Guerres informationnelles : manipulations d’informations étrangères et menaces d’interférences

Première édition du rapport sur les menaces de manipulation d’informations étrangères et d’interférences grâce aux travaux de la division Stratcom du Service européen pour l’action extérieure, un projet pilote appliquant un nouveau cadre, basé sur les meilleures pratiques autour d’un premier échantillon de 100 incidents détectés et analysés entre octobre et décembre 2022…

Principaux résultats

L’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie domine l’activité observée des manipulations et menaces. L’Ukraine est la cible directe de 33 incidents et dans 60 incidents, le soutien à l’invasion était la principale motivation de l’attaque.

Les voies diplomatiques font partie intégrante des incidents : les canaux diplomatiques russes servent régulièrement de facilitateurs aux opérations de manipulations et menaces, déployés sur un large éventail de sujets. La Chine utilise également les canaux diplomatiques, ciblant principalement les États-Unis.

La collusion des acteurs existe mais demeure limitée : des acteurs officiels russes ont été impliqués dans 88 incidents analysés tandis que des acteurs chinois le sont dans 17 cas ; dans au moins 5 cas, les deux acteurs russes et chinois se sont engagés conjointement.

Les incidents ne se produisent pas dans une seule langue : le contenu est traduit et amplifié en plusieurs langues. Les incidents concernent au moins 30 langues, dont 16 sont des langues de l’UE. La Russie utilise une plus grande variété de langues que les acteurs chinois, mais 44 % du contenu russe cible les populations russophones, tandis que 36 % ciblent les populations anglophones.

Tactiques et techniques de manipulations d’informations et de menaces d’interférences

Les objectifs présumés sont principalement destinés à distraire et à déformer : la Russie (42 %) et la Chine (56 %) ont principalement l’intention d’attirer l’attention sur un acteur ou un récit différent ou de rejeter le blâme (« distraire »). La Russie tente de modifier le cadrage et le récit (« déformer ») relativement plus souvent (35 %) que la Chine (18 %).

Parmi les 10 combinaisons de tactiques et de techniques, le développement de contenus à base d’images et à base de vidéos, faciles et peu coûteux, sont les deux techniques les plus récurrentes employées :

  • Des contenus fabriqués à partir d’images et de vidéos sont utilisés pour dégrader l’image ou la capacité d’action des adversaires et pour discréditer des sources crédibles ;
  • Les voies diplomatiques officielles sont utilisées pour discréditer des sources crédibles, pour fournir du contenu à base d’images et de texte, déformer les faits en recadrant le contexte des événements, et dégrader les adversaires ;
  • Dans le cas de la Russie, une raison possible de l’utilisation accrue des comptes diplomatiques pourrait être une conséquence des chaînes contrôlées par l’État russe avec une large portée autrefois sanctionnées dans l’UE ;
  • Les contenus fabriqués à base d’images et de vidéos ont été distribués sur plusieurs plates-formes afin de maximiser l’exposition du contenu.

Techniques d’usurpation d’identité et victimes

Les techniques d’usurpation d’identité deviennent plus sophistiquées. Les usurpations d’identité d’organisations et d’individus internationaux et de confiance sont utilisées par des acteurs russes, en particulier pour cibler l’Ukraine. La presse écrite et la télévision sont le plus souvent usurpées, les magazines voyant tout leur style copié.

Un bref examen des cas dans lesquels la Russie s’est fait passer pour des entités légitimes et de confiance montre que personne n’est à l’abri de voir son identité ou sa marque utilisée à mauvais escient. Les acteurs de la menace utilisent l’usurpation d’identité pour ajouter de la légitimité à leurs messages et pour atteindre et affecter des publics familiers avec les entités usurpées et qui leur font confiance. Six incidents ont utilisé des cas d’usurpation d’identité. Tous liés à l’invasion russe de l’Ukraine. Les médias étaient les entités les plus souvent usurpées. Lors de quatre incidents, de fausses pages de couverture imitant le style visuel des magazines satiriques européens, notamment Charlie Hebdo. De plus, deux vidéos ont imité des médias internationaux (Aljazeera et Euronews).

