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Le plan de communication pour l’UE recommandé par la conférence sur l’avenir de l’Europe

Dans les annexes du rapport final de la conférence sur l’avenir de l’Europe, toute une réflexion relative à la communication européenne est développée, de quoi s’agit-il ?

1. La communication sur l’UE n’est pas satisfaisante.

1.1 Des enseignements sur l’Union européenne devraient être intégrés dans le programme scolaire dès le troisième cycle de l’école primaire afin d’atteindre tous les citoyens et d’améliorer la connaissance de l’Union européenne.

1.2 L’Union européenne, et en particulier la Commission, devrait fournir du matériel pédagogique sur le fonctionnement de l’Europe et les pouvoirs des institutions aux ministères de l’éducation des États membres. Une attention particulière doit être portée à l’utilisation d’un langage clair, compréhensible et accessible, ainsi qu’aux outils pédagogiques tels que documentaires, clips ou émissions télévisées scolaires, dans les 24 langues.

2. Le projet européen reste étranger aux citoyens.

2.1 Les institutions européennes devraient veiller à ce que leur communication explique mieux ce qui relève des compétences de l’UE, mais aussi ce qui ne relève pas de ses compétences.

2.2 L’Union européenne devrait intégrer dans sa communication des exemples familiers de la vie quotidienne des Européens. Ces explications devraient être diffusées au sein des États membres par le biais d’accords entre les institutions européennes et les télévisions publiques nationales afin d’atteindre un large public.

2.3 Les ressortissants de tous les États membres devraient être régulièrement informés du rôle de l’Union européenne dans les autres États membres. Les avantages et les inconvénients de l’Europe seraient ainsi mieux mis en perspective dans les débats sur l’avenir de l’Europe.

2.4 Afin de renforcer l’identité européenne, des informations devraient être mises à disposition et régulièrement communiquées sur ce que serait la vie des Européens sans l’UE et ses réalisations concrètes.

2.5 La Journée de l’Europe (9 mai) devrait devenir un jour férié européen pour tous les citoyens de l’UE.

2.6 Les institutions européennes devraient accorder encore plus d’attention à la simplification, à la compréhensibilité et à l’accessibilité des informations sur les sujets prioritaires traités au niveau européen.

2.7 L’Union européenne devrait fournir un tableau de bord indiquant les ressources allouées par l’UE par pays et par thème prioritaire. Toutes ces informations devraient être disponibles sur les sites web de l’UE.

2.8 L’UE devrait fournir une présentation claire des travaux législatifs en cours. Toutes ces informations devraient être disponibles sur les sites web de l’UE.

2.9 Les institutions européennes devraient être plus accessibles aux Européens. Leur participation aux débats lors des sessions du Parlement européen devrait être facilitée.

2.10 La participation au programme Erasmus devrait être étendue à tous les étudiants quel que soit leur parcours scolaire (formation professionnelle et technique, alternance). Tout le monde devrait pouvoir participer aux échanges européens.

2.11 La population active devrait pouvoir bénéficier des programmes d’échanges européens, quel que soit le secteur d’activité, y compris pour les entreprises locales. Tout le monde devrait pouvoir participer aux échanges européens.

2.12 Créer des cours de citoyenneté européenne pour tous les citoyens européens.

3. La législation européenne n’est pas appliquée de la même manière dans tous les États membres.

Nous recommandons à l’Union européenne de recourir plus fréquemment à la législation directement applicable dans les États membres. Cela réduirait les différences nationales dans la mise en œuvre de la législation européenne, ce qui fragilise le projet européen. De cette façon, l’UE sera mieux à même de sauvegarder et de promouvoir l’intégrité des réalisations telles que le marché intérieur, l’euro et l’espace Schengen.

4. La démocratie européenne est menacée.

4.1 La communication de l’UE sur la démocratie européenne devrait rappeller constamment et sans ambiguïté ce que signifie l’Europe pour les Européens.

4.2 Les valeurs et les principes des traités de l’UE, auxquels les États membres ont souscrit lors de l’adhésion, sont irréversibles. Leur protection doit continuer à être assurée.

