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Eurobaromètre : quelles leçons après le second référendum irlandais ?

La Commission européenne publie une enquête Eurobaromètre Flash EB Spécial 284 réalisée après le second référendum irlandais sur le traité de Lisbonne en octobre 2009 sur la « façon dont les gens ont voté et pourquoi ».

Principaux objectifs de l’Eurobaromètre sur le second référendum irlandais :

  • comprendre les espoirs et les préoccupations des irlandais ;
  • comprendre les motivations des électeurs dans les deux camps ;
  • évaluer les campagnes rivales du « oui » et du « non » ;
  • explorer les raisons des changements dans les votes par rapport au précédent référendum sur le même sujet tenu en juin 2008.

Principaux résultats de la campagne sur le second référendum irlandais :

  1. Les performances de l’économie irlandaise ont été très importantes pour tous les « électeurs du oui », et notamment pour ceux qui sont passés du « non » au « oui » ou « ne sait pas» à « oui ».
  2. Le changement de soutien des femmes parmi les électeurs a été très significatif : 66% des femmes ont voté « oui » en 2009, comparativement à 44% en 2008. Les campagnes de sensibilisation à l’électorat féminin semblent avoir réussi.
  3. Le niveau accru d’information sur le Traité est remarquable : seulement 4% des électeurs en 2009 ont dit qu’ils manquaient d’information, alors qu’en 2008, le pourcentage était de 22%.
  4. Hormis les femmes, l’augmentation du soutien à la campagne du « oui » a été la plus marquée dans les catégories de personnes qui ont étudié dans l’enseignement supérieur (jusqu’à 24%) et parmi les travailleurs manuels (27%), ces derniers étant les plus sensibles à la crise économique.
  5. La crédibilité de la campagne du « oui » a été améliorée de façon spectaculaire, comme en témoignent les résultats du référendum : 67% des électeurs sont d’avis que la campagne du « oui » avait été la plus efficace en 2009 alors que le même pourcentage pense que la campagne du « non » l’avait été en 2008.

Focus sur l’information des électeurs sur le traité de Lisbonne

Canaux d’information

Les répondants ont utilisé des canaux similaires pour rechercher des informations concernant le Traité en 2008 et 2009 :

La TV était le canal le plus fréquent (61% en 2008 et 65% en 2009) suivie par les journaux (33%, 48%), la radio (25% 39%) et Internet (16%; 13%).

Sources d’information

Dans les deux campagnes, les électeurs dépendaient de sources d’information similaires.

Le gouvernement irlandais fourni l’essentiel des informations pour les deux référendums (54% en 2008 et 37% en 2009). La proportion de répondants qui ont mentionné des partis politiques est resté stable (28% vs 29%). En 2009, des sources informelles telles que la famille et des amis sont devenues plus importantes (34% vs 22%).

Principaux enseignements pour Margot Wallström, vice-président de la Commission européenne, chargée de la communication

Dans un discours à l’Institut irlandais des Affaires européennes, le 17 novembre 2009, la vice-présidente chargée des relations interinstitutionnelles et de la stratégie de communication estime qu’avec les deux référendums irlandais : « il y a un besoin clair pour nous tous de mieux communiquer sur l’Union européenne sur une base constante et pas seulement au moment des élections ou de référendum. Il est essentiel d’impliquer la société civile dans le débat et que les gens comprennent ce que l’UE est et ce qu’elle fait ». Une leçon pour son/sa successeur(e).

Sondage postélectoral 2009 : victoire de l’indifférence à l’UE des citoyens européens

Le Parlement européen publie une étude Eurobaromètre réalisée un mois après les élections européennes du 4 au 7 juin 2009 auprès de 26 830 citoyens européens.

Les principaux résultats portent sur :

  • les raisonnements et profils des électeurs, notamment les abstentionnistes ;
  • le souvenir médiatique de la campagne, notamment des campagnes d’information et d’incitation au vote.

La victoire de l’indifférence des citoyens européens aux élections européennes semble être le principal enseignement…

Analyse de la participation électorale en 2009 : l’indifférence européenne face à l’importance des comportements politiques et au poids des profils socio-démographiques

D’une part, l’abstention aux élections européennes s’explique par les comportements politiques des électeurs.

Une majorité d’abstentionnistes décide de ne pas voter pour des raisons avant tout liées à un manque de confiance dans la politique ou le manque d’intérêt pour la politique et non par manque de confiance ou d’information envers les institutions européennes. Ainsi, seulement 10 % mentionnent une méconnaissance de l’UE, du Parlement Européen ou des élections et un abstentionniste sur deux se déclare même attaché à l’Europe. Quant aux raisons qui amènent l’électeur à voter, elles sont essentiellement motivées, et de loin, par le devoir civique.

D’autre part, l’abstention aux élections européennes s’explique par de vrais clivages entre les différents profils types de votants.