Narratifs

Le récit le plus courant parmi les incidents analysés était « l’Occident est l’agresseur envers la Russie » qui comprend des messages qui dépeignent l’Occident comme étant antagoniste envers la Russie, poussant l’Ukraine à la guerre, provoquant et profitant de la guerre, exécutant mobilisation militaire et implication dans des actions qui attisent les tensions entre l’Ukraine et la Russie. Ce récit a été observé dans 17 incidents.

Le récit « L’Ukraine est l’agresseur envers la Russie » a été observé dans 15 incidents. Ce récit dépeint faussement l’Ukraine comme celle qui a provoqué et voulu la guerre, commis des atrocités, des crimes de guerre et un génocide, et déployé ou planifié de déployer des attaques chimiques/nucléaires.

Le récit « Les sanctions contre la Russie se retournent contre leurs auteurs », qui met en évidence les conséquences négatives présumées des sanctions sur les pays occidentaux et autres, avec un accent particulier sur la crise alimentaire et énergétique ainsi que sur l’inflation, est également apparu dans 15 incidents. Il convient de noter que ce groupe narratif comprend également des messages alléguant que les crises actuelles sont causées par les pays occidentaux et leurs sanctions.

Le 4e récit le plus courant « L’Occident est hypocrite », qui comprend tous les messages qui dépeignent à tort les entités occidentales comme violant les droits fondamentaux, menant des campagnes de désinformation, corrompues, colonialistes, russophobes ou sinophobes et exploitant les autres, a été observé 14 fois.

Le 5e récit le plus fréquent, « L’Ukraine est un État nazi et terroriste », qui présente de fausses affirmations selon lesquelles l’Ukraine est un État nazi et/ou terroriste ou qu’il soutient de tels groupes, est apparu dans 11 incidents.

Composition de l’écosystème médiatique des acteurs de la menace

Canaux de communication officiels : canaux officiellement utilisés par un État et ses représentants pour diffuser du contenu, comme, les sites Web officiels d’un État ou les comptes de médias sociaux des services diplomatiques et des ambassades.

Chaînes contrôlées par l’État : chaînes médiatiques officiellement affiliées à un acteur étatique. Elles sont détenues majoritairement par un État ou un parti au pouvoir, gérées par des organes nommés par le gouvernement et suivent une ligne éditoriale imposée par les autorités de l’État.

Chaînes liées à l’État : chaînes sans liens transparents ni affiliation officielle à un acteur étatique, mais dont l’attribution a été confirmée par des organisations ayant accès à des sources de données dorsales privilégiées, telles que des plateformes numériques, des entités de renseignement et de cybersécurité, ou par gouvernements ou services militaires sur la base d’informations classifiées.

Effets

80% des incidents n’ont déclenché aucun type de réponse, cependant, 20 incidents ont reçu une réponse de communication. Dans certains cas, plusieurs contre-mesures ont été prises. Au total, 28 contre-mesures ont été prises en réponse aux incidents. La contre-mesure la plus courante était la déclaration de réfutation, lorsqu’une entité impliquée a publié une déclaration réfutant les allégations de l’incident, ce qui représente 50% de tous les plans d’action. La démystification ou la vérification des faits des allégations de l’incident s’est produite dans 3 cas. La contre-mesure la moins courante était la suppression du contenu, car cela ne s’est produit qu’en réponse à un incident.

Au total, ce rapport contribue à fournir à la communauté des défenseurs des manipulations d’informations étrangères et menaces d’interférences un cadre de compréhension commune en vue de formuler une réponse collective et systématique.

Discours sur l’état de l’Union 2022 : l’Europe à l’heure des solidarités

Pour ce 13e discours sur l’état de l’Union, le premier en temps de guerre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a enfilé l’uniforme militaire en se vetant littéralement aux couleurs de l’Ukraine, avec un propos offensif pour une Union européenne forte de ses valeurs qui n’est plus tant proactive sur son propre agenda mais réactive face au événements et crises comme l’Ukraine ou l’énergie, un discours très politique…

La solidarité de l’UE en soutien au courage de l’Ukraine

La force intérieure de l’Europe a été ravivée par l’agression de la Russie en Ukraine, l’unité doit être préservée pour que l’UE soit à la hauteur des enjeux considérables, même si un nouveau train de sanctions contre la Russie n’a pas été annoncé.