4.3 La protection des valeurs et des principes des traités est assurée par la Cour européenne et ne peut être remise en cause par les États membres.

5. Les informations sur l’UE ne sont pas facilement accessibles et compréhensibles.

5.1 Renforcer le fact-checking sur les questions européennes ; des informations, diffusées et vérifiées par les institutions, devraient être facilement accessibles au public européen et aux médias nationaux de chaque État membre.

6. Les médias nationaux véhiculent souvent une image négative de l’UE.

6.1 L’UE doit également être plus présente dans la vie quotidienne des Européens en communiquant de manière plus proactive. (Par exemple, en parrainant des événements, notamment culturels, qui rassemblent les citoyens et les rendent fiers d’être citoyens de l’UE. La production de reportages et de teasers permettrait également aux Européens d’avoir accès à des informations contextualisées sur l’UE).

7. Les citoyens ne connaissent pas les personnes qui les représentent au Parlement européen.

7.1 Les députés européens devraient mieux se faire connaître dans leur pays d’origine, notamment en dehors des périodes électorales. Ils doivent être plus accessibles. Les motivations de leurs votes au Parlement européen devraient être rendues plus facilement accessibles aux citoyens européens sur le site internet du Parlement européen.

7.2 Les partis politiques nationaux devraient veiller à ce que des candidats plus jeunes soient également inscrits sur leurs listes pour les élections au Parlement européen. Un tel mandat ne doit pas être considéré comme une récompense pour de bons et loyaux services dans la politique nationale.

8. La communication de l’UE est trop uniforme ; elle ne tient pas compte de la diversité de la population.

8.1 Pour s’adresser à un public suffisamment large et varié, l’UE devrait tenir compte du niveau d’éducation de ses groupes cibles et de leurs éventuels handicaps, au moyen d’une communication inclusive, dès la phase de conception. De plus, les personnes et les organisations (éducateurs de rue, agents de quartier, travailleurs sociaux, société civile) devraient être impliquées dans la transmission de cette communication.

8.2 Pour atteindre la population active, investir davantage dans l’utilisation des canaux de communication existants pour fournir régulièrement des informations appropriées sur l’UE, par exemple par le biais de programmes explicatifs et compter sur des ambassadeurs (individuels et organisations) qui promeuvent le projet européen.

8.3 Pour atteindre les jeunes et les étudiants, en plus des canaux existants tels que l’éducation et les mouvements de jeunesse pertinents, des ambassadeurs devraient être utilisés, en particulier pour cibler les influenceurs qui peuvent atteindre les jeunes via les médias sociaux. Organiser un concours paneuropéen pour créer un personnage de bande dessinée qui attire les jeunes et leur apporte des messages européens.

8.4 Pour les seniors, utiliser les mêmes canaux que ceux proposés pour la population active en trouvant le juste équilibre entre communication digitale et non digitale (presse écrite, radio, événementiel présentiel) pour répondre aux besoins de chacun, y compris ceux qui sont moins à l’aise dans un environnement numérique comme ceux qui sont moins mobiles dans la société.

8.5 A travers les cours d’intégration qui existent déjà dans de nombreux États membres, l’UE devrait s’engager à inclure les « nouveaux Européens » (personnes qui, par l’une ou l’autre des procédures d’immigration légale, résident dans l’UE) et les sensibiliser aux canaux par lesquels l’UE communique et aussi donner un rôle aux associations locales.

8.6 Faire descendre l’UE dans la rue avec une communication inclusive. Par exemple, des panneaux d’affichage (numériques) pourraient être utilisés, ainsi que des moyens de communication traditionnels et nouveaux comme les QR codes.

8.7 Rendre l’UE plus visuelle (via des courts métrages ou des infographies), la création d’un mouvement sportif européen pour créer un lien/sentiment d’appartenance, et mieux faire connaître l’hymne européen.

Quel bilan pour la présidence française de l’Union européenne ?

Exercice aussi rituel que les annonces initiales, le bilan – avec un programme déjà bien trop ambitieux pour un exercice très atypique avec les élections en son plein cœur – a été bouleversé par l’imprévu de l’événement majeur de la guerre en Ukraine, comme la précédente PFUE en 2008 avec la Géorgie. Que retenir ?

