Archives de catégorie : Communication de l’UE

Billets sur la communication des institutions européennes

EuropCom : que réserve le programme de la 6ème conférence sur la communication européenne ?

Depuis Bruxelles, les 21 et 22 Octobre 2015, les conférences, débats et ateliers interactifs d’EuropCom seront organisés en parallèle de la réunion annuelle des 500+ centres d’information Europe Direct, offrant, on peut l’imaginer une vision plus concrète et terrain que jamais de la communication européenne…

Tour d’horizon des derniers mouvements dans les opinions publiques européennes

Eurosceptimania

Entre les facteurs globaux de déstabilisation des sociétés, la perte de confiance dans les valeurs européennes et la désillusion interne à l’UE, l’euroscepticisme sera au cœur des échanges, et les voies pour faire face à des opinions publiques de plus en plus anti-européennes deviennent prioritaires.

L’Europe Radicale

Le phénomène de radicalisation et le sentiment anti-occidental gagnent du terrain dans tous les Etats membres. Comment établir un dialogue équitable et ouvert avec les quartiers défavorisés et répondre avec des pratiques d’assimilation constructives pour lutter contre l’aliénation, le profilage racial, et la stigmatisation culturelle ?

Présentation des dernières pratiques en matière de démocratie participative européenne

Les citoyens-lobbyistes: comment les citoyens peuvent devenir lobbyistes dans l’intérêt public de l’UE ?

Alberto Alemanno abordera la nécessité d’éduquer et de sensibiliser une nouvelle génération sur la façon d’assurer une représentation juste et équitable pour les acteurs sans voix dans le processus d’élaboration des politiques afin de relancer la prise de décision démocratique.

Open EU: comment développer des pratiques intégratives de prise de décision ?

Comment parvenir à l’élaboration de politiques publiques ouvertes en Europe. À partir des principales conclusions du projet « Open UE » en matière de transparence dans la prise de décision, de plus grande participation du public, et d’utilisation d’outils innovants.

Discussion sur l’importance et l’impact de la communication européenne locale

Comment faire de l’UE une info locale ?

Journaux locaux, chaînes de télévision et stations de radio régionales sont encore au cœur de l’information pour la plupart des Européens. Comment vendre l’UE, et toutes ses actions pour la croissance et l’emploi ou l’énergie et l’environnement aux journalistes locaux avec une image précise des effets sur la vie quotidienne ?

Le pouvoir des événements locaux sur l’Europe

Foires culturelles, expositions publiques, vitrines entrepreneuriales, la gamme des événements pour s’efforcer de sensibiliser sur les pratiques de l’UE et stimuler le débat public est large, à condition d’en maîtriser les concepts et la logistique.

Ouverture sur les tendances propres à la communication de l’Union européenne

Un récit commun

Les communications de l’UE peuvent-elle être unifiées par un ensemble de principes qui définissent l’Europe et brossent un tableau consolidé pour les Européens, au-delà des projets concrets et tangibles. Comment inspirer les citoyens à coopérer avec l’Europe ? Y a-t-il un seul meilleur moyen de communiquer, et devrait-il avoir une norme de communication ?

Une identité européenne

Quels sont les principes essentiels à l’Europe pour l’avenir : la culture, la géographie, l’idéologie… le football, le concours Eurovision ? La réalité d’aujourd’hui est que ce sont les partis nationalistes et indépendantistes qui gagnent le plus d’influence, alors que les valeurs et les objectifs de l’Europe sont les forces, au sein des opinions publiques, de la construction européenne.

Découvrir le programme préliminaire complet à EuropCom 2015.

 

Quelles sont les 10 meilleures sources d’informations sur l’Union européenne ?

À partir d’une large veille sur des portails, des newsletters et autres publications en ligne (en français et en anglais), une sélection des meilleures sources d’informations sur l’Union européenne aujourd’hui…

1. La revue de presse quotidienne de Touteleurope

Offrant tous les jours à la fois un regard large et accessible sur l’actualité européenne, la revue de presse quotidienne de Touteleurope se présente sous la forme d’une synthèse sur le grand sujet du jour et les articles français et européens qui y sont liés, ainsi qu’un panorama des articles du jour sur l’UE dans la presse française par thème et dans la presse européenne.