Le courage a dorénavant un nom, un visage, c’est le peuple ukrainien, une nation de héros, dont la solidarité européenne à hauteur de 19 milliards d’euros va se poursuivre avec aussi d’autres mesures d’intégration au marché intérieur européen : roaming, accès au marché de l’électricité…

La solidarité économique pour un changement de paradigme économique

La crise énergétique, qui est la plus saillante lors de cette rentrée fait l’objet d’une série de propositions pour viser l’indépendance aux hydrocarbures russes et la fin des manipulations des prix des marchés des énergies par la Russie.

Outre la diversification des approvisionnements et la réduction de la consommation des ménages, des entreprises et des administrations déjà largement engagées, la réforme du marché de l’électricité pour découpler les prix du gaz et de l’électricité ainsi que le plafonnement des recettes des producteurs d’électricité, soit une estimation de 140 milliards d’euros redistribués, sont à l’ordre du jour.

Le changement de paradigme pour une solidarité en action implique aussi d’autres propositions comme :

  • La création d’une banque de l’hydrogène, dotée de 3 milliards d’euros pour construire le futur marché de cette énergie prometteuse,
  • Le doublement des capacités de lutte contre les incendies,
  • La poursuite des investissements du plan NextGenerationEU, dont 700 milliards d’euros doivent être encore investis dans les économies sociales de marché européennes,
  • La souplesse dans les trajectoires de désendettements des États pour la gouvernance économique,
  • Le soutien aux PME avec plusieurs actions,
  • L’Année européenne des talents, en 2023, pour la formation continue,
  • Un règlement sur les matières premières critiques, après l’action de l’UE pour les batteries et les semi-conducteurs,
  • La création future d’un fonds de souveraineté européenne pour investir dans les industries d’avenir.

La solidarité des démocraties européennes

Afin de défendre la démocratie, Ursula von der Leyen recommande d’investir dans le pouvoir collectif des démocraties pour les biens publics mondiaux avec plusieurs actions comme le soutien à la Communauté politique européenne suggérée par Macron, la poursuite de Global Gateway, les routes de la soie à la sauce UE et de nouvelles mesures contre les ingérences malveillantes d’agents étrangers et la lutte contre la corruption, inclus dans le régime de sanction des droits de l’Homme.

Pour conclure, deux recommandations institutionnelles pour approfondir la démocratie européenne : d’une part, suivre la recommandation de la conférence sur l’avenir de l’Europe de maintenir des panels de citoyens comme une composante permanente de la vie démocratique (sans oublier une nouvelle initiative sur la santé mentale, issue des recommandations de la COFEU) et d’autre part, consacrer la solidarité intergénérationnelle dans les traités européens afin de renouveler la promesse européenne, via la convocation d’une Convention pour la révision des traités.

« Puisque nous songeons sérieusement à élargir notre Union, nous devons aussi envisager sérieusement de la réformer. »

Au total, le discours sur l’état de l’Union d’Ursula von der Leyen 2022 gagne par rapport aux années précédentes, un vrai fil rouge, un narratif cohérent autour de la solidarité ; tandis que quasi toutes les propositions mentionnées viennent des États-membres plutôt que des services internes ou des partis politiques, mais manque un peu d’idées ground-breaking.

Quels regards des Européens sur les défis de l’Union européenne ?

L’enquête Eurobaromètre spécial 526 « Principaux défis de notre époque : l’UE en 2022 » livre des clés de lecture sur de nouveaux consensus paneuropéens des opinions publiques européennes sur les priorités de l’UE…  

Un nouveau Zeitgeist « ukrainisé » pour la construction européenne  

Pour les Européens, il ne fait aucun doute qu’en s’opposant à l’invasion russe en Ukraine, l’Union européenne défend les valeurs européennes :  

Face à la guerre en Ukraine, une majorité de citoyens de l’UE est satisfaite de la réponse de l’Union européenne et de leur gouvernement national (respectivement 59 % et 57 %). Fournir un soutien humanitaire aux personnes touchées par la guerre et accueillir dans l’UE ceux qui fuient la guerre recueillent un fort soutien (respectivement 93 % et 91 %), huit sur dix soutiennent des sanctions économiques contre la Russie et sept sur dix soutiennent le financement de l’approvisionnement et de la livraison d’équipements militaires à l’Ukraine.