Des circonstances exceptionnelles favorables au Statesmanship de l’UE sous présidence française

L’Union européenne – comme on le dit trop souvent « qui progresse dans les crises » – aura, pendant ces six derniers mois, clairement cheminée vers davantage de souveraineté européenne tant le champ stratégique aura été élargi par les questions de sanctions (6 packages) de la Russie et d’interdépendance énergétique et alimentaire pour les Européens.

La période aura été marquée notamment par le sommet de Versailles en mars visant à renforcer l’autonomie de l’UE (énergies, matières premières, santé, alimentation, tech & numérique) et par l’adoption de la boussole stratégique en matière d’orientation de sécurité et de défense de l’UE dans un contexte de renforcement de la position de l’OTAN en Europe avec les demandes d’adhésion de la Suède et de la Finlande.

Du côté de l’agenda institutionnel, peuvent être porté au crédit de la présidence semestrielle plusieurs grands dossiers comme l’adoption de la législation phare sur le numérique avec le Digital Market Act et le Digital Services Act ; l’adoption dans la douleur (après un premier échec) de la taxe carbone aux frontières d’un Green Deal dont la route législative sera encore longue et des directives sur les quotas de femmes dans les conseils d’administration et sur un salaire minimum européen sans oublier la présentation par la Commission européen du programme REPowerEU visant l’indépendance des approvisionnements énergétiques via la diversification des partenaires et la construction de nouvelles infrastructures.

Avec le leadership français, le renforcement des capacités européennes, de son Statesmanship, aura globalement été au rendez-vous ; même si les partenaires de la France sont encore loin d’être alignés sur les thèses et les arguments hexagonaux en matière de souveraineté stratégique. La pédagogie autour de l’Union européenne aura été largement articulée autour de l’agression russe contre l’Ukraine et l’adhésion officielle du pays à l’UE.

Des controverses circonstancielles défavorables au Thought-leadership de la France en Europe

La crédibilité des positions françaises n’aura pas permis d’obtenir des avancées décisives sur trois sujets qui seront repris par la future présidence tchèque :

Sur les questions migratoires, les intentions de réforme de l’espace Schengen pour poser un cadre aux situations de crise sanitaire ou lutter contre l’instrumentalisation des flux migratoires par un pays-tiers (comme la Biélorussie avec la Pologne) se sont heurtées à la démission spectaculaire du patron français de l’agence Frontex.

Sur la réforme du pacte de croissance et de stabilité, l’exemplarité légendaire des finances publiques françaises n’en ont pas fait le champion d’un sujet encore en suspens, les esprits ne sont pas encore mûrs pour avancer.

Sur la convocation d’une convention de révision des traités européens sur la base des recommandations de la conférence sur l’avenir de l’Europe, le consensus ne semble pas pour le moment se faire sur les positions défendues par le président de la République. De même, le débat sur l’idée d’une communauté politique européenne pour un élargissement politique immédiat n’a pas vraiment encore pris au sein de la sphère bruxelloise.

Au total, l’ordre du jour prévu a volé en éclats avec l’agression russe de l’Ukraine et la France a tenté de faire avancer son agenda afin que ce nouveau moment critique pour l’unité européenne participe de l’accouchement de l’Union européenne en tant que puissance géopolitique.

Élargissements de l’UE : la communication de moins en moins à la hauteur de l’événement

Dans la vie de la construction européenne, les élargissements successifs sont des événements importants, dont la communication semble de plus en plus diverger. Qu’en est-il exactement ?

Élargissements antérieurs et renforcement du narratif européen

Avec 7 élargissements depuis 1957, l’Union européenne est habituée à accueillir de nouveaux membres qui s’inscrivent toujours dans un récit logique et cohérent qui donne du sens, signifiant à la fois une volonté de crédibiliser le projet d’ensemble et de donner une destination future. D’une certaine manière, les élargissements successifs ont chacun conforté le narratif européen.