2. Le briefing quotidien de Contexte

Plus denses et plus techniques, les briefings quotidiens de Contexte sont tout autant indispensables en faisant le tour de l’actualité du jour et proposant des indiscrets et un agenda des principales réunions institutionnelles. Au-delà du briefing « général », 4 briefings thématiques : énergie, transports, numérique et territoires complètent l’offre réservée aux abonnés.

3. Le Brussels Playbook de Politico Europe

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Plus récent dans le paysage, et extrêmement bien informé sur les grands et les petits événements bruxellois dans les affaires européennes, la lecture du « Brussels Playbook » de Politico Europe est très recommandée. Son auteur Ryan Heath est notamment l’ancien porte-parole de Neelie Kroes, la Commissaire néerlandaise au digital sous Barroso.

4. La lettre de la Fondation Robert Schuman

Véritable succès avec 200 000 abonnés et des éditions hebdomadaires en 5 langues (français, anglais, allemand, espagnol et polonais), la Lettre de la Fondation Robert Schuman se définit comme « unique en son genre » et offre un condensé de l’actualité institutionnelle et culturelle européenne. 

5. La sélection des éditeurs du Blogginportal

bloggingportal_5_years

Réalisée à partir d’un feed rassemblant actuellement 1 132 blogs publiant dans presque toutes les langues de l’UE, la sélection des éditeurs du Bloggingportal, quoiqu’irrégulière est rafraichissante par ses choix se portant sur des éclairages originaux et indépendants sur les grands enjeux et les principales orientations de la construction européenne.

6. Le Netvibes de Nosemonkey

Disponible sur une plateforme de curation de contenus, le Netvibes de Nosemonkey et son onglet « Must-read EU blogs », parmi une dizaine d’autres, propose une sélection des meilleures sources d’informations sur l’Union européenne, qu’il s’agisse de blogs animés par des journalistes ou des amateurs, ou de sites d’organisations agissant dans les affaires européennes.

7. La newsletter « The European Interest » de Kosmopolito

Le bloggeur Kosmopolito s’est lancé le défi réussi de publier régulièrement une newsletter sur la politique de l’UE sous la forme d’un mélange éclectique, « The European Interest » apporte le meilleur des contenus les plus inspirants sur l’UE ou les questions politiques européennes, idéalement y compris les points de vue adverses et divergents.

8. La vidéo hebdomadaire « EU Tweets of the Week: the Good, the Bad and the Ugly »

Chaque semaine, Jennifer Baker réalise sur la plateforme Vieuws, définie comme « the EU policy broadcaster », une vidéo qui fait la synthèse de se qui s’est passé sur Twitter. Une occasion, surtout pour ceux qui ne sont pas encore sur Twitter ou qui n’ont pas le temps d’y aller tous les jours de rattraper leur retard et de faire illusion.

9. Le panorama des think tanks de la Représentation permanente de la France auprès de l’UE

Tous les trimestres, l’administration qui joue le rôle d’interface entre les autorités françaises et les institutions de l’Union européenne propose un « panorama des think tanks », une sélection des principales contributions des think tanks bruxellois aux débats d’idées sur les questions européennes.

10. Le EP newshub : les eurodéputés en version 100% social media

EP_newshub

Dernière source, la plateforme de visualisation des conversations des eurodéputés dans les réseaux sociaux : le « EP newshub », qui donne notamment une visibilité aux thèmes les plus abordés par les élus européens, grâce au suivi des principaux hashtags utilisés.

Vous avez d’autres coups de cœurs ? Donnez votre avis avec les commentaires.

Comment les eurodéputés s’informent et communiquent dans les médias sociaux ?

