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Communiquer en partenariat : tour d’horizon des premières décisions

A la suite de la déclaration intitulée « Communiquer sur l’Europe en partenariat » signée le 22 octobre à Strasbourg par des représentants du Parlement européen, de la Commission européenne et du Conseil de l’UE, lacomeuropéenne dresse un bref tour d’horizon des premières décisions…

Les priorités budgétaires de la communication de l’UE pour 2009

Trois priorités ont été définies dans les crédits de communication des institutions européennes en 2009 :

  • la lutte contre le changement climatique ;
  • les élections européennes de juin 2009 ;
  • les événements commémoratifs marquant la réunification de l’Europe (les 5 ans de l’élargissement de 2004 et les 20 ans de la chute du mur de Berlin).

Ces trois priorités devraient être arrêtées lors d’une rencontre au Parlement européen au mois de novembre.

Les synergies entre le Parlement et la Commission

Le porte parole de Margot Wallström, Vice-présidente de la Commission chargée de la stratégie de communication a indiqué à Euractiv que des efforts seront fournis afin d’éviter que les deux institutions ne financent des initiatives semblables.

Ainsi par exemple, récemment, le Parlement européen et la Commission ont organisé la même conférence sur le changement climatique la même semaine, dans le même pays avec les mêmes équipes organisatrices sans être au courant de l’initiative de l’autre institution.

Les partenariats avec les États membres

Trois pays, la Hongrie, la Slovénie et l’Allemagne, ont déjà signé des partenariats. Ces coopérations porteront notamment sur les élections européennes, a indiqué Joe Hennon, porte parole de Margot Wallström.

La Commission européenne envisage de signer un partenariat avec l’Irlande afin de communiquer sur l’Europe auprès des Irlandais.

Déclaration politique des institutions de l’Union européenne pour communiquer en partenariat

Les institutions communautaires et les États membres ont signé une déclaration : «Communiquer sur l’Europe en partenariat» dont l’objectif est de favoriser une communication européenne efficace auprès des citoyens…

La proposition de la Commission européenne

Il y a plus d’un an, le 3 octobre 2007, Margot Wallström, Vice-présidente de la Commission européenne responsable de la stratégie de communication et des relations institutionnelles présentait la communication : « Communiquer en partenariat ».

Relever le défi de la communication européenne

La stratégie de la Commission européenne consiste à relever le défi de la communication sur l’Union européenne par un partenariat entre les États membres et les institutions de l’Union européenne en matière de communication.

Selon Margot Wallström : «pour communiquer, il faut anticiper, définir les priorités et travailler en partenariat ; ce sont les principaux atouts d’une communication réussie ».

La déclaration entre les institutions et les États membres

Mardi 22 octobre au Parlement européen, une déclaration politique a été signée par Alejo Vidal-Quadras, vice-président du Parlement européen, Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’État français, au nom du Conseil de l’Union européenne, et Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne.

Conformément à la stratégie de la Commission européenne, les institutions communautaires et les États membres décident de « mettre en place une synergie » à travers une démarche pragmatique de partenariat fondée sur le choix annuel des priorités conjointes de communication et sur une coopération concrète entre les services de communication des États membres et des institutions.

Engager les partenariats de communication européenne

Cette déclaration visant à favoriser la coopération entre les institutions de l’Union européenne et les États membres dans le domaine de la communication sur l’Europe instaure un cadre partenarial qui permettra de communiquer plus efficacement sur les enjeux et les politiques de l’Union européenne auprès des citoyens.

La communication européenne doit-elle faire aimer l’Europe ?

Interrogé par un journaliste de France 2 le 22 mai 2007 qui lui demandait : « Vous saurez faire aimer l’Europe aux citoyens ? », le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet répondit : « Je l’aime, donc je vais essayer de faire partager ma passion (…) et je crois que c’est important de faire partager ce désir d’Europe ».

L’enjeu de la communication européenne est-il de créer une « adhésion émotionnelle » des citoyens, comme semble le défendre Lucas Delattre et Martin Koopmann dans une tribune « Faire aimer l’Europe » dans Le Figaro en juin 2005 proposant une posture quasi stoïcienne d’aimer l’Europe par devoir.

De même, Daniel Cohn-Bendit, président de l’édition 2008 des Rendez-vous de l’Histoire de Blois consacrées aux Européens, imagine – dans le supplément du 7 octobre de La Nouvelle République du Centre – une Europe qui « doit nous faire rêver ».

Pourtant, François Forêt, directeur des recherches politiques de l’Institut d’études européennes à l’université libre de Bruxelles, estime dans son ouvrage récent « Légitimer l’Europe » que l’Union européenne, pourvue de « symbole trop sage » ne peut susciter qu’une « allégeance rationalisée ». Voir la Note de veille n° 112 d’octobre 2008 du Centre d’Analyse Stratégique pour un compte rendu de lecture complet.