Songeons aux élargissements importants :

  • En 1973, la Communauté économique européenne est suffisamment solide pour accueillir des anglosaxons désireux de la rejoindre avec le Royaume-Uni, l’Irlande et le Danemark alors qu’ils n’avaient pas été convaincus dès le départ ;
  • En 1986, le choix incarne parfaitement l’ambition d’une collectivité démocratique qui accueille des ex-dictatures d’Europe du Sud avec l’Espagne et le Portugal ;
  • En 1995, l’ouverture renforce le projet de paix avec l’entrée de pays neutres avec l’Autriche, la Finlande et la Suède, ces deux derniers étant d’ailleurs actuellement en train de frapper à la porte de l’OTAN.

L’élargissement, le plus important, en 2004, correspond évidemment à l’unification avec les démocraties d’Europe centrale et orientale, ex-membres forcés du Pacte de Varsovie, qui signe une véritable consolidation du projet continental de l’Union européenne. Malgré les critiques relatives pour l’essentiel à la temporalité de cet élargissement, le principe d’accueillir des peuples ayant souffert pendant la Guerre froide ne pouvait raisonnablement être refusé malgré les conséquences anticipées ou inattendues.

A chaque élargissement jusqu’à présent, les choix historiques de la communauté européenne venaient nourrir et enrichir la vision, les promesses et la symbolique de la construction européenne, confortée à chaque étape, bien que cela n’en fasse pas un projet davantage populaire pour autant.

Élargissements présents et balkanisation du message européen

La machine se grippe avec les États des Balkans après le conflit en ex-Yougoslavie. Dernière péripétie cette semaine avec l’échec des membres de l’Union européenne à pouvoir confirmer officiellement la trajectoire européenne de pays comme la Serbie ou le Monténégro. Et de justesse pour la Macédoine du Nord – après un blocage de dernière limité lié à la chute du gouvernement bulgare – se verra finalement accéder au feu vert pour l’ouverture des négociations d’adhésion, comme l’Albanie tandis que le Kosovo et la Bosnie-Herzégovine restent au point mort. Bref, difficile de s’y retrouver, c’est la balkanisation des candidatures.

L’attente aux portes de l’Union est toujours trop longue et parfois humiliante, puisqu’un des États dans le purgatoire a du quand même changé de nom (Macédoine du Nord). La symbolique pour le projet européen est délétère ainsi que le ressentiment dans les classes politiques et le risque de dégradation du soutien à l’intégration européenne dans les opinions publiques locales.

La faillite à ne pas parvenir à donner une trajectoire proeuropéenne, la nature ayant horreur du vide, ne peut faire craindre que des conséquences négatives pour la géopolitique européenne à ses propres frontières face aux puissances russe ou chinoise qui viennent profiter de la situation pour semer la zizanie.

Alors que la communication politique était parvenue jusqu’à présent à réinscrire les élargissements dans le projet d’ensemble de la construction européenne de manière constructive, l’élargissement aux Balkans ne fait que souligner la division et l’incapacité à s’aligner sur une position claire d’ouverture.

Élargissements sous contrainte et realpolitik

Lors du Conseil européen de fin juin, les chefs d’État et de gouvernement confirment le statut officiel de pays-candidat à l’UE pour l’Ukraine, en conflit avec la Russie depuis plusieurs mois ainsi que la Moldavie menacée aussi tandis que la Géorgie, qui a également connu des affrontements militaires avec la Russie, ne se voit pas officiellement confirmée.

Laissons de côté la timidité des messages des dirigeants européens à l’issue du Conseil européen, quoique la visite tant attendue des responsables allemand, français et italien à Kiev est venue in extremis évité l’incident diplomatique avec un Volodymyr Zelensky peu enthousiaste avec les partisans du camp de la paix au risque de l’apaisement face à ses voisins culturels et géographiques de l’UE, défenseurs de la justice territoriale et hébergeant les migrants ukrainiens.

Oublions les rares débats relatifs aux conséquences de ces élargissements historiques sous la contrainte de la realpolitik qui n’ont pas suffisamment permis d’éclairés les nombreux enjeux tant pour le projet européen, la politique de voisinage, les futures politiques européennes, le futur budget ou encore la répartition des fonds structurels, sans même parler de l’idée de communauté politique européenne qui n’aura pas vraiment été débattue.