Pour la 3e fois, Fleichman-Hillard publie son « European Parliament Digital Trends Survey », une enquête auprès de 100 eurodéputés pour mieux comprendre leurs pratiques en matière d’information et de communication dans les médias sociaux…

Les médias sociaux font dorénavant partie du travail des euro-parlementaires

La lecture des premiers résultats de l’enquête confirme que les médias sociaux sont dorénavant incontournables au Parlement européen :

  • 61% des eurodéputés écoutent quotidiennement les conversations dans les médias sociaux, même s’ils n’y participent pas activement ;
  • 88% soit 663 sont présents sur Facebook ;
  • 76% sont actifs sur Twitter soit 572 ;
  • 28% maintiennent une présence sur LinkedIn, le réseau social qui progresse le plus ;
  • 80% des eurodéputés (seulement) disposent d’un site web personnel.

Les médias sociaux sont clairement devenus des médias de choix dans la communication des eurodéputés en ligne à destination des parties prenantes : ONG, entreprises et think tanks.

En matière d’usage, des pratiques se dessinent également selon les médias sociaux :

  • Twitter est apprécié pour sa dimension « breaking news », pour s’engager dans des échanges avec les parties prenantes et apprendre les positions des différents acteurs ;
  • LinkedIn, le plus récent, est utilisé pour construire et s’informer sur son réseau.

Les moteurs de recherche, les médias en ligne et les médias sociaux sont des ressources quotidiennes

Toute la palette des outils web est mobilisées plus ou moins massivement par les eurodéputés et leurs collaborateurs :

  • Google est utilisé quotidiennement par 82% des élus et de leur staff ;
  • Les médias en ligne, et les médias spécialisés sur l’UE sont également largement consultés tous les jours ;
  • Wikipedia est très régulièrement visités.

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La communication intégrée (off et online) avec les parties prenantes est pratiquée par les eurodéputés

Dans leur communication avec les parties prenantes, les eurodéputés adoptent un mix entre moyens off-line « traditionnels » encore très appréciés (réunions, événements et position papers) et canaux online (infographies, vidéos, Wikipedia et les sites et comptes dans les réseaux sociaux).

MEP_digital_trends_2015_stakeholders_channelsLa hiérarchie des canaux de communication, lorsque les eurodéputés doivent se forger une opinion en matière de politique publique est dominée par les moyens traditionnels (réunions et positions papers) mais talonnée par les nouveaux formats (infographies et médiaux sociaux) tandis que les événements et les médias sponsorisés sont peu pertinents.

Au total, en quelques années, l’information et la communication des eurodéputés ont été largement bouleversées par les médias sociaux et les nouveaux formats sans pour autant faire disparaître les moyens traditionnels qui cohabitent plus ou moins harmonieusement.

Déficit de communication de l’UE ou problème de sens de l’Europe ?

Trop souvent, la confusion est entretenue entre le déficit de communication de l’UE qui serait la cause de tout et le vrai problème au niveau du sens de la construction européenne à l’heure actuelle. Il ne faut pas prendre le symptôme (le déficit de communication de l’UE) pour la pathologie (le problème de sens de l’Europe)…

L’Europe est-elle fait pour empêcher ou pour faire ?

À cause d’une communication européenne trop souvent normative : « l’UE fait ceci, l’UE décide cela… » audible uniquement en période de crise, et peu suivie d’effets visibles, la perception du grand public au cours des dernières années a profondément évolué.

Pour reprendre une clé de lecture introduite par le juriste Georges Burdeau, les Européens sont passés d’une vision de l’Europe comme « démocratie gouvernée » (l’idée libérale d’un Etat démocratique pour empêcher de porter atteinte aux droits des citoyens) à une « démocratie gouvernante » (l’idéologie d’un Etat qui transforme la société).

Aujourd’hui, l’Europe est davantage perçue comme l’empêcheur qui sanctionne plutôt que comme le catalyseur des énergies et c’est contre cette perception que la communication européenne devrait porter le fer en priorité.

L’Europe est-elle fait pour faire circuler ou pour unir ?

À cause du succès incontestable – et tellement isolé – du programme Erasmus pour la mobilité des étudiants en Europe, la construction européenne finit dans l’esprit des nouvelles générations par incarner un projet de circulation des marchandises et des personnes et non plus un projet d’une « union sans cesse plus étroite » que les Brexit et Grexit menacent.

