Archives annuelles : 2008

Lancement de projet de « réseaux d’information pilotes »

Afin de mettre en œuvre la stratégie de « communication en partenariat », la DG Communication souhaite créer des « réseaux d’information pilotes », des communautés de parlementaires européens nationaux ou régionaux, de journalistes et d’autres formateurs d’opinion aux fins de partage d’informations et de connaissances au sujet de l’UE…

Cette volonté de créer des RIP est le fruit d’un double constat :

1. Les sites européens restent trop cantonnés dans la diffusion unidirectionnelle et à grande échelle d’informations. Il n’y a que peu d’interaction, de coopération ou de collaboration.

2. Les internautes consacrent la majeure partie de leur temps sur Internet aux messageries instantanées, aux communautés en ligne et au courrier électronique. On peut citer parmi les succès : les blogs, les «wikis», la balladodiffusion, le partage de fichiers, la vidéo à la demande (VOD), les logiciels ouverts et les fils RSS.

Objectif

La stratégie web de la DG Communication est d’intégrer la nouvelle culture du web 2.0 aux sites européens, c’est-à-dire de maximiser la participation et l’interactivité.

L’enjeu stratégique est de transformer les sites européens en « carrefour de l’Internet », où les internautes puissent explorer facilement de gros volumes de contenus, créer du contenu, et participer à des discussions et des débats.

Action

Lancement imminent (en 2008) du projet sur les réseaux d’information pilotes (RIP) afin de rapprocher le débat européen des parlements nationaux et permettre de créer des communautés de parlementaires européens, nationaux et régionaux, de journalistes et autres leaders d’opinion pour échanger des informations et des connaissances sur l’Union et ses politiques. Dans la mesure du possible, ce projet utilisera Internet pour permettre à des « réseaux d’idées » de se former et de croître de façon organique sans faire appel aux structures «traditionnelles» telles que les info-points installés dans les locaux de la Commission dans les États membres.

Le projet pilote RIP opérera à deux niveaux: via Internet et via des conférences, ces actions étant d’abord centrées sur les grands thèmes d’actualité de l’Union. Ce projet pilote est doté d’un budget prévisionnel de 5 millions d’euros : 4 millions d’€ pour le web et un million d’€ pour les conférences à Bruxelles et dans les Etats-membres.

Proposition pour relancer la communication européenne auprès des étudiants

L’Union européenne a fêté en 2007 les 20 ans du programme européen d’échanges universitaires. Erasmus a déjà permis à près d’1 million et demi de jeunes Européens et, parmi eux, 217 000 Français d’étudier à l’étranger.

Quelle stratégie de communication faut-il privilégier pour que le programme Erasmus reste le plus connu et le plus apprécié des programmes communautaires ?

Schématiquement, aujourd’hui, les actions permettent de viser 2 types de cibles avec 3 outils différents :

  • la cible des établissements d’enseignement supérieur via une agence nationale¤ chargée de relayer l’information. En France, depuis 1994, l’Agence Europe Education Formation, située à Bordeaux et composée de 70 personnes, exerce cette mission auprès des établissements d’enseignement supérieur.
  • la cible des étudiants via les plates-formes d’information : à savoir, le Centre d’Information sur l’Europe (Paris & Marseille), Eurodesk, les Centres de documentation européenne dans les universités, les Euro Info Centres, les Maisons de l’Europe…
  • la communication sur le web via un site Internet géré par la Commission européenne : le portail pilote européen de la jeunesse PLOTEUS

Le bilan de toutes ces actions :

  • de nombreux émetteurs publics et privés, qui coordonnent insuffisamment leurs actions ;
  • beaucoup d’information peu organisée est disponible pour les étudiants ;
  • le hors média est insuffisant pour créer le contact.

La proposition pour professionnaliser la communication européenne auprès des étudiants : s’inspirer des pratiques de « relations écoles » des grandes entreprises.

Afin de communiquer sur les campus, les grandes entreprises envoient leurs collaborateurs, diplômés de l’école ou l’université visé, afin de rencontrer les étudiants et de présenter les opportunités professionnelles de l’entreprise.

En s’inspirant de cette pratique, l’UE devrait organiser un réseau de « campus managers », chargés de coordonner les actions menées et les supports diffusés. Ces campus managers seraient également chargés d’envoyer des « campus ambassadors », des jeunes diplômés de l’école ou l’université visité, ayant bénéficié du programme Erasmus.

Cette stratégie permettrait de renforcer la qualité de l’information transmise à un public davantage ciblé. Par ailleurs, une véritable évaluation de l’activité des campus managers et ambassadors pourraient être menée.

¤ Il s’agit d’un groupement d’intérêt public placé sous la double tutelle du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et du ministère du Travail, des relations sociales et de la solidarité.