Age (le critère le plus marqué) : plus on avance en âge, plus la participation est importante : 21 points séparent la participation des 18-24 ans (29%) de celle des 55 ans et + (50%)

Activités (un clivage très important) : plus on exerce une activité rémunératrice, plus la participation est importante :

  • Catégories où la participation est la plus forte: cadres, directeurs et indépendants ;
  • Catégories où la participation est la plus faible: chômeurs et ouvriers.

Études : plus le niveau d’étude est élevé, plus la participation augmente :

Genre : les femmes votent moins que les hommes.

Ainsi, l’analyse des raisonnements et profils des électeurs révèle l’importance des comportements politiques et le poids des profils socio-démographiques au détriment des éventuelles convictions européennes, indifférentes dans la participation.

Analyse de l’impact des campagnes d’information sur les élections : un souvenir important dans les esprits mais une influence réduite sur les votes

Certes, 67% des Européens se souviennent avoir vu ou lu ou entendu dans les médias une campagne d’incitation au vote. D’ailleurs, ce souvenir relativement fort est largement partagé :

  • La tranche d’âge n’influe pas les résultats ;
  • Le type de média non plus : 71% des utilisateurs quotidiens d’internet se souviennent de la campagne, tout comme 68% de ceux qui ne l’utilisent jamais.

Mais, l’influence de cette campagne d’incitation au vote semble plus que réduite. Le niveau d’information pour voter est jugé suffisant par la majorité des répondants et les abstentionnistes (61%) sont même plus nombreux que les votants (43%) à se souvenir d’une campagne civique.

Ainsi, l’analyse de l’impact des campagnes d’information sur les élections européennes révèle que le jugement que les citoyens ont sur le Parlement européen – exemple : le PE prend en compte les préoccupations des citoyens pour 56% des votants contre 48% des abstentionnistes – est plus important que les connaissances que les citoyens auraient sur le Parlement européen, indifférentes aux campagnes d’information.

Synthèse analytique

Premiers résultats : moyenne européenne et grandes tendances nationales

Eurobaromètre : « Les Français et la construction européenne » : confirmation de la « fracture européenne »

La Représentation de la Commission européenne en France publie une enquête Eurobaromètre (EB Flash no 230) sur les Français et la construction européenne. A quelques jours des élections européennes, les principaux résultats de cette enquête d’opinion semblent confirmer la « fracture européenne » analysée par le député Michel Herbillon.

Perception de la construction européenne : confirmation de la fracture socio-économique

Certes, une très large majorité des Français interrogés se déclarent toujours favorables à la construction européenne.

Mais les disparités socio-économiques sont toujours fortes :

  • les étudiants (91%), les 15-24 ans (82%), les Français ayant un haut niveau d’études (80%) et ceux vivant dans les grandes villes (79%) sont les plus enthousiastes ;
  • les Français ayant un faible niveau d’études sont plus sceptiques.

Attentes à l’égard de la construction européenne : confirmation de la fracture démocratique

Plus de sept Français sur dix estiment que la construction européenne est trop éloignée des préoccupations des citoyens (72%).

Près de quatre Français sur cinq (78%) considèrent que la construction européenne se fait sans que les peuples soient suffisamment consultés.

La majorité des Français (57%) considèrent que la construction européenne a peu d’impact sur leur vie quotidienne.

Information sur la construction européenne : confirmation du déficit de médiation des hommes politiques et de la presse

Plus de deux-tiers des Français disent ne pas se sentir bien informés sur le fonctionnement de l’Union européenne (69%) alors qu’un quart des Français se disent tout à fait (23%) bien informés sur la vie politique française.

Environ trois-quarts des Français estiment que les hommes politiques français devraient davantage leur parler de l’Union européenne (76%,).

Sept Français sur dix estiment de manière similaire que les médias devraient davantage leur parler de l’Union européenne (71%).

Ainsi, la relation entre les Français et l’Europe révèle de multiples fractures, que la campagne des élections européennes n’aura pas suffisamment comblées.

De la contradiction en France entre faible couverture de l’Europe dans les médias et forte attente d’information sur l’Europe

Qui doit-on croire entre les rédactions qui affirment que le public n’est pas intéressé par l’Europe ou les Français interrogés dans les enquêtes d’opinion qui réclament plus d’Europe dans les médias ? Des éléments d’analyse par Eddy Fougier, dans : « Les Français et la télévision face à l’Europe : le grand malentendu? »

La soif d’information des Français sur l’Europe

Dans l’Eurobaromètre 178 « Quelle Europe ? La construction européenne vue par les Français « , réalisé en janvier 2006 par la Commission européenne, « 80% des Français souhaitent une plus ample couverture de l’Union européenne par les médias. »

Dans l’Eurobaromètre 189a « La communication de l’Union européenne et les citoyens », réalisé en septembre 2006 : « 85% des Français interrogés considèrent qu’il est important d’être informé sur la politique et les affaires européennes, contre 14% qui pensent le contraire. Ce résultat est l’un des plus élevés de l’Union et supérieur à la moyenne européenne (81%). »

La  » mal-information  » des Français sur l’Europe : une information insuffisante et peu compréhensible

Les Français ne s’estiment pas pour bien informés sur les enjeux européens :

  • En 2006, ils étaient les plus nombreux à estimer que la quantité d’informations fournies par les médias de leur pays sur l’Union était insuffisante : 72% contre 62% en moyenne.
  • En 2006, ils étaient les moins nombreux à considérer que les informations qu’ils obtiennent sur l’Europe sont compréhensibles : 43,1%, contre 51,1% en moyenne.