Selon l’ancien eurodéputé Jean-Louis Bourlanges, la logique de la mobilité de plus en plus largement répandue pose une fausse question au citoyen consommateur « Qu’est-ce que j’ai avec l’Europe » tandis que la logique de l’identité, quoiqu’éminemment sensible place le débat sur le bon terrain, que beaucoup refusent d’aborder : « Qu’est que je suis avec l’Europe ».

Aujourd’hui, l’Europe est davantage attendue pour ce qu’elle a (à distribuer, à négocier) que pour ce qu’elle est (une vision et une ambition commune) et là encore, tant que la communication européenne ne s’attachera pas à parler des sujets de fond qui peuvent fâcher ou cliver, le déficit technocratique de l’UE perdurera.

Le sens de l’Europe : le smart power de la norme

Finalement, le sens de la construction européenne, le plus lisible à l’heure actuelle, c’est le modèle de gouvernance que les Européens sont parvenus tant bien que mal à mettre en place pour gérer la chose publique commune.

Que l’on s’intéresse à la vision de Zaki Laïdi sur « L’empire de la norme » selon lequel « l’influence de l’Europe dans le monde, à défaut d’être géopolitique, est de nature normative » ou à celle de Jeremy Rifkin dans « The European Dream » pour qui « l’Europe est une vision de l’humanité reposant sur le règne du droit », force est de reconnaître que finalement, face aux enjeux mondiaux (chocs démographique, climatique, économique, financier, social, etc.), l’Europe avec son modèle de la norme sans la force a un temps d’avance !

Au total, c’est l’absence de communication de l’UE qui a finit par laisser penser que la construction européenne n’était pas un projet démocratique alors qu’avec l’ambition que portent les non-Européens sur le projet inédit de l’UE la communication européenne devient une nécessité démocratique et une évidence autour du smart power de la norme.

La communication de l’Union européenne, « une politique de l’opinion marquée par son historicité »

Pour Philippe Aldrin et Nicolas Hubé, dans l’introduction à l’ouvrage collectif « Les médiations de l’Europe politique », la communication de l’UE ne remonte pas d’hier, bien au contraire « depuis plus de soixante ans, former et informer l’opinion, « combler le fossé » avec les citoyens est une préoccupation qui taraude les entrepreneurs d’Europe ». Quelle est la « généalogie » de cette politique de l’opinion ?

Années 1950-1960 : « avoir le droit de dire l’Europe »

« Dès les années 1950-1960, la structuration, le façonnage et l’auscultation de l’ »opinion publique européenne » sont constitués en enjeu politique majeur de l’intégration, à tout le moins de légitimation de la Commission pour avoir le droit de dire l’Europe. Dès cette époque, une véritable politique publique de l’opinion est alors amorcée. »

« La politique publique de l’opinion s’organise autour d’un diagnostic partagé au sein des milieux intégrationnistes de l’élite transnationale : le fonctionnement, les décisions et les bénéfices de l’intégration sont méconnus des « publics concernés » et du grand public ; cette méconnaissance entrave les progrès de l’idée fédéraliste et du processus d’intégration. »

Années 1960-1970 : « démultiplier les arènes d’interactions »

« Dès les années 1960-1970, l’Europe politique cherche à tisser sa légitimité en démultipliant les arènes d’interactions, qu’elles soient publiques (la salle de presse du Berlaymont) ou discrètes (groupes d’experts), qui relient ses agents aux autres univers sociaux investis dans la performation d’une politique européenne. »

« Dans un rapport daté de 1972 et dédié exclusivement à la « politique d’information de la Communauté », les parlementaires européens affirment que « l’activité d’information des Communautés doit tendre à favoriser la formation d’une opinion publique européenne autonome, celle-ci conditionnant non seulement la continuité de la politique d’unification de l’Europe, mais aussi l’avenir de la démocratie parlementaire dans la Communauté ». »

Années 1970-1990 : « mettre en instrument » et « routiniser »