Autres améliorations du site EUROPA pour renforcer l’interactivité et la participation des citoyens

Au-delà de l’objectif déjà évoqué de faire connaître les positions de la Commission européenne, le site EUROPA a principalement comme objectifs de : – répondre aux besoins des personnes portant un intérêt d’ordre général et/ou professionnel aux affaires européennes ; – aider les personnes à la recherche d’un service particulier ou d’une information sur leurs droits ou sur les politiques de l’Union ; – permettre aux gens de s’exprimer et d’échanger leur points de vue à travers l’Europe.

Afin de répondre à ces objectifs, le site EUROPA sera prochainement amélioré…

1. Restructuration du site EUROPA

Premièrement, il convient de restructurer le contenu d’EUROPA de manière à ce que les internautes trouvent plus facilement ce qu’ils cherchent. La nouvelle structure doit être conçue de manière à assurer à chaque type d’utilisateur l’accès le plus rapide possible à l’information la plus pertinente possible. L’accent sera mis davantage sur un agencement thématique de l’information et sur le point de vue de l’utilisateur, plutôt que sur celui des institutions. EUROPA sera axé sur le grand public et articulé autour de rubriques thématiques pour répondre aux questions qui intéressent les citoyens, indépendamment de la structure organisationnelle des institutions. Les niveaux inférieurs contiendront des informations spécialisées et s’adresseront à un public plus expert.

2. Multilinguisme et traduction

Deuxièmement, les pages seront traduites conformément aux priorités de la Commission en matière de communication. Les ressources étant limitées, les arbitrages entre le volume d’informations mis en ligne, le nombre de langues dans lesquelles les informations sont disponibles, l’élargissement du public et le maintien à jour des informations, sont inévitables et exigeront une démarche cohérente.

3. Renforcement de l’interactivité

Troisièmement, l’interactivité et la participation seront renforcées via une amélioration des forums de discussions, la mise en place d’évaluation interactive et de rich media.

D’abord, la gestion et le suivi des forums de discussion seront améliorés. Les débats seront davantage axés sur les priorités de la Commission en matière de communication, et une véritable interactivité sera réalisée avec la participation régulière de commissaires et de hauts fonctionnaires de la Commission.

Ensuite, un projet pilote permettra de tester des «wikis» sur un nombre limité de pages web. Les internautes pourront évaluer ces pages au regard de critères comme la lisibilité et l’absence de jargon, et formuler des suggestions. Cette démarche pourrait ouvrir de nouvelles voies pour un processus de consultation dynamique.

Enfin, le potentiel d’une communication multimédia – combinant l’internet, la radio, la télévision, les publications, la vidéo, la musique et les services mobiles – sera exploré et exploité lorsque cela sera pertinent, à travers une politique éditoriale cohérente.

Réforme du comité éditorial du site EUROPA : vers un renforcement de la cohérence rédactionnelle de la communication de la Commission européenne

Le site EUROPA a été lancé en février 1995. Aujourd’hui, avec plus de six millions de documents, il est l’une des plus grandes bases d’information au monde. Il est consulté quotidiennement par 500 000 internautes.

Actuellement, parmi les objectifs du site EUROPA – principalement orienté vers l’information des citoyens européens – figure la mission de « faire connaître les positions de la Commission à un public le plus large possible ».

Afin d’améliorer la qualité de cette mission, rendue difficile par la multiplication des communicants au sein des différentes entités de la Commission, la DG Communication prévoit de réorganiser le comité éditorial du site.

Ainsi, un «rédacteur EUROPA» serait chargé de la gestion d’EUROPA afin de veiller à la cohérence rédactionnelle, linguistique et graphique, ainsi qu’à la cohérence de l’image et de l’identité.

Le rédacteur serait assisté par un comité de rédaction EUROPA, composé de communicants des différentes DG de la Commission.

Enfin, toutes les DG et les représentations dans les Etats-membres désigneront un rédacteur Internet permanent, qui sera le point de contact direct et unique entre le rédacteur EUROPA, le comité de rédaction et les unités de communication des différentes DG et représentations.

Une nouvelle structure qui devrait renforcer la cohérence de la « ligne éditoriale » du site EUROPA.

Le français est moribond à la Commission européenne

Dans le quotidien Libération, le correspond à Bruxelles, Jean Quatremer note que « la dérive anglophone de la Commission européenne s’accélère ».

En moins de dix ans, le français est devenu une langue minoritaire au sein de l’exécutif européen, seuls 14% des documents sont encore rédigés en français. Pire, la communication externe de la Commission se fait presque uniquement en anglais.

Au mépris de la règle non écrite de l’équilibre entre les nationalités, le service du porte-parole, dirigé par l’Allemand Johannes Laitenberger, est devenu un vrai bastion anglophone. Sur 36 porte-parole, 9 sont britanniques et 4 irlandais, soit un tiers d’«English native speaker» !

Un tel déséquilibre linguistique n’a pas de précédent. Jean Quatremer remarque d’ailleurs qu’un porte-parole parlant ou écrivant mal le français pourra être recruté sans problème alors qu’un tel handicap en anglais est un obstacle définitif. A Paris, on se dirait «préoccupé» par ce déséquilibre.