La famille européenne ne semble plus autant en capacité à mettre en récit avec passion et enthousiasme ses élargissements que les intérêts soient trop saillants ou les émotions trop négatives pour être vraiment communicatives.

Panorama des think tank au regard des financements européens

Afin de mieux appréhender la transparence des financements européens au sein de la sphère des think tanks européens, le registre de la transparence de l’UE permet de s’appuyer sur les déclarations d’intérêts pour mieux connaître les situations…

Catégories de think tanks selon leur dépendance ou indépendance aux financements européens

Première catégorie, quelques think tank se distinguent par un niveau de financement supérieur à leur budget annuel ou très important par rapport au budget global déclaré. On retrouve ainsi le Wilfried Martens Center for European Studies (dépendance à 128%) qui n’est autre que la fondation politique au niveau européen du Parti populaire européen comme l’on aurait pu retrouver la Foundation for European Progressive Studies qui ne se déclare pas encore. De même, The Lisbon Council (taux de dépendance à 103%), qui se présente comme « à but non lucratif, indépendant et politiquement neutre » peut légitimement être considéré comme un quasi think tank organique aux institutions européennes.

Deuxième catégorie, les think tank qui sont largement subventionnés par les financements de l’UE : Rand Europe à hauteur de 75%, Carnegie Europe à hauteur de 71%, deux antennes de think tank américain. Dans une moindre mesure, l’Institut Jacques Delors (54%) et Friends of Europe (50%) sont également largement couverts par les divers financements européens déclarés.

Troisième catégorie, les think tank partiellement financés par des subventions de l’UE, comme la Fondation Robert Schuman (27%) et le Centre for European Policy Studies (26%) ainsi que dans une moindre mesure International Crisis Group (9%) et European Policy Centre (7%), voir aussi The Brookings Institution (3%) ainsi que le Centre for European Reform (3%).

Quatrième catégorie, les think tank européens et internationaux qui publient sur le registre de la transparence de l’UE aucun financements européens pour l’année écoulée où l’on retrouve des think tank européens bien en vue comme le European Council on Foreign Relations, Bruegel ou l’Egmont Institute, ainsi que des think tanks allemands comme Bertelsmann Stiftung, The German Marshall Fund of the United States – The Transatlantic Foundation, Friedrich-Ebert-Stiftung et Konrad-Adenauer-Stiftung et enfin des think tank français comme l’Institut Français des Relations Internationales et l’Institut de relations internationales et stratégiques.

Catégories de think tanks selon leur présence sur Twitter

Considérant les think tanks principalement européens, le classement place par ordre décroissant en tête l’European Council on Foreign Relations avec plus de 91k abonnés suivis par Bruegel (68k), Carnegie Europe (56k), The Transatlantic Foundation (54k), Centre for European Policy Studies (53k), Friends of Europe (41k), European Policy Center (40k), Centre for European Reform (39k), Centre for European Studies (34k) et à la 10e place Notre Europe, l’Institut Jacques Delors (23k).

Se dégagent en haut, logiquement les grands think tank internationaux comme The Brookings Institution (437k) et International Crisis Group (206k) et en bas de tableau avec moins de 10k abonnés des think tank comme Egmont Institute, Rand Europe, The Lisbon Council, l’Institut Français des Relations Internationales et Bertelsmann Stiftung.

Y a-t-il des leçons à tirer de ces deux manières de lister les think tank ?

D’une part, les financements européens varient fortement jusqu’à 6 millions d’euros annuels, ciblant autant des think tank bruxellois qu’américains ou nationaux. D’autre part, les présences sur Twitter sont très disparates, même si les comptes spécialisés dans les affaires européennes recueillent forcément moins d’audience que les comptes globaux.

Comment renforcer la communication entre l’UE et les citoyens ?