Le soutien massif des Européens aux réponses à l’agression russe en Ukraine bénéficie d’une conjonction spécifique liée d’une part à l’effet de souffle de la déflagration au printemps et à l’unité unanime des nations européennes et d’autre part, à l’absence, au moment de l’enquête, des conséquences pratiques de ce qui devient de plus en plus une économie de guerre avec des risques de rationnements, de pénuries sans parler de l’inflation.

Les opinions publiques européennes seront-elles versatiles face aux difficultés à venir ou leur position de principe sur le conflit se confirmera-t-il dans l’adversité ? Une chose est certaine, le sujet va continuer à occuper les esprits.

Une trajectoire de transition « géopolitisée » pour la construction européenne  

La guerre en Ukraine bouleverse le sens des priorités. Les Européens considèrent la défense et la sécurité (34 %) et « rendre l’UE et ses États membres plus autonomes en approvisionnement énergétique » (26 %) comme les priorités du moment :  

En matière de défense et sécurité, 81% des Européens sont favorables à une politique de défense et de sécurité parmi les États membres de l’UE, plus des deux tiers la soutenant dans tous les pays. 73% conviennent que davantage devrait être dépensé pour la défense de l’UE.  

Pour la transition climatique, 87% pensent que l’UE devrait réduire sa dépendance vis-à-vis des sources d’énergie russes dès que possible. Plus de huit sur dix conviennent que l’augmentation de l’efficacité énergétique des bâtiments, des transports et des biens rendra l’UE moins dépendante des producteurs d’énergie externes. 85% pensent que l’UE devrait investir massivement dans les énergies renouvelables. Plus de huit citoyens sur dix considèrent qu’il est important de faire de l’Europe le premier continent climatiquement neutre au monde d’ici 2050.  

Ce nouveau sens des priorités plus géopolitiques, ce lien entre transition énergétique et sécurité des approvisionnements – au-delà des arguments climatiques et environnementaux – devrait contribuer à renforcer le soutien au programme politique de l’UE.  

Au total, les nouvelles convergences consensuelles se retrouvent non seulement avec de très larges majorités de citoyens mais tous ces points sont également approuvés dans tous les États-membres de l’Union européenne.

Quel bilan pour la présidence française de l’Union européenne ?

Exercice aussi rituel que les annonces initiales, le bilan – avec un programme déjà bien trop ambitieux pour un exercice très atypique avec les élections en son plein cœur – a été bouleversé par l’imprévu de l’événement majeur de la guerre en Ukraine, comme la précédente PFUE en 2008 avec la Géorgie. Que retenir ?

Des circonstances exceptionnelles favorables au Statesmanship de l’UE sous présidence française

L’Union européenne – comme on le dit trop souvent « qui progresse dans les crises » – aura, pendant ces six derniers mois, clairement cheminée vers davantage de souveraineté européenne tant le champ stratégique aura été élargi par les questions de sanctions (6 packages) de la Russie et d’interdépendance énergétique et alimentaire pour les Européens.

La période aura été marquée notamment par le sommet de Versailles en mars visant à renforcer l’autonomie de l’UE (énergies, matières premières, santé, alimentation, tech & numérique) et par l’adoption de la boussole stratégique en matière d’orientation de sécurité et de défense de l’UE dans un contexte de renforcement de la position de l’OTAN en Europe avec les demandes d’adhésion de la Suède et de la Finlande.

Du côté de l’agenda institutionnel, peuvent être porté au crédit de la présidence semestrielle plusieurs grands dossiers comme l’adoption de la législation phare sur le numérique avec le Digital Market Act et le Digital Services Act ; l’adoption dans la douleur (après un premier échec) de la taxe carbone aux frontières d’un Green Deal dont la route législative sera encore longue et des directives sur les quotas de femmes dans les conseils d’administration et sur un salaire minimum européen sans oublier la présentation par la Commission européen du programme REPowerEU visant l’indépendance des approvisionnements énergétiques via la diversification des partenaires et la construction de nouvelles infrastructures.

Avec le leadership français, le renforcement des capacités européennes, de son Statesmanship, aura globalement été au rendez-vous ; même si les partenaires de la France sont encore loin d’être alignés sur les thèses et les arguments hexagonaux en matière de souveraineté stratégique. La pédagogie autour de l’Union européenne aura été largement articulée autour de l’agression russe contre l’Ukraine et l’adhésion officielle du pays à l’UE.