Le rôle central de l’information télévisée sur l’Europe

La télévision est pour les Français la première source d’information médiatique sur l’UE :

  • D’une part, la télévision représente la première source d’information des Français.
  • D’autre part, les Français utilisent d’abord la télévision pour être informés en matière politique.

Selon l’Eurobaromètre Standard 67, publié en 2007, lorsque les Français interrogés veulent obtenir des informations sur l’Union européenne, ses politiques et ses institutions, ils privilégient comme première source la télévision (55%).

Le faible intérêt des journaux télévisés français pour l’Europe

Le désintérêt manifeste de la télévision française pour l’Europe est particulièrement visible dans les journaux télévisés, qui représentent pourtant pour une majorité écrasante de citoyens :

  • « le » rendez-vous télévisuel par excellence, immanquable ;
  • « la » source principale d’information sur l’actualité nationale et internationale « .

Ainsi, voir l’étude de l’Institut national de l’audiovisuel (Ina) « L’Europe loin des projecteurs », juin 2008 qui montre un très faible intérêt de la télévision française pour les questions européennes.

Alors, comment comprendre la schizophrénie de l’information européenne en France ?

Du côté des médias, on peut supposer que « les journalistes ont parfois tendance à prêter leurs propres catégories de perception à ceux qui les écoutent, les regardent ou les lisent » et comme ils ne semblent pas manifester eux-mêmes un grand intérêt pour l’actualité européenne…

Du côté des Français, on peut supposer qu’ils sont d’autant plus tentés de reprocher aux médias de ne pas suffisamment parler d’Europe, qu’ils tendent à ne pas leur accorder leur confiance.

Alors comment sortir de ce dilemme ?

Selon Eddy Fougier , « cela passe, entre autres, très certainement par une amélioration de la connaissance des Français, mais aussi des journalistes, sur l’Europe et par une autre façon d’aborder les questions européennes, qui soit davantage en lien avec les préoccupations de l’opinion, donc moins institutionnelle, et en rupture avec le réflexe traditionnel consistant à  » nationaliser les réussites et européaniser les échecs  » de l’Union ».

Eurobaromètre sur les élections européennes : principaux résultats

Les premiers résultats de l’Eurobaromètre Standard 71 « Les élections européennes de 2009 » réalisé au Printemps 2009 sont publiées aujourd’hui…

Le thème de la « protection » au cœur de la campagne

Les attentes des citoyens européens sont particulièrement fortes en matière de protection :

  • politique prioritaire : la protection renforcée du consommateur et de la santé publique en tête à 36% ;
  • thème de campagne prioritaire : la protection contre le chômage face à la crise en tête à 57% ;
  • valeur prioritaire : la protection des droits de l’homme dans le monde en tête à 57%.

Le record de l’abstention en raison de l’ignorance des affaires européennes

Selon Jean Quatremer, « l’abstention pour les élections européennes du 7 juin prochain pourrait atteindre 64% ! » :

  • Le groupe d’âge 15-24 ans est le moins certain d’aller voter (25%).
  • La probabilité d’aller voter est la plus élevée chez les cadres (38%) et les retraités (36%).

Les raisons de ce désintérêt sont d’abord l’ignorance du Parlement européen ou la méconnaissance de l’élection européenne :

  • Je ne connais pas suffisamment bien le rôle du PE (64%).
  • Je ne suis pas suffisamment informé/e pour aller voter ( 59%).

La responsabilité des médias dans ce désintérêt européen

Cet Eurobaromètre confirme la corrélation positive entre faible souvenir médiatique du Parlement européen et impression négative du traitement médiatique du PE :

  • Le souvenir médiatique est le moins élevé au Royaume-Uni (22%), en France (24%) alors que la moyenne européenne est à 36%.
  • L’impression plutôt défavorable du traitement médiatique est le plus élevé au Royaume-Uni (49%), et en France (27%) alors que la moyenne européenne est à 21%.
  • seulement 36 % des citoyens ont lu, entendu ou vu un sujet consacré au Parlement européen dans leurs médias.

Ainsi, cette enquête d’opinion montre que la campagne électorale devrait s’animer autour de l’enjeu de la protection, que l’abstention pourrait atteindre des records, selon l’intensité que les médias mettront à informer les citoyens.