La communication directe entre les institutions européennes à Bruxelles et les citoyens européens reste un défi car il y a conflit entre une conception rationnelle et technique de ce qu’est l’UE et une perception beaucoup plus émotionnelle des citoyens. Pour combler ce hiatus, l’UE doit nouer des liens avec les citoyens qui eux doivent interagir de manière proactive avec les institutions de l’UE, selon Víctor Villanueva Ferrer dans « Strengthening Communication Channels Between the EU and EU Citizens: An Audience-Centric Approach ». Plus facile à dire qu’à faire…

La Commission Juncker : un programme politique et une nouvelle stratégie de communication bidirectionnelle avec les publics

Juncker vise à créer des liens entre politique et communication avec ses dix priorités politiques. La Commission Juncker abandonne l’idée que la communication est une stratégie à part et procède à son intégration dans l’agenda politique.

Il semble que ce soit une bonne stratégie pour capter l’attention des publics : au lieu de se concentrer sur les aspects juridiques ou institutionnels de l’Union, l’UE considère les dix priorités comme les principaux sujets à communiquer. De cette façon, l’UE cesse de communiquer sur des sujets décisionnels perçus comme trop bureaucratiques et détachés de la vie quotidienne. Au lieu de cela, l’UE communique sur les dix priorités qui reflètent les priorités des citoyens de l’UE dans les enquêtes Eurobaromètre.

Face à la pression du Brexit, de Trump et des néonationalistes en Europe, le destin démocratique de l’Union est remis en question comme jamais auparavant, l’UE doit redoubler d’efforts pour gagner une légitimité renouvelée aux yeux de l’électorat européen, à « gagner les cœurs et les esprits » basé sur un « engagement émotionnel actif » qui ne repose ni sur des revendications populistes ni sur la propagande mais vise à construire une Europe centrée sur les citoyens.

Alors que l’approche unidimensionnelle des moyens de communication traditionnels, enrichis par les actions du Service du porte-parole auprès des journalistes, sont majoritairement utilisés par les personnes âgées de 55 ans et plus ; pour les moins de 40 ans, Internet étant leur principale source d’information, l’approche bidirectionnelle semble mieux fonctionner avec des outils de participation physique et électronique.

Les dialogues citoyens représentent le dispositif interactif permettant aux citoyens de s’exprimer. Ainsi, la Commission Juncker aura conduit 1 572 dialogues citoyens. D’autres outils de communication ont été considérés comme jouant un rôle de plus en plus important au niveau national comme les réseaux européens, les représentations dans les États membres et les centres d’information Europe Direct.

La Commission von der Leyen : une approche de la communication ascendante centrée sur les publics

Ursula Von der Leyen, première femme à occuper la présidence de la Commission européenne s’appuie sur son « agenda pour l’Europe » autour de six grandes ambitions : le Green Deal, une économie luttant pour l’équité sociale et la prospérité, une Europe adaptée à une ère numérique sûre et éthique, protéger le mode de vie et les valeurs européennes, une Europe plus forte dans le monde et un nouvel élan pour la démocratie européenne.

Selon le Plan stratégique 2020-2024 de la Direction Générale de la Communication, ces priorités sont au centre de l’attention de la DG COMM. Ursula von der Leyen vise à prolonger l’approche centrée sur les publics établie par Jean-Claude Juncker : « Je veux renforcer le lien entre les personnes et les institutions qui les servent, réduire l’écart entre les attentes et la réalité et communiquer sur ce que fait l’Europe » ; « Les Européens doivent avoir leur mot à dire sur la manière dont leur Union est gérée et sur ce qu’elle produit. C’est pourquoi je crois que nous avons besoin d’une conférence sur l’Europe ».

Même s’il est encore trop tôt pour voir les résultats des efforts de communication européenne ascendante, il semble que l’UE devrait continuer à ouvrir la voie à la pleine mise en œuvre de l’approche actuelle centrée sur les publics.

Afin de mieux tenir compte des opinions des citoyens de l’UE, l’approche ascendante de la communication européenne renforcée et améliorée permettrait non seulement de se conformer au principe de transparence et aux valeurs démocratiques de l’UE mais surtout de parvenir à la légitimation et à la responsabilité et la nature démocratique de l’Union.