Des controverses circonstancielles défavorables au Thought-leadership de la France en Europe

La crédibilité des positions françaises n’aura pas permis d’obtenir des avancées décisives sur trois sujets qui seront repris par la future présidence tchèque :

Sur les questions migratoires, les intentions de réforme de l’espace Schengen pour poser un cadre aux situations de crise sanitaire ou lutter contre l’instrumentalisation des flux migratoires par un pays-tiers (comme la Biélorussie avec la Pologne) se sont heurtées à la démission spectaculaire du patron français de l’agence Frontex.

Sur la réforme du pacte de croissance et de stabilité, l’exemplarité légendaire des finances publiques françaises n’en ont pas fait le champion d’un sujet encore en suspens, les esprits ne sont pas encore mûrs pour avancer.

Sur la convocation d’une convention de révision des traités européens sur la base des recommandations de la conférence sur l’avenir de l’Europe, le consensus ne semble pas pour le moment se faire sur les positions défendues par le président de la République. De même, le débat sur l’idée d’une communauté politique européenne pour un élargissement politique immédiat n’a pas vraiment encore pris au sein de la sphère bruxelloise.

Au total, l’ordre du jour prévu a volé en éclats avec l’agression russe de l’Ukraine et la France a tenté de faire avancer son agenda afin que ce nouveau moment critique pour l’unité européenne participe de l’accouchement de l’Union européenne en tant que puissance géopolitique.

Regards croisés sur les réseaux sociaux des visites des présidentes européennes en Ukraine

Entre la visite précoce de la présidente du Parlement européen Roberta Metsola, première représentante d’une institution européenne aux côtés des autorités publiques ukrainiennes début avril et la délégation composée de la présidente Ursula von der Leyen de la Commission européenne accompagnée du Haut-Représentant de l’Union pour les affaires étrangères Josep Borrell courant avril, la comparaison des mises en récit sur les réseaux sociaux peut être instructive

Roberta Metosla, présidente du Parlement européen : la force de l’humanité des gestes symboliques de soutien

Les codes des réseaux sociaux sont très judicieusement exploités par la nouvelle présidente du Parlement européen qui a encore un déficit de notoriété à combler dans le trio des présidences des institutions européennes.

Son capital sympathie, mis à profit au cœur de sa visite, constituée notamment d’un discours devant le parlement ukrainien et une discussion avec le Président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky se traduit par des clichés très travaillés pour symboliser son soutien et capturer une esthétique des sentiments forts et communicatifs.

En termes de résultats, le compte Instagram personnel de Roberta Metsola explose les compteurs avec un post iconique rassemblant plus de 53k likes pour 54k abonnés, soit un taux d’engagement extraordinaire de près de 100%. Sur le compte Twitter de la présidence du Parlement européen, le contenu le plus engageant est aussi visuellement très réussi avec le président de la Verkhovna Rada rassemblant plus de 21,5k likes pour 347.1K followers.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne : la force de la solidarité des gestes historiques d’union

La visite de la présidente de la Commission européenne est encore plus forte en termes d’importance et d’engagement de l’Union européenne, qui n’a pas été démenti depuis le début de l’invasion des forces armées russes en Ukraine.

Sa démarche déjà hautement symbolique, renforcée hélas encore par les atrocités commises à Bucha ; vient inscrire des engagements concrets de nouveaux financements, le renouvellement du message que les Ukrainiens appartiennent à la famille européenne, ce qu’Ursual von der Leyen fut la première à dire dans les médias, sous le coup des émotions et de convictions fortes. Sans oublier, la consultation formelle de Zelensky en vue de la future candidature de son pays à l’adhésion à l’Union européenne dont les chefs d’État et de gouvernement ont demandé à la Commission européenne de se prononcer d’ici leur prochain Conseil européen en juin prochain.

En termes de résultats, le compte Twitter partage ses différentes séquences, et la présence à Bucha récolte le maximum d’engagement avec un taux d’engagement d’environ 10% pour 1,1 millions d’abonnés, une très belle performance ; tandis que sur Instagram, c’est la vidéo de l’échange qui obtient à peu près le même niveau d’engagement.

Au total, la communication de leurs visites respectives en Ukraine des présidentes du Parlement européen et de la Commission européenne sur les réseaux sociaux montre l’importance primordial et l’impact magistral de leur démarche auprès des publics.