« Au début des années 1970, la structuration de la Direction générale à la Presse et à l’Information (« DG-X ») et la création du programme Eurobaromètre en 1973 traduisent la mise en instruments de cette politique. L’une comme l’autre supposent la formation d’un réseau assez dense de partenaires extérieurs aux institutions communautaires mais favorables au projet d’unification de l’Europe. »

« La mise en œuvre de la stratégie consistant à produire des outputs et générer des inputs censés rendre l’unification plus désirable aux yeux des populations passe par la participation active de toute une série de professionnels : journalistes accrédités mais aussi journalistes «locaux», universitaires, les syndicats, les associations fédéralistes, les relais et réseaux d’information constitués par les chambres de commerce, les bibliothèques municipales et universitaires, etc. »

« Les contacts, transactions et échanges d’information avec les ressortissants des politiques communautaires s’organisent aussi parallèlement à travers les groupes d’experts. D’abord informels, avant de se routiniser et de s’institutionnaliser, ces groupes consultatifs rassemblent des représentants d’intérêts, des spécialistes et des fonctionnaires nationaux autour des hauts fonctionnaires de la Commission. En l’absence d’appareil bureaucratique maillant le territoire et de guichets où s’incarnerait son action, l’Europe instrumente très tôt ses relations publiques et met en œuvre de multiples opérateurs de médiation avec ses publics. »

Années 1990-2000 : « généraliser initiatives, expériences et dispositifs de concertation des publics »

« Au cours des années 1990-2000, de nouveaux dispositifs de mise en procédures de la participation des acteurs non- institutionnels et/ou privés à la politique européenne comme la « comitologie », la « gouvernance », l’« interactive policy making » ou la « directly-deliberative polyarchy », pour mentionner les dispositifs les plus emblématiques, sont venus compléter l’équipement tout à la fois conceptuel, humain, instrumental et discursif de l’Europe en matière d’opérateurs de médiations. »

« Chacun de ces dispositifs procède à une procéduralisation de la participation à l’action publique européenne, permettant à de nouveaux types d’experts, de professionnels et de stakeholders d’investir dans un cadre formalisé et normé les arènes principalement bruxelloises de l’échange politique européen. »

« Cependant, cette tendance au « tournant participatif » peut et doit d’abord se lire comme une reconfiguration des modalités (et du discours les justifiant) de cette co-production. Les responsables de la Commission ont assez vite adapté l’appareillage communicationnel de leur institution aux médias participatifs : portail internet grand public (Europa avec son immense base de données, ses forums et ses liens vers les blogs des commissaires), service d’information personnalisée (EuropeDirect), dispositifs de « dialogue » et de consultation des citoyens (le service en ligne Votre-point-de-vue-sur-l’Europe et le programme Interactive Policy Making), forums délibératifs (dans le cadre du Plan D comme « dialogue, démocratie, débat »), etc. »

Années 2000-2010 : « politiser, un enjeu des luttes interinstitutionnelles »

« Cette politisation s’explique par l’importance prise au sein de l’espace politique européen par les problèmes d’opinion ; politisation dont les principaux facteurs sont, d’abord, le changement d’horizon, de nature (de l’intégration économique à une union politique) et d’échelle (de six pays fondateurs aux vingt-huit actuels) du projet européen et, ensuite, la recomposition des rapports de force entre les États membres et les institutions communautaires mais aussi entre ces dernières. »

« Cette lutte interinstitutionnelle, qui porte pourtant sur les ressources, l’orientation et le contrôle de la politique de communication européenne, est réfrénée, euphémisée par la « culture du compromis » qui guide la conduite des relations entre les pôles du triangle institutionnel. Au point que les controverses et finalement l’échec du Livre blanc sur une politique de communication européenne présentée en 2006 par la Commissaire en charge de la « stratégie de communication » sont presque passés inaperçus. »

Au total, les luttes pour l’accès au monopole de la parole publique légitime de l’Europe permettent de retracer les différentes étapes de ce qu’il convient d’appeler une politique de communication vers le « public » de l’UE.