Ainsi, entre émotion ou raison, le registre de la communication européenne reste l’objet de débat… passionnel.

Quelle est le point de vue du grand public et des leaders d’opinion sur l’information et la communication européennes ?

Afin de mieux comprendre l’information et la communication européennes, la Commission européenne a enquêté auprès du grand public et des décideurs et leaders d’opinion (directeurs des grandes entreprises, rédacteurs des médias nationaux, parlementaires, hauts fonctionnaires, responsables syndicaux)…

Une connaissance de l’UE limitée à des raisons professionnelles

Si les leaders d’opinion européens se distinguent par une meilleure connaissance des institutions européennes et sont mieux informés de l’actualité de l’UE, les raisons en sont surtout professionnelles : 77% des décideurs déclarent qu’il est important professionnellement d’être informé sur l’UE contre 5% du grand public.

Des sources d’information « bricolés »

Alors que le grand public compte sur la télévision et la presse écrite pour l’informer, les leaders d’opinion s’appuient essentiellement sur « des canaux informels et internes pour obtenir des informations sur les décisions européennes qui les concernent directement ».

Un jugement partagé pour un effort d’information et de communication

Décideurs et grand public s’accordent, en revanche, à considérer que la communication des gouvernements nationaux sur l’UE pourrait être améliorée (65% et 73%), ainsi que l’information par les médias (72% et 62%), dont ils attendent qu’ils rendent plus visibles les dossiers européens au niveau national.

Eurobaromètre 189 – Septembre 2006 :

Auprès du grand public

Auprès des décideurs

Élections européennes 2009 : il est urgent d’IN-FOR-MER

A quelques mois des élections européennes de juin 2009, il est urgent de lancer des campagnes de communication, en Europe et notamment en France. Il faut tout faire, dès maintenant, pour augmenter le taux de participation.

Une connaissance et un intérêt relativement faibles pour les élections européennes

Selon l’Eurobaromètre spécial sur les élections européennes paru en septembre dernier, 16% des Européens donnent l’année exacte du scrutin (ils n’étaient certes que 10% il y a six mois), 9% donnent une autre année et, enfin 75% déclarent ne pas savoir. 46% des Européens se déclarent intéressés par ces élections contre 51% qui se déclarent non intéressés, et 3% qui ne savent pas.

L’intérêt pour les élections européennes varie largement d’un État membre à l’autre : dans 11 États membres de l’Union européenne, une majorité absolue de répondants déclarent s’y intéresser. A noter : Roumanie (65%), Malte (63%), Irlande (62%) et Chypre (61%).

Mais d’un autre côté, plus de sept répondants sur dix en Lettonie (79%) et en République tchèque (71%) déclarent qu’ils ne sont pas intéressés.

En France, un constat sévère

– Seuls 13% des Français interrogés savent que ces élections auront lieu en 2009 ;

– Seule une minorité des Français interrogés (47%) s’intéresse à cette échéance.

– Une baisse de la participation civique : durant la décennie 1994-2004, le taux d’abstention aux élections européennes a augmenté, en France, de dix points, pour atteindre le chiffre de 57,3 % lors du dernier scrutin, soit trois points de plus que la moyenne européenne.

Il faut IN-FOR-MER

L’exemple de la campagne d’information sur les droits civiques européens en Roumanie est intéressant. La Commission européenne a organisé un « roadshow » dans 40 villes roumaines entre le 23 septembre et le 4 octobre. Par cette action, selon le communiqué, la Commission espère atteindre environ 25 000 citoyens de tout âge. La caravane sillonnera ensuite l’Europe : l’Allemagne en octobre, la Bulgarie en novembre et la Slovaquie et la Slovénie en 2009.

Voir les détails de la campagne (cliquez ici)

En France, l’idée serait de lancer une campagne de communication gouvernementale visant à résoudre le déficit démocratique. Il s’agit de réduire à la fois le déficit d’adhésion aux valeurs de la construction européenne et le déficit de participation politique au scrutin européen.

Les préconisations tactiques : pédagogie et proximité

Axer la campagne de communication autour de la dimension démocratique de l’UE et mettre l’accent sur la place des États membres afin de limiter la frustration des citoyens européens face aux décisions communautaires.

Porter un discours pédagogique sur l’importance du vote des citoyens et éviter toute politisation partisane du processus électoral afin de renforcer la légitimité et la représentativité du Parlement européen.

Démultiplier les niveaux de la campagne tant à l’échelle communautaire, que nationale et locale.