveaux arrivants ne seront familiarisés ni avec l’agenda ni avec les procédures des institutions de l’UE pour naviguer dans les subtilités de l’élaboration des politiques bruxelloises.

Affaire à suivre !